L’éruption du Mauna Loa (Hawaii) en 1950 // The 1950 eruption of Mauna Loa (Hawaii)

drapeau-francaisDans un article récent, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO, a décrit l’éruption du Mauna Loa en 1950, annoncée en mars de cette année-là par une inflation de la montagne. Ce gonflement était si important que le tilt été enregistré jusqu’au sommet du Kilauea. Deux mois plus tard, au mois de mai, la déformation continue de l’édifice s’est accompagnée d’une forte augmentation des petits séismes qui annonçaient l’imminence d’une éruption.
Le 29 mai, un séisme de M 6.4 a été enregistré sous le flanc ouest du Mauna Loa et a été ressenti dans toute l’île. A 21h04 (heure locale) le 1er juin, l’éruption a commencé, avec des l’ouverture de fractures au sommet et dans la partie haute de la Southwest Rift Zone.
L’éruption s’est ensuite propagée rapidement vers le bas du rift, entre 3845 et 3350 mètres d’altitude, avec des rivières de lave vers l’ouest et le sud-est. A 22h30, la fracture éruptive avait déchiré la Rift Zone sud-ouest jusqu’à 2380 m d’altitude, avec des fontaines de lave jaillissant sur 18 km et plusieurs rivières bien alimentées qui avançaient rapidement. Ces coulées ont atteint la côte sud de Kona en 3 heures, en détruisant des biens et en coupant la route principale ainsi que les lignes téléphoniques.
L’éruption a duré 23 jours et a produit 376 millions de mètres cubes de lave, avec plus de 90% de ce volume émis pendant les six premiers jours de l’éruption. Avec un volume de lave 200 fois supérieur à celui de l’éruption actuelle du Kilauea, le Mauna Loa en 1950 a émis plus de lave en six jours que le Pu’uO’o en émet en moyenne sur un laps de temps de 4 ans!
Des échantillons de lave prélevés sur l’ensemble des fractures ouvertes en 1950 ont permis d’étudier les changements intervenus dans la chimie et la minéralogie de la lave au cours de l’éruption.
Ainsi, à une altitude supérieure à 3350 m, les premières fractures ont émis un magma à relativement basse température qui s’était refroidi et partiellement cristallisé dans le réservoir sommital peu profond qui, vraisemblablement, avait également alimenté les éruptions antérieures.
Au fur et à mesure que l’éruption de 1950 a progressé, les fractures ouvertes à faible altitude ont émis des volumes de magma plus chaud et plus « primitif », avec une abondance de minéraux formés à des pressions et des températures élevées. Ces minéraux ont cristallisé dès le manteau (à environ 18 km de profondeur) ou bien ont été incorporés pendant l’ascension du magma à l’intérieur du volcan, signe que le magma est monté très rapidement depuis une grande profondeur.
Les cristaux émis à basse altitude indiquent que le magma a commencé à monter dans le manteau supérieur 8 mois avant l’éruption et que la quantité de magma, ainsi que sa vitesse d’ascension, ont augmenté dans les semaines précédant l’éruption.

Source: HVO.

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drapeau-anglaisIn a recent article, the Hawaiian Volcano Observatory described the 1950 Mauna Loa eruption which was announced in March by an inflation of the mountain. This inflation was so significant that tilt was recorded at the summit of Kilauea volcano. Two months later, continuing deformation was accompanied by a sharp increase in small earthquakes, signalling the probability of an eruption.

On May 29th, an M 6.4 earthquake occurred beneath Mauna Loa’s west flank and was felt on the whole island. At 9:04 p.m. (local time) on June 1st, the eruption began, with fissures opening at the summit and uppermost Southwest Rift Zone.

The fissure eruptions quickly spread down rift—from 3,845 to 3,350 metres a.s.l., sending floods of lava to the west and southeast. By 10:30 p.m., the eruptive fissure had slashed the Southwest Rift Zone down to 2380 m a.s.l., unleashing an 18-km-long trail of spectacular lava fountains that fed several well-fed and fast-moving lava flows. These flows reached the south Kona coast in about 3 hours, endangering lives, destroying property, and severing the main highway and telephone lines along the way.

The eruption lasted 23 days and produced 376 million cubic metres of lava, with over 90% of that volume issued during the first six days of the eruption. With an eruption rate 200 times greater than that of Kilauea’s current eruption, the 1950 Mauna Loa eruption produced more lava in six days than Pu’uO’o typically erupts in over 4 years!

Samples of lava collected from the entire extent of the 1950 fissures document changes in the lava chemistry and mineralogy over space and time during this event.

At elevations above 3,350 m, the earliest 1950 fissures erupted comparatively low-temperature magma, cooled and partly crystallized within a shallow summit reservoir that presumably also fed earlier eruptions.

As the 1950 eruption progressed, lower elevation fissures erupted increasing volumes of hotter and more “primitive” magma with an abundance of minerals formed at high pressures and temperatures. These minerals crystallized from their host magma within the mantle (around 18 km deep) or were incorporated as magma rose through the volcano, a sign that magma ascended quickly from great depths.

Crystals erupted from lower elevations indicate that magma began to ascend within the upper mantle up to 8 months before the eruption, and that the rate and amount of magma transport was increasing in the weeks prior to the eruption.

Source: HVO.

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Vue de la caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

Fuego (Guatemala)

drapeau francaisComme le montre la capture d’écran de la webcam ci-dessous, l’activité du Fuego reste intense, avec des projections incandescentes et un panache de cendre qui monte jusqu’à environ 6 km d’altitude. Des retombées de cendre sont observées dans les villages sous le vent. Des coulées de lave descendent les ravines La Trinidad, Las Lajas et Santa Teresa sur 1500 – 2000 mètres, tandis que le risque de coulées pyroclastiques est élevé dans les ravines La Trinidad, Las Lajas et Santa Teresa.

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drapeau anglaisAs can be seen on the webcam screenshot here below, activity remains elevated at Fuego Volcano, with incandescent ejections and an ash plume up to 6 km a.s.l. Ashfall is observed in several downwind communities. Lava flows are travelling down the La Trinidad, Las Lajas and Santa Teresa drainages over 1,500-2,000 metres while the risk of pyroclastic flows remains high in the La Trinidad, Las Lajas and  Santa Teresa drainages.

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Source: INSIVUMEH

 

Fuego (Guatemala): Vers une modification de l’activité ? // Is volcanic activity going to change ?

drapeau francaisDans un bulletin spécial publié le 21 mars, l’INSIVUMEH indique que le Fuego connaît actuellement une modification de son activité. On continue à observer des explosions qui génèrent des panaches de cendre montant à plus de 4000 mètres d’altitude. Les projections incandescentes atteignent 150-200 mètres de hauteur. De petites coulées pyroclastiques dévalent certaines ravines sur les flancs du volcan.

La nouveauté, c’est que le tremor – qui avait montré une relative stabilité ces derniers temps – connaît une hausse significative depuis le 21 mars (voir ci-dessous). L’Institut prévient que cette évolution pourrait annoncer de nouvelles coulées de lave ou le début d’une nouvelle phase éruptive. Les populations sont invitées à être vigilantes.

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drapeau anglaisIn a special report published on 21 March 2016, INSIVUMEH indicates that Fuego Volcano is undergoing a change in its activity. There are still explosions that produce ash plumes rising to more than 4,000 meters a.s.l. Incandescent projections reach 150-200 meters. Small pyroclastic flows travel down some gullies on the flanks of the volcano.
The novelty is that the tremor – which showed relative stability in recent times – has been experiencing a significant increase since 21 March (see below). The Institute warns that this trend could announce new lava flows or the beginning of a new eruptive phase. People are asked to be vigilant.

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Source: INSIVUMEH

 

Nyiragongo (République Démocratque du Congo)

drapeau francaisAu cours d’une visite au sommet du Nyiragongo les 10 et 11 mars 2016, une équipe scientifique de l’Observatoire de Goma a pu constater que l’activité restait très intense au niveau de la bouche qui s’est ouverte sur la première terrasse au-dessus du lac de lave. On y observe des fontaines, tandis que la lave continue à s’épancher sur la terrasse en formant deux branches susceptibles de se rencontrer. La lave continue à se déverser dans le lac dont le niveau reste relativement bas et où on observe toutefois une activité intense.
Les scientifiques ont tiré une double conclusion de leurs observations: 1) L’activité soutenue au niveau de la nouvelle bouche ainsi que 2) les relevés de températures qui montrent une légère diminution, laissent supposer que l’activité reste encore concentrée dans le cratère et que les fractures ne sont pas encore alimentées. De plus, aucune déformation significative du cratère n’a été observée.
La conclusion du rapport de l’Observatoire est que « les populations de Goma ainsi que des agglomérations avoisinantes ne devraient donc pas s’inquiéter car l’activité des puits principal et secondaire est encore concentrée dans le cratère central ».
Vous pourrez lire le rapport dans son intégralité à cette adresse:
http://www.ovggoma.org/wp-content/uploads/2016/03/Rapport-OVG-du-10-au-11-mars-2016.pdf

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drapeau anglaisDuring a visit to the summit of Nyiragongo on 10 and 11 March 2016, a scientific team from the Observatory of Goma found that activity remained intense in the vent that opened on the first terrace above the lava lake. One can observe fountains, while the lava continues to pour onto the terrace, forming two branches likely to meet. Lava continues to flow into the lake whose level is relatively low and where an intense activity can still be observed.
Scientists have drawn two conclusions from their observations: 1) Sustained activity at the new vent and 2) the temperature measurements that show a slight decline, suggest that global activity is still concentrated in the crater and that the fractures are not yet fed. Furthermore, no significant deformation of the crater has been observed.
The conclusion of the report is that « the population of Goma and the surrounding towns should not worry because the activity of primary and secondary pits is still concentrated in the central crater. »
The whole report can be found at this address:
http://www.ovggoma.org/wp-content/uploads/2016/03/Rapport-OVG-du-10-au-11-mars-2016.pdf

Nyira mars 2016

Crédit photo: OVG.