Péninsule de Reykjanes (Islande) : Et si on parlait des gaz ?

Après la non demande en mariage du regretté Georges Brassens, voici la non éruption dans la péninsule islandaise de Reykjanes. Les scientifiques, volcanologues et autres, ne comprennent pas pourquoi le magma joue les timides et pourquoi la lave n’arrive par à montrer son nez à la surface.

Tout ce beau monde scientifique est à l’affût et guette les moindres réactions des instruments, qu’ils s’appellent sismomètres, tilrmètres ou satellites. Ces derniers semblent confirmer la présence d’une intrusion magmatique active, mais au final, l’éruption tant espérée se fait attendre

On nous parle beaucoup de sismicité et de déformation mais, assez étrangement, les mesures de gaz sont aux abonnés absents. Pourtant, s’il y a  présence et déplacement de magma, il y a forcément des émissions de gaz. En tout cas, elles ne sont jamais mentionnées dans les différents articles relatifs à la situation sur la Péninsule de Reykjanes.

En tazieffien convaincu, j’ai toujours accordé de l’importance aux gaz qui sont le moteur des éruptions. Sans eux, la lave ne pourrait pas percer la surface. Les sites hydrothermaux et autres émanations gazeuses sont nombreux dans la Péninsule de Reykjanes, mais personne ne parle de la fluctuations et de la composition des gaz.

A une époque, j’ai effectué des observations sur les émanations gazeuses sur les basses pentes de l’Etna car les géochimistes de l’Institut des Fluides de Palerme m’avaient expliqué que les gaz des basses pentes étaient de bons indicateurs du comportement éruptif du volcan. Les variations de hélium en particulier méritaient d’être prises en compte. Vous trouverez un résumé de mes observations sous l’entête de ce blog.

Je pense donc qu’il serait souhaitable de s’attarder  plus que le font les scientifiques islandais sur l’évolution de la composition des gaz sur la péninsule et, en particulier, voir si certains s’échappent des fractures que les séismes ont ouvertes ces derniers temps.

Site hydrothermal à proximité de Krisuvik (Photo : C. Grandpey

Péninsule de Reykjanes (Islande): le magma sortira-t-il ? // Will magma erupt or not ?

L’activité sismique sur la Péninsule de Reykjanes a marqué le pas le 16 mars 2021, mais de nouvelles images InSAR indiquent que le dyke magmatique continue de progresser à une profondeur qui se situe toujours à environ 1 km sous la surface.

Les nouvelles images satellites montrent qu’au cours de la semaine écoulée, la croûte terrestre de chaque côté du dyke s’est écartée d’une vingtaine de centimètres. Cette poussée a provoqué des fissures le long de la route qui longe la côte sud de la péninsule. Les conducteurs sont priés d’être prudents.

Les scientifiques considèrent toujours le secteur de Nátthagi, juste au sud du Fagradalsfjall, comme le point le plus probable de sortie de la lave si une éruption doit avoir lieu. La Preotection Civile travaille sur un plan d’urgence en cas d’éruption. Les pelleteuses et les bulldozers sont prêts à intervenir pour protéger les infrastructures telles que les routes ou les zones habitées. Cependant, il n’est pas prévu que ces équipements creusent des fossés pour détourner la lave afin de sauver les routes, car ces dernières sont relativement faciles à reconstruire. Toutefois, si une éruption menaçait les centrales électriques ou les localités de la région, cette option serait envisagée.

Si une éruption se produit à Nátthagi, il est peu probable qu’elle menace les zones habitées ou les centrales électriques. Un géophysicien du Met Office islandais explique qu’il y a encore des signes évidents que le magma est en mouvement et que le calme actuel de la sismicité ne signifie probablement pas la fin de l’essaim dans la péninsule de Reykjanes.

Source: Iceland Review. .

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While the seismic activity on the Reykjanes eninsula was less strong on March 16th, 2021 than it has been for the past few weeks, new InSAR images indicate that the magma dike keeps growing at a similar depth as before, about 1 km underneath the surface.

The new satellite images indicate that over the past week, the earth’s crust on either side of the dike has been pushed apart by about 20 cm. The shifts in the land have caused cracks alongside the nearby road along the south coast of the peninsula. Drivers are asked to be careful.

Scientists still consider Nátthagi, just south of Mt Fagradalsfjall the most likely point of eruption and the Department of Civil Defense and Emergency Response is working on a contingency plan if an eruption were to occur. Excavators and bulldozers are ready to be used to protect infrastructure in the area such as roads or inhabited areas. However, they likely wouldn’t risk digging ditches to redirect lava to save roads, as roads are relatively easily reconstructed, but if an eruption threatens powerplants or towns in the area, this option is available.

If an eruption occurs in Nátthagi, it is unlikely to threaten inhabited areas or power plants.

A geophysicist at the Icelandic Met Office explains that that there are still clear signs that magma is on the move and that today’s comparative calm in seismicity does not probably mean the end of the Reykjanes Peninsula earthquake swarm.

Source: Iceland Review.

Source : Icelandic Road and Coastal Administration

Péninsule de Reykjanes (Islande): les scientifiques face à la situation actuelle // Scientists in the face of the current situation

Selon les volcanologues islandais, si une éruption se produit sur la Péninsule de Reykjanes, elle mettrait probablement un terme à l’essaim sismique qui a commencé dans la région le 24 février 2021. En effet, selon eux, une éruption allègerait la pression qui a déclenché de fréquents séismes dans la région.

Les scientifiques islandais restent persuadés que l’essaim sismique se soldera probablement par une éruption… tôt ou tard. Cependant, ils n’excluent pas que l’activité sismique se termine sans éruption. En bref, personne n’est en mesure de prévoir ce qui va se passer sur la péninsule. La prévision volcanique dans la situation actuelle est nulle.

Au cours de l’année écoulée, les géologues islandais ont décelé quatre intrusions magmatiques sur la Péninsule de Reykjanes… mais la lave n’a jamais percé la surface! Le dyke à l’origine des séismes actuels est plus important que les précédents. Il s’étend de Keilir à Fagradalsfjall. Les autres intrusions semblent avoir eu lieu près de Svartsengi (au nord de Grindavík), dans le système volcanique dans la partie la plus occidentale de la péninsule, et du côté de Krýsuvík (près du lac Kleifarvatn).

Les scientifiques islandais s’accordent pour dire que l’interprétation de l’histoire géologique de la Péninsule de Reykjanes est difficile. En effet, les matériaux volcaniques émis lors des éruptions précédentes recouvrent la région, ce qui rend difficile l’examen des strates qui pourraient aider à prévoir les éruptions futures. De plus, il n’y a pas eu d’éruption volcanique dans la région depuis 800 ans et, par conséquent, les géologues ne peuvent pas s’appuyer sur une expérience antérieure. Ils ne peuvent se fier qu’à des données GPS et des images satellites qui, chaque semaine depuis le début de l’activité sismique, permettent de se faire une idée sur l’évolution de la situation dans la péninsule. Ces données montrent clairement que le dyke magmatique continue de progresser vers le sud-sud-ouest ; ce déplacement va de pair avec l’activité sismique. Des observations, mais pas de prévisions fiables!

Source: Iceland Monitor.

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According to Icelandic volcanologists, if an eruption ovccurred on the Reykjanes peninsula, it would likely put an end to the swarm of earthquakes that began in the area on February 24th, 2021. In their opinion, an eruption would relieve the pressure that has been causing frequent earthquakes in the area.

The Icelandic scientists remain persuaded that the seismic swarm will likely end with an eruption, sooner or later. However, they also say the quakes could end without an eruption, but that is difficult to predict. To put it shortly, nobody is able to predict what will happen next. Volcanic prediction in the current situation equals to zero.

During the past year, Icelandic geoscientists have noticed what they believe to be four magma intrusions on the Reykjanes peninsula…..but lava never emerged at the surface!

The magma dyke causing the present quakes is more significant than the previous ones. It extends from Keilir to Fagradalsfjall. The other magma intrusions appeared to be near Svartsengi (north of Grindavík), in the volcanic system on Reykjanes point (the westernmost part of the peninsula), and by Krýsuvík (near Kleifarvatn lake).

Icelandic scientists agree to say that interpreting the geological history of the Reykjanes peninsula can prove difficult. Indeed, volcanic material from earlier eruptions covers the area, making it difficult to look at strata, which otherwise could help predict future eruptions. Moreover, there hasn’t been a volcanic eruption in the area for 800 years, and, as a result, geoscientists cannot base their knowledge on prior experience of eruptions in the area. They can only rely on GPS data and satellite pictures, which every week since the beginning of the seismic activity have shed light on developments on the peninsula. This data clearly shows that the magma dyke continues to expand south-southwest ; its movements are in line with the seismic activity. Observations, but no reliable predictions!

Source: Iceland Monitor.

En rouge, la zone où une éruption est susceptible de se produire (Source : IMO)

Péninsule de Reykjanes (Islande) : l’opinion de Páll Einarsson // Páll Einarsson’s opinion

Les volcanologues islandais dont persuadés qu’une éruption est susceptible de se produire à court terme sur la Péninsule de Reykjanes. C’est le point due vue du professeur Páll Einarsson, géophysicien islandais de renom.

Les scientifiques surveillent de près le dyke dont l’extrémité sud, près de Fagradalsfjall, se trouve à une profondeur de seulement un kilomètre. Páll Einarsson explique que si le magma orésente une pression et des conditions suffisantes pour atteindre la surface, il peut parcourir le kilomètre restant en peu de temps. Il fait remarquer qu’avant l’éruption dans l’Holuhraun en 2014, le dyke magmatique a continué de se déplacer pendant deux semaines avant que la lave perce la surface.

Einarsson ajoute que si une éruption se produit près de Fagradalsfjall, ce sera probablement une éruption fissurale. De telles éruptions peuvent être spectaculaires au début, mais perdent rapidement de leur intensité, comme on a pule voir avec les éruptions dans la région du Krafla. Le magma peut également se solidifier dans le dyke si l’alimentation s’arrête. Dans un tel cas, aucune éruption ne se produit.

Le dyke a une épaisseur de 1 à 2 mètres. Pour le visualiser, Einarsson le compare à un plateau de table, de 1 à 2 mètres en position verticale. Le bord supérieur se trouve à une profondeur de 1 à 1,5 km et le plateau descend à une profondeur de 4 à 5 km. On pense que le débit du magma dans le dyke est d’environ 10 à 20 m3 par seconde. Par conséquent, le dyke se dilate et s’épaissit. On pense que le volume total de magma à l’intérieur du dyke atteint 10 à 20 millions de mètres cubes. Si tout ce magma atteignait la surface, on aurait une éruption comparable à celle de Fimmvörðuháls (sud de l’Islande), qui fait partie des plus petites éruptions.

Les modèles montrent que le dyke s’est un peu rapproché de la surface. Les eaux souterraines peuvent refroidir le magma et donner naissance à une nouvelle zone géothermale dans le secteur.

Le Met Office indique qu’une nouvelle image satellite montre un flux assez régulier de magma dans le dyke de sorte que la possibilité d’une éruption ne cesse d’augmenter.

Source: Iceland Monitor..

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Icelandic volcanologists maintain that an eruption could occur on the Reykjanes Peninsula in the short term.That is the opinion of Professor Emeritus Páll Einarsson.

Scientists are closely monitoring the magma dyke whose south end, near Fagradalsfjall mountain, is at a depth of only one kilometre..

Páll Einarsson explains that if the magma has pressure and conditions to reach the surface, it can travel the remaining one kilometre in a short time. He notes that prior to the Holuhraun eruption in 2014, the magma dyke continued growing for two weeks before magma finally erupted.

Einarsson adds that if an eruption occurs near Fagradalsfjall mountain, it will likely be on a fissure. Such eruptions can be powerful to begin with, but quickly lose power, as could be seen in eruptions in the Krafla region. The magma may also solidify in the dyke if the flow of magma into the dyke stops. In such a case, no eruption occurs.

The thickness of the dyke is 1-2 metres. To visualize it, Einarsson describes it as a table top, with a thickness of 1-2 metres, which stands upright. The upper edge is at a depth of 1-1.5 km, and the table top extends to a depth of 4-5 km. About 10-20 m3 of magma is believed to flow into the dyke per second. Therefore, the magma dyke expands and grows thicker. The total volume of magma inside the dyke is thought to have reached 10-20 million cubic metres. Should all of it reach the surface, it would be comparable to one eruption at Fimmvörðuháls (South Iceland), which was among the smallest eruptions.

Models assume that the dyke has moved somewhat closer to the surface. Groundwater could cool the magma, potentially creating a geothermal area there.

The Met Office indicates that a new satellite picture suggests a rather steady flow of magma into the dyke so that the chance of eruption keeps increasing.

Source : Iceland Monitor.