Parc du Volcan (Île de la Réunion)

Le 4 septembre 2024, les élus réunionnais ont donné le premier coup de pioche symbolique pour lancer les travaux du futur Parc du Volcan. Initié il y a près de 30 ans, le projet devrait voir le jour début 2026. D’une superficie de 15 hectares, le lieu doit accueillir trois zones, dont une dédiée à la végétation des Hauts. D’ailleurs, des Tamarins des Hauts ont déjà été plantés. Ce bois endémique et emblématique sera l’un des fleurons de la vitrine végétale du futur parc.

Situé au 27ème kilomètre à la Plaine-des-Cafres, le Parc du Volcan a pour ambition d’être un site d’accueil pour les 400 000 visiteurs du Piton de la Fournaise. Le projet a été réalisé dans l’esprit du Parc des Palmiers, à Trois-Mares. Le coût de la construction est estimé à 13 millions d’euros.

https://www.facebook.com/watch/?v=1565197694395403

Source : Réunion la 1ère.

Comme on peut le lire sur Internet, le nouveau site, établi au Tampon, à la croisée de la RN3 et de la Route des volcans, ressemblera plus à un parc d’attractions qu’à une structure autour du Piton de la Fournaise. Il est vrai que la Cité du Volcan située à proximité remplit parfaitement ce rôle, même si elle possède une ludothèque et des activités destinées au jeune public.

On se retrouve un peu dans la même situation que Vulcania en métropole. Prévu à l’origine pour être une structure à vocation majoritairement scientifique au cœur des volcans de la Chaîne des Puys, le site est devenu un « parc d’attractions et d’animations autour de la découverte des volcans et de la planète Terre, un lieu où s’amuser et découvrir les secrets du volcanisme, des phénomènes naturels et du Système solaire. »

 

Vue du projet (Source : Parc du Volcan)

L’eau du Rhône pour alimenter les Pyrénées-Orientales ?

Face à la sécheresse sévère qui affecte le département des Pyrénées-Orientales, élus et agriculteurs plébiscitent la prolongation de l’aqueduc Aqua Domitia, qui irrigue déjà, avec de l’eau du Rhône, les terres arides de l’Hérault et de l’Aude. La réalisation d’une étude de faisabilité a été votée le 25 avril 2024 par la région Occitanie.

Dans le 66, viticulteurs, agriculteurs et maraîchers font face à une situation d’urgence avec une sécheresse jamais vue et qui n’en finit pas, et un manque d’eau pour l’irrigation des cultures. On a vu qu’en Catalogne espagnole voisine, une usine de dessalement en mer permettra de fournir 6% de l’alimentation en eau potable de la ville de Barcelone. Douze autres usines sont prévues dans la province. La technologie ne présente pas que des avantages. J’ai attiré l’attention sur les conséquences du déversement de la saumure sur les écosystèmes marins.

Plus à l’est, afin de faire face à la sécheresse, l’aqueduc Aqua Domitia pompe 12 millions de mètres cubes dans le Rhône, à Fourques (Gard), puis distribue l’eau non traitée via un canal, puis une conduite d’eau de 60 cm à 1,2 mètre de diamètre. Dix ans de travaux ont été nécessaires, pour un investissement de 220 millions d’euros. L’eau est utilisée pour l’irrigation agricole (40%), potabilisée (40%) ou vient en substitution à des ressources locales fragilisées.

Si les autorités locales donnent le feu vert, on estime que le projet de prolongation de l’aqueduc Aqua Domitia pourrait voir le jour entre 2030 et 2032.

L’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse tempère les ardeurs et fait remarquer que les autorisations de prélèvement doivent se faire en fonction de l’évolution du Rhône. Selon une étude de 2022 sur l’hydrologie du fleuve, l’ensemble des prélèvements, dont les pompages pour les villes de Lyon, Marseille, et de la Côte d’Azur, correspondent à 5% du débit à Beaucaire/Tarascon en temps normal et jusqu’à 30% en août d’une année sèche.

L’infrastructure envisagée nécessiterait un investissement de 500 millions d’euros. En attendant, l’étude lancée par la région sera en partie financée par l’Etat,

De leur côté, des associations écologistes sont opposées à la réalisation d’Aqua Domitia et le projet d’extension est tout aussi critiqué. Selon elles,« c’est un non-sens de penser qu’on va solutionner la question de la sécheresse en créant d’autres problèmes, ce n’est pas en transportant les eaux d’un bassin versant à un autre, qu’on va résoudre le problème. Il faut respecter les cycles naturels. » Les écologistes rappellent qu’il y a 20 ans, les agriculteurs locaux s’étaient opposés au projet Aqua Domitia jusqu’à Perpignan, car ils redoutaient que la conduite d’eau soit ensuite prolongée vers l’Espagne, dont la concurrence affecte déjà la production de fruits et légumes du Roussillon.

Source : La Tribune et la presse régionale.

Si le projet d’e prolongement de l’aqueduc Aqua Domitia semble intéressant à court terme, son apport en eau sera-t-il aussi intéressant dans quelques décennies? Il ne faudrait pas oublier que le Rhône et ses affluents dépendent de l’enneigement en montagne et des glaciers dont la fonte ne cesse de s’accélérer. A plusieurs reprises, j’ai alerté sur la fonte du glacier du Rhône. Les affluents du fleuve, comme la Durance et les rivières qui l’alimentent, prennent leur source dans les Alpes à environ 2400 mètres d’altitude et dépendent largement de l’enneigement. On peut raisonnablement se demander ce qu’il adviendra du débit de ces cours d’eau dans quelques décennies. De plus, il ne faudrait pas oublier que l’eau douce du Rhône contribue à l’équilibre des écosystèmes dans la Mer Méditerranée. En prélever une trop grande quantité aura forcément un impact négatif sur la Grande Bleue.

 

Vous obtiendrez une carte plus grande en cliquant sur ce lien :

https://www.reseau-hydraulique-regional.fr/fr/les-maillons

KMT, un projet ambitieux en Islande // KMT, an ambitious project in Iceland

Dans deux notes publiés le 28 septembre 2021 et le 22 janvier 2024, j’expliquais qu’un nouveau projet – Krafla Magma Testbed (KMT) – est en cours de développement en Islande.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/09/28/voyage-au-centre-de-la-terre-journey-to-the-centre-of-the-earth-3/

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/01/22/islande-la-geothermie-au-coeur-dun-volcan-iceland-geothermy-at-the-heart-of-a-volcano/

Un article publié le 23 mars 2024 sur le site Iceland Monitor nous informe que deux des principaux objectifs du projet sont « d’améliorer considérablement les prévisions des éruptions volcaniques dans le monde et de concevoir de nouvelles méthodes plus économiques pour la production d’énergie géothermique. »
La société KMT vise à construire dans les années à venir un centre de recherche international de recherche en matière de volcanisme et d’énergie dans la région du Krafla à Þingeyjarsveit. L’idée du projet est née du forage IDDP-1 qui, en 2009, a atteint de manière tout à fait inattendue une poche de magma dans la région du Krafla, à une profondeur de 2,1 km.
L’équipement utilisé en 2009 n’était pas capable de résister à la chaleur, à la pression et à la corrosion à proximité du magma, mais des informations importantes ont été recueillies au niveau du forage avant sa fermeture. Les scientifiques ont pu déterminer l’emplacement exact d’une chambre magmatique, une première mondiale, et le forage s’est avéré dix fois plus puissant que les forages traditionnels déjà réalisés dans la région du Krafla.
Quinze ans après le forage de 2009, l’objectif est de récidiver avec une nouvelle technologie mise au point par la société KMT.
Voici une vidéo de KMT (en anglais) expliquant le projet et ses ambitions :
https://youtu.be/Bf-yA_L8mZA

Photos: C. Grandpey

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In two posts released on September 28th, 2021 and January 22nd, 2024, I explained that a new project – Krafla Magma Testbed (KMT) – is being developed in Iceland.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/09/28/voyage-au-centre-de-la-terre-journey-to-the-centre-of-the-earth-3/

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/01/22/islande-la-geothermie-au-coeur-dun-volcan-iceland-geothermy-at-the-heart-of-a-volcano/

An article published on March 23rd, 2024 on the website Iceland Monitor informs us that two of the main goals of the project are « to greatly improve global volcanic eruption predictions and design new and more cost-effective methods for the energy production of geothermal energy. »

KMT aims to build an international research center for volcanic and energy research in the Krafla area in Þingeyjarsveit in the coming years. The idea for the project stems from the Icelandic deep-water drilling project IDDP-1, where they unexpectedly drilled into magma at Krafla at a depth of 2.1 km in 2009.

The equipment used in IDDP-1 in 2009 was not able to withstand the heat, pressure, and corrosion closer to the magma but important information was gathered from the borehole before it was closed. Scientists were now able to determine the exact location of a base magma chamber, which is considered unique worldwide, and the borehole was found to be ten times more powerful than traditional production boreholes in Krafla.

Now fifteen years after the unexpected drilling of magma in Krafla, the aim is to do so again with a new instrumentation that KMT is developing.

Here is a video from KMT explaining the project and its ambitions:

https://youtu.be/Bf-yA_L8mZA

La Grave (Hautes-Alpes) : un projet de téléphérique met le feu à la montagne

Situé au-dessus du village de la Grave (Hautes-Alpes), petit village au pied de la Meije, sur le route du col du Lautaret et accessible par un téléphérique, le glacier de la Girose s’étire entre 3600 m et 2800 m. Comme ses homologues alpins, il est en train de fondre sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. A l’arrivée du téléphérique, on débouche sur une plate-forme qui permet un accès direct au glacier, avec un restaurant dont la terrasse offre une vue superbe sur le glacier et le massif de la Meije.

Le village de La Grave

Le massif de la Meije

Partie haute du glacier de la Girose

Au mois de septembre 2022, je me trouvais à La Grave et toutes les conversations tournaient autour du projet d’extension du téléphérique. L’idée divise les habitants; pour certains, l’aménagement est nécessaire, mais pour d’autres, ce serait une perte d’identité du village avec la crainte de voir la mise en place d’une jonction avec les stations de l’Alpe d’Huez et des Deux Alpes. Ils craignent que ce projet en cache un autre encore plus grand qui fait régulièrement surface : le projet « Grand Oisans » qui prévoit une liaison entre les stations de La Grave, l’Alpe d’Huez et les Deux Alpes, en Isère.

Les partisans du projet d’extension du téléphérique font valoir son côté positif pour l’environnement. Le remplacement du téléski actuel – propulsé par une motrice fonctionnant au fioul – par un téléporté qui sera alimenté en électricité, permettra de diviser par cinq l’énergie finale consommée.

Comme je l’ai fait remarquer aux habitants de La Grave avec lesquels j’ai abordé le sujet du téléphérique, personne ne parle de la fonte du glacier de la Girose et, plus globalement, de ceux du massif des Ecrins. L’expression « réchauffement climatique  » est tabou en montagne. Au train où vont les choses, il n’est pourtant pas certain que le spectacle proposé par le glacier de la Girose dans 10 ans sera aussi beau qu’aujourd’hui. Le glacier existera-t-il encore? Et puis, comment sera l’enneigement?

L’ouverture fréquente de nouvelles crevasses rend l’approche du glacier de plus en plus dangereuse

Depuis le début du mois d’octobre 2023, le collectif Les Soulèvements de la Terre occupe le chantier du 3ème tronçon de téléphérique afin de bloquer les travaux. Les membres du collectif ont installé un campement qui atteste de la « détermination à donner un coup d’arrêt à l’exploitation et à l’artificialisation des montagnes, des terres des vallées jusqu’aux glaciers. »

Le collectif Les Soulèvements de la Terre n’est pas le seul à s’opposer au projet. Plusieurs associations dont Mountain Wilderness, La Grave Autrement, ou encore France Nature Environnement ont appelé à la mobilisation à travers une marche et un rassemblement. De son côté, le collectif Les Soulèvements de la Terre s’engage à poursuivre la mobilisation. De nouveaux campements sont prévus au printemps 2024 si le projet n’estt pas définitivement abandonné.

Source : presse régionale et nationale.