Exposition « Glaciers en péril » à Limoges le 27 novembre !

Je participerai à une exposition de photos dans la galerie du Centre Commercial Corgnac (Super U) à Limoges le samedi 27 novembre de 10 heures à 18 heures.

Vous pourrez voir une dizaine de photos illustrant la fonte des glaciers en Alaska sous les coups de boutoir du réchauffement climatique, particulièrement intense dans cette région du globe.

Vous pourrez compléter votre visite en achetant mon dernier ouvrage « Glaciers en Péril – Les effets du réchauffement climatique » accompagné d’un CD de 160 photos, ainsi que « Dans les pas de l’ours« .

Ces deux livres sont en phase avec l’actualité, suite à la triste COP 26 de Glasgow et après la mort d’une ourse dans les Pyrénées.

La fonte des glaciers islandais (suite) // The melting of Icelandic glaciers (continued)

Des glaciologues de l’Université de Dundee (Écosse) ont publié une vidéo en accéléré montrant la fonte rapide du glacier Breiðamerkurjökull dans le sud-est de l’Islande. J’ai déjà écrit plusieurs notes sur ce blog dans lesquelles la fonte de ce glacier est mentionnée (le 8 décembre 2019, par exemple). Au cours de l’été 2021, les scientifiques ont installé deux caméras en bordure du Breiðamerkurjökull, une langue du Vatnajökull. Les caméras ont filmé pendant six semaines.
Les glaciologues indiquent que la vitesse rapide de fonte des glaciers pendant l’été a un impact significatif sur leur récupération pendant les mois d’hiver. Lorsqu’un glacier est en équilibre, l’accumulation hivernale équivaut à la fonte estivale, mais cela ne se produit plus sur le Breiðamerkurjökull. L’ablation s’est accélérée et au cours des dernières décennies, l’accumulation de neige hivernale n’a pas suffi à alimenter le glacier. Il s’en est suivi un recul atteignant 250 m par an..
Source : Sky News.
Vous pouvez regarder la vidéo en accéléré en cliquant sur ce lien :
https://news.sky.com/story/climate-change-icelandic-glacier-melting-faster-than-it-can-recover-experts-warn-12464649

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Glaciologists from the University of Dundee (Scotland) have released a time-lapse video showing the rapid melting of Breiðamerkurjökull glacier in Southeast Iceland. I have already written several posts in which this glacier is mentioned (December 8th, 2019, for instance).

In the summer 2021, the scientists insta lled two time-lapse cameras at Breiðamerkurjökull which is an outlet glacier of Vatnajökull. The cameras kept filming over a period of six weeks.

Experts have highlighted that the rapid rate of melting glaciers during the summertime has now significantly impacted recovery during the winter months.When a glacier is in balance the winter accumulation would equal the summer melt, but this does not happen at Breiðamerkurjökull .The ablation has accelerated beyond recovery and in recent decades a retreat of up to 250m per year has been recorded.

Source: Sky News.

You can watch the time-lapse video by clicking in this link:

https://news.sky.com/story/climate-change-icelandic-glacier-melting-faster-than-it-can-recover-experts-warn-12464649

Quelques vues du Vatnajökull en juillet 2021 (Photos: C. Grandpey)

Surges glaciaires sur le Denali (Alaska) // Glacial surges at Denali (Alaska)

Les surges glaciaires sont des événements de courte durée au cours desquels un glacier accélère sa progression et peut atteindre des vitesses 100 fois supérieures à la normale. Le phénomène ne se produit que dans quelques régions du monde comme le Svalbard, les îles de l’Arctique canadien et l’Alaska. Les surges glaciaires peuvent avoir lieu à intervalles réguliers et périodiques. Sur certains glaciers, elles peuvent se produire selon des cycles assez réguliers avec entre 15 et 100 événements ou plus par an. Sur d’autres glaciers, les surges sont imprévisibles.
Les glaciers couvrent un sixième du Parc national du Denali (anciennement Mc Kinley) en Alaska. Pour la première fois en 64 ans, le glacier Muldrow, qui prend sa source sur le versant nord-est du Denali et se dirige vers le nord pour donner naissance à la rivière McKinley, connaît en 2021 une surge spectaculaire.
Comme je l’ai indiqué plus haut, les surges glaciaires comme celle de Muldrow sont généralement des événements de courte durée au cours desquels la glace à l’intérieur d’un glacier peut avancer soudainement et à une vitesse impressionnante, parfois10 à 100 fois supérieure à la normale. Cette progression soudaine a rapidement et considérablement modifié l’apparence du glacier Muldrow qui se déplaçait auparavant lentement. Ainsi, suite à la surge, de profondes crevasses sont apparues à sa surface.
A cause de l’avancée soudaine du glacier, les alpinistes qui avaient prévu d’escalader le Denali par son versant nord doivent revoir leurs plans. Trouver un itinéraire devient quasiment impossible en raison des conditions de glace instables et de l’augmentation du risque de crevasses. De plus, il existe un risque de crues soudaines le long de la rivière McKinley en aval du terminus du glacier Muldrow. Ces crues soudaines peuvent se produire sans prévenir. En conséquence, pour des raisons de sécurité, la randonnée dans ces zones du parc a été fortement déconseillée.
Lors d’une précédente surge au cours de l’hiver 1956-57, le glacier a avancé d’un peu plus de 6,5 kilomètres en quelques mois. Aujourd’hui, une analyse des images satellitaires du glacier Muldrow par des chercheurs de l’Université d’Alaska à Fairbanks montre qu’il avance actuellement à une vitesse de 10 à 20 mètres par jour, ce qui est environ 100 fois plus rapide que la normale. La surge semble avoir commencé en janvier et devrait se poursuivre pendant plusieurs mois.
Les scientifiques anticipaient le phénomène depuis un certain temps, car le glacier montre des preuves d’un cycle de surges de 50 ans, mais personne ne savait exactement quand le processus se déclencherait.
La surge actuelle du glacier Muldrow n’est probablement pas due au changement climatique, mais plutôt à la géomorphologie du glacier, à la nature unique de sa structure, à la composition de la glace, celle des roches environnantes et à la topographie de la zone à travers laquelle il se déplace.
Les surges peuvent aussi être causées par l’interaction entre l’accumulation de glace à haute altitude au fil du temps et l’apport d’eau de fonte à la base d’un glacier. En raison de la morphologie de nombreux glaciers exposés à ce phénomène, la glace s’accumule et s’épaissit dans la partie supérieure du glacier pendant plusieurs décennies avec un écoulement lent ou un transfert de glace vers la partie inférieure du glacier. A un moment donné pendant la phase calme de l’accumulation, la masse de glace atteint un seuil où l’hydrologie interne du glacier est perturbée. Au lieu de s’écouler au terminus, l’eau de fonte est retenue à la base du glacier.

Le processus d’une surge glaciaire montre que le phénomène affectera surtout les glaciers longs et massifs. Il est moins susceptible d’être observé sur les glaciers de petite taille comme nos glaciers alpins. On estime que seulement 1% de tous les glaciers du monde connaissent des surges et la Denali est un peu unique à cet égard. Un nombre relativement important de glaciers du Denali connaît des surges en raison du relief de ce massif.
Les scientifiques du Parc continueront de surveiller et de cartographier cette situation dynamique pendant et après la surge, afin de mieux comprendre l’évolution des glaciers de l’Alaska. Le National Park Service surveille également le bilan de masse d’un certain nombre de glaciers de plus petite taille dans plusieurs parcs nationaux. La dynamique des glaciers qui ne sont pas soumis à des surges est un indicateur à long terme du réchauffement climatique. Dans la partie sud du massif du Denali, en face du Muldrow, le glacier Kahiltna recule lentement.

Dans son ensemble, la couverture de glace du massif du Denali a diminué de 8 % depuis 1952.
Source : National Park Service.

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Glacial surges are short-lived events where a glacier can move up to velocities 100 times faster than normal, and advance substantially. Surging glaciers are found in only a few areas like Svalbard, Canadian Arctic islands, and Alaska. Glacial surges can take place at regular, periodic intervals. In some glaciers, surges can occur in fairly regular cycles with 15 to 100 or more surge events per year. In other glaciers, surging is unpredictable.

Glaciers cover one-sixth of Denali National Park in Alaska. For the first time in 64 years, the Muldrow Glacier, which originates high on the northeastern slope of Denali and flows north to form the McKinley River, is dramatically surging.
Glacial surges like Muldrow’s are typically short-lived events where ice within a glacier can advance suddenly and substantially, sometimes moving at speeds10-100 times faster than normal. This sudden surge has quickly and dramatically altered the appearance of the previously slow moving Muldrow Glacier, with heavy crevassing occurring throughout most of the length of the glacier.
As a result of the surge, mountaineers planning to use the north approach to Denali are impacted. Route finding may be nearly impossible due to unstable ice conditions and the dramatic increase in crevasse hazards. Additionally, there is a heightened risk of outburst flooding along the McKinley River beyond the terminus of the Muldrow Glacier. Outburst flooding can occur with no warning, and for safety reasons backpacking in these areas of the park has been restricted.
In a prior surge event during the winter of 1956-57, the glacier advanced just over 6.5 kilimeters in a few months’ time. Today, preliminary satellite radar image analysis of the Muldrow Glacier completed by University of Alaska Fairbanks researchers suggests it is currently flowing at a rate of 10-20 meters per day, which is about 100 times faster than normal. This surge is believed to have begun sometime in January and was expected to continue for several months.
Scientists had been anticipating this surge for a while, as the glacier displays evidence of a 50-year surge cycle, but no one knew exactly when it would occur.
The current surge of the Muldrow Glacier is likely not driven by impacts of climate change, but rather by the glacier’s geomorphology, the unique nature of the structure and composition of the glacier’s ice, its surrounding rocks, and the topography it is moving through.
Surges like this may be caused by the interplay of ice buildup at higher elevations over time, and supply of meltwater to the base of a glacier. Due to the geometry of many surge type glaciers, ice accumulates and thickens on the upper glacier over many decades with only a slow flow or transfer of ice to the lower glacier. At some point during the quiet accumulation phase, the mass reaches a threshold where the internal hydrology of the glacier is disrupted. Rather than running out at the terminus, meltwater is retained at the base of the glacier.

The process of a glacier surge shows that the phenomenon will affect long and massive glaciers. Surges are less likely to be observed on short glaciers. It is estimated that only one percent of all the world’s glaciers ever surge and Denali is a bit unique in this respect. A relatively large portion of Denali glaciers are surge type due to the dramatic relief of the mountain.
Park scientists will continue to monitor and map this dynamic situation both during and after the surge event, with the hope of increasing their understanding of how glaciers in Alaska are changing. The National Park Service also monitors the mass balance of a small set of glaciers in several national parks. Non surge type glacier dynamics are a long-term indicator of climate change. On the south side of Denali, opposite from the Muldrow, the Kahiltna glacier is a long-term index glacier which is slowly retreating. Overall, ice cover in Denali has declined by 8% since 1952.
Source: National Park Service.

Photos : C. Grandpey

Nouvelles d’Islande // News from Iceland

Après l’éruption du Fagradalsfjall, on a beaucoup parlé d’un possible réveil de l’Hekla. Aujourd’hui, on assiste au retour du Fagradalsfjall ! Je viens de lire sur le site web Iceland Geology l’article suivant : « Selon un rapport scientifique publié le 16 novembre 2021, une inflation a été détectée en profondeur sous la montagne Fagradalsfjall. Cette inflation laisse supposer qu’une éruption pourrait recommencer à Fagradalsfjall, mais il est impossible de savoir quand une telle éruption pourrait commencer. Il y a beaucoup de choses qui indiquent que cette inflation est due à une accumulation de magma en profondeur sous le Fagradalsfjall. Quand ou si cela entraîne une éruption dans le futur est impossible à savoir. Cette inflation est maintenant suffisamment importante pour être vue sur les images satellites qui surveillent la déformation de la croûte supérieure. »
Source : Iceland Geology.

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Au cours de l’automne, une nouvelle grotte de glace d’une taille inhabituelle a été découverte dans la partie orientale du Langjökull. Un voyagiste a amélioré l’accès à la grotte et s’est assuré que lson plafond ne s’effondrerait pas; un éclairage a été installé car la grotte est trop grande et trop profonde pour que des lampes frontales suffisent à l’éclairer. Aujourd’hui, deux agences de voyages islandaises conduisent leurs clients dans la grotte qui est en passe de devenir une nouvelles attraction touristique.
Source: Iceland Monitor.

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After Fagradalsfjall there was much talk about a possible eruption of Hekla. Today, Fagradalsfjall is back again! I have just read on the website Iceland Geology: « According to a news report today (November 16th, 2021) inflation has been detected deep under Fagradalsfjall mountain. This inflation suggests that an eruption might start again in Fagradalsfjall, but it remains impossible to know when such an eruption might start. There is a lot that suggests this inflation is because of magma collecting at depth under Fagradalsfjall. When or if that results in a eruption in the future is impossible to know.This inflation is now large enough to be seen on satellite images that monitors deformation in the upper crust. »

Source: Iceland Geology.

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Earlier in the fall, a new and unusually large ice cave was discovered on the east side of Langjökull glacier. A tour operator started improving access to the cave and made sure ice wouldn’t collapse from the ceiling; and they designed and installed lighting. The cave is too large and deep for headlights alone to suffice to illuminate it. Today, two Icelandic travel agencies are taking tourists to the cave.

Source: Iceland Monitor.

Le Fagradalsfjall sortira-t-il de sa torpeur pour se donner à nouveau en spectacle (captures écran webcam)