La sismicité reste intense en Islande // Seismicity remains intense in Iceland

L’activité sismique reste intense sur la Péninsule de Reykjanes, avec un événement de M 4,2 à 4,2 km de profondeur enregistré en début de matinée ce 25 décembre 2021. D’autres séismes de M 3,1 et M 3, 4 ont été enregistrées quelques heures auparavant.
L’essaim sismique actuel rappelle celui qui a annoncé la dernière éruption. Il se produit, lui aussi ,dans la région du Fagradalsfjall. Reste à savoir si l’intrusion magmatique qui semble expliquer la sismicité actuelle débouchera sur une éruption. A noter que les séismes ne se concentrent pas tous sur la péninsule ; certains événements sont également répartis autour de la zone. Il faut donc attendre la suite des événements. La prévision éruptive montre à nouveau ses limites.

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Seismic activity remains intense on the Reykjanes Peninsula, with an M 4.2 event at 4.2 km depth recorded in the early morning on December 25th, 2021. Other earthquakes of M 3.1 and M 3, 4 were recorded a few hours earlier.
The current seismic swarm is reminiscent of the one that announced the last eruption. It also occurs in the Fagradalsfjall area. It remains to be seen whether the magmatic intrusion which seems to be the cause of the current seismicity will lead to an eruption. Not all earthquakes are concentrated on the peninsula; some events are also spread around the area. We can only wait and see what happens next. Eruptive prediction is once again showing its limits.

Source: IMO

Les elfes d’Alfaborg

Noël, c’est l’époque des contes populaires que l’on se racontait autrefois au coin du feu. Cette époque est malheureusement révolue et les tablettes ont remplacé les livres de contes. Il est pourtant un pays où cette tradition populaire reste bien ancrée. En Islande, contes et légendes font partie de la culture nationale.

Les elfes sont particulièrement présents dans la vie de ce peuple nordique. Ils habitent souvent dans les rochers ou les cavernes. Ces petits êtres ne sont pas immortels, mais ils ont une espérance de vie beaucoup plus longue que la moyenne des êtres humains. Le petit peuple ou Huldufolk, est très respecté en Islande. Pour beaucoup de gens, les elfes sont bien réels. Même s’ils ne peuvent pas les voir, ils ressentent souvent leur présence.

Pas très loin de Reykjavik, le parc Hellisgerdi à Hafnafjödur est un lieu de résidence des elfes bien connu en Islande. A l’opposé, à l’est, se dresse un rocher, l’Álfaborg, la Cité des Elfes. D’allure majestueuse, il ressemble à une forteresse naturelle. Beaucoup pensent que le rocher est un manoir qui abrite les elfes de haut rang comme le roi et la reine des elfes de l’Est de l’Islande autour desquels virevolteraient une myriade de petits êtres.
Pas très loin de l’Alfaborg se trouve la ferme Jökulsá, du même côté de la rivière Fjarðará. Dans cette ferme vivait autrefois un fermier qui avait une employée nommée Guðrún. Un dimanche, pendant l’été, toute la maisonnée se rendit à l’église, mais Guðrún resta à la ferme. La maîtresse de maison lui avait demandé d’écrémer le lait et de baratter le beurre après avoir rassemblé les moutons et trait les brebis. La famille est allée à l’église et Guðrún a effectué les tâches qui lui étaient dévolues. Elle a ensuite commencé à préparer le dîner et, une fois ses tâches ménagères terminées, elle est sortie effectuer différentes besognes.
Tout à coup, elle vit un grand nombre de personnes passer à cheval le long du chemin juste en dessous de la ferme. Il y avait beaucoup d’hommes qui portaient des vêtements colorés sur de splendides chevaux fougueux. Guðrún fut très surprise car tout le monde devait être à l’église et elle se demanda pourquoi ces gens y partaient si tard.
Toutes ces personnes passèrent sans s’arrêter sauf une femme qui dirigea son cheval vers la ferme Jökulsá. Elle semblait de haut rang et avait belle allure, bien qu’elle fût âgée. Elle salua Guðrún et lui dit : « Donnez-moi du babeurre à boire, ma fille. ». La jeune femme se précipita à l’intérieur de la ferme, remplit de babeurre une cruche en bois qu’elle donna à la femme âgée.
Celle-ci prit la cruche et commença à boire le babeurre. Guðrún lui demanda: « Quel est votre nom ? ». La femme ne répondit pas et avala une autre grande gorgée de babeurre. Guðrún lui posa alors la même question. La femme ne répondit pas et continua à boire.
Lorsque la femme eut suffisamment bu, elle replaça le couvercle sur la cruche. Guðrún se rendit compte qu’elle avait glissé la main sur sa poitrine et avait fait apparaître une belle toile de lin qu’elle plaça sur le couvercle de la cruche avant de la tendre à Guðrún et de la remercier. Puis la jeune femme demanda une troisième fois : « Quel est votre nom ? » « Borghildur est mon nom, jeune fille bien curieuse », répondit la femme en donnant un coup de cravache à sa monture et en s’éloignant de la ferme pour rattraper le reste du groupe.
Guðrún les observa et elle les vit disparaître derrière un rocher gris le long du Kollutungur qui mène à la vallée de Kækjudalur. Quand les gens de la ferme revinrent de l’église le soir, la jeune femme leur raconta ce qui lui était arrivé pendant la journée et elle montra le tissu qui lui avait été donné. Personne n’avait jamais vu un tissu aussi beau et aussi fin.
L’histoire raconte que ce fin tissu s’est transmis entre les plus nobles dames d’Islande à travers les âges. Il se dit que les cavaliers vus par Guðrún étaient des elfes d’Álfaborg sur le chemin de l’église de Kækjudalur et que Borghildur était leur reine…

Légende racontée par Þjóðsögur Jóns Árnasonar dans « La Collection de Folklore de Jón Árnason ».

JOYEUX NOEL A TOUS !

Maisons d’elfes dans le parc Hellisgerdi (Photo: C. Grandpey)

Péninsule de Reykjanes (Islande) : nouvelle hausse de la sismicité // New increase in seismicity

Ça devient comique! Quelques jours après que les scientifiques islandais aient décrété que l’éruption du Fagradalsfjall était terminée, voilà que l’on assiste à un net regain de la sismicité dans la région! Est-ce à dire que le Père Noël va apporter une nouvelle éruption dans sa hotte? L’hypothèse ne peut être écartée et les autorités ont à nouveau activé la phase d’incertitude.
L’activité sismique actuelle, avec des événements de magnitude M 4,0 et plus, pourrait signifier que du magma s’accumule et se rapproche de la surface sur la Péninsule de Reykjanes. Les volcanologues locaux expliquent que cette activité sismique ressemble aux séismes enregistrés un mois avant l’éruption du Fagradalsfjall. La plupart se situent à des profondeurs d’environ six kilomètres, avec des épicentres dans la Geldingadalir..
Les scientifiques attendent les résultats de diverses mesures, comme les données GPS et satellitaires, pour voir si des déformations ont lieu et s’il y a des signes de mouvement du magma.

La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange.
En Islande aussi, la prévision volcanique reste à un niveau très bas.
Source : médias d’information islandais.

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It’s getting funny! A few days after Icelandic scientists decided that the Fagradalsfjall eruption was over, there is a marked increase in seismicity in the region! Does this mean that Santa Claus is going to bring a new eruption in his hood? The hypothesis should not be rouled out and the authorities have again activated the uncertainty phase..

The current seismic activity, with events of M4.0 and over, might mean that magma is accumulating and moving closer to the surface in the Reykjanes Peninsula. Local volcanologists explain that this seismic activity resembles the earthquakes a month prior to the Fagradalsfjall eruption, Most of them are at depths, of about six kilometers, with epicentres in the Geldingadalir.
Scientists are waiting for the results of various measurements, including GPS data and satellite data, to see whether deformation is taking place and whether there are signs of magma movement.

The aviation colour code has been raisd to Orange.

In Iceland too, volcanic prediction remains at a low level.

Source: Icelandic news media.

Source : Met Office islandais

Inconscience: un mal à la mode // Recklessness : a fashionable evil

J’aimerais vous faire partager un article qu’un visiteur de mon blog a eu la bonne idée d’insérer sur ma page Facebook. Il se rapporte à la sécurité sur les sites naturels et en particulier les glaciers.

L’article rapporte les propos d’un guide islandais qui fait part de son expérience sur le Sólheimajökull, l’une des ramifications du Myrdalsjökukk dans le sud de l’Islande. Ce glacier souffre du même mal que ses congénères ailleurs dans le monde: il recule à une vitesse très inquiétante. Quand je l’ai visité au mois de juillet 2021, je n’ai pas reconnu le site où je m’étais rendu quelque dix ans auparavant.

Aujourd’hui, les abords du Sólheimajökull ont été aménagés, avec un parking et un large sentier qui permet d’accéder en une quinzaine de minutes à proximité du front du glacier. « A proximité » est important, car aller plus loin peut devenir dangereux. Il ne faut pas oublier qu’un glacier est une rivière de glace en mouvement et que son front se modifie en permanence, avec des effondrements parfois spectaculaires.

L’auteur de l’article regrette le comportement de certains touristes – pas tous heureusement – qui n’ont aucune conscience du danger. Il a vu certaines personnes s’aventurer à la surface du Sólheimajökull sans équipement adéquat. Les images qui illustrent l’article sont très révélatrices. Elles montrent parfaitement qu’un moment agréable peut virer au drame. C’est ce que j’ai expliqué à propos de la plage de Reynisfjara, elle aussi dans le sud de l’Islande, où des lames de fond emportent régulièrement les touristes qui ne peuvent survivre dans l’eau très froide.

Source : Clément Coudeyre / Iceland Geology | Seismic & Volcanic Activity in Iceland

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I would like to share an article that a visitor to my blog had the good idea to post on my Facebook page. It deals with safety on natural sites and in particular on glaciers.
The article reports the words of an Icelandic guide who shared his experience on Sólheimajökull, one of the branches of Myrdalsjökukk in southern Iceland. This glacier suffers from the same disease as its congeners elsewhere in the world: it is retreating at a very worrying speed. When I visited it in July 2021, I did not recognize the site I had visited some ten years before.
Today, the surroundings of Sólheimajökull have been developed, with a parking lot and a wide path which allows access in about fifteen minutes near the front of the glacier. « Near the front » is important, because going further can be dangerous. One should not forget that a glacier is a moving river of ice and that its front is constantly changing, with sometimes dramatic collapses.
The author of the article regrets the behaviour of some tourists – not all fortunately – who are unaware of the danger. He saw some people venture to the surface of Sólheimajökull without proper equipment. The images that illustrate the article are very revealing. They perfectly show that a good time can turn into a drama. This is what I explained about Reynisfjara beach, also in the south of Iceland, where rip currents regularly wash away tourists who cannot survive in very cold water..

Source: Clément Coudeyre / Iceland Geology | Seismic & Volcanic Activity in Iceland

Source: Clément Coudeyre

Front du Sólheimajökull en juillet 2021 (Photo: C. Grandpey)