Leçons de l’éruption du Mauna Loa (Hawaii) en 1916 // Lessons from the 1916 Mauna Loa eruption (Hawaii)

C’est en 1916 qu’est né le Parc National des Volcans d’Hawaii. C’est aussi cette même année que le Mauna Loa est entré en éruption avec la coulée de lave d’Honamalino sur la zone de rift sud-ouest (southwest rift zone – SWRZ) du volcan. L’éruption a commencé le 19 mai 1916 et a duré moins de deux semaines. Même si elle a été courte, on peut tirer des leçons pour les futures éruptions du Mauna Loa.
Le Dr Thomas Jaggar, qui avait fondé l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO, en 1912, a tenté de prévoir la prochaine éruption du Mauna Loa en se basant sur le schéma éruptif des zones de rift depuis 1868. Les éruptions précédentes avaient eu lieu tantôt sur la zone de rift nord-est (NERZ ), tantôt sur la zone sud-ouest(SWRZ), tout en étant fréquemment séparées par des éruptions dans la caldeira sommitale du Mauna Loa (Moku’āweoweo).

 

Caldeira sommitale du Mauna Loa (Source: USGS)

Le Mauna Loa était entré en éruption en 1907 dans la SWRZ et en 1914-15 au sommet. C’est pourquoi le Dr Jaggar a émis l’hypothèse que la prochaine éruption latérale se produirait sur la NERZ.
Le 19 mai 1916, l’éruption sur la SWRZ n’a pas respecté le schéma éruptif que le Dr Jaggar avait observé sur le Mauna Loa. Comme de nombreuses éruptions sur l’île d’Hawaï, elle a été précédée d’une activité sismique. Les habitants de Ka’u ont ressenti de nombreuses secousses en début de matinée avant qu’apparaisse un impressionnant panache de vapeur au-dessus de la SWRZ du Mauna Loa dans la matinée du 19 mai. L’activité dans cette zone a duré moins de 24 heures.

 

Source: Université d’Hawaii

Plus tard, un autre essaim sismique a secoué la région de Ka’u lorsque la lave a pénétré dans la SWRZ, avec l’ouverture d’une ligne de fractures dans la partie inférieure de cette zone dans la soirée du 21 mai. La lave émise par les différentes bouches s’est répandue sur la crête de la zone de rift, avec des coulées de chaque côté: la coulée d’Honomalino a dévalé le versant sud-ouest, plus escarpé, tandis que la plus grande coulée de Kahuku se répandait plus largement vers le sud-est.
En raison de la nature ramifiée de l’éruption de 1916 et des coulées de part et d’autre de la zone de rift, avec un volume éruptif relativement faible, les coulées de lave ne sont pas allées très loin. Une seule structure a été détruite lors de l’éruption qui s’est terminée le 31 mai.
L’éruption de 1916 a été suivie par les éruptions de 1919 et 1926 sur la SWRZ du Mauna Loa, sans éruptions intermédiaires. Au cours de ces deux éruptions, des coulées de lave ont atteint l’océan et détruit des villages côtiers. Les coulées de lave de 1919 et 1926 auraient coupé l’actuelle Highway 11 et causé de graves problèmes aux personnes qui habitent actuellement dans ce secteur.
Plusieurs autres coulées de lave en provenance de la SWRZ du Mauna Loa, notamment en 1868, 1887 et 1950, ont également affecté cette région. Elles ont traversé des routes et atteint l’océan, parfois quelques heures après l’ouverture des bouches éruptives.

Eruptions sur la SWRZ du Mauna Loa (Source: USGS)

L’éruption de 1950 sur la SWRZ a été la plus grande éruption observée sur le Mauna Loa. Elle a donné naissance à des coulées qui se sont dirigées de part et d’autre de la crête de la zone de rift, comme lors de l’éruption de 1916. Toutefois, contrairement à l’éruption de 1916, trois coulées de lave sont apparues en 1950 et sont entrées dans l’océan moins de 24 heures après le début de l’éruption. Une répétition de l’éruption de 1950 serait aujourd’hui très problématique en raison de l’importante population de la région.
La principale leçon à tirer de l’éruption du Mauna Loa en 1916 est que les éruptions – et les volcans – ne suivent pas toujours les mêmes schémas éruptifs . Alors que la plupart des éruptions observées dans la SWRZ couperaient au minimum la Highway 11, la plus petite éruption de 1916 démontre que ce n’est pas toujours le cas.
Au cours des 200 dernières années, les éruptions sur les zones de rift du Mauna Loa se sont réparties de manière égale entre la SWRZ et la NERZ. Cependant, la remarquable série de quatre éruptions consécutives (1907, 1916, 1919, 1926) sur la SWRZ montre le peu de fiabilité des modèles de probabilité éruptive, aussi bien à long terme qu’à court terme.
Source : USGS, HVO.

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1916 marked the birth of Hawaiʻi Volcanoes National Park, but it was also the year of a Mauna Loa eruption with the Honamalino flow on the volcano’s Southwest Rift Zone (SWRZ).

The eruption began on May 19th, 1916, and lasted less than two weeks. even though it was short, it offers lessons for future Mauna Loa eruptions.

Dr. Thomas Jaggar, who had founded the Hawaiian Volcano Observatory in 1912, attempted to forecast the next Mauna Loa eruption based on the pattern of rift zone eruptions on the volcano since 1868. The previous rift eruptions alternated locations between the Northeast Rift Zone (NERZ) and the SWRZ though these were frequently separated in time by eruptions confined to Mauna Loa’s summit caldera (Moku‘āweoweo).

Mauna Loa had erupted in 1907 from the SWRZ and in 1914-15 from the summit. Therefore, Dr. Jaggar hypothesized that the next Mauna Loa flank eruption would occur from the NERZ.

The May 19th, 1916, SWRZ event deviated from the pattern of eruptions Dr. Jaggar had observed at Mauna Loa. Like many eruptions on the Island of Hawaii, it was preceded by earthquake activity. Residents of Ka‘u felt numerous earthquakes early in the morning before an impressive steam plume rose high up on Mauna Loa’s SWRZin the morning of May 19th, marking the start of the eruption (sse image above). Activity in this area lasted less than 24 hours.

Later, another seismic swarm shook the Ka‘u area as lava intruded the SWRZ resulting in a line of fissures opening on the lower SWRZ on the evening of May 21st. Lava from the vents spread over the crest of the rift zone feeding lava flows on either side : the Honomalino flow moving down the steep southwest side and the larger Kahuku flow spreading more widely to the southeast.

Due to the branched nature of the 1916 eruption and the flows on either side of the rift zone, coupled with the relatively small total erupted volume, lava flows did not travel very far. Only one homestead was destroyed during the eruption, which ended on May 31st.

The 1916 eruption was followed by Mauna Loa’s 1919 and 1926 SWRZ eruptions with no intervening eruptions. During both eruptions, lava flows reached the ocean and destroyed Hawaiian coastal villages. The 1919 and 1926 lava flows would have cut the current Highway 11 and caused severe disruptions for current residents.

Several other lava flows from Mauna Loa’s SWRZ, including in 1868, 1887 and 1950, have also travelled quickly through this region, crossing roads and entering the ocean, sometimes within a matter of hours of the vent opening.

The 1950 eruption on the SWRZ was the largest recorded Mauna Loa eruption and fed flows on either side of the rift zone crest like the 1916 eruption. In a contrast to the 1916 eruption, three lava flows erupted in 1950 entered the ocean within less than 24 hours of that eruption starting.

A repeat of the 1950 eruption would be of great concern today due to the increased population of the area.

The main lesson to be drawn from Mauna Loa’s 1916 eruption is that eruptions and volcanoes do not always follow the same patterns. While repeats of most recorded SWRZ eruptions would at a minimum cut off Highway 11, the smaller 1916 eruption demonstrates this is not always the case.

Over the past 200 years, Mauna Loa rift zone eruptions are evenly divided between the SWRZ and the NERZ. However, the remarkable run of four SWRZ eruptions in a row (1907, 1916, 1919, 1926) shows the weakness of long-term or short-term probability models.

Source: USGS, HVO.

 

Coulée de lave et système d’alerte sur le versant SO du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

Concentrations record de CO2 dans l’atmosphère // Record CO2 concentrations in the atmosphere

Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère atteignent en ce moment des niveaux jamais vus depuis des millions d’années.
La station de surveillance de la NOAA sur le Mauna Loa (Hawaï) a enregistré une moyenne de 421 parties par million (ppm) de CO2 pour le mois de mai, époque à laquelle le gaz à effet de serre atteint son maximum annuel.
Avant la révolution industrielle à la fin du 19ème siècle, le niveau de CO2 était de 280 parties par million. Il est facile d’en déduire que l’Homme a considérablement modifié l’atmosphère.
Le niveau de CO2 continue d’augmenter, alors qu’il devrait baisser. En 2022, il est de près de 1,9 ppm de plus qu’il y a un an, une hausse plus importante qu’entre mai 2020 et mai 2021.
Tous les pays disent qu’ils essaient de réduire leurs émissions, mais cela ne se voit pas sur la courbe de Keeling (voir ci-dessous).
La pandémie de Covid-19 a quelque peu ralenti les émissions (mais pas les concentrations) de CO2 à l’échelle de la planète en 2020, mais elles ont rebondi en 2021. Les variations dans les émissions sont restées faibles par rapport à la quantité de dioxyde de carbone envoyée dans l’atmosphère chaque année, d’autant plus que le CO2 reste dans l’atmosphère pendant plusieurs siècles.
Le monde envoie environ 10 milliards de tonnes de carbone dans l’air chaque année, dont une grande partie est absorbée par les océans et les plantes. C’est pourquoi mai représente le pic des émissions. Dans l’hémisphère nord, les plantes commencent à absorber plus de CO2 en été à mesure qu’elles poussent.
La NOAA a déclaré que le niveau de dioxyde de carbone est actuellement à peu près équivalent à ce qu’il était il y a 4,1 à 4,5 millions d’années au Pliocène, lorsque les températures étaient de 3,9 degrés Celsius plus chaudes qu’aujourd’hui et que le niveau de la mer était de 5 à 25 mètres plus élevé. Le sud de la Floride, par exemple, était complètement sous l’eau.
Source : Yahoo Actualités.

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The amount of carbon dioxide (CO2) in the atmosphere is at levels not seen since millions of years ago.

NOAA’s long-time monitoring station at Mauna Loa (Hawaii) averaged 421 parts per million of CO2 for the month of May, which is when the crucial greenhouse gas hits its yearly high.

Before the industrial revolution in the late 19th century CO2 levels were at 280 parts per million, which means humans have significantly changed the atmosphere.

Levels of the gas continue to rise, when they need to be falling. This year’s carbon dioxide level is nearly 1.9 ppm more than a year ago, a slightly bigger jump than from May 2020 to May 2021.

The world says it is trying to reduce emissions, but it can’t be seen on the Keeling Curve.

The slowdown from the pandemic cut global carbon emissions (but not concentrations) a bit in 2020, but they rebounded in 2021. Both changes were small compared to how much carbon dioxide is pumped into the atmosphere each year, especially considering that carbon dioxide stays in the atmosphere hundreds to a thousand years.

The world puts about 10 billion metric tons of carbon in the air each year, much of it gets drawn down by oceans and plants. That’s why May is the peak for global carbon dioxide emissions. Plants in the northern hemisphere start sucking up more carbon dioxide in the summer as they grow.

NOAA said carbon dioxide levels are now about the same as 4.1 to 4.5 million years ago in the Pliocene era, when temperatures were 3.9 degrees Celsius hotter and sea levels were 5 to 25 meters higher than now. South Florida, for example, was completely under water.

Source: Yahoo News.

 

La Courbe de Keeling début juin 2021 (Source: Scripps Institution)

Origine des dépôts de tephra sur la Grande Ile d’Hawaii // Origin of tephra deposits on Hawaii Big Island

Le Mauna Loa et le Kilauea sont les deux volcans les plus actifs de la Grande Ile d’Hawaï et leurs histoires éruptives se chevauchent. Ils sont situés à faible distance d’un de l’autre; leurs cratères sommitaux ne sont éloignés que d’environ 34 kilomètres.De plus, une partie du Kilauea s’est édifiée sur le flanc sud-est du Mauna Loa, le plus ancien des deux volcans.
Le Mauna Loa et le Kilauea produisent des coulées de lave qui peuvent parcourir plusieurs kilomètres depuis la source. De plus, ils émettent des panaches de tephra qui peut monter haut dans l’atmosphère et parcourir de longues distances en étant poussés par le vent. C’est pourquoi il peut parfois être difficile de déterminer quel volcan est responsable d’une coulée de lave ou d’un dépôt de tephra.
Connaître la source des matériaux émis, qu’il s’agisse du Mauna Loa ou du Kilauea, est important pour évaluer les risques volcaniques sur la Grande Ile d’Hawaï. Les géologues se tournent vers les événements du passé, qu’ils soient effusifs ou explosifs, pour comprendre la fréquence des éruptions volcaniques. Le calcul des intervalles de récurrence permet de déterminer la fréquence à laquelle des événements effusifs ou explosifs se produisent, et cela peut aider à prévoir quand ils sont susceptibles de se produire à l’avenir.
Par exemple, si les géologues observent un affleurement dans lequel six couches de tephra sont prises en sandwich entre une coulée de lave supérieure datée d’il y a 800 ans et une coulée de lave inférieure datée d’il y a 2 000 ans – donc avec une période de temps de 1 200 ans entre les deux coulées – ils peuvent conclure que l’intervalle de récurrence minimum serait de 200 ans (1 200 ans divisés par six éruptions explosives). Cela signifie qu’un événement éruptif explosif s’est produit, en moyenne, tous les 200 ans au cours de cette période de 1 200 ans. Si on sait qu’il y a six couches de tephra, mais si on ne sait pas si elles proviennent du Mauna Loa ou du Kilauea, il est difficile de comprendre à quelle fréquence les éruptions se sont produites à partir de chacun de ces volcans.
Par exemple, si une seule des couches de tephra provient du Mauna Loa, l’intervalle de récurrence minimum est de 240 ans pour le Kilauea et de plus de 1 200 ans pour le Mauna Loa. Mais si trois des couches de tephra proviennent du Mauna Loa, l’intervalle de récurrence minimum est de 400 ans pour le Kilauea et de 400 ans pour le Mauna Loa.
Afin de déterminer quel volcan a produit telle coulée ou tel couche de tephra, les géologues ont recours à plusieurs méthodes. Ils utilisent souvent une cartographie détaillée. En effet, une éruption explosive laisse généralement des dépôts plus épais près de la source et ils s’amincissent en s’éloignant de cette même source.
Les géologues peuvent également avoir recours à la géochimie pour déterminer si un produit éruptif particulier provient du Mauna Loa ou du Kilauea. Des études ont montré que les deux volcans ont des signatures géochimiques différentes. Par exemple, les laves du Mauna Loa contiennent généralement plus de silice (Si) et moins de calcium (Ca), de titane (Ti) et de potassium (K) à une teneur donnée en magnésium (Mg) que les laves du Kilauea.
Par ailleurs, les deux volcans et leurs prédécesseurs plus anciens ont généralement des concentrations d’éléments traces et des signatures isotopiques différentes. Les géochimies définissent deux familles différentes le long de l’archipel hawaiien. Sur la Grande Ile d’Hawaï, le Mauna Loa et le Hualalai forment une famille, tandis que le Kilauea, le Mauna Kea et le Kohala en forment une autre. On pense que les différences chimiques proviennent du panache du point chaud et démontrent que les systèmes magmatiques des deux volcans ne sont pas interconnectés.
Une nouvelle étude a appliqué ces différences chimiques entre le Mauna Loa et le Kilauea pour comprendre la source volcanique des couches dans un dépôt de tephra de deux mètres d’épaisseur sur le flanc sud-est du Mauna Loa. Le dépôt de tephra se trouve à environ 19 kilomètres au sud de Moku’āweoweo, la caldeira sommitale du Mauna Loa, et à 35 kilomètres au sud-ouest de l’Halema’uma’u, le cratère sommital du Kilauea. En raison de la variation des directions du vent, l’un ou l’autre des volcans pourrait potentiellement être la source du dépôt de tephra. Les premières analyses chimiques d’éclats de verre volcanique prélevés dans les couches de tephra laissent supposer que des tephra du Kilauea et du Mauna Loa sont présents sur le site. Les tephra de l’ancienne éruption du Keanakākoʻi et de celle du Kulanaokuaiki, émis par le Kilauea, semblent être présents, ainsi qu’au moins une couche de tephra en provenance du Mauna Loa.
Les nouvelles données ainsi obtenues seront importantes pour déterminer les calculs d’intervalle de récurrence pour les événements explosifs sur le Mauna Loa et le Kilauea et permettront aux scientifiques du HVO de fournir des évaluations des risques plus fiables pour la Grande Ile d’Hawaï.
Source : USGS, HVO.

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Mauna Loa and Kilauea are the two most active volcanoes on the Island of Hawaii, and they have overlapping eruption histories. They are located in close proximity, with their summit craters only about about 34 kilometers apart. In fact, part of Kilauea is built on the southeast flank of Mauna Loa, which is the older of the two volcanoes.

Both volcanoes produce lava flows that can travel many kilometers from the volcanic vent. Additionally, they produce tephra that can rise high into the atmosphere and travel long distances by wind. With this in mind, it can sometimes be difficult to determine which volcano is responsible for a specific lava flow or tephra layer.

Knowing the source of the erupted material, whether from Mauna Loa or Kilauea, is important for assessing volcanic hazards on Hawaii Big Island. Geologists look to past eruptions, both effusive and explosive, to understand the frequency of volcanic eruptions. Recurrence intervals can be calculated to determine how often effusive or explosive events occur, which can help forecast when they may occur in the future.

For example, if geologists observe an outcrop with six tephra layers sandwiched between an upper lava flow dated at 800 years ago and a lower lava flow dated at 2,000 years ago – a time period of 1,200 years preserved between the two flows – the minimum recurrence interval would be 200 years (1,200 years divided by six explosive eruptions). This means that an explosive eruptive event occurred, on average, every 200 years within that 1,200 year time period. If we know that there are six tephra layers, but we don’t know if they erupted from Mauna Loa or Kilauea, it is difficult to understand how often eruptions occurred from the individual volcanoes.

For example, if only one of the tephra layers were from Mauna Loa, the minimum recurrence interval would be 240 years for Kilauea and over 1,200 years for Mauna Loa. But if three of the tephra layers were from Mauna Loa, the minimum recurrence interval would be 400 years for Kilauea and 400 years for Mauna Loa.

In order to determine which volcano produced a certain flow or tephra, geologists resort to several methods. They often use detailed mapping. An explosive eruption, for example, will generally have thicker deposits near the source and thin out away from the source.

Geologists can also use geochemistry to determine if a particular eruptive product is from Mauna Loa or Kilauea. Studies have shown that the two volcanoes have different geochemical signatures. For example, Mauna Loa lavas generally have higher silica (Si) and lower calcium (Ca), titanium (Ti), and potassium (K) at a given magnesium (Mg) content than Kilauea lavas.

The two volcanoes and their older predecessors generally have different trace element concentrations and isotope signatures as well, with the geochemistries defining two different families along the island chain. On the Island of Hawaii, Mauna Loa and Hualalai form one family, while Kilauea, Mauna Kea, and Kohala form another. The chemical differences are thought to originate in the hotspot plume and demonstrate that the magma systems for the two volcanoes are not interconnected.

A new study is applying these geochemical differences between Mauna Loa and Kilauea to understand the volcanic source of individual layers within a two-meter-thick tephra exposure on the southeast flank of Mauna Loa. The exposure is located approximately 19 kilometers south of Moku‘āweoweo, the summit caldera of Mauna Loa, and 35 kilometers southwest of Halema’uma’u, the summit crater of Kilauea. Due to varying wind directions, either volcano could potentially be the source of the tephra.

Initial geochemistry obtained from fresh glass shards found in the tephra layers suggests that tephra from both Kilauea and Mauna Loa are present at the field site. Tephras from both the Keanakākoʻi Ash (circa 1500–1820 CE) and the Kulanaokuaiki Tephra (circa 400–1000 CE), which erupted from Kilauea, appear to be present, as well as at least one tephra layer from Mauna Loa.

The new data will be important for constraining recurrence interval calculations for explosive events on Mauna Loa and Kilauea and will help the USGS Hawaiian Volcano Observatory provide more robust hazard assessments for the Island of Hawaii.

Source : USGS, HVO.

Sommet du Mauna Loa (Crédit photo : USGS)

Caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo : C. Grandpey)

Caldeira sommitale du Kilauea en 2006 (Photo: C. Grandpey)

Caldeita sommitale du Kilauea après l’éruption de 2018 (Crédit photo: HVO)

Hawaii : prise de conscience volcanique // Hawaii : Volcano Awareness

En janvier 2010, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO, a organisé la première session du Volcano Awareness Month, autrement un mois de sensibilisation aux volcans de la Grand Ile. Le but de l’événement est de permettre à la population locale et aux visiteurs de mieux comprendre les volcans qui les entourent. D’autres événements semblables ont été organisés depuis cette époque. Le mois de janvier 2022 est donc une nouvelle occasion de mettre en valeur l’importance des volcans hawaiiens.
Une série d’entretiens enregistrés par le personnel du HVO sera publiée sur le site web de l’Observatoire tout au long du mois de janvier et répondra aux questions que les gens se posent sur les volcans. Les discussions porteront sur l’activité actuelle du Kilauea et sur les sursauts d’activité du Mauna Loa.
Les anniversaires d’éruptions en janvier incluent le début de l’éruption du Pu’uO’o sur la Middle East Rift Zone du Kilauea (1983-2018) et l’éruption de Kapoho en 1960. Jusqu’en 2018, ce furent les deux éruptions les plus destructrices du Kilauea. L’éruption de 2018, avec l’effondrement sommital du volcan et les gigantesque coulées de lave a été la plus dévastatrice des 200 dernières années.
Le Mauna Loa n’est pas entré en éruption depuis plus de 36 ans, mais il ne faudrait pas l’oublier en raison de l’impact potentiel que pourrait avoir une future grande éruption. Le mois de janvier marque l’anniversaire de l’éruption du Mauna Loa en 1859; la lave a rempli la baie de Kīholo et détruit le village de Wainānāli’i au sud des stations balnéaires de Waikoloa. Une éruption similaire aujourd’hui risquerait de couper les routes ( Highways) 19 et 190 dans cette région, ce qui affecterait gravement la vie économique de l’île, même si aucune habitation n’est détruite. De nos jours, la répétition des nombreuses éruptions du Mauna Loa observées dans le passé couperait non seulement des routes, mais menacerait également les zones habitées. Ainsi, des coulées de lave ont traversé la route 11 et sont entrées dans l’océan entre Miloli’i et le capitaine Cook à peine quatre heures après le début de l’éruption de 1950.
Il ne faudrait pas oublier, non plus, que si le Hualālai entre en éruption beaucoup moins fréquemment que le Mauna Loa et le Kilauea, une répétition de la coulée de lave de 1800-1801 sur la trajectoire de laquelle se trouve l’aéroport international de Kona causerait aujourd’hui de gros problèmes.
Le HVO insiste sur le fait que le Mois de Sensibilisation aux volcans est l’occasion de mettre en valeur la relation entre les Hawaïens et leurs volcans. L’Observatoire espère que la population locale et les visiteurs apprendront « quelque chose de nouveau et de précieux sur les volcans actifs d’Hawaï et leur activité éruptive » au cours du mois de janvier 2022.
Source : HVO.

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January 2010 was the first session of the Island of Hawai‘i’s annual Volcano Awareness Month as part of an effort to increase people’s understanding of Hawaiian volcanoes. Similar events have been organised since that time. Volcano Awareness Month 2022 is another opportunity to promote the importance of  volcanoes on which Hawaiians live.

A series of recorded talks by HVO staff will be posted on the HVO website throughout the month of January which will answer questions people are asking about volcanoes. Talks will cover Kilauea’s volcanic year in review and Mauna Loa’s sporadic restlessness and deformation.

Important eruption anniversaries in January include the start of Kilauea’s long-lived Pu’uO’o eruption on the middle East Rift Zone (1983–2018) and the 1960 Kapoho eruption. Until 2018, these were the two most destructive recent eruptions of Kilauea… until the 2018 lower East Rift Zone eruption and summit collapse which were the largest and most destructive events on Kilauea in at least 200 years.

Mauna Loa hasn’t erupted in over 36 years, but it can never be forgotten because of the potential impact a future large eruption could have. January also marks the anniversary of Mauna Loa’s 1859 eruption that filled Kīholo Bay and destroyed the village of Wainānāli‘i south of the Waikoloa resorts. A similar eruption today could potentially close both the upper and lower highways (Highways 19 and 190) in that area, severely disrupting the Island of Hawai‘i’s economy without destroying a single home. Repeats of many past Mauna Loa eruptions would not only close roads but threaten communities as well. For example, lava flows crossed Highway 11 and entered the ocean between Miloli‘i and Captain Cook a mere four hours after the 1950 eruption began.

And we should remember that while Hualālai erupts much less frequently than Mauna Loa and Kīlauea, a repeat of the 1800–1801 lava flow that the Kona International Airport sits on would also be highly disruptive.

HVO insists that the Volcano Awareness Month is a moment to also reflect the relationship with the volcanoes Hawaians are living with. The Observatory hopes that residents and visitors will learn something new and valuable about Hawaii’s active volcanoes and their eruptive activity during January 2022

Source: HVO.

          

Eruption du Kilauea en 2018 (Crédit photo : HVO)