L’inquiétant réchauffement des océans // Oceans are warming faster than previously thought

Selon une nouvelle étude récemment publiée dans la revue Science, la chaleur piégée par les gaz à effet de serre fait s’élever la température des océans plus rapidement que prévu. Les résultats de l’étude prouvent que les affirmations antérieures d’un ralentissement du réchauffement de la planète au cours des 15 dernières années étaient sans fondement.
La nouvelle étude repose sur le réseau Argo, une flotte de près de 4 000 robots flottants dispersés sur les océans de la planète. Ils plongent à quelques jours d’intervalle à une profondeur de 2 000 mètres et mesurent la température, le pH, la salinité, et envoient d’autres informations sur nos océans. Depuis le milieu des années 2000, le réseau Argo fournit des données cohérentes et à grande échelle sur les variations de température des océans. Avant Argo, les données dans ce domaine étaient rares et peu fiables.
Le réchauffement des océans constitue un marqueur essentiel du changement climatique car environ 93% de l’énergie solaire excédentaire piégée par les gaz à effet de serre s’accumule dans les océans. De plus, contrairement à la température de surface de la Terre, celle des océans n’est pas affectée par les variations d’une année à l’autre causées par des événements climatiques tels que El Nino ou des éruptions volcaniques.
La nouvelle analyse montre que les tendances en matière d’évolution thermique des océans correspondent à celles prédites par les principaux modèles de changement climatique et que le réchauffement mondial des océans s’accélère.
En se référant à un scénario dans lequel aucun effort n’a été fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les modèles CMIP5 (Coupled Model Intercomparison Project 5) prévoient que la température de l’eau des océans jusqu’à 2 000 mètres de profondeur augmentera de 0,78°C d’ici la fin de ce siècle. La dilatation thermique provoquée par cette hausse de température ferait monter le niveau de la mer de 30 centimètres, ce qui vient s’ajouter à l’élévation déjà importante du niveau de la mer causée par la fonte des glaciers et de la banquise. Le réchauffement des océans contribue également à renforcer les tempêtes, les ouragans et les précipitations extrêmes. 2018 a été la quatrième année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre; elle a été aussi l’année la plus chaude jamais enregistrée dans les océans, tout comme 2017 et 2016 auparavant.
Source: Science et UC Berkeley. .

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According to a new study recently published in the journal Science, the heat trapped by greenhouse gases is raising ocean temperatures faster than previously thought. The results provide further evidence that earlier claims of a slowdown in global warming over the past 15 years were unfounded.

The new study relies on the Argo network, a fleet of nearly 4,000 floating robots that drift throughout the world’s oceans, every few days diving to a depth of 2000 metres and measuring the ocean’s temperature, pH, salinity and other pieces information. Argo has provided consistent and widespread data on ocean heat content since the mid-2000s. Prior to Argo, ocean temperature data was sparse and not fully reliable.

Ocean heating is a critical marker of climate change because an estimated 93 percent of the excess solar energy trapped by greenhouse gases accumulates in the world’s oceans. What’s more, unlike surface temperatures, ocean temperatures are not affected by year-to-year variations caused by climate events like El Nino or volcanic eruptions.

The new analysis shows that trends in ocean heat content match those predicted by leading climate change models, and that global ocean warming is accelerating.

Taking into account a scenario in which no effort has been made to reduce greenhouse gas emissions, the Coupled Model Intercomparison Project 5 (CMIP5) models predict that the temperature of the top 2,000 metres of the world’s oceans will rise 0.78°C by the end of the century. The thermal expansion caused by this bump in temperature would raise sea levels 30 centimetres, on top of the already significant sea level rise caused by melting glaciers and ice sheets. Warmer oceans also contribute to stronger storms, hurricanes and extreme precipitation. 2018  was the fourth warmest year on record on the surface; it was also the warmest year on record in the oceans, as was 2017 and 2016 before that.

Source : Science & UC Berkeley. .

Ces courbes montrent que les océans se réchauffent plus vite en surface, entre 0 et 700 mètres de profondeur (courbe violette), qu’en profondeur, entre 700 et 2000 mètres (courbe grise). [Source : Institute of Atmospheric Physics, Beijing]

3 réflexions au sujet de « L’inquiétant réchauffement des océans // Oceans are warming faster than previously thought »

  1. C’est à se demander effectivement si ce ne sera pas LE facteur sur l’amoindrissement des cycles jusqu’alors « régulateurs » dont un des plus connu sont les ENSO, où les vents provoquant l’upwelling fait remonter des eaux de moins en moins froides (et enfouissent des eaux de plus en plus chaudes) et tend donc vers un nouvel état d’équilibre océans-air dont les températures et l’humidité sont aussi à la hausse.
    Depuis le temps que je rêve de prendre un coktail sur les plages de l’antarctique aux cotés de mon 4×4… et des tas d’autres choses désirables de l’injonction consumériste à nager dans le bonheur absolu.

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  2. Bonjour Claude,
    Lorsque la coupe est pleine !
    Il y a trois raisons qui sont susceptibles de faire varier le niveau des océans. La première concerne la propriété de dilatation thermique de l’eau, dont le coefficient est de 0.00026% par degré Celsius. Il est effectivement très aisé pour le commun des mortel, non obligatoirement pourvu du qualificatif de « scientifique » d’évaluer la variation du niveau des mers, en connaissant par une simple règle de trois : surface X hauteur = volume, volume X coef thermique : surface = nouvelle hauteur. La surface des océans étant de 36 milliards de Km et leur profondeur moyenne de 3 705,5 m, alors oui, si l’on fait ce petit calcul, une variation de 0.78°C sur 2000m de profondeur produira une élévation du niveau des mers de 41cm, pas bien éloigné des 30 cm « scientifiquement » calculé. La deuxième raison est l’addition d’eau par fonte des eaux douces gelées, et principalement de celles des Inlandsis Groenlandais et d’Antarctique. Si l’on connaît approximativement les volumes respectifs de ces réservoirs et leur amenuisement rapide, il est également assez simple de calculer par la même règle, l’impact que ce processus peut avoir sur le niveau des océans, qui ici change énormément de proportion par rapport à la dilatation thermique puisque l’on passe très rapidement du cm au mètre. La troisième raison est la variation du « contenant » qui évidement va faire varié le niveau du « contenu ». Les variations du contenant, à supposé que les « bords » restent stables et l’évaporation raisonnable, restent essentiellement la conséquence de modification du niveau des sols sur lesquels les océans reposent, c’est-à-dire outre les affaissements ou élévation des plateaux continentaux, l’énorme point d’interrogation de l’activité des dorsales océaniques. Leur gonflement ou affaissement, compte tenu de leur dimension (Chaine de montagnes immergées de 60 000Km de long et 1000 de large) pourrait avoir d’énormes conséquences sur le niveau des océans. Sur ce dernier point, à mon niveau du moins, c’est un véritable « black out » scientifique, personne ne sait vraiment ce qu’il se passe là-dessous, les conséquences de l’apparition d’un panache mantellique, l’action du poids de l’eau sur leur forme…et je doute fort qu’une meilleur connaissance des sous sol Martiens nous avance vraiment sur ce point.
    Ne pensez-vous pas qu’il y ait ici matière à faire un petit progrès sur la connaissance en tectonique ? Cela ne pourrait-il pas un peu élargir l’horizon scientifique et l’inciter à moins jouer avec les pétards mouillé fussent-ils de 30cm ?
    Pour vider la coupe, décidemment bien pleine, je crains fort que nous ayons bientôt à trinquer… à notre santé bien sûr.
    Grande amitié.
    Pierre Chabat

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    1. Bonjour Pierre,
      Je suis tout à fait en phase avec vos remarques. S’agissant des « variations du contenant », donc du comportement (entre autres) des dorsales, je peste quand je vois que nous nous attardons sur la composition du sol martien sans savoir ce qui se passe dans les profondeurs de nos océans. Bien sûr, il y a moins de couleurs et ça fait moins rêver la population. Il y a actuellement une forte activité sismique (et peut-être volcanique) au large de Mayotte et nous ne sommes pas fichus d’aller voir ce qui s’y passe. Il est vrai que Mayotte ne présente pas un grand intérêt économique et stratégique pour la métropole, alors à quoi bon investir de l’argent? De telles recherches permettraient pourtant d’en savoir un peu plus sur la tectonique et donc le déclenchement des séismes, secteurs de la science où nos connaissances sont proches de zéro.
      Très bonne journée à vous.
      Claude Grandpey

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