Gaz à effet de serre: Les derniers chiffres de l’OMM // Greenhouse gases: WMO’s latest figures

Suite à ma note du 1er décembre 2019 qui alertait sur l’urgence climatique, voici les derniers chiffres publiés pa l’Organisation météorologique mondiale (OMM) concernant les niveaux de CO2 et autres gaz à effet de serre au niveau mondial. Comme le montraient déjà les relevés publiés en temps réel par la NOAA, la concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint 407,8 ppm, un record. Ce chiffre a encore progressé puisque on relève actuellement une concentration supérieure à 410 ppm au sommet du Mauna Loa (Hawaii) où sont effectuées les mesures.
Le dernier bulletin d’information sur les gaz à effet de serre de l’OMM montre que la moyenne globale des principaux gaz à effet de serre a atteint des sommets en 2018 :
Dioxyde de carbone (CO2) : 407,8 ppm
Méthane (CH4) : 1869 ppb
Protoxyde d’azote (N2O) : 331,1 ppb
Comme je l’indiquais dans ma note du 1er décembre, cela représente 147% du niveau préindustriel (avant 1750) pour le CO2, 259% pour le méthane et 123% pour le N2O.

La concentration de CO2 a donc atteint 407,8 ppm en 2018, des chiffres quasi-identiques à ce qui a été publié par la NOAA. Le pic a eu lieu en mai 2019 avec une concentration de CO2 de 415 parties par million, soit 100 ppm de plus qu’en 1958. C’est évidemment un record. On notera que la hausse de la concentration est continue depuis le début des mesures instrumentales.
Le CO2 atmosphérique augmente principalement en raison des émissions provenant des combustibles fossiles et de la production de ciment (environ 36,6 ± 2 GtCO2 en 2018), de la déforestation et autres changements d’affectation des sols (5,5 GtCO2 par an en moyenne pour la période 2009-2018).
Du total des émissions provenant des activités humaines au cours de la période 2009-2018, environ 44% du CO2 s’est accumulé dans l’atmosphère, 22% dans l’océan et 29% sur terre, avec un reste non attribué de 5%.

Pour le CH4, l’augmentation de 2017 à 2018 est plus élevée que celle observée de 2016 à 2017 et que la moyenne de la dernière décennie. Environ 40% du méthane est émis dans l’atmosphère par des sources naturelles (les zones humides notamment) et environ 60% est d’origine anthropique (bovins, riziculture, exploitation des combustibles fossiles, décharges et combustion de biomasse). Globalement, le CH4 moyen calculé à partir des observations in situ en 2018 a atteint un nouveau sommet à 1869 ppb en 2018, soit une augmentation de 10 ppb par rapport à l’année précédente .
Le CH4 atmosphérique augmente depuis 2007 pour atteindre 259% du niveau préindustriel. Les mesures du CH4 indiquent que ces émissions de méthane plus élevées proviennent probablement de zones humides sous les tropiques et de sources anthropiques aux latitudes moyennes de l’hémisphère nord.

Pour le N2O, l’augmentation de 2017 à 2018 est également plus élevée que celle observée de 2016 à 2017 et que le taux de croissance moyen des 10 dernières années. Le protoxyde d’azote contribue pour environ 6% au forçage radiatif des gaz à effet de serre à longue durée de vie, ce qui en fait le troisième contributeur le plus important.
Le N2O émis dans l’atmosphère vient de sources naturelles (environ 60%) et anthropiques (environ 40%). Globalement, la concentration moyenne de N2O en 2018 a atteint 331,1 ppb, soit 1,2 ppb de plus que l’année précédente. Les causes probables de l’augmentation de N2O dans l’atmosphère sont une utilisation plus large des engrais dans l’agriculture et une plus grande libération de N2O des sols due à un excès de dépôt d’azote atmosphérique lié à la pollution atmosphérique.

Au total, le forçage radiatif des gaz à effet de serre a augmenté de 43% de 1990 à 2018, le CO2 représentant environ 80% de cette augmentation.

Source: OMM, via global-climat.

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Following my post of December 1st, 2019, which warned of the climate emergency, here are the latest figures published by the World Meteorological Organization (WMO) concerning the levels of CO2 and other greenhouse gases on our planet. As NOAA’s real-time readings showed, the atmospheric CO2 concentration reached 407.8 ppm, a record high. This figure has progressed, with a current concentration above 410 ppm on Mauna Loa (Hawaii) where measurements are being made.
The latest WMO greenhouse gas information bulletin shows that the global average of major greenhouse gases has peaked in 2018:
Carbon dioxide (CO2): 407.8 ppm
Methane (CH4): 1869 ppb
Nitrous oxide (N2O): 331.1 ppb
As I iput it in my note of December 1st, this represents 147% of the pre-industrial level (before 1750) for CO2, 259% for methane and 123% for N2O.

The CO2 concentration reached 407.8 ppm in 2018, almost identical to what was reported by NOAA. The peak occurred in May 2019 with a CO2 concentration of 415 parts per million, or 100 ppm more than in 1958. This is obviously a record. It should be noted that the increase in concentration has been continuous since the beginning of the instrumental measurements.
Atmospheric CO2 is increasing mainly due to emissions from fossil fuels and cement production (around 36.6 ± 2 GtCO2 in 2018), deforestation and other land-use changes (5.5 GtCO2 per year) on average for the period 2009-2018).
Of the total emissions from human activities during the period 2009-2018, approximately 44% of CO2 accumulated in the atmosphere, 22% in the ocean and 29% on land, with an unallocated residual of 5%. %.

For CH4, the increase from 2017 to 2018 is higher than that observed from 2016 to 2017 and the average of the last decade. About 40% of methane is emitted into the atmosphere from natural sources (especially wetlands) and about 60% is anthropogenic (cattle, rice, fossil fuel exploitation, landfills and biomass burning). Overall, the mean CH4 calculated from in situ observations in 2018 reached a new high of 1869 ppb in 2018, an increase of 10 ppb over the previous year.
Atmospheric CH4 has been increasing since 2007 to reach 259% of the pre-industrial level. CH4 measurements indicate that these higher methane emissions are likely from tropical wetlands and anthropogenic sources at mid-latitudes in the northern hemisphere.

For N2O, the increase from 2017 to 2018 is also higher than that observed from 2016 to 2017 and the average growth rate of the last 10 years. Nitrous oxide contributes about 6% of the radiative forcing of long-lived greenhouse gases, making it the third largest contributor.
N2O emitted to the atmosphere comes from natural sources (about 60%) and anthropogenic sources (about 40%). Overall, the average N2O concentration in 2018 reached 331.1 ppb, 1.2 ppb more than the previous year. The probable causes of the increase in N2O in the atmosphere are a wider use of fertilizers in agriculture and a greater release of N2O from soils due to an excess of atmospheric pollution deposition of atmospheric nitrogen.

In total, the radiative forcing of greenhouse gases increased by 43% from 1990 to 2018, with CO2 accounting for about 80% of this increase.

Source: WMO, via global-climat

Courbe de Keeling. No comment! (Source: Scripps Institution)

C’est catastrophique et tout le monde s’en fout ! // It’s disastrous, and everyone does not care!

En ce moment, les relevés de la Scripps Institution of Oceanography sur le Mauna Loa à Hawaii indiquent une concentration de CO2 dans l’atmosphère supérieure à 410 parties par million (ppm), ce qui est considérable. C’est 147% de plus que le niveau préindustriel de 1750. Le méthane (CH4), dont 60% des émissions sont d’origine humaine (élevage de bétail, riziculture, exploitation des combustibles fossiles, décharges…), et le protoxyde d’azote (N2O), dont 40% des émissions sont d’origine humaine (engrais, processus industriels…), ont aussi atteint des pics de concentration.

Le plus inquiétant, c’est que la courbe de Keeling qui y est liée ne montre aucun signe de fléchissement, bien au contraire. Comme le fait remarquer l’ONU dans son dernier rapport émis le 25 novembre 2019, les principaux gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique ont franchi de nouveaux records de concentration en 2018 et « aucun signe de ralentissement » n’est visible. Ce cri d’alarme intervient à quelques jours de l’ouverture de la COP25, qui se tiendra du 2 au 13 décembre à Madrid (Espagne).

Petteri Taalas, secrétaire général de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) ne cesse de tirer la sonnette d’alarme. Sa dernière déclaration ne saurait laisser indifférent : « La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années. La température était de 2 à 3°C plus élevée qu’aujourd’hui, et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel. »

Source : France Info.

Selon l’ONU, pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C – ambition fixée par l’accord de Paris – il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an jusqu’à 2030, soit un total de 55% de baisse entre 2018 et 2030. Tout retard au-delà de 2020 rendrait « rapidement l’objectif de 1,5 °C hors de portée ». Ces émissions, générées en particulier par les énergies fossiles, ont augmenté de 1,5% par an ces dix dernières années, avec un nouveau record de 55,3 gigatonnes de CO2 en 2018. Si les émissions se poursuivent au rythme actuel, la planète pourrait se réchauffer de 3,4 à 3,9°C d’ici la fin du siècle.

L’ONU assure malgré tout qu’il est encore possible de rester sous la barre des 2°C si les signataires de l’accord de Paris acceptent de mettre en place des actions immédiates. Le rapport de l’ONU suggère des pistes mais qui semblent tout à fait illusoires au vu de l’état d’esprit de nos dirigeants aujourd’hui : interdiction des nouvelles centrales à charbon en Chine, développement massif d’un réseau de transport public en Inde, nouvelles voitures « zéro émission » d’ici 2030 aux Etats-Unis… Il est bien évident que ces conseils ne seront pas suivis et que la Chine, l’Inde et les Etats-Unis continueront de polluer notre planète. Il y a fort à parier que la COP 25 de Madrid sera un vaste brassage de vent, comme les précédentes. D’ailleurs, Emmanuel Macron brillera par son absence. Il sera remplacé par le Premier Ministre.  La plaisanterie se terminera en 2020 par la COP 26 à Glasgow. Inutile de dire que ces différentes conférences se solderont par un fiasco et une gabegie financière. Avec un peu de chance, Donald Trump sera réélu et il signera le retrait définitif des Etats Unis de l’Accord de Paris. Tout va bien!

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At this moment, the Scripps Institution of Oceanography measurements on Mauna Loa in Hawaii indicate a concentration of CO2 in the atmosphere of more than 410 parts per million(ppm), which is considerable. This is 147% more than the pre-industrial level of 1750. Methane(CH4), of which 60% of the emissions are of human origin (cattle breeding, rice cultivation, exploitation of fossil fuels, landfills …), and protoxide of nitrogen(N2O), of which 40% of the emissions are of human origin (fertilizers, industrial processes …), have also reached peaks of concentration.
Most disturbing is the fact that the Keeling Curve shows no sign of a decline, quite the contrary. As noted by the UN in its latest report issued on November 25th, 2019, the main greenhouse gases causing global warming have reached new concentration records in 2018 and « no sign of slowing down » is visible. This cry of alarm comes just days before the opening of COP25, which will be held from December 2nd to 13th in Madrid (Spain).
Petteri Taalas, Secretary General of the World Meteorological Organization (WMO), keeps sounding the alarm. His last statement can not be ignored: « The last time the Earth had a comparable CO2 content was 3 to 5 million years ago. The temperature was 2 to 3°C higher than today, and the level of the sea was 10 to 20 metres higher than the current level. »
Source: France Info.

According to the UN, to limit global warming to 1.5°C – the ambition set by the Paris agreement – greenhouse gas emissions should be reduced by 7.6% per year until 2030, which means a 55% decline between 2018 and 2030. Any delay beyond 2020 would « quickly target 1.5°C out of reach ». These emissions, generated in particular by fossil fuels, have increased by 1.5% per year over the past ten years, with a new record of 55.3 gigatonnes of CO2 in 2018. If emissions continue at the current rate, the planet could heat up from 3.4 to 3.9°C by the end of the century.
The UN still ensures that it is still possible to stay below 2°C if the signatories of the Paris agreement agree to implement immediate actions. The UN report suggests some leads but they seem utterly illusory given the state of mind of our leaders today: ban on new coal power plants in China, massive development of a public transport network in India, new « zero emission » cars by 2030 in the United States … It is obvious that this advice will not be taken into account and that China, India and the United States will continue to pollute our planet. It’s a safe bet that the COP 25 in Madrid will be a mixture of empty words, like the previous ones. Moreover, Emmanuel Macron will not participate. He will be replaced by the Prime Minister. The joke will end in 2020 with COP 26 in Glasgow. Needless to say these different conferences will result in a fiasco and a huge waste of money. At that, Donald Trump might be re-elected and he will then sign the definitive withdrawal of the United States from the Paris Agreement. Everything is fine!

 

La Courbe de Keeling sur une année. On voit parfaitement la hausse entre décembre 2018 et 2019 (Source: Scripps Institution).

Fonte du permafrost : Ruée vers l’ivoire des mammouths // Permafrost melting: Mammoth ivory rush

Comme je l’ai indiqué précédemment, certains pays comme la Russie et les Etats-Unis voient d’un bon œil la fonte de la glace de mer dans l’Arctique car elle permettra l’ouverture de nouvelles voies maritimes et l’accès à des richesses minérales jusqu’alors cachées sous la banquise.

De même que la fonte de la glace en mer, la fonte du permafrost dans la toundra va présenter de nombreux avantages pour certains. Alors que les scientifiques redoutent une accélération des émissions de méthane et de gaz carbonique qui contribueront à accélérer l’effet de serre, d’autres espèrent tirer profit de la fonte du pergélisol qui dévoile d’innombrables carcasses de mammouths. Autrefois prisonnières du sol gelé en permanence, ces carcasses sont désormais faciles à dépouiller de leurs défenses.

La pratique, en Russie, est légale pour toute personne disposant d’une licence officielle, en sachant qu’elle peut s’avérer très dangereuse, notamment quand les personnes qui chassent l’ivoire préhistorique cherchent leur butin dans des grottes sur le point de s’effondrer.

Malgré tout, pratiquée comme une activité principale ou en complément d’un travail plus traditionnel, la chasse au mammouth peut devenir une activité extrêmement lucrative. Par exemple, une défense prélevée sur un animal ayant vécu en Sibérie il y a 10 000 ans peut rapporter plusieurs dizaines de milliers d’euros à son découvreur. Certaines personnes sont devenues millionnaires, tandis que d’autres sont simplement sorties de la misère grâce au produit de leurs ventes.

La demande en ivoire de mammouth vient principalement de Chine et transite via Hong Kong. Officiellement, la Russie a exporté 72 tonnes d’ivoire de mammouth en 2017. Il faut néanmoins savoir que les complications réglementaires imposées par les autorités locales ont encouragé le commerce illégal qui est estimé à 50% de l’ensemble des échanges. Le marché est si important que les Chinois viennent se servir directement en Iakoutie.

En 2017, la Chine a interdit le commerce de l’ivoire d’éléphant pour essayer d’enrayer le braconnage. L’ivoire de mammouth est maintenant considéré comme un substitut appréciable pour fabriquer des objets décoratifs ou des bijoux qui se vendent à prix d’or. De plus, les réserves de défenses de mammouths sont considérables. Alors que la population d’éléphants est estimée à 350 000 têtes en Afrique, on pense que 10 millions de mammouths se cachent dans le permafrost de la toundra sibérienne. Des scientifiques de l’Université de Calgary au Canada indiquent que le commerce de l’ivoire de mammouth a fait baisser le nombre annuel d’éléphants braconnés de 55 000 à 34 000. Il est bien évident que l’interdiction de commerce des défenses de mammouth risquerait de faire grimper le cours de l’ivoire d’éléphant et donc le risque de braconnage.

Source : Presse internationale.

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As I mentioned earlier, some countries, such as Russia and the United States, welcome the melting of sea ice in the Arctic as it will open up new shipping routes and provide access to mineral wealth hitherto hidden under the pack ice.
Like the melting of sea ice, the melting of permafrost in the tundra will have many benefits for some. While some fear an acceleration of methane and carbon dioxide emissions, huge contributors to the greenhouse effect, others hope to take advantage of the melting permafrost that reveals innumerable carcasses of mammoths. Formerly prisoners of the permanently frozen ground, these carcasses are now easy to strip of their tusks.

The practice in Russia is legal for anyone with an official license, knowing that it can be very dangerous, especially when people who look for prehistoric ivory seek their loot in caves in danger of collapsing.
Nevertheless, practiced as a main activity or in addition to more traditional work, mammoth hunting can become an extremely lucrative activity. For example, a tusk taken from an animal that lived in Siberia 10,000 years ago can bring tens of thousands of dollars to its discoverer. Some people have become millionaires, while others are simply out of misery thanks to the proceeds of their sales.
Demand for mammoth ivory comes mainly from China and transits via Hong Kong. Officially, Russia exported 72 tonnes of mammoth ivory in 2017. It should be noted, however, that administrative complications imposed by local authorities have encouraged illegal trade which is estimated at 50% of all trade. The market is so widespread that the Chinese come to serve themselves directly in Yakutia.
In 2017, China banned the trade in elephant ivory to try to stop poaching. Mammoth ivory is now considered a valuable substitute for making decorative items or jewelry that sell for a premium price. In addition, mammoth tusk reserves are considerable. While the elephant population is estimated at 350,000 head in Africa, an estimated 10 million mammoths are hiding in the permafrost of the Siberian tundra. Scientists at the University of Calgary in Canada report that the mammoth ivory trade has reduced the annual number of poached elephants from 55,000 to 34,000. It is obvious that the ban on trade in mammoth tusks could increase the price of elephant ivory and thus the risk of poaching.
Source: International Press.

Image de la toundra automnale (Photo : C. Grandpey)

Royal BC Museum de Victoria (Canada)  [Photo : C. Grandpey]

Nouveau réchauffement stratosphérique soudain ? // New Sudden Stratospheric Warming ?

Souvenez-vous : une vague de froid extrême s’est abattue sur le nord des Etats-Unis au cours du mois de janvier 2019, avec des températures qui sont descendues jusqu’à -40°C dans certaines villes. On a expliqué le phénomène par l’air glacial qui s’était échappé du vortex polaire.

Le vortex polaire est un vaste courant d’air qui entoure les régions polaires de l’hémisphère nord. Le moteur de ce courant est constitué par des vents qui tournent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, d’est en ouest. Cette circulation rapide permet en temps normal de maintenir l’air froid à des latitudes élevées près du pôle.

Toutefois, il arrive que le vortex se disloque et laisse échapper des bulles d’air froid qui descendent alors à des latitudes plus basses. C’est ce qui s’est passé en janvier 2019. Toutefois,  cet air froid ne s’est pas propagé partout : alors qu’il faisait très froid dans certaines parties du Canada, dans le Midwest des Etats Unis et en Sibérie centrale, l’Alaska connaissait un hiver remarquablement doux avec des records de chaleur.

La dislocation du vortex polaire n’est pas un phénomène rare. Un processus similaire a été observé en 2014 et en 2018. Avec janvier 2019, on observe cependant une répétition anormale du phénomène. .

Ces perturbations subies par le vortex polaires sont liées à un réchauffement soudain au niveau de la stratosphère. C’est ce que l’on appelle le réchauffement stratosphérique soudain. Durant l’hiver, il arrive parfois qu’à cette altitude la température grimpe rapidement, jusqu’à gagner 50°C en quelques jours, et cette forte hausse a pour effet de modifier la circulation des vents autour du vortex polaire. En conséquence, ce dernier peut se fragmenter et laisser échapper de l’air froid vers des latitudes plus basses. Le phénomène va alors se propager de la stratosphère jusqu’à la  troposphère en dessous et affecter d’autres processus comme le jet-stream, courant d’air très rapide situé à 8-12 kilomètres d’altitude et qui délimite les masses d’air.

 Ces derniers jours, les prévisions météorologiques laissent entendre qu’un nouveau réchauffement stratosphérique soudain pourrait se produire dans les prochaines semaines, avec affaissement du vortex polaire et une vague de froid sévère dans certaines régions de l’hémisphère nord. Cette prévision devra être confirmée.

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Le célèbre aventurier sud-africain Mike Horn, accompagné par l’explorateur polaire norvégien Børge Ousland, connaissent actuellement les pires difficultés pour progresser sur la banquise arctique. Après avoir été déposés il y a deux mois par le voilier de Mike Horn, les deux baroudeurs ont entrepris de parcourir 1600 km de glace en skis de randonnée en franchissant le pôle Nord au passage, objectif qu’ils ont atteint le 17 octobre dernier.

Sous l’effet du réchauffement climatique particulièrement intense dans les hautes latitudes, la glace se brise et se déplace beaucoup plus vite qu’auparavant. Les hommes sont tombés à l’eau à plusieurs reprises. Mike Horn a déclaré : « C’est triste à admettre pour moi, mais de toutes mes années en tant qu’explorateur professionnel, je n’ai jamais été aussi affecté par les changements climatiques.»

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Remember: an extreme cold snap hit the northern United States during January 2019, with temperatures down to -40°C in some cities. The phenomenon was explained by icy air that had escaped from the polar vortex.
The polar vortex is a vast stream of air that surrounds the polar regions of the northern hemisphere. The engine of this current consists of winds that rotate anticlockwise, from east to west. This rapid circulation normally allows cold air to be maintained at high latitudes close to the Pole.
However, the vortex may break up and let out cold air bubbles that then descend to lower latitudes. This is what happened in January 2019. However, this cold air did not spread everywhere: while it was very cold in parts of Canada, in Midwestern United States and Central Siberia, Alaska had a remarkably mild winter with records of heat.
The dislocation of the polar vortex is not a rare phenomenon. A similar process was observed in 2014 and 2018. With January 2019, however, there is an abnormal repetition of the phenomenon. .
These disturbances to the polar vortex are related to a sudden warming in the stratosphere. This is called Sudden Stratospheric Warming (SSW). During the winter, temperatures may rise very rapidly at this altitude and increase by as much as 50 degrees Celsius in a few days. This strong increase alters the circulation of the winds around the polar vortex. As a result, it can fragment and let cold air escape to lower latitudes. The phenomenon will then spread from the stratosphere to the troposphere below and affect other processes such as the jet-stream, a very fast airflow located 8-12 kilometres above sea level and which delimits the masses of air.

The latest forecast models suggest a major stratospheric warming event might develop in the next weeks, possibly initiating a collapse sequence of the polar vortex and severe cold snaps in some regions of the northern hemisphere. This forecast will have to be confirmed.

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Mike Horn, the famous South African adventurer, accompanied by the Norwegian polar explorer Børge Ousland, is currently experiencing the worst difficulties to progress on the Arctic sea ice. After having been dropped two months ago by Mike Horn’s sailboat, the two men set out to cover 1600 km of ice on cross-country skis while sliding past the North Pole, which they reached on October 17th.
Due to the fact that global warming is particularly intense in high latitudes, the ice breaks up and moves much faster than before. The men fell in the water several times. Mike Horn said, “It’s sad to admit for me, but in all my years as a professional explorer, I’ve never been so affected by climate change.”

A titre d’exemple, cette carte météo de janvier 2019 montre la position des masses d’air. On note une nappe de  réchauffement au-dessus de la Russie où la température est passée de – 70°C à – 10°C.  Une telle situation peut affecter le vortex se polaire et le faire se disloquer, avec des vagues de froid dans les basses latitudes. (Source: Météo France)