Les îles du Pacifique sous la menace de l’océan // Pacific Islands under threat from the ocean

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé un nouvel avertissement climatique au monde : le niveau des océans s’élève à un rythme accéléré, en particulier dans les nations insulaires du Pacifique qui sont beaucoup plus vulnérables. Le 26 août 2024, les Nations Unies et l’Organisation météorologique mondiale ont publié des rapports sur l’aggravation de l’élévation du niveau de la mer, dopée par le réchauffement de la Terre et la fonte des calottes glaciaires et des glaciers. Ces rapports soulignent que le Pacifique Sud-Ouest est non seulement touché par la montée des océans, mais aussi par d’autres effets du réchauffement climatique tels que l’acidification des océans et les vagues de chaleur marines.
Selon Guterres, « la montée des mers est une crise entièrement imputable à l’Homme. Une crise qui va bientôt atteindre une ampleur presque inimaginable, sans canot de sauvetage pour remettre le monde en sécurité ».
Le niveau de la mer à Nuku’alofa, la capitale des Tonga, a augmenté de 21 centimètres entre 1990 et 2020, soit deux fois la moyenne mondiale qui est de 10 centimètres. À Apia, aux Samoa, le niveau de la mer a augmenté de 31 centimètres, tandis qu’à Suva-B, aux Fidji, il a augmenté de 29 centimètres. Cela met les nations insulaires du Pacifique en grand danger, car environ 90 % de la population de la région vit à moins de 5 kilomètres des zones où le niveau de l’océan est en train de monter.
Depuis 1980, les inondations côtières à Guam sont passées de deux à 22 fois par an. Elles sont passées de cinq à 43 fois par an aux îles Cook. À Pago Pago, aux Samoa américaines, les inondations côtières sont passées de zéro à 102 fois par an, selon le rapport de l’OMM publié en 2023 sur l’état du climat dans le Pacifique Sud-Ouest.
En raison de l’élévation de son niveau, l’océan est devenu une menace de plus en plus grande. Le niveau de la mer monte plus rapidement dans le Pacifique tropical occidental en raison de la fonte des glaces de l’Antarctique occidental, à laquelle viennent s’ajouter des eaux et des courants océaniques plus chauds.
Le Pacifique est durement touché alors qu’il ne produit que 0,2 % des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique et de l’expansion des océans. La plus grande partie de l’élévation du niveau de la mer est due à la fonte des calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland, sans oublier la fonte des glaciers terrestres et le fait que l’eau plus chaude se dilate en fonction des lois de la physique. Environ 90 % de la chaleur emprisonnée par les gaz à effet de serre est absorbée par les océans. Entre 1901 et 1971, l’élévation moyenne du niveau de la mer dans le monde était de 1,3 centimètre par décennie, selon le rapport de l’ONU. Entre 1971 et 2006, elle a grimpé à 1,9 centimètre par décennie ; ensuite, entre 2006 et 2018, elle a atteint 3,7 centimètres par décennie. Au cours de la dernière décennie, le niveau des mers a augmenté de 4,8 centimètres.
Le rapport de l’ONU met également en évidence les villes des 20 pays les plus riches, qui représentent 80 % des gaz à effet de serre, et où la montée des mers touche de grands centres de population. Les villes où l’élévation du niveau de la mer au cours des 30 dernières années a été au moins 50 % supérieure à la moyenne mondiale comprennent Shanghai, Perth en Australie, Londres, Boston, Miami et la Nouvelle-Orléans. Cette dernière arrive en tête de liste avec 26 centimètres d’élévation du niveau de la mer entre 1990 et 2020.
Une fois de plus, Guterres exhorte les pays riches à intensifier leurs efforts pour réduire les émissions de carbone, mettre fin à l’utilisation des combustibles fossiles et aider les pays les plus pauvres. Pourtant, les plans des pays riches en matière d’énergie montrent qu’ils produiront deux fois plus de combustibles fossiles en 2030 que la quantité qui limiterait le réchauffement aux niveaux convenus au niveau international. La dernière COP 28 s’est tenue à Dubaï, aux Émirats arabes unis, et la prochaine se tiendra à Bakou, en Azerbaïdjan, en 2024. C’est reçu comme une insulte par les nations du Pacifique qui sont menacées par le réchauffement climatique et l’élévation du niveau de la mer.
Source : Médias d’information internationaux.

 

(Source : Wikipedia)

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U.N. Secretary-General Antonio Guterres has issued another climate warning to the world : Seas are rising at an accelerating rate, especially in the far more vulnerable Pacific island nations. On August 26th, 2024, the United Nations and the World Meteorological Organization issued reports on worsening sea level rise, turbocharged by a warming Earth and melting ice sheets and glaciers. They highlight how the Southwestern Pacific is not only hurt by the rising oceans, but by other climate change effects of ocean acidification and marine heat waves.

According to Guterres, “rising seas are a crisis entirely of humanity’s making. A crisis that will soon swell to an almost unimaginable scale, with no lifeboat to take us back to safety.”

Sea level in Tonga’s capital Nuku’alofa rose 21 centimeters between 1990 and 2020, twice the global average of 10 centimeters. Apia in Samoa, has seen 31 centimeters of rising seas, while Suva-B in Fiji has had 29 centimeters. This puts Pacific Island nations in grave danger as about 90% of the region’s people live within 5 kilometers of the rising oceans.

Since 1980, coastal flooding in Guam has jumped from twice a year to 22 times a year. It’s gone from five times a year to 43 times a year in the Cook Islands. In Pago Pago, American Samoa, coastal flooding went from zero to 102 times a year, according to the WMO State of the Climate in the South-West Pacific 2023 report.

Because of sea level rise, the ocean has become a growing threat. Sea levels are rising faster in the western tropical Pacific because of the melting ice from western Antarctica, with warmer waters and ocean currents.

The Pacific is hit hard despite only producing 0.2% of greenhouse gases causing global warming and expanding oceans. The largest part of the sea rise is from melting ice sheets in Antarctica and Greenland. Melting land glaciers add to that, and warmer water also expands based on the laws of physics. About 90% of the heat trapped by greenhouse gases goes into the oceans. Between 1901 and 1971, the global average sea rise was 1.3 centimeters a decade, according to the UN report. Between 1971 and 2006 it jumped to 1.9 centimeters per decade, then between 2006 and 2018 it was up to 3.7 centimeters a decade. The last decade, seas have risen 4.8 centimeters.

The UN report also highlights cities in the richest 20 nations, which account for 80% of the heat-trapping gases, where rising seas are lapping at large population centers. Those cities where sea level rise in the past 30 years has been at least 50% higher than the global average include places like Shanghai, Perth in Australia, London, Boston, Miami; and New Orleans. New Orleans tops the list with 26 centimeters of sea level rise between 1990 and 2020.

One again, Guterres urges richer nations to step up efforts to reduce carbon emissions, end fossil fuel use and help poorer nations. Yet countries’ energy plans show them producing double the amount of fossil fuels in 2030 than the amount that would limit warming to internationally agreed upon levels. The past COP 28 was in Dubai, United Arab Emirates, and the next one will be in Baku, Azerbaijan in 2024. This comes as an insult to the Pacific nations that are under the threat of global warming and rising sea levels.

Source : International news media.

Les effets du réchauffement climatique sur l’alimentation en eau potable dans les zones côtières // The effects of global warming on the drinking water supply in coastal areas

Aujourd’hui en France, malgré la très forte hausse des températures, les gens ne semblent pas trop s’inquiéter des conséquences du réchauffement climatique. Comme je l’ai dit plusieurs fois, tant que l’eau coule du robinet, tout va bien.
À la Nouvelle-Orléans, l’eau qui coule du robinet pourrait bientôt avoir un goût étrange et être impropre à la consommation.
Pour la deuxième année consécutive, le niveau du Mississippi est extrêmement bas. Cela est dû à la sécheresse en cours. Le niveau actuel du fleuve est comparable à celui d’octobre 2022 lorsque des barges se sont retrouvées coincées sur des bancs de sable et avec des conséquences sur les exportations agricoles américaines.
De tels événements se répètent : l’été 2023 a été marqué par 40 jours d’arrêt de la circulation fluviale, ce qui signifie que les bateaux qui naviguent le long du Mississippi et transportent environ 60 % des exportations céréalières du pays ont été confrontés à des retards importants.
La baisse du niveau de l’eau, ainsi que le débit le plus bas depuis 1988, menacent l’alimentation en eau potable des populations du sud de la Louisiane, à la Nouvelle-Orléans et dans ses environs. En effet, le faible débit du Mississippi peut entraîner des remontées d’eau salée du golfe du Mexique dans celle du fleuve, avec la pollution de la source d’eau potable de milliers de personnes.
Le débit du Mississippi pourrait atteindre 3 700 mètres cubes par seconde cette année, selon le Corps des ingénieurs de l’armée américaine (USACE). Normalement, ce chiffre devrait être de 8 500 mètres cubes par seconde pour empêcher l’eau de l’océan de remonter le cours du fleuve.
Les autorités ont construit deux digues en béton au cours des deux dernières années pour aider le niveau de l’eau à s’élever. L’USACE a construit la deuxième en juillet 2023 quand on s’est rendu compte que l’eau salée remontait le cours du fleuve. Les digues devraient laisser 10 à 15 jours aux localités en amont pour prendre les mesures de précaution nécessaires. Le gouverneur de la Louisiane a sollicité une aide d’urgence fédérale auprès du président Biden. Il a souligné que 20 % de l’État pourrait être touché par l’intrusion d’eau salée et les scientifiques pensent que la crise pourrait durer jusqu’en janvier 2024. Un district de Louisiane a déjà acheté 200 000 bouteilles d’eau par anticipation.
Plus en amont, dans l’Etat du Missouri, l’USACE travaille 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 avec deux dragues pour déplacer les sédiments du fleuve dans le but d’élever le niveau de l’eau.
En fin de compte, ce qu’il faudrait avant tout, c’est qu’il pleuve beaucoup pour que le Mississippi atteigne à nouveau son niveau et son débit moyens. Les autorités croisent les doigts et espèrent que les prochains mois mettront fin à la sécheresse actuelle.
Adapté d’un article de Business Insider publié dans Yahoo News.

Barges sur me Mississippi au nord de la Nouvelle-Orléans (Photo: C. Grandpey)

Je ne voudrais pas affoler mes chers compatriotes, mais la remontée et l’infiltration de l’eau de mer sont déjà observées dans une région comme la Camargue où la Méditerranée a gagné près de 200 mètres sur les terres par endroit, en sachant que 70 % du territoire se situe déjà à moins d’une mètre d’altitude. Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, des digues construites en bords de plages dans les années 1980 sont aujourd’hui submergées à 100 ou 150 mètres au large.

Avec la fonte rapide des glaciers alpins, le débit du Rhône et d’affluents comme la Durance est amené à baisser dans les prochaines années, ce qui favorisera la remontée de l’eau de mer vers l’intérieur des terres. Comme à la Nouvelle-Orléans, le problème de l’alimentation en eau potable de certaines localités risque de se poser dans les prochaines décennies.

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Today in France, despite the current heat wave and never-seen-before high temperatures, peole don’t seem to worry much about the consequences of global warming. As I put it several times, as long as water is flowing from the tap, everything goes well.

In New Orleans,the water flowing from the tap might soon have a strange taste and be improper to drinking.

For the second year in a row, the Mississippi River water level is at an extreme low. This is due to an ongoing drought event. The river’s current levels are comparable to those of October 2022 when barges got stuck on sandbars and US agricultural exports suffered.

Such events are repeating themselves: The summer 2023 brought 40 days of river closures, meaning the boats that travel along the Mississippi river carrying roughly 60% of the country’s grain exports faced significant delays.

The receding water level, together with the lowest flow rate since 1988, is threatening the drinking water for southern Louisiana residents in and around New Orleans. Indeed, the low flow rate could allow saltwater from the Gulf of Mexico to push into the river and pollute the source of drinking water for thousands.

Mississippi River water flows may reach as low as 3,700 cubic meters per second this year, according to the US Army Corps of Engineers (USACE). That number should be at 8,500 cubic meters per second to keep ocean water out.

Officials built two sills (underwater concrete barriers) in the last two years to help raise the water levels. The USACE built the second sill in July 2023 after it became apparent saltwater was moving upriver. The sills are expected to provide an additional 10 to 15 days for communities upriver to continue their preparation efforts. The Louisiana Governor has requested a federal emergency declaration from President Biden, writing that 20% of the state could be impacted by the saltwater intrusion and experts predict the crisis could last until January 2024. A district has already purchased 200,000 bottles of water in anticipation.

Further upriver in Missouri, the USACE is working 24/7 with two dredgers to move sediment from the river bank and into the channel with the goal of raising water levels.

Ultimately, a lot of rain is what the Mississippi River will need to reach its average water level and flow rate again. Officials are crossing their fingers, hoping the next months will put an end to the current drought..

Adapted from an article of Business Insider published in Yahoo News.

I wouldn’t like to panic my fellow citizens, but the infiltration of sea water is already observed in a region like the Camargue where the Mediterranean has gained nearly 200 meters on land in places, with 70% of the territory located at less than a meter above sea level. In Saintes-Maries-de-la-Mer, dikes built along the beaches in the 1980s are now submerged 100 or 150 meters offshore.

With the rapid melting of Alpine glaciers, the flow of the Rhône and tributaries such as the Durance is expected to decrease in the coming years, which will favour the rise of sea water towards the interior. As in New Orleans, the supply of drinking water to certain localities is likely to become a problem in the coming decades.

Vers une disparition du Grand Lac Salé (Utah) // Great Salt Lake prone to disappear in Utah

Il y a quelques années, j’atterrissais à Salt Lake City pour me rendre dans le Parc National de Yellowstone en traversant auparavant le Parc National du Grand Teton. Dans les minutes précédant l’arrivée dans la capitale de l’Utah, j’apercevais par le hublot la vaste étendue du Grand Lac Salé. Avec le réchauffement climatique, la taille du lac se réduit comme peau de chagrin. Selon un rapport rédigé par des chercheurs de l’Université Brigham Young et publié en janvier 2023, le Grand Lac Salé risque de disparaître d’ici cinq ans, ce qui mettrait en péril les écosystèmes et exposerait des millions de personnes à la poussière toxique du lac devenu sec.
Le rapport a révélé que l’utilisation abusive de l’eau dans la région a réduit le lac à seulement 37% de son ancien volume. La méga-sécheresse qui affecte l’ouest des États-Unis et qui est aggravée par le réchauffement climatique, a accéléré la disparition de l’eau à une vitesse beaucoup plus rapide que ne l’avaient prévu les scientifiques. Les mesures de conservation actuelles sont très insuffisantes pour remplacer l’énorme volume d’eau que le lac a perdu chaque année depuis 2020.
Le rapport appelle l’Utah et les États voisins à réduire leur consommation d’eau d’un tiers, voire de moitié, afin que cette dernière, apportée par les ruisseaux et les rivières, puisse s’écouler directement dans le lac au cours des deux prochaines années. Sinon, le Grand Lac Salé se dirige vers une disparition inévitable.

L’agriculture représente plus de 70 % de l’utilisation de l’eau dans l’Utah. Une grande partie va à la culture du foin et de la luzerne pour nourrir le bétail. 9% sont absorbés par l’extraction minière. Les villes utilisent également 9 % de cette eau pour faire fonctionner les centrales électriques et irriguer les pelouses. Il y a tellement de demande en eau sur le parcours des rivières de l’État qu’au moment où elles atteignent le Grand Lac Salé, elles sont quasiment à sec. Au cours des trois dernières années, le lac a reçu moins d’un tiers de son apport normal en eau car une grande quantité a été détournée à d’autres fins. En 2022, sa surface a chuté à un niveau record et elle se trouvait à 3 mètres en dessous du niveau minimum.
Avec un apport moindre d’eau douce, le lac est devenu si salé qu’il est aujourd’hui toxique, même pour les crevettes indigènes et les mouches qui réussissent à y vivre. Cela met en danger les 10 millions d’oiseaux qui font escale chaque année sur le lac au cours de leur migration à travers le continent américain.
Avec la baisse catastrophique de son niveau, le lac peut perturber le système météorologique qui assure l’alimentation des montagnes en pluie et en neige ; aujourd’hui, le manque d’eau prive de neige les pistes de ski de l’Utah. Il menace aussi une activité industrielle d’un milliard de dollars qui extrait du magnésium, du lithium et d’autres minéraux de la saumure du lac.
En perdant son eau, le Grand Lac Salé expose à l’air libre plus de 2 000 kilomètres carrés de sédiments contenant de l’arsenic, du mercure et d’autres substances dangereuses qui peuvent être balayées par le vent et terminer leur course dans les poumons de quelque 2,5 millions de personnes vivant près des rives du lac. Environ 90 % du lit du lac sont protégés par une fine croûte de sel qui empêche la poussière de s’échapper. Mais plus le lac s’assèche, plus cette croûte s’érode, exposant des sédiments plus dangereux à l’air libre.
Les chercheurs ont été surpris par la rapidité d’assèchement du Grand Lac Salé. La plupart des modèles scientifiques prévoyaient que le phénomène ralentirait au fur et à mesure que le lac se réduirait en taille et deviendrait plus salé, car l’eau salée s’évapore moins facilement que l’eau douce. Le changement climatique d’origine anthropique a entraîné une hausse des températures moyennes de plus de 2 degrés Celsius dans le nord de l’Utah depuis le début des années 1900 et a rendu la région plus sujette à la sécheresse. Des études montrent que ce réchauffement représente environ 9% de la baisse des débits des cours d’eau qui arrivent dans le lac. Les relevés satellitaires montrent également une baisse importante des eaux souterraines sous le lac car la sécheresse permanente épuise les aquifères de la région.
Si les humains n’utilisaient pas autant d’eau, le lac pourrait peut-être résister au changement climatique, mais la pression combinée de la sécheresse et de la surconsommation rend cela impossible.
Le nouveau rapport, rédigé par plus de 30 scientifiques de 11 universités et autres instituts de recherche, recommande que les rejets d’urgence des réservoirs d’eau de l’Utah soient autorisés pour faire remonter le niveau du lac au cours des deux prochaines années.
Les conditions météorologiques du début de l’année 2023 ont peut-être donné au Grand Lac Salé une chance de survivre. Après une série de tempêtes en décembre, le manteau neigeux de l’État est déjà à 170 % du niveau normal de janvier. Si cette neige persiste et que les précipitations se poursuivent pendant le reste de l’hiver, cela permettra à l’Utah d’éviter de réduire drastiquement sa consommation d’eau. Les autorités locales espèrent que le lac n’a pas dépassé le point de non-retour.
Source : Yahoo Actualités, The Washington Post.

Le dernier rapport confirme une alerte que j’avais diffusée sur ce blog le 7 décembre 2021 :

Le Grand Lac Salé (Utah) menacé par le réchauffement climatique // The Great Salt Lake (Utah) under the threat of climate change

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A few years ago, I landed in Salt Lake City on my way to Yellowstone National Park, previously crossing Grand Teton National Park. In the minutes before arriving in the capital of Utah, I could see the vast expanse of the Great Salt Lake through the window. With global warming, the size of the lake is shrinking. According to a report, led by researchers at Brigham Young University and published in January 2023, the Great Salt Lake is on track to disappear within five years, imperiling ecosystems and exposing millions of people to toxic dust from the drying lake bed.

The report found that unsustainable water use has shrunk the lake to just 37 percent of its former volume. The ongoing mega-drought that is affecting U.S. West and that is made worse by climate change, has accelerated its decline to rates far faster than scientists had predicted. Current conservation measures are absolutely insufficient to replace the huge volume of water the lake has lost annually since 2020.

The report calls on Utah and nearby states to curb water consumption by a third to a half, so as water can flow from streams and rivers directly into the lake for the next couple of years. Otherwise, the Great Salt Lake is headed for irreversible collapse.

Agriculture accounts for more than 70 percent of the state’s water use, much of it going to grow hay and alfalfa to feed livestock. Another 9 percent is taken up by mineral extraction. Cities use another 9 percent to run power plants and irrigate lawns. There are so many claims on the state’s rivers that, by the time they reach the Great Salt Lake, there’s very little water left. Over the last three years, the lake has received less than a third of its normal stream flow because so much water has been diverted for other purposes. In 2022, its surface sank to a record low, 3 meters below the minimum healthy level.

With less freshwater flowing in, the lake has grown so salty that it’s becoming toxic even to the native brine shrimp and flies that manage to live there. This in turn endangers the 10 million birds that rely on the lake for a rest stop as they migrate across the continent each year.

The vanishing lake may short-circuit the weather system that cycles rain and snow from the lake to the mountains and back again, depriving Utah’s ski slopes. It threatens a billion-dollar industry extracting magnesium, lithium and other critical minerals from the brine.

The Great Salt Lake has also exposed more than 2,000 square kilometers of sediments laced with arsenic, mercury and other dangerous substances, which can be picked up by wind and blown into the lungs of some 2.5 million people living near the lakeshore. About 90 percent of the lake bed is protected by a thin crust of salt that keeps dust from escaping. But the longer the lake remains dry, the more that crust will erode, exposing more dangerous sediments to the air.

Researchers have been taken aback by the rapid pace of the Great Salt Lake’s decline. Most scientific models projected that the shrinking would slow as the lake became smaller and saltier, since saltwater evaporates less readily than freshwater. But human-caused climate change has increased average temperatures in northern Utah by more than 2 degrees Celsius since the early 1900s and made the region more prone to drought. Studies suggest this warming accounts for about 9 percent of the decline in stream flows into the lake. Satellite surveys also show significant declines in groundwater beneath the lake, as ongoing drought depletes the region’s aquifers.

If humans were not using so much water, the lake might be able to withstand these shifts in climate, but the combined pressure of drought and overconsumption makes it impossible.

The new report, drafted by more than 30 scientists from 11 universities and other research institutions, recommends that emergency releases from Utah’s reservoirs should be authorized to get the lake up to a safe level over the next two years.

The weather in 2023 may have given the Great Salt Lake a chance to survive. After a series of December storms, the state’s snowpack is already at 170 percent of normal January levels. If that snow persists and precipitation continues through the rest of the winter, it would enable Utah to avoid making drastic cuts to water consumption. Local authorities hope tthat the lake has not past a point of no return – yet.

Source : Yahoo News, The Washington Post.

The report confirms an alert I had released on this blog on December 7th, 2021 (see above).

Le Grand Lac Salé en juin 1985 (Source : NASA)

 

Le Grand Lac Salé en juillet 2022 (Source : NASA)

Réchauffement climatique : le Mississippi au plus bas // Global warming : the Mississippi River at its lowest

On a l’habitude de dire en France que ce qui se passe aux États-Unis arrivera bientôt chez nous. S’agissant du réchauffement climatique et des problèmes qui l’accompagnent, il faut espérer que ce ne sera pas le cas! Avec la chaleur accablante et le manque de précipitations, la moitié ouest des États-Unis fait face à une grave sécheresse depuis plusieurs mois.
En raison des températures élevées, du manque de neige dans les montagnes et du manque de pluie plus en aval, les eaux du Mississippi ont chuté à des niveaux historiquement bas, avec à la clé une crise de la navigation fluviale et de l’industrie au cœur même des États-Unis.
Le Mississippi est une voie de navigation majeure, aussi bien pour le commerce que pour le tourisme. En provenance du nord du Minnesota où il prend sa source, le fleuve circule à travers les plaines du Midwest et se jette dans le Golfe du Mexique après avoir traversé la Louisiane, alimenté par de nombreux affluents à l’est et à l’ouest. Tout le commerce repose sur les eaux profondes du fleuve qui peuvent accueillir de gros navires transportant des marchandises telles que du soja, des engrais et du pétrole, ou des passagers à bord de navires de croisière.
Au cours du mois de septembre 2022, l’eau a tellement baissé que les navires se sont retrouvés coincés dans la boue et sur les bancs de sable au fond du fleuve. [NDLR : Il faut savoir que la navigation est parfois très délicate sur le Mississippi, comme l’a fort bien expliqué Samuel Langhorne Clemens, alias Mark Twain dont le pseudonyme est étroitement lié à l’histoire du fleuve.]
L’eau a tellement baissé qu’elle a révélé des restes humains et une épave vieille de 200 ans le long des berges. Dans le Missouri, les gens traversent à gué le lit du fleuve jusqu’à une île qui n’est normalement accessible que par bateau.
Sur la côte de la Louisiane, le fleuve est si bas que l’eau du Golfe du Mexique a commencé à remonter vers l’amont. On est en train de construire en toute hâte une digue sous-marine de 450 mètres de large pour empêcher l’eau salée de remonter plus en amont dans le fleuve où elle pourrait contaminer l’eau potable.
Il y a quelques mois à peine, le bassin du Mississippi était en proie aux inondations. Au cours de l’été écoulé, des précipitations jamais vues auparavant ont provoqué des inondations soudaines et des débordements de rivières dans le Kentucky, à St. Louis (Missouri), dans certaines parties de l’Illinois et à Jackson (Mississippi). Malgré ces précipitations sporadiques extrêmes, le Midwest des Etats Unis connaît aujourd’hui une sécheresse anormale. La vallée de la rivière Ohio et la partie nord du Mississippi ne reçoivent pas assez de pluie pour alimenter suffisamment le fleuve.
De la source à l’embouchure, les eaux du Mississippi ont chuté à des niveaux proches du record établi en 1988. À Memphis (Tennessee), l’eau est descendue en dessous de ce record le 17 octobre 2022, et il n’y a pas de pluie en vue.
Les scientifiques expliquent que le réchauffement climatique est responsable de cette situation. Les conditions extrêmes de sécheresse et les inondations de cette année sont conformes aux prévisions : la hausse des températures sur Terre entraîne une plus grande variabilité météorologique dans le centre des États-Unis, avec aussi bien des sécheresses intenses que des précipitations ponctuelles et abondantes. Le réchauffement climatique, provoqué par tous les gaz à effet de serre que les humains ont rejetés dans l’atmosphère, modifie le cycle de l’eau sur la planète. La hausse des températures augmente l’évaporation et modifie les courants atmosphériques et océaniques qui distribuent l’humidité à travers le monde.
La sécheresse le long du Mississippi est si intense qu’elle a mis au jour une épave vieille de plusieurs siècles. Début octobre, le faible niveau d’eau a révélé un ancien navire qui avait coulé à Baton Rouge, en Louisiane. Les archéologues pensent qu’il pourrait s’agir du Brookhill Ferry qui a coulé lors d’une tempête en 1915. C’est la première fois que le navire est entièrement exposé, mais de petites parties avaient déjà émergé des basses eaux dans les années 1990.
La baisse des eaux a également conduit à une découverte plus macabre. Le 15 octobre 2022, une femme du Mississippi a trouvé des restes humains alors qu’elle cherchait des galets avec sa famille. Ces restes sont les derniers d’une série qui a fait surface à la suite de la baisse des eaux. Comme je l’ai indiqué précédemment, plusieurs autres restes humains ont aussi été découverts dans le lac Mead (Nevada) qui connaît un niveau historiquement bas à cause de la sécheresse. En fin de compte, le faible niveau des rivières dans l’ouest de l’Amérique pourrait être une bonne nouvelle pour les médecins légistes chargés d’identifier des personnes disparues!
Adapté d’un article de Business Insider.

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It is current practise in France to say that what is happening in the U.S. will soon arrive in our country. Here is what’s happening in Western U.S. which has been facing a severe drought for several months. Climate change and global warming are the real cause of the situation.

Because of the high temperatures, the lack of snow in the mountains and the lack of rain further downstream, the waters of the Mississippi River have fallen to historic lows, driving a shipping and industry crisis in the heart of the US.

The Mississippi is a major channel for shipping and tourism, running from northern Minnesota down through the Midwest plains and emptying through Louisiana, with numerous tributaries stretching east and west. All that boat-based commerce relies on the river’s deep waters, which can accommodate large vessels carrying cargo like soybeans, fertilizer and oil, or cruise-line passengers.

For the past month, though, the water has dwindled so low that ships are getting stuck in the mud and sandbars at the river bottom.

The water receded so much that it revealed human remains and a 200-year-old shipwreck along the river’s new banks. In Missouri, people are walking across the dry, exposed riverbed to an island that’s normally only accessible by boat.

On the Louisiana coast, the river is so low that ocean water from the Gulf of Mexico began pushing upstream. There is a race to build a 450-meter-wide underwater levee to prevent saltwater from creeping further up the river, where it could contaminate drinking water.

Just a few months ago, the Mississippi River basin was flooding. This summer, historic rainfall caused flash flooding and overflowing rivers in Kentucky, St. Louis, Missouri, parts of Illinois, and Jackson, Mississippi. Despite these extreme sporadic rainfall events, the Midwest is in an abnormal drought. The Ohio River Valley and the Upper Mississippi are not getting enough rain to feed the giant river.

Up and down the Mississippi, waters have dropped to levels approaching the record low set in 1988. In Memphis, Tennessee, the waters plunged below that record on October 17th, 2022. And there is no rain in sight.

Scientists say that climate change is the culprit. This year’s extreme conditions of both drought and floods is consistent with what scientists have been predicting and observing: Rising global temperatures are driving more weather variability in the central US, fueling both more severe droughts and one-off rainfall events. Climate change, driven by all the greenhouse gasses that humans have released into the atmosphere, is changing the planet’s water cycle. Rising temperatures are increasing water evaporation and changing the atmospheric and ocean currents that distribute moisture across the globe.

The severe drought along the river is so intense that it uncovered a centuries-old shipwreck. In early October, low water levels revealed the old sunken ship along the banks of the Mississippi River in Baton Rouge, Louisiana. Archaeologists believe these remains may be from the Brookhill Ferry that sunk in a storm in 1915. Though this is the first time the ship has been fully exposed, it’s not a new discovery. Small parts of the vessel emerged from low waters in the 1990s.

The river’s receding waters also led to a more gruesome discovery. On October 15th, 2022 a Mississippi woman found human remains while searching for rocks with her family on the dry banks of the river. They are the latest in a bevy of discoveries to surface from receding waters. Over the summer, multiple set of remains were found in Nevada’s Lake Mead, which fell to historically low levels amid the severe drought. IUn the end, the rivers’ low level in western America could be good news news for experts tasked with solving missing persons cases.

Adapted from an article in Business Insider.

 Carte montrant le niveau de sécheresse aux Etats Unis à la mi-octobre

 

Photos: C. Grandpey