Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’activité de la Montagne Pelée (Martinique) montre un niveau faible avec 4 séismes d’origine volcanique enregistrés entre le 13 février et le 20 février 2026, contre 52 événements de ce type du 6 au 13 février 2026, entre 1,0 et 1,4 km de profondeur sous le sommet du volcan. D’après l’OVSM, cette sismicité est associée à de la micro-fracturation dans l’édifice volcanique, en lien avec la réactivation globale du volcan observée depuis 2019.

L’Observatoire n’a pas divulgué les résultats de la campagne effectuée en janvier 2026 pour analyser les éventuelles déformations de l’édifice volcanique.

Si la probabilité d’une activité éruptive à court terme reste faible, l’OVSM précise qu’une évolution de la situation à moyen terme ne peut être exclue au regard des observations collectées depuis fin 2018.

Le niveau d’alerte volcanique reste en vigilance Jaune.

Source : OVSM.

Photo: C. Grandpey

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L’USGS indique qu’aucun signe d’activité volcanique n’a été observé au niveau du volcan sous-marin Ahyi (Îles Mariannes du Nord) depuis le 9 janvier 2026, date à laquelle les dernières images satellites ont révélé un panache d’eau décolorée à proximité du volcan. Des capteurs de pression sous-marins installés près de l’île de Wake (à 2 250 km à l’est d’Ahyi) n’ont également détecté aucune activité en provenance de l’Ahyi depuis plusieurs semaines.
En raison de l’absence apparente d’activité et du manque de stations de surveillance à proximité de l’Ahyi, la couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été abaissés à « Unassigned », ce qui signifie qu’aucun niveau d’alerte n’est actuellement attribué à ce volcan.
Source : USGS.

Source: USGS

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Le niveau d’alerte volcanique pour Ambae (Vanuatu) a été relevé à 3 le 23 février 2026, suite à une intensification de l’activité éruptive qui avait débuté le 20 février. Les émissions de cendres atteignaient 4 900 m d’altitude le 24 février, et la zone à risque a été étendue à un rayon de 3 km autour de la bouche active dans le lac Voui.
Les données sismiques montrent un trémor volcanique continu et des événements volcano-sismiques; elles indiquent une activité éruptive soutenue au sein du lac Voui, confirmée par les images de webcams et les observations au sol qui montrent de volumineux panaches de cendres.
https://twitter.com/i/status/2026263680942289295

En début de journée le 24 février, les panaches atteignaient une altitude estimée à 2 500 m. Les données satellitaires ont détecté des émissions de SO₂ très élevées et des anomalies thermiques modérées, reflétant des températures de surface élevées. Des retombées de cendres et des pluies acides pourraient affecter les villages d’Ambae et des îles voisines, en particulier ceux situés sous le vent.

L’île d’Ambae (16 x 38 km) possède un cône sommital abritant trois lacs de cratère. L’activité éruptive actuelle reste confinée au lac Voui.

Source : Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD).

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) débutée le 13 février, se poursuit. Un seul site éruptif reste actif sur le flanc sud-sud-est du volcan, avec des fontaines de lave et la formation progressive d’un cône. Une activité en tunnel de lave se développe en aval.

Le trémor éruptif reste globalement faible et stable, avec des fluctuations d’amplitude observées de façon périodique.

Les débits de lave en surface sont estimés entre 1 et 19 m³/s. Le 24 février 2026, environ 7 millions de mètres cubes de lave avaient été émis depuis le début de l’éruption.

À noter que la baisse de la sismicité sommitale se confirme. Un seul séisme sommital a été observé depuis le 22 février. Il est donc peu probable que l’on assiste à l’ouverture de nouvelles fissures.

De plus, la phase de déflation de la zone sommitale liée à la vidange du réservoir magmatique superficiel alimentant le site éruptif est désormais terminée.

Source : OVPF.

La seule question est de savoir pendant combien de jours l’éruption va encore durer.

 

Évolution de l’amplitude du trémor éruptif entre le 13 et le 25 février 2026 (Source : OVPF)

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L’activité de coulée de lave observée 22 février 2026 sur le Stromboli (Sicile) est terminée, jusqu’à la prochaine fois, car le phénomène est récurrent. L’activité strombolienne se poursuit dans les zones cratèriques nord et centre-sud. D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du trémor volcanique se situe actuellement dans la moyenne. Les réseaux de surveillance des déformations du sol ne montrent aucun changement significatif.

Source : INGV.

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Après la fin de l’Épisode 42 le 15 février 2026, aucune activité significative n’est actuellement observée sur le Kilauea (Hawaï). Les modèles préliminaires montrent que le déclenchement des fontaines de lave de l’Épisode 43 pourrait se produire entre le 6 et le 16 mars 2026.
Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 42

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Un volcan de boue est entré en éruption dans la municipalité de San Juan de Urabá (Colombie) le 25 février 2026, générant une haute colonne de flammes qui a ravagé la végétation sèche et provoqué de larges fissures sur les routes menant à Siete Vueltas et Juancito Viejo. Trois maisons ont dû être évacuées. Bien qu’aucun blessé ni aucune perte humaine n’ait été signalé, plusieurs animaux de la région ont péri. L’éruption a également endommagé la station d’épuration des eaux voisine.
L’événement s’est produit dans le bassin du golfe d’Urabá, sur la plaine côtière caraïbe, où se trouvent des couches sédimentaires sous pression et des sols riches en hydrocarbures. Les éruptions se produisent lorsque des fluides sous pression remontent à travers des failles à l’intérieur des sédiments marins, libérant de la boue, de la saumure et du gaz. Lorsque les concentrations de méthane sont élevées, le gaz peut s’enflammer au contact de l’oxygène ou d’une source de chaleur externe.

Selon le Service géologique colombien (SGC), la Colombie compte plus de 100 volcans de boue et de nombreuses sources de gaz et de boue de plus petite taille, réparties dans les districts d’Atlántico, de Córdoba, de Sucre, de Bolívar et d’Antioquia.
Source : Service géologique colombien (SGC).

Image de l’éruption (Source : réseaux sociaux)

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Le Sheveluch est le seul volcan du Kamtchatka dont la couleur de l’alerte aérienne est actuellement Orange. Elle est Jaune ou Verte pour les autres volcans.
L’éruption explosive-extrusive se poursuit, accompagnée de puissantes émissions de gaz et de vapeur. Les données satellitaires montrent des explosions qui projettent des cendres jusqu’à 10 km d’altitude. Les panaches de cendres dérivent généralement sur plus de 450 km à l’est du volcan, où une anomalie thermique est également observée.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Volcanic activity at Mount Pelée (Martinique) is currently low, with only 4 volcanic earthquakes recorded between February 13 and 20, 2026, compared to 52 such events between February 6 and 13, 2026, occurring at depths of 1.0 to 1.4 km beneath the volcano’s summit. According to the OVSM, this seismicity is associated with microfracturing within the volcanic edifice, linked to the overall reactivation of the volcano observed since 2019.

The Observatory has not yet released the results of the campaign conducted in January 2026 to analyze potential deformation of the volcanic edifice.
While the probability of an eruptive activity in the short term remains low, the OVSM specifies that a change in the situation in the medium term cannot be ruled out, given the observations collected since the end of 2018.

The volcanic alert level remains at Yellow.

Source: OVSM.

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The USGS indicates that no signs of volcanic unrest have been observed at Ahyi seamount (Northern Mariana Islands) since January 9, 2026, when satellite views last saw a plume of discolored water near the seamount. Distant underwater pressure sensors near Wake Island (2,250 km east of Ahyi) have also not detected any activity from the direction of Ahyi seamount for several weeks.
Due to the apparent absence of activity, and the lack of local monitoring stations near Ahyi Seamount, the Aviation Color Code and Volcano Alert Level are being lowered to UNASSIGNED.

Source : USGS.

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The Volcanic Alert Level for Ambae (Vanuatu) was raised to 3 on February 23, 2026, following increased eruptive activity that began on February 20. Ash emissions reached up to 4 900 m above sea level on February 24, and the hazard zone was extended to a 3 km radius around the active vent in Lake Voui.

Seismic data show continuous volcanic tremor and volcano-seismic events, indicating sustained eruptive processes within Lake Voui.Webcam imagery and ground observations confirm ongoing emissions of ash and volcanic gas.

https://twitter.com/i/status/2026263680942289295

Early on February 24, volcanic clouds reached an estimated height of 2 500 m above sea level. Satellite data detected very high SO2 emissions and moderate thermal anomalies, reflecting elevated surface temperatures. Ashfall and acid rain may affect villages on Ambae and nearby islands, particularly downwind sectors.

Ambae (16 x 38 km) contains a summit cone with three crater lakes. The current eruptive activity remains confined to Lake Voui.

Source : Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD).

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The eruption of Piton de la Fournaise (Réunion Island), which began on February 13, continues. Only one eruptive site remains active on the south-southeast flank of the volcano, with lava fountains and the progressive formation of a cone. Lava tube activity is developing downslope.
The eruptive tremor remains generally low and stable, with amplitude fluctuations observed periodically.
Surface lava flow rates are estimated at between 1 and 19 m³/s. By February 24, 2026, approximately 7 million cubic meters of lava had been emitted since the start of the eruption.

It should be noted that the decrease in summit seismicity is confirmed. Only one summit earthquake has been observed since February 22nd. Therefore, the opening of new fissures is unlikely.

Furthermore, the deflation phase of the summit area linked to the drainage of the shallow magma reservoir feeding the eruptive site is now over.
Source: OVPF.

The only question is how many more days the eruption will last.

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The lava flow activity observed on February 22, 2026, on Stromboli (Sicily) has ended, until the next time, as the phenomenon is recurrent. Strombolian activity continues in the northern and central-southern crater areas. From a seismic perspective, the average amplitude of volcanic tremor is currently within the normal range. Ground deformation monitoring networks show no significant changes.
Source: INGV.

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After the end of Episode 42 on February 15 2026, no significant activity is currently observed at Kilauea (Hawaii). Preliminary models suggest the likely forecast window for the onset of Episode 43 lava fountaining is March 6-16.

Source : HVO.

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Sheveluch is the only volcano in Kamchatka whose aviation color code is Orange. It is Yellow or green for the other volcanoes.

The explosive-extrusive eruption of the volcano continues, accompanied by powerful gas-steam activity. Satellite data show explosions that send ash up to 10 km a.s.l. Ash plumes usually drift over 450 km to the east of the volcano where a thermal anomaly is also observed.

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Volcans magmatiques et volcans de boue // Magmatic volcanoes and mud volcanoes

Jusqu’à présent, le Pérou prétendait posséder le plus petit volcan du monde. En réalité, il n’en est rien. La petite structure conique en question, située près de Songoña, dans la province de Canchis, a été identifiée comme étant un volcan de boue, suite à une inspection sur le terrain menée par l’Institut Géophysique Péruvien (IGP) les 10 et 11 juillet 2025. L’inspection du site a été effectuée en coordination avec les autorités locales et les habitants de la région, suite à l’intérêt suscité auprès du public par cette formation qualifiée par les médias locaux de « plus petit volcan du monde ».

Crédit photo: IGP

La structure, apparue pour la première fois en novembre 2024, a progressivement adopté une forme conique, plus marquée au cours des trois derniers mois. Les premières mesures de température réalisées le 10 juillet ont montré que la matière émise par le monticule était à température ambiante. Aucune trace d’activité volcanique, telle que des températures élevées, de la lave ou de la cendre, n’a été détectée. Lors de la visite sur le terrain, les scientifiques ont prélevé des échantillons des matériaux expulsés et effectué des mesures complémentaires, notamment du pH, de la conductivité électrique et de la teneur totale en éléments dissous. Le monticule a également été cartographié à l’aide de drones et d’un GPS de précision afin de mettre au point un modèle 3D pour une surveillance continue.
L’IGP a confirmé que la structure était un volcan de boue, un phénomène géologique naturel bien connu, causé par la migration de gaz vers la surface, en transportant de l’eau et des sédiments riches en argile.
Contrairement aux volcans magmatiques, les volcans de boue ne présentent pas vraiment de risques à cause de la température des matériaux qu’ils projettent. Leur structure peut ressembler à celle d’un volcan traditionnel, avec notamment une cheminée centrale, mais leurs émissions sont à basse température et issues de sédiments. Le plus souvent, il n’y a pas de risque immédiat pour les zones habitées environnantes.
Au Pérou, le seul volcan magmatique connu dans la région de Cuzco et susceptible de présenter un risque est le Quimsachata, que l’IGP a commencé à surveiller en novembre 2024. Une station permanente est prévue sur le site, en lien avec le réseau de surveillance en temps réel que l’IGP a déjà installé sur le Misti, l’Ubinas et 11 autres volcans du pays.

Volcan Misti (Crédit photo: Wikipedia)

Source : IGP, The Watchers.

Bien que les volcans de boue soient bien moins dangereux que leurs homologues magmatiques, les risques qu’ils génèrent ne doivent pas être négligés. J’ai mentionné dans ce blog plusieurs exemples des dégâts causés par ces volcans. Le plus célèbre est Lusi, le volcan de boue de Sidoarjo en Indonésie, entré en éruption le 28 mai 2006, dans la régence de Sidoarjo. Les coulées de boue ont enseveli à plusieurs reprises des villages, des routes et des champs malgré la construction de nombreuses digues de rétention. Il s’agit de l’une des plus grandes catastrophes économiques et écologiques d’Indonésie.

Crédit photo: The Jakarta Post

J’ai évoqué sur ce blog les explosions d’autres volcans de boue, en Azerbaïdjan, en Colombie, à Trinité-et-Tobago ou au Guatemala. Plus près de la France, certains des volcans de boue les plus connus se trouvent en Sicile ; il s’agit des Maccalube di Aragona. En septembre 2014, l’explosion soudaine de l’un de ces volcans de boue a surpris un homme et deux enfants de 7 et 9 ans. L’homme, âgé de 46 ans, a réussi à s’extraire de la boue, mais sa fille de sept ans était déjà morte lorsqu’elle a pu être retirée immédiatement. Son frère a été retrouvé mort 7 heures plus tard.

Photo: C. Grandpey

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Up to now , Peru pretended it had the smallest vpolcano in the world. Actually, it was not. A small cone-shaped structure near Songoña, Canchis Province, Peru, was confirmed to be a mud volcano following a field inspection by the Peruvian Geophysical Institute (IGP) on July 10 and 11, 2025.

The investigation was conducted in coordination with local authorities and residents in the area, following growing public interest in the formation, which had been referred to in local media as the “smallest volcano in the world.”

The structure, which first appeared in November 2024, has gradually adopted a more defined conical shape over the past three months. Initial thermal measurements taken on July 10 showed that the material emitted from the mound was at ambient temperature. No evidence of volcanic activity such as high temperatures, magma, lava, or ash was found. During the inspection in Songoña, field teams collected samples of the expelled material and conducted environmental measurements, including pH, electrical conductivity, and total dissolved solids. The mound was also mapped using drone-based imaging and precision GPS to develop a 3D model for ongoing monitoring.

The IGP confirmed the structure to be a mud volcano, a natural geological phenomenon caused by the upward migration of gases from underground, which transport clay-rich sediments and water to the surface.

Unlike magmatic volcanoes, mud volcanoes do not pose thermal or eruptive risks. Their structure may resemble a traditional volcano, including a central vent, but their emissions are cold, and sediment-based. The confirmation rules out any immediate geological hazard to the surrounding community.

The only known magmatic volcano in the Cusco region with potential hazard implications is Quimsachata, which IGP began temporarily monitoring in November 2024. A permanent monitoring station is planned for the site, in line with IGP’s existing real-time monitoring network for Misti, Ubinas, and 11 other volcanoes across the country.

Source : IGP, The Watchers.

Although mud volcanoes are far less dangerous than their magmatic counterparts, the hazards they generate should not be neglected. I mentioned in this blog several examplesof the damage caused my these volcanoes. The most famous is Lusi, the Sidoarjo mud volcano in Indonesia, which erupted on May 28, 2006, in the regency of Sidoarjo. The mudflows have repeatedly buried villages, roads and fields despite the construction of numerous retention dikes. It is one of the biggest economic and ecological disasters in Indonesia.

I have mentioned the explosions of other mud volcanoes on this blog, in Azerbaijan, Colombia, Trinad and Tobago or Guatemala. Closer to France, some of the best known mud volcanoes are located in Sicily ; they are the Maccalube di Aragona. In September 2014, the sudden explosion of one of these volcanoes engulfed a man and two children aged 7 and 9. The man, aged 46, managed to get out of the mud but his seven-year-old daughter was already dead when she was able to be removed quickly. Her brother was found 7 hours later and was dead.

https://cenvul.igp.gob.pe/

Un nouveau Lusi à Sumatra (Indonésie) ? // Another Lusi at Sumatra (Indonesia) ?

En mai 2006 un torrent de boue se déversait près de la ville de Sidoarjo, dans l’est de l’île de Java. Baptisé Lusi, il a recouvert une douzaine de villages, des usines, une autoroute et une voie ferrée. Il a aussi entraîné l’évacuation de plus de 40 000 personnes, avec un bilan humain de douze morts. De nombreux scientifiques estiment que la catastrophe a été provoquée par un forage exploratoire de gaz effectué par la société Lapindo Brantas, qui appartient à l’un des hommes les plus riches du pays, Aburizal Bakrie. De son côté, la compagnie affirme qu’elle est liée à un séisme survenu deux jours plus tôt dans le centre de Java. Lapindo Brantas a cependant accepté de verser 380 millions de dollars de compensation à quelque 10 000 familles.

Sidoarjo avant et après la catastrophe du 28 mai 2006 (Source: NASA)

Aujourd’hui, les habitants d’un village du nord de Sumatra craignent d’être confrontés à une catastrophe semblable à celle de Sidoarjo. Des coulées de boue à haute température ont été observées dans le village de Roburan Dolok le 25 avril 2025. L’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB) parle de 21 éruptions réparties sur cinq sites le 30 avril.

La boue à Roburan Dolok (Crédit photo: BNPB)

Selon la BNPB, la boue a détruit ou endommagé quelque 5 hectares de plantations d’hévéas. D’autres rapports locaux indiquent que les dégâts concernent une zone beaucoup plus vaste et affectent également les rizières, rendant certaines terres infertiles.
D’après les habitants, ce n’est pas la première fois que des coulées de boue affectent le village, mais leur fréquence augmente depuis 2018 et s’est intensifiée ces derniers mois.
La boue a contaminé l’approvisionnement en eau de quatre villages, tandis que les émissions de gaz ont pollué Roburan Dolok. Cependant, la BNPB a assuré aux habitants que ces émissions ne contiennent pas de sulfure d’hydrogène (H2S).
La plupart des coulées de boue se situent à seulement 10 à 15 mètres d’un site de forage exploité par la société PT Sorik Marapi Geothermal Power (SMGP). L’entreprise a nié tout lien entre ses activités et les coulées de boue du village de Roburan Dolok, affirmant qu’il s’agissait d’un phénomène naturel qui se produit dans la région depuis quatre ans. La société explique également qu’elle a foré le site en 2017, mais a interrompu ses activités faute de ressources géothermiques. On craint malgré tout que la propagation de la coulée de boue soit liée aux activités de PT SMGP qui aurait été impliquée dans plusieurs catastrophes dans la région depuis le début de ses activités en 2017. Ainsi, en février 2024, des habitants de Sibanggor Julu et Sibanggor Tonga, situés à environ 9 km du village de Roburan Dolok, sont tombés malades peu après le début de l’exploitation par SMGP d’un puits géothermique foré à environ 700 mètres de là. Au moins 123 personnes ont été hospitalisées pour suspicion d’intoxication au gaz toxique. Des incidents similaires se sont produits en 2022 et 2021 ; ils ont touché des dizaines de personnes et causé cinq décès
Il a été demandé au gouvernement indonésien d’agir immédiatement car les habitants craignent une répétition de la catastrophe dévastatrice du volcan de boue de Sidoarjo où la boue continue de s’écouler…
Source : Asia News Network.

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In May 2006 a mudflow flooded the area near the town of Sidoarjo in eastern Java. Called Lusi, it buried a dozen villages, factories, a highway and a railway. It also forced the evacuation of over 40,000 people, with a death toll of twelve. Many scientists believe that the disaster was caused by an exploratory drilling carried out by the gas company Lapindo which belongs to one of the richest men in the country, Aburizal Bakrie. For its part, the company says it is linked to an earthquake that had occurred two days before in central Java. Lapindo has however agreed to pay $ 380 million compensation to some 10,000 families.

Today, residents of a village in North Sumatra fear another Sidiarjo disaster. Hot mudflows struck the Roburan Dolok village on April 25 2025, with the National Disaster Management Agency (BNPB) confirming 21 eruptions spread across five locations on April 30.

According to the BNPB, the eruptions have destroyed or damaged about 5 hectares of rubber plantations. Meanwhile, some local reports indicate that the damage has extended to a much greater area, affecting rice crops as well, and leaving some lands infertile.

According to the locals, the village is no stranger to hot mudflows, but their frequency has been increasing since 2018, and it has intensified in the last few months.

The mud has contaminated the water supply of 4 villages, while the gas emissions have polluted Roburan Dolok. However, the BNPB assured the residents that the emissions are free from hydrogen sulfide (H2S).

Most of the mudflow eruptions are located just 10 to 15 meters from a drilling site operated by PT Sorik Marapi Geothermal Power (SMGP). The company has denied any link between their operations and the mudflow eruptions in Roburan Dolok village, claiming that the incidents are a natural phenomenon that has been occurring in the area for the past four years. The company claims they drilled the site in 2017 but halted their activities because of a lack of geothermal resources. It is suspected that the spreading mudflow is linked to the company’s operations. It is said that PT SMGP has been linked to several disasters in the region since the company began operations in 2017. In February 2024, residents of Sibanggor Julu and Sibanggor Tonga, about 9 km from Roburan Dolok Village, fell ill shortly after SMGP began operating a recently drilled geothermal well about 700 meters away. At least 123 people were hospitalized for suspected toxic gas poisoning. Similar incidents occurred in 2022 and 2021, affecting dozens of people and resulting in five fatalities.

The Indonesian government has been asked to take immediate action, warning that local residents are terrified of a repeat of the devastating Sidoarjo mud volcano which continues to erupt to this day.

Source : Asia News Network.

Un événement passé inaperçu… // An event that went unreported…

L’éruption du volcan de boue de Kumani Bank, dans la mer Caspienne, à environ 20 km de la côte azerbaïdjanaise et près de la capitale, Bakou, a entraîné la formation d’une nouvelle île au début du mois de février 2023.

La nouvelle de l’émergence soudaine de l’île n’est révélée qu’aujourd’hui au vu des images satellite. Elle mesure environ 400 m de diamètre, mais aucun rapport officiel n’a été diffusé l’année dernière à propos de cet événement.
Aujourd’hui, les scientifiques expliquent que l’éruption du volcan de boue fait partie d’un phénomène connu sous le nom d’îles « émergentes » ou « fantômes ». Le banc de Kumani n’est normalement pas visible car sa crête se trouve à quelques mètres seulement sous le niveau de la mer. Cependant, une éruption violente peut libérer suffisamment de matière pour pousser la crête du volcan de boue au-dessus de la surface, créant ainsi une nouvelle île.
Le volcan de boue du banc de Kumani est entré en éruption à de nombreuses reprises, avec des formations insulaires documentées en 1861, 1927, 1950 et aussi récemment qu’en 2001. Dans chaque cas, les îles n’ont persisté que brièvement avant de s’éroder à nouveau sous l’eau.
Le sommet du volcan de boue de Kumani Bank se trouve généralement à environ 5 mètres sous la surface de la mer, mais une éruption importante peut expulser un grand volume de matériaux, provoquant l’élévation de la crête au-dessus du niveau de la mer et la formation d’une île. En raison de la composition fragile et boueuse de ce matériau, l’île nouvellement formée s’érode rapidement, disparaissant souvent en quelques mois et presque toujours en deux ans.
La plupart du temps, les éruptions du volcan de boue de Kumani Bank reçoivent peu d’attention, à l’exception des pêcheurs locaux qui publient quelques photos.

Les données satellite d’octobre 2024 ont montré que Kumani Bank avait déjà commencé à s’éroder, l’île étant désormais réduite à moins d’un quart de sa taille de février 2023. De telles îles sont rares, de sorte que la nature transitoire des volcans de boue peut les rendre difficiles à documenter, malgré leur proximité, parfois, avec des zones peuplées et des eaux à fort trafic.
Source : The Watchers.

Images satellite de Kumani Island en février 2023 et novembre 2024 (CopernicusEU/Sentinel)

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A mud volcano eruption at Kumani Bank in the Caspian Sea, approximately 20 km from Azerbaijan’s coast and near the capital, Baku, resulted in the formation of a new island in early February 2023. The island’s sudden appearance is revealed only today in satellite images. It measures around 400 m in diameter, but no official reports were made last year about the event.

Today, scientisrs explain that the eruption of the mud volcano is part of a phenomenon known as “emergent” or “ghost” islands. Kumani Bank is not normally visible as its crest lies just a few meters below sea level. However, a violent eruption can release enough material to push the crest of the mud volcano above the surface, creating a new island.

Kumani Bank mud volcano has erupted numerous times, with documented island formations occurring in 1861, 1927, 1950, and as recently as 2001. In each case, the islands persisted only briefly before eroding back underwater.

The summit of the Kumani Bank mud volcano usually sits around 5 meters below the sea surface, but a significant eruption can expel a large volume of material, causing the crest to rise above sea level and form an island. Due to the weak and muddy composition of this material, the newly formed island erodes quickly, often disappearing within a few months and almost always within two years.

Most of the time, the eruptions of the Kumani Bank mud volcano receive little attention, apart from local fishermen who post some photos.

Satellite data from October 2024 showed that Kumani Bank had already begun to erode, with the island now reduced to less than a quarter of its February 2023 size. Such islands are rare, so that the transient nature of mud volcanoes can make them challenging to document, despite their proximity, sometimes, to populated areas and high-traffic waters.

Source : The Watchers.