L’Arctique est en feu // The Arctic is on fire

Dans une note publiée le 21 juillet 2019, j’écrivais: « L’Arctique est en feu. Rien qu’en juin, les incendies de forêt en Alaska et en Sibérie ont émis 50 mégatonnes de CO2 dans l’atmosphère, soit l’équivalent des émissions annuelles totales de la Suède. C’est plus que ce qui a été libéré par les incendies dans l’Arctique pendant tous les mois de juin réunis de 2010 à 2018. »

De nouvelles images proposées par l’Earth Observatory de la NASA montrent des feux de forêt en train de ravager de vastes étendues en Russie. Ils produisent tellement de fumée qu’ils sont visibles depuis l’espace. Depuis le mois de juin, plus de 100 feux de forêt brûlent dans l’Arctique où il fait particulièrement sec et chaud cet été. Rien qu’en Russie, les incendies de forêt ont affecté 11 des 49 régions du pays, ce qui signifie que même dans les zones sans incendie, les gens subissent les effets de la fumée qui a envahi le pays.
Les plus importants incendies – probablement allumées par la foudre – se trouvent dans les régions d’Irkoutsk, de Krasnoïarsk et de Bouriatie. Le 22 juillet, ils avaient déjà brûlé 829 kilomètres carrés, 388 kilomètres carrés et 106 kilomètres carrés dans chacune de ces régions.
L’image satellite ci-dessous, prise le 21 juillet, montre les panaches générés par un incendie sur la partie droite de la photo. Le vent emporte la fumée vers le sud-ouest, où elle se mélange à une perturbation orageuse.

Des incendies de forêt brûlent également au Groenland et dans certaines parties de l’Alaska, à la suite du mois de juin le plus chaud de l’histoire. Des incendies se déclarent souvent pendant les mois d’été dans l’Arctique, mais la NASA explique que leur nombre et leur étendue cette année sont du jamais vu.
Ces incendies polluent l’atmosphère. Ils ont émis quelque 100 mégatonnes de dioxyde de carbone du 1er juin au 21 juillet, ce qui correspond à peu près à la quantité de dioxyde de carbone générée par un pays comme la Belgique en 2017.
De nombreux incendies brûlent sur des sols tourbeux plutôt que dans les forêts. Il s’agit d’une situation dangereuse car, alors que les forêts brûlent généralement pendant quelques heures, les sols tourbeux peuvent brûler pendant des jours, voire des mois. De plus, les sols tourbeux sont des réservoirs de carbone bien connus. Il s’agit d’un cercle vicieux: lorsqu’ils brûlent, ils libèrent du carbone, ce qui aggrave le réchauffement par effet de serre et provoque ensuite de nouveaux incendies.
Source: NASA.

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In a post released on July 21st, 2019, I wrote: “The Arctic is on fire. In June 2019, the wildfires in Alaska and Siberia have released 50 megatons of CO2 in the atmosphere, which is the equivalent of the total annual emissions of Sweden. It is more than what has been emitted by all the wildfires in the Arctic during all the months of June between 2010 and 2018.”

New images from NASA’s Earth Observatory show wildfires burning large swaths of Russia and generating so much smoke that they are visible from space. Since June, more than 100 wildfires have raged across the Arctic, which is especially dry and hot this summer. In Russia alone, wildfires are burning in 11 of the country’s 49 regions, meaning that even in fire-free areas, people are choking on smoke that is blowing across the country.

The largest fires — blazes likely ignited by lightning — are located in the regions of Irkutsk, Krasnoyarsk and Buryatia. They had already burnt 829 square kilometres, 388 square kilometres and 106 square kilometres in these regions, respectively, on July 22nd.

The satellite image below, taken on July 21st, shows plumes rising from fires on the right side of the photo. Winds carry the smoke toward the southwest, where it mixes with a storm system.

Wildfires are also burning in Greenland and parts of Alaska, following what was the hottest June in recorded history. It is common for fires to burn during the Arctic’s summer months, but NASA says the number and extent this year are unusual and unprecedented.

These fires are polluting the atmosphere. They have released about 100 megatons of carbon dioxide from June 1st to July 21st, which is roughly equivalent to the amount of carbon dioxide a country like Belgium released in 2017.

Many of the fires are burning in peat soils, rather than in forests. This is a dangerous situation, because whereas forests might typically burn for a few hours, peat soils can blaze for days or even months. Moreover, peat soils are known carbon reservoirs. It is a vicious circle: As they burn, they release carbon, which will further exacerbate greenhouse warming, leading to more fires.

Source: NASA.

Source: NASA

La situation glaciaire au Groenland en juin 2019 // The glacial situation in Greenland in June 2019

La situation glaciaire du Groenland reste préoccupante. Cette année encore, la fonte des glaces s’accélère et intervient plus tôt, avec trois semaines d’avance. Dans la seule journée du 13 juin 2019, 2 milliards de tonnes de glace ont fondu. Avant même l’arrivée de l’été, tous les feux du réchauffement climatique sont au rouge au Groenland. Les scientifiques n’excluent pas que 2019 soit une nouvelle annus horribilis pour le continent blanc.
Une photo en particulier a montré à quel point la fonte de la glace au Groenland était inquiétante. Un glaciologue danois a pris une photo de ses chiens de traîneau en train de progresser péniblement dans un fjord dont la banquise est recouverte par cinq ou six centimètres de glace fondue. L’attelage semble marcher sur l’eau et a dû rebrousser chemin. .
La veille, le 12 juin, la station météorologique de Qaanaaq, avait enregistré une température de 17,3°C, 0,3°C de moins que son record absolu du 30 juin 2012. Le dernier hiver a été sec et, récemment il y a eu des courants d’air chaud, un ciel dégagé et du soleil, donc toutes les préconditions pour une fonte précoce. Avec le réchauffement de l’atmosphère, le phénomène devrait aller s’aggravant, avec pour conséquence d’altérer le mode de vie de la population locale en réduisant les périodes de chasse et en perturbant tout l’écosystème. Selon l’USGS, le nombre d’ours polaires dans tout l’Arctique a diminué d’environ 40 % au cours de la décennie écoulée, et les narvals se trouvent de plus en plus privés de l’abri naturel que constitue pour eux la banquise contre l’orque, redoutable prédateur.
Outre la banquise, la fonte de la calotte glaciaire continentale et des glaciers a un impact plus direct encore sur la hausse des niveaux des mers. L’Institut Danois de Météorologie explique que la « Summit Station », qui domine la calotte à 3 000 mètres d’altitude, a mesuré le 30 avril 2019 la température la plus élevée de son histoire, à – 1,2°C. Comme je l’ai indiqué précédemment, le 17 juin, en une seule journée, le Groenland a perdu 3,7 milliards de tonnes de glace. Depuis début juin, la perte se monte à 37 milliards de tonnes!
Cette année, les météorologues danois ont annoncé le début de la période de fonte début mai, avec quasiment un mois d’avance, une précocité dépassée une seule fois – en 2016 – depuis la publication de ces données en 1980.
Le Groenland contribue à une élévation du niveau de la mer d’environ 0,7 mm annuellement, part qui pourrait augmenter si le rythme se poursuit. Une étude parue en avril dans les Proceedings (comptes rendus) de la National Academy of Sciences (PNAS) aux Etats Unis montre que la perte de glace enregistrée au Groenland à partir des années 1980 s’est brutalement accélérée à partir des années 2000 et surtout depuis 2010. La glace fond six fois plus vite aujourd’hui que dans les années 1980, et les prévisions sont alarmantes. La dernière estimation de référence réalisée par le GIEC en 2014 estimait le pire des scénarios à juste en dessous d’un mètre d’élévation du niveau des océans à la fin du 21ème siècle, par rapport à la période 1986-2005.
Source: Institut Danois de Météorologie, Le Point.

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The glacial situation in Greenland remains worrying. This year again, ice melting is accelerating and occurs earlier, three weeks ahead. On June 13th 2019 alone, 2 billion tonnes of ice melted. Even before the arrival of summer, everything is negative and preoccupying in Greenland. According to scientists, 2019 might be a new annus horribilis for the white continent.
One photo in particular showed how worrying the melting of ice in Greenland is. A Danish glaciologist took a picture of his sled dogs making hard progress in a fjord where the ice sheet is covered by five or six centimetres of melted ice. The team seems to be walking on the water and had to turn back. .
The day before, on June 12th, the Qaanaaq weather station recorded a temperature of 17.3°C, 0.3°C lower than its all-time record of June 30th, 2012. The last winter was dry and recently there were warm air currents, clear skies and sunshine, so all preconditions for early melting. With the warming of the atmosphere, the phenomenon is expected to worsen, altering the lifestyles of the local population by reducing hunting periods and disrupting the entire ecosystem. According to the USGS, the number of polar bears across the Arctic has decreased by about 40% over the past decade, and narwhals are increasingly being deprived of the ice which is their natural shelter against the killer whales, their main predators.
In addition to the sea ice, the melting of the continental ice cap and glaciers has a more direct impact on rising sea levels. The Danish Institute of Meteorology explains that the « Summit Station », which dominates the landscape 3000 metres above sea level, measured on April 30th, 2019 the highest temperature of its history, at – 1,2°C. As I put it previously, on June 17th, in a single day, Greenland lost 3.7 billion tonnes of ice. Since early June, the loss amounts to 37 billion tons!
This year, Danish meteorologists announced the start of the melting season in early May, almost a month early, an early precocity beaten only once – in 2016 – since the publication of these data in 1980.
Greenland contributes to a sea level rise of about 0.7 mm annually, which could increase if the pace continues. A study published in April in the Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) in the United States shows that the loss of ice recorded in Greenland from the 1980s has accelerated sharply from the 2000s and especially since 2010. The ice melts six times faster today than in the 1980s, and the forecasts are alarming. The latest IPCC baseline estimate in 2014 estimated the worst-case scenario at just under one metre of sea-level rise at the end of the 21st century, compared to the period 1986-2005.
Source: Danish Institute of Meteorology, Le Point.

Photo: C. Grandpey

 

Le Groenland inquiète à nouveau! // Greenland worries again!

Alors que le mois de mai 2019 a été le troisième mois le plus chaud après mai 2016 et mai 2017 (archives de la NASA), un événement climatique inquiétant et inhabituel, mais pas inédit, vient d’être observé au Groenland. L’île nordique a perdu plus de deux milliards de tonnes – soit 2 kilomètres cubes – de glace le jeudi 13 juin 2019. Cela signifie que plus de 40% du territoire groenlandais a perdu de la glace. Cette fonte extrêmement rapide et spectaculaire est très rare dans le courant du mois de juin. En général, la fonte s’étale du mois de juin au mois d’août, et a surtout lieu dans le courant du mois de juillet. Pour autant, une telle perte de glace n’est pas inédite. Elle est comparable à des pics de fonte observés en juin 2012. Le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), centre américain de données sur la neige et la glace basé dans le Colorado rappelle qu’en 2012 quasiment l’intégralité de la calotte glaciaire du Groenland avait fondu dans le courant de l’été.
Selon des glaciologues américains, cette fonte du 13 juin en 24 heures seulement est le signe que 2019 pourrait bien être une nouvelle année record en matière de fonte des glaces au Groenland. Une perte de glace aussi précoce présage d’une fonte supplémentaire, plus tard cet été. L’événement qui s’est produit le 13 juin modifie l’albedo, le pouvoir réfléchissant de la surface de la calotte glaciaire qui absorbe ainsi davantage de chaleur issue des rayons du soleil. Avec moins de neige et de glace sur cette surface, davantage de glace devrait fondre. Tous les signes indiquent que l’été 2019 sera une saison d’importante fonte.
Source: CNN, NSIDC.

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While May 2019 was the third warmest month after May 2016 and May 2017 (NASA archives), a disturbing and unusual climatic event, but not new, has just been observed in Greenland. The Nordic island lost more than two billion tonnes – or 2 cubic kilometres – of ice on Thursday, June 13th, 2019. This means that over 40% of the Greenland territory has lost ice. This extremely fast and spectacular melting is very rare during the month of June. In general, it occurs from June to August, and mostly takes place during the month of July. However, such a loss of ice is not new. It is comparable to melt peaks observed in June 2012. The Colorado-based National Snow and Ice Data Center (NSIDC) recalls that in 2012, almost the entire icecap of Greenland had melted in the course of the summer.
According to American glaciologists, this melting of June 13th in just 24 hours is a sign that 2019 could be a new record year for melting ice in Greenland. Such early ice loss is a sign of further melting later this summer. The event that occurred June 13th changes the albedo, the reflective power of the ice surface that absorbs more heat from the sun’s rays. With less snow and ice on this surface, more ice should melt. All signs indicate that the summer of 2019 will be a season of significant melting.
Source: CNN, NSIDC.


Etendue de la fonte de la glace à la surface du Groenland (Source: NSIDC)

Photo: C. Grandpey

Le Conseil de l’Arctique : Un désastre écologique en vue ! // The Arctic Council : An impending environmental disaster !

Au cours de ma conférence Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique, j’explique que la fonte de la calotte glaciaire du Groenland va avoir des conséquences de grande envergure. Le Groenland va devenir une « terre promise ». En disparaissant, la glace permet un accès facile aux ressources minérales qu’elle dissimulait jusqu’à présent.

Sans glace de mer, les passages du nord-est et du nord-ouest vont s’ouvrir à la circulation maritime. Inutile de dire que les intérêts environnementaux ne pèseront pas lourd devant les intérêts économiques et financiers.

Mes craintes semblent justifiées si l’on se réfère au discours délivré par Mike Pompeo, secrétaire d’État américain et ancien directeur de la CIA, à l’occasion du 11ème Conseil de l’Arctique qui vient de se tenir à Rovaniemi en Finlande. Les représentants des huit États de l’Arctique se sont réunis pour approuver les travaux effectués sous la présidence finlandaise qui a duré deux ans. Le but du Conseil de l’Arctique est d’ »améliorer le développement durable et la protection de l’environnement dans l’Arctique. »

Rovaniemi est bien connue des enfants car elle est, pour les petits Européens, la demeure du Père Noël. Toutefois, Mike Pompeo n’est pas venu faire de cadeaux à la planète.

Lors d’un discours très remarqué, il a estimé que la fonte des glaces dans l’Arctique représente « une opportunité économique exceptionnelle. » Il a ajouté : « S’agissant des possibilités et des richesses, l’Arctique occupe une place de choix. Il abrite 13 % des réserves pétrolières inexploitées de la planète, 30 % de ses réserves gazières, de l’uranium, des terres rares, de l’or, des diamants en abondance, et des millions de kilomètres carrés de ressources inexplorées, y compris dans le domaine de la pêche.»

Selon lui, le passage par l’Arctique « pourrait réduire d’environ vingt jours le temps de trajet entre l’Asie et l’Occident. » Il souhaite que les routes de l’Arctique deviennent « les canaux de Suez et de Panama du 21ème siècle. »

Dans son intervention, le secrétaire d’État s’en est ouvertement pris à la Chine et à la Russie, selon lui trop entreprenants dans l’Arctique. Il a prévenu les deux pays de la présence des États-Unis dans une région devenue « un espace de pouvoir mondial et de concurrence » à cause du réchauffement climatique, qui ouvre la voie au développement d’une route commerciale reliant l’Asie à l’Europe plus rapidement.

Par ailleurs, les 8 états membres du conseil de l’Arctique n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la déclaration finale du sommet. Les États-Unis ayant refusé de mentionner le terme de “changement climatique” dans le texte.

Comme disait ma grand-mère, tous les porcs ne sont pas restés dans la porcherie !

Source : Courrier International.

C’est au tour de l’Islande de prendre pour deux ans la présidence du Conseil de l’Arctique, mais il n’est pas sûr que cela apporte grand-chose de nouveau. Il est à noter que depuis quelques années de nombreux investisseurs chinois viennent s’installer en Islande. Je crains qu’ils ne soient pas venus pour  admirer la beauté des paysages, mais plutôt pour établir une base qui leur permettra d’aller plus facilement exploiter les ressources du Groenland une fois que la glace aura disparu. Ne soyons pas naïfs… !

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During my conference Glaciers at risk, the effects of global warming, I explain that the melting of the Greenland icecap will have far-reaching consequences. Greenland will become a « promised land ». The ice loss will allow easy access to the mineral resources it hid until now.
Without sea ice, the northeastern and northwestern passages will open up to shipping. Needless to say, environmental interests will not weigh heavily on economic and financial interests.
My fears seem justified if one refers to the speech delivered by Mike Pompeo, US Secretary of State and former director of the CIA, on the occasion of the 11th Arctic Council that has just been held in Rovaniemi, Finland. Representatives of the eight Arctic states met to approve work completed under the two-year Finnish presidency. The goal of the Arctic Council is to « improve sustainable development and environmental protection in the Arctic. »
Rovaniemi is well known to children as it is, for little Europeans, the home of Santa Claus. However, Mike Pompeo did not come to give gifts to the planet.
In a much-talked-about speech, he said that the melting ice in the Arctic represents “an exceptional economic opportunity”. He added: “In terms of opportunities and wealth, the Arctic is a prime location. It is home to 13% of the world’s untapped oil reserves, 30% of its gas reserves, uranium, rare minerals, gold, diamonds in abundance, and millions of square kilometres of unexplored resources, including in the field of fisheries.”
According to him, shipping through the Arctic “could reduce the travel time between Asia and the West by about twenty days.” He wants the Arctic roads to become “the Suez and Panama canals of the 21st century.”
In his speech, the Secretary of State blatantly attacked China and Russia, which he said were too enterprising in the Arctic. He warned both countries of the US presence in a region that has become “an area of ​​global power and competition” because of global warming, which paves the way for the development of a trade route linking Asia to Europe in a faster way.
In addition, the eight member states of the Arctic Council have failed to agree on the final declaration of the summit. The United States refused to mention the term « climate change » in the text.
As my grandmother said, not all pigs stayed in the pigsty!
Source: International Courier.
It is now up to Iceland to chair the Arctic Council for two years, but I am not sure that it will bring much new. It should be noted that in recent years many Chinese investors have moved to Iceland. I’m afraid they did not come to admire the beauty of the landscape, but rather to establish a base that will allow them to more easily harness Greenland’s resources once the ice is gone. Let’s not be naive …!

Le Passage du Nord-Est (en bleu) et la route maritime actuelle par le Canal de Suez (en rouge. [Source : Wikipedia]