Péninsule de Reykjanes (Islande) : des prévisions divergentes // Reykjanes Peninsula (Iceland) : divergent predictions

Dans une note publiée le 12 mars 2024, j’écrivais ; « le Met Office islandais affirme qu’il serait surprenant qu’il ne se passe rien cette semaine (du 11 au 17 mars). […] L’accumulation de magma sous Svartsengi continue d’augmenter régulièrement et a désormais atteint un volume plus élevé qu’au début du mois […] Si rien ne se passe cette semaine, cela signifiera que le comportement de intrusion magmatique s’est modifié. »

Finalement, l’éruption a débuté dans la soirée du 16 mars 2024. Le Met Office avait indiqué que l’accumulation de magma sous le secteur de Svartsengi continuait, et la lave a percé la surface au même endroit que le 8 février. Le Met Office avait répété qu’une éruption pourrait se déclencher très rapidement, avec un préavis de moins d’une demi-heure. Pour cette éruption, il a été d’une quarantaine de minutes.

Alors que le Met Office ne cessait de répéter que l’accumulation de magma sous Svartsengi déboucherait sur une éruption à court terme et avec un préavis très court, deux scientifiques islandais ont émis un point de vue différent. Ils estimaient qu’il faudrait une plus grande accumulation de magma sous Svartsengi pour déclencher une nouvelle intrusion. Utilisant les données du Met Office, leur analyse suggérait que l’activité observée actuellement près de Grindavík se terminerait entre le 1er juillet et le 15 août 2024.
Les données fournies par le Met Office incluaient le graphique montrant les cinq événements significatifs enregistrés depuis novembre 2023, avec trois éruptions et deux intrusions magmatiques qui n’ont pas abouti à des éruptions.

  (Source : Met Office islandais)

En utilisant ces données, les deux scientifiques ont mis au point leur propre tableau analytique permettant de prévoir la fin de l’activité actuelle. Leur graphique montre que l’afflux de magma sous Svartsengi a progressivement ralenti. En novembre, il atteignait plus de 700 000 mètres cubes par jour. Depuis cette date, l’afflux n’a cessé de diminuer. Les scientifiques pensaient que cet afflux de magma suivrait une tendance linéaire. Sur la base de cette tendance, ils prévoyaient que l’activité sur la péninsule de Reykjanes prendrait fin entre le 1er juillet et le 15 août 2024.

Graphique proposé par les deux scientifiques et montrant le ralentissement de l’afflux de magma

Finalement, c’est le Met Office qui avait raison…
Source  : Iceland Review.

Ces prévisions contradictoires ont le don d’agacer les habitants de Grindavík qui aimeraient avoir une image plus claire de l’avenir. Ils voudraient savoir si la prochaine éruption commencera à court terme ou cet automne. Une autre grande question est de savoir où elle se produira.
En fait, les différentes prévisions faites par les volcanologues ne conduisent à rien de concret. Les habitants de Grindavík disent qu’ils ont déjà dû faire face à de grands défis et que ces informations contradictoires n’arrangent rien. L’un d’eux a déclaré : « Certaines personnes disent que la prévision selon laquelle l’intrusion magmatique prendrait fin cet été est une bonne nouvelle. Je ne crois pas que ce soit fini, mais je ne suis pas un spécialiste en la matière. Nous avons connu une période extrêmement difficile mentalement et il faut rester les pieds sur terre. J’espère que tout cela se terminera le plus tôt possible, mais je ne le crois pas. »

Source : Iceland Monitor.

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In a post published on March 12th, 2024, I wrote; “Iceland’s Met Office says it would be surprising if nothing happened this week (March 11-17). […] The magma accumulation beneath Svartsengi continues to increase steadily and has now reached a higher volume than at the beginning of the month […] If nothing happens this week, it will mean that the behaviour of magma intrusion has changed. »
Finally, an eruption started on the evening of March 16th, 2024. The Met Office had indicated that the accumulation of magma under the Svartsengi area continued, and it breached the surface at the same location as on February 8th. The Met Office had reiterated that an eruption could occur very quickly, with less than half an hour’s notice. For this eruption, the notice was around forty minutes.

While the Met Office repeatedly said the buildup of magma beneath Svartsengi wiould lead to an eruption in the short term and with very little notice, two Icelandic scientists offered a different view. They estimated that it would take a greater accumulation of magma beneath Svartsengi to trigger a new intrusion. Using Met Office data, their analysis suggested that the activity currently observed near Grindavík would end between July 1 and August 15, 2024.
Data provided by the Met Office included the graph showing the five significant events recorded since November 2023, with three eruptions and two magmatic intrusions that did not result in eruptions (see graph above).

Using this data, the two scientists developed their own analytical table to predict the end of the current activity. Their graph shows that the influx of magma beneath Svartsengi has gradually slowed down. (see graph above). In November, it reached more than 700,000 cubic meters per day. Since then, the influx has continued to decline. Scientists thought this magma influx would follow a linear trend. Based on this trend, they predicted that activity on the Reykjanes Peninsula would end between July 1 and August 15, 2024.

In the end, it was the Met Office that was right…
Source: Iceland Review.

These contradictory forecasts had the gift of annoying the residents of Grindavík who would like to have a clearer picture of the future. They wanted to know if the new eruption would start in the short term or in the autumn. Another big question was where the next eruption would occur.
In fact, the various predictions made by volcanologists do not lead to anything concrete. Grindavík residents say they have already faced big challenges and this conflicting information doesn’t help matters. One resident said: “Some people say the prediction that magma intrusion will end this summer is good news. I don’t think it’s over, but I’m not an expert on the subject. We have experienced an extremely difficult period mentally and we have to stay with our feet on the ground. I hope this all ends as soon as possible, but I don’t think so. »
Source: Iceland Monitor.

Islande : nouvelle éruption sur la péninsule de Reykjanes ! // Iceland : new eruption on the Reykjanes Peninsula !

16 mars 2024.

23 heures : Une éruption a débuté en Islande, au beau milieu du match de rugby entre la France et l’Angleterre !
A 20h22 (heure locale – 21h22, heure française) une nouvelle éruption s’est déclenchée sur la péninsule de Reykjanes, sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar entre Hagafell et Stóra-Skóga-fell, un peu plus près de Stóra-Skógafell, à peu près au même endroit que l’éruption du 8 février. Il s’agit de la quatrième éruption sur la péninsule depuis décembre 2023. Pour le moment, l’événement ne représente donc pas une menace pour Grindavík. Le Blue Lagoon a été évacué.
Plus d’informations sur l’éruption dès que possible.

Vidéo montrant le début de l’éruption :

https://icelandmonitor.mbl.is/news/news/2024/03/16/footage_showing_the_start_of_the_eruption/

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23h30 : La fissure éruptive fait environ 3 km de long. La lave semble avancer rapidement vers le sud en direction des digues de terre au nord de Grindavík. Elle coule également vers l’ouest en direction de la Grindavíkurvégur (la route reliant la ville au nord de la péninsule), tout comme elle l’a fait lors de l’éruption du 8 février.

Le débit est estimé à 400 – 500 mètres cubes par seconde.

A demain pour des dernières informations.

Images webcam de l’éruption

Image fournie par les gardes-côtes islandais

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17 mars 2024.

7h00 (heure française – 6h00, heure locale) : L’éruption fissurale qui a débuté à 20h20 (heure locale) le 16 mars 2024 se poursuit ce matin, mais son intensité a diminué et il n’est pas certain qu’elle dure très longtemps. La Protection Civile islandaise affirme qu’il s’agit de la plus grande éruption de la série qui a débuté en décembre 2023.
La source est proche de Stóra-Skógfell, comme lors de l’éruption du 8 février. La fissure mesure environ 3,5 kilomètres de long. Dans la soirée du 16 mars, la lave semblait couler vers le sud en direction des digues de terre au nord de Grindavík. Elle s’écoulait également vers l’ouest en direction de la Grindavíkurvegur et vers l’est.

Comme prévu par le Met Office, le préavis de l’éruption a été très court. Les premiers signes sont apparus à 19h43 (UTC) et le début de l’éruption a été confirmé par les webcams à peine 40 minutes plus tard.
Hier soir, à 22h10 (UTC), le front de lave sud se trouvait à seulement 200 m des digues de terre du côté est de Grindavík et la lave se déplaçait à une vitesse d’environ 1 km à l’heure. À 22h20, la lave se trouvait à 700 à 800 m de la Grindavíkurvegur, au nord-ouest de Grindavík, et avait couvert environ 1 km en 1,5 heure.

Grindavîk et le Blue Lagoon ont été rapidement évacués. L’aéroport de Keflavik n’est pas impacté et est pleinement opérationnel.

Image webcam

Grindavik n’est pas vraiment sous la menace de la lave (Image webcam)

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9 heures : L’éruption continue de décliner. Tiendra-telle le coup toute la journée? Pas sûr!

Image webcam

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11 heures : Des témoins sur le terrain confirment ce que les webcams montraient ce matin : l’intensité de l’éruption diminue. Cependant, les dernières images fournies par ces mêmes webcams tendent à montrer que l’activité est toujours soutenue le long de la fissure éruptive. Cela peut être dû au zoom des webcams qui donnent une vision plus rapprochée de l’éruption, ou à un regain d’activité.
Les autorités locales sont surtout préoccupées par les routes d’accès à Grindavik. Trois routes relient la bourgade au reste de la péninsule. L’une, la Grindavíkurvegur, a été recouverte par la lave, et une autre, la Suðurstrandarvegur, est en danger. Si ces deux routes sont englouties par la lave, il ne sera possible de sortir de Grindavík que par la Nesvegur.

La coulée de lave qui se dirige vers la Suðurstrandarvegur constitue plus une menace que celle en direction de Njarðvíkuræð. Il faut espérer que la lave n’atteindra pas le secteur de Njarðvík. Si ce devait être le cas, il est malgré tout peu probable qu’elle cause des dégâts car la zone est assez bien protégée. Njarðvíkuræð est la canalisation d’eau chaude qui part de Svartsengi et alimente Reykjanesbær et Suðurnesjabær.

Le véritable problème est qu’il n’est pas vraiment possible de protéger la Suðurstrandarveður de la lave. Il faudrait construire rapidement une nouvelle route au-delà de la digue en terre qui a été érigée hier soir. Il est important que la Suðurstrandarvegur soit ouverte, car la Nesvegur (la seule autre option actuellement) n’est pas prévue pour une circulation intense.

Source: médias d’information locaux.

Image webcam à 11 heures le 17 mars 2024

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14 heures : Si l’éruption se poursuit, la coulée de lave qui se dirige vers le sud pourrait atteindre la mer à l’est de Grindavik. Elle serait dirigée par les digues de protection du port de pêche. Le front de coulée se trouve actuellement à environ un kilomètre du rivage. Une situation similaire a déjà été observée à Hawaii.On sait qu’en entrant dans la mer la lave génère devolumineux nuages de vapeur et de gaz acides nocifs. Par ailleurs, le contact de la lave avec l’eau peut également provoquer des explosions violentes et dangereuses. Si cela se produit, des mises en garde et des explications seront fournies par la Met Office islandais.

Nuage de vapeur et de gaz à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

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17h00 : Même si l’éruption est moins intense que ce matin, l’activité le long de la fissure éruptive est toujours importante avec des fontaines de lave qui jaillissent à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. La fissure, qui s’étire de Hagafell à Stóri Skógfell, mesure 3,5 km de long et montrait hier soir plus d’énergie que les dernières éruptions dans la région. Issue de cette fissure, la lave a commencé à couler dans deux directions : l’ouest et le sud.
La coulée vers l’ouest s’est presque arrêtée, mais la lave continue à progresser vers le sud, même si elle a ralenti sa course. Cette coulée de lave a évité Grindavík grâce aux digues de terre, mais la lave coule aussi en direction de Hraun (qui signifie « lave » en islandais), une ferme près de la côte sud de la péninsule de Reykjanes. Les habitants craignent que la lave n’atteigne la structure qui se trouve sur sa trajectoire.
La lave avance à une vitesse d’environ 20 mètres par heure et se trouve actuellement à environ 400 mètres de la Suðurstrandarvegur, la route qui longe la côte sud de la péninsule.

Source : Iceland Review.

Trajectoire des deux coulées principales. En vert, les digues de protection (Source: médias insladais)

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20h00 : Dans sa dernière mise à jour publiée à 18h40 (UTC) – 19h40 heure française, le Met Office indique que depuis 4h00 UTC aujourd’hui, la progression de la lave a considérablement ralenti. Cependant, l’éruption n’est pas terminée et la lave continue d’être émise par une fissure de 0,5 km de long, au lieu de 3 km initialement. Un bras de lave s’étend à l’ouest de la chaîne de cratères Sundhnúkur. Cette lave a recouvert la Grindavíkurvegur en tout début de matinée le 17 mars, rendant la route impraticable.
La lave s’est également déplacée vers le sud et se trouve désormais à moins de 250 m de la Suðurstrandarvegur, la route principale sur la côte sud de la péninsule de Reykjanes. Entre 10h00 et 16h30 UTC aujourd’hui, ce front de lave s’est déplacé à une vitesse moyenne de 12 m par heure. En supposant qu’il garde la même vitesse, il lui faudra environ 20 heures pour atteindre cette route. Dans le cas où la lave atteindrait la route, il lui faudrait encore parcourir350 m avant de pénétrer dans la mer.
Comme je l’ai écrit précédemment, une entrée de lave dans la mer ferait apparaîtrede nouveaux dangers tels que des panaches de gaz et d’éventuelles explosions.
Cependant, sur la base de l’évolution de l’éruption du 17 mars, le Met Office estime qu’il est peu probable que la lave atteigne la mer. En supposant la même vitesse de déplacement (12 m par heure), il faudrait deux jours au front de lave sud pour atteindre le littoral.
Source : MetOffice.

La fissure éruptive reste active le 17 mars au soir, mais sur une portion beaucoup plus courte qu’au début de l’éruption (Image webcam)

Sauf événement exceptionnel, cette mise à jour sera la dernière aujourd’hui.

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March 16th, 2024.

An eruption has started in Iceland, right in the middle of the rugby match between France and England !

At 8:22 pm (loval time – 9:22 pm, French time) a new eruption started on the Reykjanes Peninsula, on the Sundhnúkagígar crater row between Hagafell and Stóra-Skóga-fell, rather closer to Stóra-Skógafell, at a similar location to the eruption on February 8th. This marks the fourth eruption on the peninsula since last December. The estimated location puts the event out of harm’s way of Grindavík. The Blue Lagoon was evacuated.

Lava output has been estimated at 400 – 500 cubic meters per second.

More information on the eruption as soon as possible.

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11:30 pm : The eruptive fissure is about 3 km long. Lava appears to be flowing rapidly south towards the defensive walls north of Grindavík.It is also flowing west towards Grindavíkurvégur (the road connecting the town to the north of the peninsula), just as it did during the eruption on February 8th.

See you tomorrow for the latest news.

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March 17th, 2024.

7:00 (French time – 6:00 am, local time):The fissure eruption that started at 8:20 pm (local time) on March 16th, 2024 continues this morning, but the intensity has decreased. It is not likely that it willlast very long. The Icelandic Civil Defense says it is is the largest in the sequence of eruptions that started in December 2023.

The source is closer to Stóra-Skógfell, in a similar place to the eruption that occurred on February 8th. The fissure is about 3.5 kilometres long. In the evening of March 16th, the lava seemed to flow south towards the earthen dikes north of Grindavík. Lava also flowed to the west towards Grindavíkurvegur, and to the east.

As predicted by the Met Office, the pre-eruptive warning phase was very short. It occurred at 19:43 (UTC), and the onset of eruption was confirmed on web cameras just 40 minutes later. Last night, at 22:10 (UTC), the southern lava front was just 200 m from the barriers on the eastern side of Grindavík and moving at a rate of about 1 km per hour. At 22:20, lava was 700 to 800 m away from Grindavíkurvegur, nothwest of Grindavík, moving at a rate of approximately 1 km in 1.5 hours.

Grindavîk and the Blue Lagoon were quickly evacuated. Keflavik Airport is not impacted and is fully operational.

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9 a.m.: The eruption keeps declining. Will it last all day? Not sure! (see webcam image above).

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11:00 am : Witnesses on the field confimres what the webcams shoed this morning : Th intensity of the eruption is decreasing. However, the latest images provided by the webcams tend to show that activity is still hight along the eruptive fissure. This may be due to the zooming of the webcams that give a closer view of the eruption, or that a now surge of activity is happening.

Local authorities are mailny worried about the accesse roads to Grindavik. There are three roads that connect Grindavík to the rest of the peninsula. One, Grindavíkurvegur, has already seen lava flow over it, and a second, Suðurstrandarvegur, is also at risk. If both roads get engulfed by lava, it will only be possible toget out of Grindavík through Nesvegur.

The lava flowing towards Suðurstrandarvegur is more a threat than the flow travelling towards Njarðvíkuræð. It is hoped that the lava will not reach the Njarðvík region. If lava does reaches the infrastructure there, it is unlikely to cause damage as it is fairly well protected.
Njarðvíkuræð is the hot water pipeline that runs from Svartsengi and supplies Reykjanesbær and Suðurnesjabær with hot water. The problem is that it is not really possible to protect Suðurstrandarveður from lava. The only question is how soon will it be possible to build a new road past the earthen dike that was built last night. It is important that Suðurstrandarvegur is open, because Nesvegur (the only other option at present) does not tolerate heavy traffic.

Source: local news media.

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2:00 pm : If the eruption continues, the lava flow travelling south might reach the sea. It is currently around a kilometre from the shore, where it could enter, east of Grindavik. A similar situtaion has already been observed in Hawaii. So we know that lava enterring the sea triggers huge clouds of noxious acid clouds. Besides, the contact of lava with water may also cause violent and dangerous explosions. If this happens, further warnings and explanations will come from the Icelandic Meteorological Office.

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5:00 pm : Although the eruption is less intense than this morning, acticity along the eruptive fissure is still significant with lava fountains that rise tens of meters high. The initial fissure, stretching from Hagafell to Stóri Skógfell, was three and a half kilometres long and considerably more powerful than the previous recent eruptions in the area. From this fissure, lava began to flow in two directions: west and south.

The flow to the west has nearly stopped, but the lava flowing south is moving forward, even though its speed has slowed down. This lava flow was diverted away from Grindavík thanks to earthen walls, but the lava is also flowing in the direction of Hraun (which literally means “lava”), a farm near the south coast of Reykjanes. Its residents fear lava might reach the structure which is in its path.

The lava is moving forward at a rate of about 20 metres per hour, and is about 400 metres away from Suðurstrandarvegur, the road that runs along the south coast of Reykjanes.

Source : Iceland Review.

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8:00 pm : In its latest update released at 6:40 pm (UTC) 7:40 pm French time, thr Met Office indicates that since 04:00 UTC today, the propagation of lava has slowed substantially. However, the eruption has not ended, and lava continues to be emitted by a 0.5-km-long fissure. A lava front extends to the west from Sundhnúkur crater row. This front inundated Grindavíkurvegur in the early hours of March 17th, making the road impassable.

Lava also travelled southwards, and it is now less than 250 m from Suðurstrandarvegur, the main road on the southern coast of the Reykjanes Peninsula. Between 10:00 and 16:30 UTC today, this lava front moved at an average speed of 12 m per hour. Assuming the same speed of movement, it will take the front about 20 hours to reach the main road. In the event of the lava reaching the road, an additional 350 m will be needed before lava could enter the sea.

As I put it before, a lava entry in the sea would involve more hazards such as gas plumes and possible explosions.

However, based on the development of the eruption on March 17th, the Met Office thinks it is unlikely that lava will reach the sea. Assuming the same speed of movement (12 m per hour), it would take the southern lava front two days to reach the coastline.

Source : Met Office.

Except in case of an exceptional event, this update will be the last one today.

Islande : Péninsule de Reykjanes et volcan Krafla // Iceland : Reykjanes Peninsula and Krafla Volcano

Les modélisations montrent que l’accumulation de magma continue sous le secteur de Svartsengi à un rythme constant. Lors des éruptions de décembre 2023, janvier et février 2024, l’intrusion magmatique a débouché sur une éruption lorsque le volume de magma accumulé a atteint 8 à 13 millions de mètres cubes. Le volume total accumulé a déjà atteint ce seuil. La probabilité d’une nouvelle intrusion magmatique, voire d’une éruption dans les prochains jours, se fait de plus en plus précise. Une éruption pourrait survenir avec un préavis très court, peut-être moins de 30 minutes.
La sismicité est actuellement globalement faible sur la péninsule de Reykjanes. L’événement le plus significatif a eu lieu le 8 mars 2024 avec une magnitude M 2,8, à une profondeur de 5 km, juste au SE de Þorbjörn.
Le Met Office explique que le comportement de l’intrusion magmatique du 2 mars, avec une éruption avortée, a différé des intrusions précédentes. Cela peut indiquer que des changements se sont produits dans le rythme habituel de l’accumulation magmatique à Svartsengi et dans celui des des intusions et éruptions à répétition.
Je suis personnellement ravi de voir que le Met Office fait référence aux événements survenus sur le volcan Krafla (nord de l’Islande) après 1975. Le Met Office rappelle que sur une période de 10 ans, 20 intrusions magmatiques se sont produites, 9 d’entre elles ont abouti à une éruption volcanique, tandis que les autres ont débouché sur des éruptions avortées. Lors du cafouillage qui a précédé l’éruption de décembre 2023 sur la péninsule de Reykjanes, j’ai rappelé qu’une éruption avortée s’était produite sur le Krafla dans les années 1990. Le Met Office précise que lors de la période d’activité du Krafla, le magma a toujours emprunté le même dike, mais à des échelles de grandeur différentes. Il faut aussi noter que les éruptions du Krafla n’ont pas suivi un schéma aussi régulier que celui observé jusqu’à présent le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkar sur la péninsule de Reykjanes.
Source : Met Office islandais.

Graphique tendant à montrer que le comportement du magma a changé depuis l’éruption avortée du 2 mars 2024. Personne ne sait si la situation actuelle se limitera à une intrusion ou débouchera sur une éruption.  (Source: Met Office)

Reykjanes et Krafla : intrusions magmatiques, éruptions effectives et éruptions avortées (Image webcam et Wikipedia)

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Model calculations show that magma accumulation at Svartsengi continues at a steady rate. In previous events a magma intrusion formed when the volume of accumulated magma reached 8 to 13 million cubic meters. The total volume accumulated now has already reached this threshold. Pressure buildup therefore continues to increase in the magma chamber and likelihood of a new dike intrusion and even an eruption in the next days is increased. An eruption could occur with very short notice, possibly less than 30 minutes.

Seismicity is currently globally low on the Reykjanes Peninsula. The largest event was M2.8 on March 8th, 2024, at a depth of 5km, just SE of Þorbjörn.

The Met Office explains that the behaviour of the dike propagation on March 2nd differed in some ways to the previous dike formations. It may indicate possible changes to the unusually rythmic pattern of unrest with magma accumulation at Svartsengi and repeated dyke intusions and eruptions.

I am personally pleased to see that the Met Office refers to the events that occurred at Krafla volcano (northern Iceland) after 1975. During a period of 10 years, 20 magma intrusions occurred with 9 of them culminating in a volcanic eruption, while the others led to aborted eruptions. During the mess that preceded the December eruption on the Reykjanes Peninsula, I reminded that an aborted eruption has occurred at Krafla in the 1990s. The Met Office specifies that in the Krafla unrest magma always intruded into the same dike, but at different scales of magnitude. However, the eruptions did not follow a similarly regular pattern as observed so far in the Sundhnúkar crater row.

Source : Icelandic Met Office.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Le Met Office attend toujours une éruption sur la péninsule de Reykjanes (Islande). L’accumulation de magma sous le secteur de Svartsengi a atteint un seuil correspondant aux éruptions précédentes. Cependant, l’éruption avortée du 2 mars 2024 a pu modifier le comportement de l’intrusion (voir la note suivante).

Eruption du 8 février 2024 (Image webcam)

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Une image envoyée par le satellite Sentinel-2 le 11 mars 2024 montre une nouvelle éruption effusive sur le volcan Tinakula (Îles Salomon), avec de la lave qui est émise par une bouche au sommet et qui s’écoule sur environ 1 km le long du versant ouest jusque dans l’océan. Cette éruption poursuit l’activité débutée en décembre 2018.
Tinakula, une petite île d’environ 3,5 km de diamètre, représente le sommet émergé d’un vaste stratovolcan situé à l’extrémité nord-ouest des îles de Santa Cruz. Le volcan, principalement composé de matériaux andésitiques, est actif depuis le début de l’exploration espagnole au 16ème siècle, avec des éruptions fréquentes. Un événement explosif vers 1840 aurait généré des coulées pyroclastiques qui ont dévasté l’île, entraînant la mort des habitants présents à cette époque.

Tinakula le 11 mars 2024 (Source : Copernicus / Sentinel-2)

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On enregistre toujours des signes d’activité du volcan sous-marin Ahyi (Îles Mariannes / USA). Un petit panache d’eau de mer décolorée à proximité volcan a été observé sur une image satellite le 5 mars 2024. La couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune (niveau 2 sur une échelle à quatre couleurs) et le niveau d’alerte volcanique reste à Advisory – surveillance conseillée – niveau 2 sur une échelle à quatre niveaux.
Source : USGS.

Source: USGS

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L’éruption se poursuit sur l’île Fernandina (Galapagos) à partir d’une fracture circulaire située sur le flanc supérieur SE. Cependant, l’activité a diminué au cours de la semaine écoulée. Des centaines d’anomalies thermiques ont été identifiées u-dessus des coulées de lave sur les images satellite. La plus longue coulée de lave a couvert une distance de 8 km. Un incendie de végétation a été observé à l’ouest du champ de lave le 7 mars 2024. Les émissions de SO2 varient entre environ 1 870 et 4 160 tonnes par jour.
Source : Instituto Geofisico.

Image du début de l’éruption (Source: Parc National)

A noter : Si vous avez l’intention de visiter les îles Galapagos, il vous sera demandé de payer deux fois plus de droits d’entrée à partir de cette année, car l’augmentation du nombre de visiteurs exerce une pression sur cette destination écologiquement sensible. Le ministère équatorien du Tourisme a annoncé les nouveaux tarifs, qui entreront en vigueur le 1er août 2024. Ils passeront de 100 dollars à 200 dollars pour les ressortissants de presque tous les pays, à l’exception des autres membres du bloc commercial sud-américain Mercosur qui doivent désormais payer 100 $ par personne, contre 50 $ auparavant. Les enfants de moins de deux ans peuvent visiter gratuitement, quelle que soit leur nationalité.
Il s’agit de la première augmentation des droits d’entrée aux Galapagos depuis 1998. Cet argent supplémentaire sera consacré aux efforts de conservation des îles.

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Selon des articles de presse, les émissions de gaz ont augmenté dans le cratère Santiago du Masaya (Nicaragua) en février. De petits glissements de terrain se sont produits sur la paroi interne du cratère nord-ouest et le niveau du lac de lave a légèrement augmenté. Des limites ont été recommandées quant au nombre de personnes et au temps passé sur la zone d’observation au bord du cratère. Un important glissement de terrain s’est produit le 2 mars 2024 et a recouvert le lac de lave actif. Une image satellite du 3 mars a montré une anomalie thermique au fond du cratère moins intense que sur une image du 22 février. Selon un article de presse du 8 mars, l’INETER a signalé que de petits glissements de terrain continuent de se produire sur les parois internes des cratères sud-ouest et nord-ouest. Les lacs de lave restent recouverts de dépôts. Il se peut que le Parque Nacional Volcán Masaya ouvre partiellement, mais le public est prié de rester à 800 m du cratère Santiago.
Source : INETER, médias d’information nicaraguayens.

Lac de lave au fond du cratère du Masaya (Crédit photo: INETER)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

An eruption is still expected by the Icelandic Met Office on the Reykjanes Peninsula (Iceland). Magma accumulation beneath the Svartsengi area has reached a threshold corresonding to the previous eruptions. However, the aborted eruption of March 2nd, 2024 may have altered the behaviour of the intrusion (see the post that follows).

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Sentinel-2 satellite image acquired on March 11th, 2024, shows Tinakula Volcano (Solomon Islands) undergoing a new effusive eruption, with lava emerging from the summit vent and flowing about 1 km down its western slope into the ocean. This eruption continues the activity that began in December 2018.

Tinakula, a small island approximately 3.5 km in diameter, represents the visible peak of a vast stratovolcano situated at the northwest end of the Santa Cruz islands.The volcano, primarily composed of andesitic material, has been active since the Spanish began exploration in the 16th century, with frequent eruptions. An explosive event around 1840 is believed to have generated pyroclastic flows that devastated the island, resulting in the loss of its then-inhabitants.

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Signs of unrest at Ahyi Seamount (Mariana Islands / USA) continue. A small plume of discolored seawater in the vicinity of the seamount was observed in a satellite image released on March 5th, 2024. The Aviation Color Code remains at Yellow (level 2 on a four-color scale) and the Volcano Alert Level remains at Advisory (level 2 on a four-level scale).

Source : USGS.

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The eruption at Fernandina (Galapagos) continues from a circumferential fissure located on the upper SE flank. However, activity decreased duribg the past week. Hundreds of thermal anomalies over the lava flows have been identified in satellite images, and the longest lava flow shows a total length of 8 km. A fire west of the flow field was observed on March 7th, 2024. SO2 emissions range between about 1,870 and 4,160 tons per day.

Source : Instituto Geofisico.

If you intend to visit the Galapagos Islands you will be asked to pay twice as much in entry fees from this year amid concerns that a rise in visitor numbers is putting pressure on the ecologically sensitive destination. Ecuador’s Ministry of Tourism has announced the new fees, which will take effect on August 1st, 2024. They will go from $100 to $200 for nationals of almost all countries, except for other members of the South American trade bloc Mercosur who will now have to pay $100 per person, up from $50. Children under age two can visit for free, regardless of nationality.

This is the first increase in Galapagos entry fees since 1998. The additional money will go toward conservation efforts for the islands.

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According to news articles, gas emissions increased at Masaya’s Santiago Crater (Nicaragua) in February, small landslides occurred from the inner NW crater wall, and the level of the lava lake slightly increased. Limits have been recommended on the number of people and the time spent at the viewing area at the crater rim. A large landslide occurred on March 2nd, 2024 and covered the active lava lake. A satellite image from March 3rd showed a much smaller thermal anomaly on the crater floor compared to a 22 February image. According to an 8 March news article, INETER reported that small landslides continue to occur, originating from the inner SW and NW crater walls. The lava lakes remain covered with the deposits. The Parque Nacional Volcán Masaya may partially open, though the public is asked to stay 800 m away from Santiago Crater.

Source : INETER, Nicaraguan news media.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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