Bourg-Saint-Maurice (Savoie) et le réchauffement climatique

Concentrations de CO2 : 427,99 ppm (07 août 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,59 ppb (avril 2026)

Le réchauffement climatique accélère fortement la fonte des glaciers – celui du Varet par exemple – autour de Bourg-Saint-Maurice et des Arcs. Faisant fi de la catastrophe glaciaire annoncée, la commune a récemment fait polémique en se retirant d’un projet ministériel de protection glaciaire (le programme Érable), suscitant des débats tendus au sein du conseil municipal entre écologie et réalisme.

Glacier du Varet : son espérance de vie est estimée à une dizaine d’années (Crédit photo : presse régionale)

C’est le 2 juin 2026 que la mairie de Bourg-Saint-Maurice a acté l’arrêt de la démarche de protection de la zone glaciaire autour de l’Aiguille des Glaciers, en se retirant du projet Agir pour les glaciers. C’est une décision assez surprenante au moment où les glaciers alpins fondent à vue d’œil. On se souvient que le ski d’été a connu une fin précipitée en 2026 à Tignes et sur le Plateau Rosa au-dessus de Cervinia dans le Valais suisse

Alors que l’ancien maire de Bourg-Saint-Maurice, élu en 2020 avec une liste citoyenne, portait des propositions fortes sur le plan écologique, la nouvelle mairesse, élue lors des dernières municipales, a adopté une position bien différente. De toute évidence, elle n’a pas compris les conséquences du réchauffement climatique sur le massif alpin.. Le 2 juin, elle a annoncé en conseil municipal qu’elle retirait le programme Érable de la station qu’elle administre.

Ce projet, porté par plusieurs associations de protection de l’environnement, étudie l’évolution des glaciers et des marges sauvages qu’ils libèrent pour mieux comprendre le monde « à l’heure du réchauffement climatique, de la sixième extinction de masse et de la raréfaction de l’eau douce dans les territoires ». À Bourg-Saint-Maurice, ce projet a déjà permis la création d’une zone protégée sur l’Aiguille des Glaciers.

Crédit photo: Wikipedia

Au cours du conseil municipal du 25 juin 2026, la mairesse a refusé de répondre à un élu d’opposition qui lui demandait quelle action elle comptait mettre en place pour compenser l’abandon du projet ministériel. Elle a juste indiqué vouloir orienter ses « efforts sur des actions qui nous paraissent plus efficaces ». Le nouvel adjoint à l’urbanisme est allé plus loin et a critiqué la politique de l’ancien maire : « Vous dites que le glacier fond en raison de la canicule et du réchauffement global de la planète et qu’il faut le protéger. Nous pensons que ce type d’action est du greenwashing. » Et d’ajouter: « Combien ça nous rapporte ? »

Cela confirme des propos que j’ai entendus à La Grave (Hautes-Alpes) il y a quelques années quand j’ai abordé le sujet du réchauffement climatique et des risques pour la saison de sports d’hiver dans les Alpes. L’urgence climatique, avec les canicules à répétition et l’état préoccupant des glaciers n’est visiblement pas à l’ordre du jour chez une population qui ne vit qu’à travers le profit. Les Picsou des Alpes ! La dernière trouvaille des élus était l’extension du téléphérique de La Grave. Malheureusement pour eux, le gypaète barbu a mis un sérieux coup de griffe au projet. Quand la neige aura disparu, ces gens vont bien sûr pleurer auprès de l’État pour avoir des compensations financières. On connaît la musique.

Source : presse savoyarde.

La Grave (Hautes-Alpes) : un projet de téléphérique met le feu à la montagne

Situé au-dessus du village de la Grave (Hautes-Alpes), petit village au pied de la Meije, sur le route du col du Lautaret et accessible par un téléphérique, le glacier de la Girose s’étire entre 3600 m et 2800 m. Comme ses homologues alpins, il est en train de fondre sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. A l’arrivée du téléphérique, on débouche sur une plate-forme qui permet un accès direct au glacier, avec un restaurant dont la terrasse offre une vue superbe sur le glacier et le massif de la Meije.

Le village de La Grave

Le massif de la Meije

Partie haute du glacier de la Girose

Au mois de septembre 2022, je me trouvais à La Grave et toutes les conversations tournaient autour du projet d’extension du téléphérique. L’idée divise les habitants; pour certains, l’aménagement est nécessaire, mais pour d’autres, ce serait une perte d’identité du village avec la crainte de voir la mise en place d’une jonction avec les stations de l’Alpe d’Huez et des Deux Alpes. Ils craignent que ce projet en cache un autre encore plus grand qui fait régulièrement surface : le projet « Grand Oisans » qui prévoit une liaison entre les stations de La Grave, l’Alpe d’Huez et les Deux Alpes, en Isère.

Les partisans du projet d’extension du téléphérique font valoir son côté positif pour l’environnement. Le remplacement du téléski actuel – propulsé par une motrice fonctionnant au fioul – par un téléporté qui sera alimenté en électricité, permettra de diviser par cinq l’énergie finale consommée.

Comme je l’ai fait remarquer aux habitants de La Grave avec lesquels j’ai abordé le sujet du téléphérique, personne ne parle de la fonte du glacier de la Girose et, plus globalement, de ceux du massif des Ecrins. L’expression « réchauffement climatique  » est tabou en montagne. Au train où vont les choses, il n’est pourtant pas certain que le spectacle proposé par le glacier de la Girose dans 10 ans sera aussi beau qu’aujourd’hui. Le glacier existera-t-il encore? Et puis, comment sera l’enneigement?

L’ouverture fréquente de nouvelles crevasses rend l’approche du glacier de plus en plus dangereuse

Depuis le début du mois d’octobre 2023, le collectif Les Soulèvements de la Terre occupe le chantier du 3ème tronçon de téléphérique afin de bloquer les travaux. Les membres du collectif ont installé un campement qui atteste de la « détermination à donner un coup d’arrêt à l’exploitation et à l’artificialisation des montagnes, des terres des vallées jusqu’aux glaciers. »

Le collectif Les Soulèvements de la Terre n’est pas le seul à s’opposer au projet. Plusieurs associations dont Mountain Wilderness, La Grave Autrement, ou encore France Nature Environnement ont appelé à la mobilisation à travers une marche et un rassemblement. De son côté, le collectif Les Soulèvements de la Terre s’engage à poursuivre la mobilisation. De nouveaux campements sont prévus au printemps 2024 si le projet n’estt pas définitivement abandonné.

Source : presse régionale et nationale.

Un nouveau téléphérique sur le glacier de la Girose (Hautes-Alpes)?

La semaine dernière, au moment où je me trouvais à La Grave (Hautes-Alpes), petit village au pied de la Meije, sur le route du col du Lautaret, toutes les conversations tournaient autour du projet d’extension du téléphérique. L’idée divise les habitants; pour certains, l’aménagement est nécessaire, mais pour d’autres, ce serait une perte d’identité du village avec la crainte de voir la mise en place d’une jonction avec les stations de l’Alpe d’Huez et des Deux Alpes.

Depuis 40 ans, le téléphérique de La Grave ouvre à tous l’expérience de la montagne à 3 200 mètres d’altitude. L’exploitant de la station veut remplacer le vieux téléski par un troisième tronçon de téléphérique accessible aux piétons et qui offrirait au public une vue imprenable sur le glacier de la Girose. Au village, certains habitants craignent que ce projet en cache un autre qui fait régulièrement surface : le projet « Grand Oisans » qui prévoit une liaison entre les stations de La Grave, l’Alpe d’Huez et les Deux Alpes, en Isère.

A La Grave, le collectif d’habitants, opposé à la construction d’un troisième tronçon du téléphérique, vient de financer une étude qui met en doute la viabilité économique de l’extension. Face à ce super-projet de liaison, les membres du collectif craignent de voir leur station dissoute dans un vaste ensemble touristique qui effacerait son identité.

Les partisans du 3ème tronçon de téléphérique font valoir son côté positif pour l’environnement. Le remplacement du téléski actuel – propulsé par une motrice fonctionnant au fioul – par un téléporté qui sera alimenté en électricité, permettra de diviser par cinq l’énergie finale consommée. Avec cette opération, dans 15 ans, on émettra moins de gaz à effet de serre, construction comprise, que si on continue à exploiter le téléski en l’état. A La Grave, tout le monde reconnaît que l’ancien téléski doit être retiré du site, mais c’est l’avenir de cet aménagement qui alimente le débat.

Comme je l’ai fait remarquer aux habitants de La Grave avec lesquels j’ai abordé le sujet du téléphérique, personne ne parle de la fonte du glacier de la Girose et, plus globalement, de ceux du massif des Ecrins. L’expression « réchauffement climatique  » est tabou en montagne. Au train où vont les choses, il n’est pourtant pas certain que le spectacle proposé par le glacier de la Girose dans 10 ans sera aussi beau qu’aujourd’hui. Le glacier existera-t-il encore? Et puis, comment sera l’enneigement? Au cours de l’hiver 2021-2022, il y a eu une bonne chute de neige en novembre qui a été balayée par la pluie dans les semaines suivantes. Une nouvelle chute de neige a eu lieu en mars, mais très insuffisante pour sauver la saison de ski. Apparemment, personne n’a évoqué – et ne veut évoquer! – l’impact du réchauffement climatique sur le projet…. Ça s’appelle la politique de l’autruche…

Glacier de la Girose et site du projet de téléphérique (Photo: C. Grandpey)

Avalanche à La Grave (Hautes-Alpes)

Une très grosse avalanche a déferlé sur la commune de La Grave (Hautes-Alpes), le 11 février 2021. La coulée de neige s’est déclenchée vers 5 heures du matin au niveau du glacier du Tabuchet. Elle n’a heureusement pas fait de blessé mais les dégâts matériels sont considérables.

Un appel à la vigilance a été lancé par le maire de la localité. En effet, la météo est instable et des chutes de neige sont attendues dans les prochaines heures dans le secteur de La Grave, faisant craindre de nouvelles avalanches. Le maire a peur que des problèmes humains apparaissent avec l’arrivée de nouveaux vacanciers. .

Ce qui vient de se passer à La Grave confirme les propos de Météo France Pyrénées en 2016. A l’époque, les météorologues expliquaient que le changement climatique pourrait accroître certains risques naturels, comme les chutes de blocs en haute montagne, voire certains types d’avalanches. « Pour le moment, les avalanches de neige humide se produisent surtout au printemps. Or les projections climatiques «mettent en évidence un glissement de leur période d’occurrence à l’ensemble de la période hivernale, sous l’effet d’une humidification plus fréquente et à plus haute altitude du manteau neigeux, même au cœur de l’hiver».

Le seul nom de La Grave fait remonter chez moi des souvenirs de cyclotouriste avec l’ascension des cols du Lautaret et du Galibier qui offrent des vues splendides sur le massif de La Meije. Au fil des ans, j’ai pu me rendre compte des effets du réchauffement climatique sur les glaciers de ce massif. Lors de ma dernière visite en 2017, ils avaient perdu une grande partie de leur splendeur d’autrefois.

Le massif de La Meije en 2017 (Photo : C. Grandpey)