L’effet de piston sur le Kilauea (Hawaï) // « Gas pistoning »  at Kilauea volcano (Hawaii)

Lors des derniers épisodes de l’éruption du Kilauea dans le cratère de l’Halema’uma’u, j’ai souvent évoqué le flux et le reflux de la lave dans la bouche nord ; son niveau fluctuait en fonction de la pression exercée par les gaz. Ce phénomène est appelé « gas pistoning» – autrement dit ‘effet de piston provoqué par les gaz’ – par les scientifiques de l’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO). Cette expression a également été utilisée à d’autres occasions. Par exemple, le phénomène a été observé dans le lac de lave de 2008-2018 ainsi que dans les bouches du Pu’uO’o entre 1983 et 2018.

Le « gas pistoning » peut être défini comme une montée et une descente de la surface de la lave, provoquées par le dégazage. Cet effet de piston se produit souvent dans des conduits étroits, bien qu’il puisse également être observé dans des lacs de lave plus grands, voire dans des chenaux de lave.

Lorsque se déclenche un effet de piston provoqué par les gaz, la lave à la surface devient plus visqueuse, généralement par refroidissement. Les gaz ont alors plus de difficulté à s’échapper de cette lave plus froide et plus visqueuse. Ils commencent à s’accumuler et à former une couche de bulles sous la surface de lave plus froide. Cette couche de bulles finit par trouver suffisamment d’énergie pour propulser toute la couche de lave visqueuse située au-dessus et la faire s’élever dans le conduit éruptif, à la manière d’un piston qui remonte dans un moteur.

Si la lave atteint le sommet du conduit éruptif et est prête à s’écouler, la couche de lave supérieure s’amincit si bien que la couche de gaz située en dessous peut être libérée, ce qui donne souvent naissance à une activité de spattering et d’éclatements de bulles. La lave qui ne s’est pas écoulée du conduit peut alors refluer et participer ou non à un autre cycle de « gas pistoning ».

Différents types de « gas pistoning » ont été observés lors de l’éruption sommitale actuelle du Kīlauea. Ils ont commencé à apparaître en mars, dans le cadre d’une activité précurseur qui a précédé les épisodes 14 et 15 de fontaines de lave. Depuis, certains épisodes ont présenté des phases de « gas pistoning » évidentes, d’autres non. Certains ont montré une montée de lave suffisamment importante pour que des débordements aient lieu au niveau des deux bouches du cratère de l’Halemaʻumaʻu. Une telle situation peut provoquer la libération de gaz et le reflux de lave. Dans d’autres phases, la lave n’atteint pas tout à fait le sommet du conduit éruptif et il ne se produit pas de débordements.

Les scientifiques du HVO ne comprennent pas encore parfaitement pourquoi les phases de « gas pistoning » précèdent souvent les épisodes spectaculaires de fontaines de lave, ni pourquoi ils peuvent se comporter différemment d’un épisode à l’autre. Cependant, le personnel de l’Observatoire continue de collecter des données géophysiques et de chimie des gaz. Il effectue également d’autres observations géologiques, afin de mieux comprendre le phénomène de « gas pistoning » et son rôle dans l’éruption sommitale en cours.

Source : USGS, HVO.

Dans l’image du haut, on voit la lave s’élever le 19 mars 2025 dans la bouche éruptive nord, avant l’Épisode 14 de l’éruption. On remarquera que seul un léger panache de gaz est visible près du bord droit de la surface de lave. Dans l’image centrale, la surface de lave s’est élevée au point de déborder de la bouche. Une activité de spattering a débuté, ce qui permet de libérer plus facilement les gaz emprisonnés, avec un panache plus visible que précédemment. Dans l’image du bas, la lave s’écoule plus facilement au niveau du centre de la bouche, tandis que sa surface s’abaisse et que le panache devient plus volumineux au fur et à mesure que les gaz s’échappent. (Photos : USGS)

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During the last episodes of the Kilauea eruption in Halema’uma’u Crater, I have often mentioned the ebb and flow of lava in the north vent, with its level fluctuating according to the pressure exerted by the gases. This phenomenon is called ‘gas pistoning’ by the scientists at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO). The expression may also be used on other occasions during volcanic activity. For instance, the phenomenon was observed in the 2008-18 lava lake as well as vents at Puʻuʻōʻō between 1983 and 2018.

Gas pistoning can be defined as a shallow, degassing-driven rise and fall of a lava surface. These pistons often occur in narrow conduits, although they can happen in larger lava lakes and even in lava channels.

To start a piston, or one cycle of pistoning, lava at the surface becomes more viscous, usually by cooling. Then, it is more difficult than usual for gases to escape from that cooler, more viscous lava.

Gases that would otherwise escape easily into the atmosphere instead begin to accumulate and build up a bubbly layer beneath that surface of cooler lava. Eventually, the bubbly layer becomes buoyant enough to push the whole layer of viscous lava above it up to higher levels in the volcanic conduit, just like a piston moving up inside an engine.

If the lava reaches the top of the conduit so that it can spill out, the top lava layer thins out to the point that the gas layer beneath can be released, which is often accompanied by lava spattering and bubble bursts. Any lava that did not spill out of the conduit can then drain back deeper, where it might or might not become part of another gas piston cycle.

Different gas piston types has been observed during this ongoing episodic summit eruption at Kīlauea. They began to become obvious in March as part of precursory activity ahead of sustained lava fountaining Episodes 14 and 15. Since then, some episodes have had obvious precursory gas pistons and others have not.

Some gas pistons during the current eruption involve lava rising high enough that overflows spilled out of both vents in Halemaʻumaʻu Crater, which can help initiate gas release and lava drainback.

Others don’t quite reach the top of the magma conduit in the vents and instead drain without having lava overflows.

HVO scientists do not yet have a full understanding of why the gas pistons are often a precursor to the high fountaining episodes or why they might behave differently from episode to episode.

However, they continue to collect geophysical and gas chemistry data, and make other geological observations, in order to better understand the gas pistoning phenomenon and the role it plays in the ongoing summit eruption.

Source : USGS, HVO.

In the top image above, lava rises on March 19, 2025, in the north vent prior to Episode 14 of the Kilauea eruption. Note that only a faint gas plume is visible near the right edge of the lava surface. In the middle image, the lava surface has risen to the point of lava spilling out of the vent and the molten rock has begun to spatter releasing more trapped gas, with a more obvious plume. In the bottom image, the lava is more clearly draining down in the center of the vent, with its surface dropping and even more of a plume visible as more gas escapes. (Photos : USGS)

Épisode 26 de l’éruption du Kilauea (Hawaï)

Comme prévu par le HVO, l’activité précurseur de l’Épisode 26 du Kilauea a débuté dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu à 23h26 (heure locale) le 19 juin 2025, lorsque la lave a commencé à déborder de la bouche nord en formant des fontaines en dômes.

Vers 1h45 (heure locale) le 20 juin, les puissantes fontaines de lave tant attendues (de plus de 300 mètres de haut) ont jailli de la bouche nord, offrant le spectacle somptueux habituel.

L’Épisode 26 a pris fin vers 10h25 (heure locale) après 11 heures d’activité totale. Les fontaines de lave ont été observées pendant un peu plus de 8 heures. L’inclinomètre au sommet du Kilauea a enregistré plus de 18 microradians de déflation durant cet épisode. La fin de l’éruption a coïncidé avec un passage rapide de la déflation à l’inflation au sommet et une diminution de l’intensité du tremor. Un 27ème épisode est donc probable dans les prochains jours.

Images webcam de l’éruption

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As predicted by HVO, precursory activity of Kilauea’s Episode 26 started within Halemaʻumaʻu Crater at 11:26 p.m. (local time) on 19 June 2025 when lava began overflowing from the north vent, with dome-shpted fountains. At 01:45 or so (local time) on 20 June, the expected powerful lava fountains, over 300 meters high) rose from the north vent, producing the usual sumptuous show.

Episode 26 ended around 10:25 a.m. (local time) after 11 hours of total activity. The lava fountains were observed for just over 8 hours. The summit tiltmeter recorded more than 18 microradians of deflation during this episode. The end of the eruption was coincident with a rapid change from deflation to inflation at the summit and a decrease in seismic tremor intensity. A 27th episode is then likely in the coming days.

Etna (Sicile) : l’éruption du 2 juin 2025 : une piqûre de rappel ! // Mt Etna (Sicily) : the eruption of June 2nd, 2025 : a wake-up call !

Au cours des dernières heures, l’Etna a connu une nouvelle crise éruptive qui a mis en émoi les réseaux sociaux. En fait, l’événement n’a duré que quelques heures et la situation est redevenue normale sur le volcan. Voici le déroulement de l’épisode éruptif, tel qu’il a été décrit par l ‘ INGV :

À partir d’environ 1h50 UTC le 2 juin 2025, les images des caméras du système de surveillance ont montré une activité strombolienne au niveau du cratère Sud-Est.

À partir d’environ 22h00 UTC le 1er juin, l’amplitude moyenne du tremor volcanique a augmenté progressivement pour atteindre un niveau élevé, vers 0h50. La source du tremor se situait près du cratère Sud-Est, à une altitude d’environ 2800 m au-dessus du niveau de la mer.

Un communiqué de l’INGV émis à 02h14 UTC le 2 juin 2025 indiquait que les explosions stromboliennes se poursuivaient avec une intensité croissante, avec des retombées de cendres dans le secteur de Piano Vetore. L’activité alimentait un léger débordement de lave depuis le bord sud du Cratère Sud-Est, avec une modeste coulée de lave en direction de la Valle del Bove.

A 9h24 UTC, les images des caméras montraient une coulée pyroclastique probablement produite par un effondrement de matériaux au niveau du flanc nord du Cratère Sud-Est. La coulée n’a pas dépassé le bord de la Valle del Leone. Parallèlement, l’activité explosive du cratère Sud-Est s’est transformée en fontaine de lave. Le tremor a atteint des valeurs très élevées.

A 9h55 UTC ce 2 juin 2025, un bulletin de l’INGV indiquait que l’épisode éruptif était terminé. L’activité explosive du Cratère Sud-Est a généré trois coulées de lave : une vers le sud, une seconde vers l’est et la dernière, qui a pris naissance à la base du flanc nord du cratère Sud-Est, vers le nord. Toutes les coulées sont en cours de refroidissement. La coulée pyroclastique s’est propagée vers le nord-est, atteignant la paroi nord de la Valle del Bove. D’un point de vue sismique, le tremor est revenu à des valeurs faibles.

Image de l’éruption issue des réseaux sociaux

L’épisode éruptif est terminé. Il ne s’agit pas d’une éruption majeure, mais elle est survenue sans prévenir, comme cela se prduit assez fréquemment sur l’Etna, comme j’en ai fait l’expérience il y a quelques années. Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent de longues files de personnes se précipitant sur le versant du volcan pour s’éloigner de l’explosion. Selon le propriétaire d’une agence de voyages, il y avait 40 personnes sur L’Etna au moment de l’éruption. Une douzaine d’agences de voyages conduisent leurs clients en permanence sur l’Etna. Tous les touristes et randonneurs présents sur le volcan au moment de l’éruption sont sains et saufs

Cet événement devra servir de piqûre de rappel aux autorités et aux guides; comme je l’ai indiqué plus haut, le volcan peut se manifester sans prévenir. Il y a déjà eu des morts pendant de tels réveils. Le 12 septembre 1979 un groupe de touristes s’est fait surprendre par un brutal réveil de la Bocca Nuova. 9 personnes sont mortes et 23 autres ont été blessées. Il est fort à parier que les restrictions d’accès vont être renforcées à l’aube de la saison estivale. Si un drame se produisait, la justice chercherait très vite les responsables…

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In the last few hours, Mount Etna experienced a new eruption that caused a stir on social media. In fact, the event lasted only a few hours, and the situation on the volcano has since returned to normal. Here is the sequence of events, as described by INGV:

Starting at approximately 1:50 UTC on June 2, 2025, images from the surveillance system cameras showed Strombolian activity in the Southeast Crater.

Starting at approximately 22:00 UTC on June 1, the average amplitude of the volcanic tremor gradually increased, reaching a high level around 0:50. The source of the tremor was located near the Southeast Crater, at an altitude of approximately 2,800 m above sea level.

An INGV statement issued at 02:14 UTC on June 2, 2025, indicated that Strombolian explosions continued with increasing intensity, with ashfall in the Piano Vetore area. The activity was feeding a slight lava overflow from the southern rim of the Southeast Crater, with a modest lava flow toward the Valle del Bove.

At 09:24 UTC, camera images showed a pyroclastic flow likely produced by a collapse of material on the northern flank of the Southeast Crater. The flow did not extend beyond the rim of the Valle del Leone. At the same time, the explosive activity in the Southeast Crater turned into a lava fountain. The tremor reached very high values.

At 9:55 UTC on June 2, 2025, an INGV bulletin indicated that the eruptive episode was over. The explosive activity at the Southeast Crater generated three lava flows: one toward the south, a second toward the east, and the last one, which originated at the base of the northern flank of the Southeast Crater, toward the north. All flows are currently cooling. The pyroclastic flow travelled northeast, reaching the northern wall of the Valle del Bove. From a seismic perspective, the tremor has returned to low values.

The eruptive episode is over. It wasn’t a major eruption, but it occurred without warning, as happens quite frequently on Mt Etna, as I experienced a few years ago. Images posted on social networks show long lines of people rushing down the slope of the volcano to get away from the explosion. According to the owner of a travel agency, there were 40 people on Mt Etna at the time of the eruption. A dozen travel agencies permanently take their clients to Mt Etna. All tourists and hikers present on the volcano at the time of the eruption are safe and sound.
This event should serve as a wake-up call to authorities and guides; as I mentioned above, the volcano can erupt without warning. There have already been deaths during such events. On September 12, 1979, a group of tourists were surprised by a sudden explosion of Bocca Nuova. Nine people died and 23 others were injured. It’s a safe bet that access restrictions will be tightened as the summer season approaches. If a tragedy were to occur, justice would quickly seek those responsible…

Éruption sur une dorsale médio-océanique // Eruption on a medio-oceanic ridge

Des chercheurs à bord du submersible Alvin, exploité par la Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), ont été les témoins directs d’une éruption volcanique sur le champ hydrothermal de Tica le 29 avril 2025. Situé à 9°50’N sur la dorsale Est du Pacifique, le site se trouve à environ 2 500 m sous la surface de l’océan Pacifique et à 2 100 km à l’ouest du Costa Rica.

Source : UPSC

L’éruption a recouvert le fond marin de basalte fraîchement émis, enfouissant un écosystème hydrothermal composé de vers tubicoles géants, de moules, de crabes et de poissons.

Vers tubicoles (Source : Smithsonian Institution)

L’équipe scientifique a constaté des conditions inhabituelles lors de sa descente, notamment une augmentation des particules en suspension et une légère hausse de la température de l’eau. Les lumières du submersible ont révélé des coulées de lave fraîche, des amas de vers tubicoles morts et de brèves incandescences de lave en fusion en train de se refroidir dans une eau de mer à très basse température.
Lorsque le submersible a terminé sa plongée, les températures ont atteint les limites supportables par l’engin. Les chercheurs ont pu observer une lueur orange qui scintillait dans certaines fissures, confirmant qu’une éruption volcanique avait eu lieu et était toujours en cours. Il a été décidé d’éloigner le submersible et de remonter à la surface.
L’éruption avait été prévue en s’appuyant sur plus de sept années d’études financées par la National Science Foundation (NSF). Elles avaient permis de surveiller les changements chimiques dans les fluides hydrothermaux et la hausse constante de la température des sources.
L’équipe avait observé un écosystème dynamique à Tica le 28 avril autour des sources hydrothermales qui expulsaient des fluides riches en produits chimiques à une température de 400°C.

L’éruption du lendemain a laissé derrière elle les cadavres d’un groupe de vers tubicoles au milieu d’une étendue sombre. Toute la vie et les caractéristiques observées par les chercheurs quelques jours auparavant avaient disparu.

Les hydrophones du navire de recherche Atlantis, propriété de la marine américaine et exploité par le WHOI, ont détecté des explosions basse fréquence et des crépitements qui ont permis de localiser le début de l’éruption en début de journée le 29 avril.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une vidéo qui montre le site de Tica avant et après l’éruption du 29 avril 2025 :

https://youtu.be/4tyyzo5V9R0

L’expédition, qui a débuté le 11 avril, visait à étudier le flux de carbone organique dissous émis par les sources hydrothermales. En raison de conditions dangereuses, les plongées ultérieures d’Alvin ont été annulées, mais l’équipe a descendu des instruments depuis Atlantis pour collecter des données à proximité du site de la source de l’éruption. Ces mesures permettront d’analyser les changements chimiques et thermiques post-éruption.
Le site de Tica, découvert en 1991 lors d’une précédente éruption observée par Alvin, a connu trois éruptions connues, espacées d’environ 15 à 20 ans, en 1991 et en 2005-2006. Des cartes haute résolution des fonds marins, réalisées pendant sept ans par le véhicule sous-marin autonome Sentry, également exploité par le WHOI, permettront aux géologues de déterminer l’étendue de l’éruption, le volume de lave émis, ainsi que la superficie des zones impactées.
Les dorsales médio-océaniques, chaînes de montagnes volcaniques de 64 000 km, génèrent 80 % du volcanisme terrestre en formant de nouveaux fonds marins lors de l’accrétion des plaques tectoniques. Cette dernière éruption, la première à avoir été observée sur une dorsale médio-océanique active, offre une occasion rare d’étudier son impact sur la formation des fonds marins.

Source : The Watchers

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Researchers aboard the Alvin submersible, operated by the Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), directly witnessed an active volcanic eruption at the Tica hydrothermal vent field on April 29 2025 Located at 9°50’N on the East Pacific Rise, the site lies approximately 2 500 m below the Pacific Ocean’s surface and 2 100 km west of Costa Rica.

The eruption covered the seafloor with fresh basalt, entombing a hydrothermal ecosystem consisting of giant tubeworms, mussels, crabs, and fish. The scientific team noticed unusual conditions during their descent, including increased particulate matter and slightly elevated water temperatures. The submersible’s lights revealed fresh lava flows, dead tubeworm clusters, and brief flashes of molten lava hardening in near-freezing seawater.

When the submersible terminated the dive, temperatures neared the vehicle’s limits. The researchers could see an orange shimmering glow in some of the cracks ; it confirmed that a volcanic eruption had taken place and was still actually underway. It was decided to move the submersible away and to return to the surface.

The eruption was anticipated based on over seven years of studies funded by the National Science Foundation (NSF) which monitored chemical changes in hydrothermal fluids and steadily rising vent temperatures.

The team had observed a vibrant ecosystem at Tica on April 28, living around vents expelling 400°C chemical-rich fluids. The next day’s eruption left only a single cluster of dead tubeworms amid a black expanse. All the life and features that the researchers had seen just a few days before, had disappeared. Hydrophones on the research vessel Atlantis, owned by the U.S. Navy and operated by WHOI, detected low-frequency booms and crackling sounds, pinpointing the eruption’s start early on April 29.

The expedition, which began April 11, aimed to study dissolved organic carbon flow from vents. Due to unsafe conditions, further Alvin dives were canceled, but the team lowered instruments from Atlantis to collect data near the vent site. These measurements will help analyze post-eruption chemical and thermal changes.

The Tica vent, discovered in 1991 during a prior eruption witnessed by Alvin, has experienced three known eruptions, roughly 15–20 years apart, with events in 1991 and 2005–2006. High-resolution seafloor maps created over seven years by the autonomous underwater vehicle Sentry, also operated by WHOI, will enable geologists to determine the eruption’s extent, lava volume, and affected areas.

The mid-ocean ridge, a 64 000 km volcanic mountain chain, generates 80% of Earth’s volcanism by forming new seafloor as tectonic plates diverge. The latest eruption, the first active mid-ocean ridge event directly observed, offers a rare chance to study seafloor creation and its impacts.

Source : The Watchers.