France : mise en sécurité des lacs glaciaires

Dans une note publiée le 27 août 2023, j’expliquais que des travaux étaient en cours pour vidanger le lac du Rosolin qui menaçait la station de Tignes dans l’Isère. En l’espace de quelques semaines, il était prévu de réduire sa capacité de près de 80 %. C’est en 2018 que ce lac, né sous le Dôme de Pramecou, à 2 800 mètres d’altitude, est apparu pour la première fois.

En 2022, année marquée par des épisodes de canicule, le glacier de la Grande Motte a souffert au point que le ski d’été ne pouvait plus être pratiqué. Le lac du Rosolin a pris de l’importance pour atteindre 150 000 m3, avec une profondeur maximale de 16 mètres. La menace se précisant, il était urgent d’entreprendre des travaux pour alléger la masse d’eau. Au cours de plusieurs réunions, il a été décidé de diminuer le volume d’eau en creusant un chenal long de 300 mètres et de 3 mètres de profondeur. Le niveau serait ainsi été ramené à 70 000 m3, sans incidence sur la rivière Le Doron. Au final la superficie du lac du Rosolin a été ramenée de 36 000 à 12 000 mètres carrés.

Pour poursuivre les efforts, le comité de pilotage a décidé de programmer une nouvelle session de travaux au mois d’août 2024. Ils permettront de réduire le risque présent sur le secteur de Val Claret à Tignes avec l’installation progressive d’un dispositif de siphonnage afin de rabaisser encore le niveau du lac. Par la suite, des études de faisabilité seront menées en vue d’une vidange définitive et contrôlée du lac.

Vue du premier chenal de 3 mètres de profondeur creusé pour réduire de moitié la quantité d’eau présente dans le lac glaciaire de Rosolin.  (Crédit photo : RTM)

Avec l’accélération du réchauffement climatique d’origine anthropique, les lacs glaciaires sont de plus en plus nombreux dans les zones de montagnes à travers le monde. J’ai évoqué à plusieurs reprises sur ce blog les risques que faisait peser la la fonte des glaciers dans l’Himalaya et dans la Cordillère des Andes où des lacs sont retenus par de fragiles moraines. Plusieurs catastrophes ont déjà eu lieu au Népal et au Pérou. Comme cela est en passe d’être réalisé à Tignes, les autorités essayent de les prévenir, le plus souvent en creusant des chenaux destinés à alléger au maximum la masse d’eau retenue par ces barrages naturels.

Au Pérou, le lac Palcacocha menace la ville d’Huaraz [Crédit photo : Wikipedia]

Dans la plupart des cas, c’est au moment du retrait du glacier que le phénomène se produit. Les sédiments et débris de roches s’accumulent à son front et forment un barrage naturel qui retient l’eau de fonte. S’il n’y a pas d’exutoire en aval, comme un torrent ou une cascade, un lac se forme rapidement. Ces étendues d’eau, qui comprennent entre quelques dizaines et quelques centaines de milliers, voire millions de mètres cubes, peuvent rapidement créer un risque de vague ou de submersion pour les zones habitées en aval.

En 2004 dans les Alpes, l’alerte avait été donnée sur le lac du glacier de Rochemelon alors qu’il menaçait la vallée du Ribon, en Savoie. Le lac a été vidangé par siphonage.

J’ai évoqué dans plusieurs notes (18 juin 2022, 6 août 2022, 2 août 2023) le lac de fonte qui s’est formé à l’avant du glacier des Bossons et les travaux entrepris pour évacuer le trop-plein. A noter qu’au mois de janvier 2024, une énorme grotte, de plusieurs dizaines de mètres de diamètre, a vu le jour au cœur de ce glacier. Elle a fait naître un grand nombre de questions. Par exemple, on se demande si le réchauffement climatique est en cause. Les experts se perdent en conjectures. Certains évoquent une grotte intraglaciaire qui se serait formée à cause d’une crevasse ou de rochers. Il est aussi question d’« une poche d’eau qui ne s’est pas refermée et dont la rupture serait la conséquence d’une nouvelle fracture. »

 Vue du lac glaciaire du glacier des Bossons (Crédit photo: Le Dauphiné)

Tous les travaux visant à vidanger les lacs provoqués par la fonte rapide des glaciers ont avant tout pour but de mettre en sécurité les populations qui vivent en aval de ces retenues d’eau. En France, on ne voudrait pas que se produise un tsunami comme celui qui a endeuillé Saint Gervais dans la nuit du 12 au 13 juillet 1892, quand la rupture d’une poche d’eau dans le glacier de Tête-Rousse a entraîné la mort de 175 personnes (voir la description de cet événement dans des notes rédigées le 23 avril 2019 et le 6 mai 2020).

L’Institut des Risques Majeurs (IRMA) de Grenoble indique que depuis un premier pompage en 2010, puis d’autres en 2011 et 2012, le glacier reste sous haute surveillance. Par exemple, des capteurs piézométriques mesurent en continu l’évolution de la pression d’eau en différents points du glacier. L’ensemble de ces mesures est synthétisé dans un rapport annuel et présenté à un comité de pilotage.

Le système de surveillance et d’alerte du glacier de Tête Rousse permet de détecter la survenance de la rupture de la poche d’eau sous le glacier ; il est totalement automatique. Le système est également équipé de quatre capteurs sismiques permettant de détecter les vibrations générées par une coulée de boue éventuelle. Le système d’alerte est équipé de quatre sirènes de forte puissance

En cas d’alerte, une commande radio est instantanément envoyée à toutes les sirènes qui déclenchent une séquence sonore spécifique pendant une durée de trente minutes pour l’alerte d’évacuation des habitants de Bionnay vers des zones définies hors risque. Un courrier leur a été adressé, les invitant à communiquer leurs coordonnées. Les habitants ont connaissance de points de rassemblement à rejoindre à pied au plus vite en cas de déclenchement de l’alerte. Dès le déclenchement des sirènes, le temps maximal pour évacuer est estimé à une dizaine de minutes pour les habitants.

 

Schéma accompagnant le texte de Joseph Vallot pour expliquer le processus de la catastrophe du 12 juillet 1892.

Certaines communes des Alpes tentent de tirer parti de ces importants volumes d’eau. C’est ainsi que la station des Deux Alpes (Isère) a exploité pendant près d’un an un lac naturel, laissé par le retrait du glacier de Mont-de-Lans. L’eau de fonte a été utilisée pour fabriquer de la neige artificielle et régénérer de la glace sur laquelle repose une partie des pistes de ski. Depuis la vidange du lac, qui s’est effectuée naturellement à l’automne 2018, les spécialistes de l’enneigement envisagent de répéter l’opération à partir de retenues d’eau et d’un lac artificiel, plus sécurisé. Selon les glaciologues, le système est efficace en théorie, mais trop localisé pour agir sur l’état de santé du glacier dont la durée de vie est estimée à bien moins d’un siècle.

Source : presse régionale, IRMA et données personnelles.

Archéologie glaciaire // Glacial archaeology

J’ai expliqué dans plusieurs notes sur ce blog (28 janvier 2018, 3 octobre 2023 à propos de la Norvège, par exemple) que les glaciers fondent à une vitesse incroyable partout dans le monde, ce qui ouvre un nouveau champ de recherche : l’archéologie glaciaire. Des artefacts, des corps et des virus conservés dans la glace depuis des millions d’années refont surface aujourd’hui. La fonte des glaciers permet également aux archéologues d’explorer des zones autrefois trop dangereuses à atteindre.
À l’heure actuelle, les randonneurs et les alpinistes tombent sur de mystérieux objets anciens dans les Alpes suisses et leurs découvertes intéressent les archéologues. De l’Âge de fer à l’époque romaine en passant par le Moyen Âge, les gens traversaient les cols recouverts de glace dans les Alpes avec des vaches, des mules, de l’huile, du vin, des skis, des armes et bien d’autres denrées. Leurs biens, perdus ou abandonnés, refont maintenant surface à mesure que les glaciers fondent, et ils nous donnent des indications intéressantes sur les civilisations et les époques passées.
La Suisse compte plus de glaciers que tout autre pays européen, et ils reculent rapidement avec la hausse des températures. En 2022 et 2023, le pays a perdu 10 % de son volume glaciaire.
Les personnes qui trouvent des artefacts sur la glace les gardent parfois comme souvenirs. Par exemple, une statue en bois est restée accrochée au mur du salon d’un alpiniste pendant près de 20 ans avant qu’un conservateur de musée s’en aperçoive et obtienne sa restitution. L’alpiniste avait trouvé la statue dans l’eau de fonte d’un glacier en 1999 et l’avait décapée avec des produits de nettoyage modernes, ce qui aurait pu endommager l’objet. Les archéologues ont tout de même réussi à dater le bois qui appartient au 1er ou 2e siècle avant JC, autrement dit l’Âge de fer.
Au fur et à mesure que la glace fond et que les découvertes s’accélèrent, les archéologues de la ville de Sion (Suisse) collectent ces objets à des fins de recherche. Le Musée d’Histoire du Valais est à l’avant-garde dans le nouveau domaine de l’archéologie glaciaire. Le musée a même présenté ses objets dans une exposition itinérante. Au fur et à mesure de leur arrivée, les découvertes glaciaires sont entreposées dans un congélateur géant au sous-sol du bâtiment.
Les découvertes d’objets sur les glaciers permettent d’en savoir davantage sur l’histoire humaine et l’économie ancienne de la région, mais leur interprétation constitue un défi car il n’existe aucune structure, route, ville ancienne ou autre objet pouvant offrir des indices sur les origines ou la finalité d’un artefact. Certaines découvertes sont des mystères entiers. Les bâtons et les statues en font partie. Certains bâtons datent de l’époque des Romains, qui utilisaient les Celtes comme guides sur les glaciers et pour traverser les Alpes. Les archéologues travaillent sur la datation des bâtons au Carbone 14. A l’image des statues, de nombreux objets glaciaires sont constitués de matériaux organiques – bois, matières végétales, cuir – qui se dégradent rapidement à basse altitude quand ils ne sont plus emprisonnés dans la glace.
D’autres découvertes, comme les biens ayant appartenu à un homme du 17ème siècle, mettent en lumière l’économie ancienne des Alpes. Après avoir passé au crible ses beaux vêtements, ses pièces de monnaie du nord de l’Italie et ses armes en provenance de l’Allemagne actuelle, les archéologues pensent qu’il s’agit d’un marchand. Deux mulets dont les restes ont été découverts à proximité transportaient peut-être ses marchandises. Les archéologues dont persuadés que l’homme est mort dans un accident, par exemple en tombant dans la crevasse d’un glacier. Il représente un instantané d’une économie ancienne qui s’étendait à travers les Alpes. Pendant des siècles, les gens ont franchi au péril de leur vie des cols et des glaciers dangereux pour atteindre des zones habitées de l’autre côté des montagnes.
Certains artefacts pourraient être porteurs de maladies disparues depuis longtemps, comme la peste noire. Les archéologues doivent donc être prudents et se laver les mains après avoir manipulé des restes d’animaux ou de personnes, car ils pourraient être porteurs de virus ou d’autres microbes encore vivants après avoir été congelés. Les chercheurs ont déjà découvert des virus restés actifs dans les glaciers tibétains et le pergélisol arctique. J’expliquais dans un article que le dégel du pergélisol en Sibérie avait libéré de l’anthrax qui a infecté des dizaines de personnes et tué un enfant en 2016. Plus inquiétant, la grippe espagnole était toujours présente dans les cadavres de mineurs norvégiens enterrés au Svalbard.
De nombreux objets sont très fragiles une fois que la glace qui les entoure a fondu. Les archéologues doivent donc se dépêcher de les analyser. Comme je l’ai indiqué plus haut, dès qu’ils ressortent à la surface d’un glacier, le cuir et autres matières organiques peuvent être détruits par les éléments et l’eau de fonte en seulement deux ans. Pour sauver le plus grand nombre possible d’objets, les archéologues ont créé une application – IceWatcher – permettant aux randonneurs et alpinistes de faire part de leurs découvertes et les confier aux archéologues. Une trentaine ont été signalées sur l’application au cours de ses deux premières années.
Source  : Business Insider via Yahoo Actualités.

Pointe de flèche en quartzite découverte en Norvège suite à la fonte d’un glacier. (Crédit photo: Espen Finstad/secretsoftheice.com)

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I have exlained in several posts (January 28th, 2018, October 3rd, 2023 about Norway, for instance) that glaciers are melting at an incredible speed around the world, and they have opened up a new field of research : glacial archaeology. Artifacts, bodies, and viruses frozen deep in ice for millions of years are now emerging to the surface. Melting glaciers are also allowing archaeologists to explore areas that were once too dangerous to reach.

Today, hikers and mountaineers are stumbling on mysterious ancient objects in the Swiss Alps, and their discoveries are keeping archaeologists busy. From the Iron Age to the Ancient Romans to the Middle Ages, people travelled across the Alps’s icy mountain passes with cows, mules, oil, wine, skis, weapons, and more. Their lost or abandoned belongings are now surfacing as the mountains’ glaciers melt, revealing clues about past civilizations and eras.

Switzerland has more glaciers than any other European country, and they are receding quickly as global temperatures rise. In 2022 and 2023, the country lost 10% of its total glacier volume.

People who find unique artifacts lying on the ice sometimes take them as keepsakes. For instance, a wooden statue hung on a mountaineer’s living room wall for nearly 20 years before a museum curator saw an old email about it and reached out. The mountaineer had found the statue soaked in meltwater in 1999 and wiped it down with modern cleaning products, which may have damaged the ancient object. Archaeologists managed to date the wood to the 1st or 2nd century BC, the Iron Age.

As the ice melts and discoveries accelerate, archaeologists in the town of Sion collect these objects for research. The Valais History Museum is at the forefront of the new field of glacial archaeology. The museum has even sent its artifacts on a traveling glacial archaeology exhibit. Glacial findings are hidden in a giant freezer in the basement of the building.

Findings from glaciers are revealing more about human history and ancient economies in the region, but it is a challenge as there are are no structures, roads, ancient cities, or other objects that can offer clues about an artifact’s origins or purpose. Some discoveries are total mysteries. The sticks and the statues are two of them. Some sticks date to the time of the Romans, who used the Celtics as guides over the glaciers and through the Alps. Archaeologists are working on radiocarbon dating the sticks. Like the statue, many glacier artifacts are organic materials – wood, plant materials, leather – that don’t survive well at lower altitudes where they aren’t frozen.

Other discoveries, like the belongings of a 17th-century man, shed light on the ancient Alps economy. Based on his fine clothes, coins from Northern Italy, and weapons from present-day Germany, the archaeologists think he was a merchant. Two mules whose remains were discovered nearby may have been carrying his wares. Archaeologists suspect the man died in an accident, such as falling into a crevasse in the glacier. He’s a snapshot of an ancient economy that stretched across the Alps. For centuries, people have braved treacherous cols and glaciers to reach settlements on the other side of the mountains.

Some artifacts could carry long-extinct diseases like the Black Plague, so archaeologists have to be careful and wash their hands after handling the remains of animals or people since they could carry viruses or other microbes that are still viable from being frozen. Researchers have previously found active viruses frozen in Tibetan glaciers and Arctic permafrost, tens of thousands of years old. I explained in a post that thawing permafrost in Siberia released anthrax that infected dozens of people and killed a child in 2016. More worrying, the Spanish flu’ was still present in the corpses of Norwegian miners buried in Svalbard.

Many objects are vulnerable once the ice around them melts. Archaeologists have to hurry.

As I put it above, as soon as they melt out to the surface of a glacier, leather and other organic materials can be destroyed by the elements and the meltwater in just two years. To help save as many objects as possible, the archaeologists created an app – IceWatcher – for hikers to report their findings. Hikers reported about 30 discoveries on the app in its first two years.

Source : Business Insider via Yahoo News.

Le réchauffement climatique allonge les jours // Global warming is making days longer

Dans une note publiée le 14 mai 2024, j’écrivais que la rotation de la Terre semble ralentir. Cela est dû à l’intensification de la fonte des glaces au Groenland et en Antarctique, qui diminue la vitesse angulaire de la Terre. En effet, l’eau des pôles est redistribuée dans les océans,ce qui modifie le moment d’inertie de notre planète.

Une nouvelle étude publiée le 16 juillet 2024 dans les Actes de la National Academy of Sciences confirme cette situation, ajoutant que « l’impact du réchauffement climatique d’origine humaine est si important qu’il perturbe la notion de temps.» La fonte des glaces polaires causée par la hausse des températures modifie la vitesse de rotation de la Terre et augmente la durée de chaque journée, une tendance qui devrait s’accélérer au cours de ce siècle car le réchauffement de la planète ne ralentit pas. Le changement est minime – quelques millisecondes par jour – mais dans notre monde de haute technologie et hyperconnecté, cela a un impact important sur les systèmes informatiques sur lesquels nous nous appuyons, y compris le GPS.
Le nombre d’heures, de minutes et de secondes que compte chaque journée sur Terre est dicté par la vitesse de rotation de notre planète, qui est influencée par un ensemble complexe de facteurs. Il s’agit notamment des processus dans le noyau fluide de la Terre, de l’impact de la fonte d’immenses glaciers après la dernière période glaciaire, ainsi que de la fonte des glaces polaires due au réchauffement climatique.
Depuis des millénaires, la Lune joue un rôle majeur, augmentant la durée d’une journée de quelques millisecondes par siècle. En effet, la Lune exerce une attraction sur la Terre, ce qui provoque le gonflement des océans et ralentit progressivement la rotation de la Terre.
Les scientifiques ont déjà établi des liens entre la fonte des glaces polaires et des journées plus longues, mais la nouvelle étude montre que le réchauffement climatique a une plus grande influence sur le temps que l’ont montré des études récentes. Tout se passe comme suit : à mesure que nous réchauffons la planète, les glaciers et les calottes glaciaires fondent et l’eau de fonte s’écoule des pôles vers l’équateur. Cela modifie la forme de la planète, l’aplatissant aux pôles et la rendant plus bombée en son milieu, ce qui ralentit sa rotation. Le processus est souvent comparé à un patineur sur glace. Lorsqu’il ramène ses bras vers son corps, il tourne plus vite. Mais s’il les écarte, sa rotation ralentit.
L’équipe qui a réalisé la dernière étude, composée de scientifiques internationaux, a pris en compte une période de 200 ans, entre 1900 et 2100. Les chercheurs ont utilisé des données d’observation et des modèles climatiques pour comprendre comment le réchauffement climatique a affecté la durée des journées dans le passé et comment cela a pu se prolonger par la suite. Ils ont constaté que l’impact du réchauffement climatique sur la durée de la journée a considérablement augmenté.
L’élévation du niveau de la mer a fait varier la durée d’une journée entre 0,3 et 1 milliseconde au 20ème siècle. Au cours des deux dernières décennies, l’augmentation de la durée de la journée est passée à 1,33 millisecondes par siècle, « une hausse nettement plus significative qu’à n’importe quel moment du 20ème siècle ».
Si le réchauffement des océans et l’accélération de la fonte des glaces au Groenland et en Antarctique se poursuivent, cette augmentation de la durée de la journée va s’accélérer. Si le monde ne parvient pas à maîtriser les émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement climatique pourrait augmenter la durée d’une journée de 2,62 millisecondes d’ici la fin du siècle, dépassant ainsi l’ impact naturel de la Lune.
Quelques millisecondes supplémentaires par jour sont imperceptibles pour les humains, mais cela a un impact sur la technologie. Des mesures précises du temps sont essentielles pour le GPS, ainsi que pour d’autres systèmes de communication et de navigation. Ils utilisent un temps atomique très précis, basé sur la fréquence de certains atomes.
Source  : CNN via Yahoo Actualités.

La fonte des glaces polaires a un impact significatif sur la vitesse de rotation de la Terre (Photo : C. Grandpey)

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In a post published on May 14th, 2024, I indicated that Earth’s rotation appears to be slowing down. This is due to the increased melting of ice in Greenland and Antarctica which is decreasing the Earth’s angular velocity. This is because water from the poles is being redistributed throughout the oceans, thereby changing our planet’s moment of inertia.

A new research published on July 16th, 2024 in the Proceedings of the National Academy of Sciences confirms this situation, adding that « the impacts of human-caused global warming are so overwhelming they are actually messing with time. » Polar ice melt caused by global warming is changing the speed of Earth’s rotation and increasing the length of each day, in a trend set to accelerate over this century as humans continue to warm our planet. The changes are small — a matter of milliseconds a day — but in our high-tech, hyperconnected world have an important impact on computing systems we have come to rely on, including GPS.

The number of hours, minutes and seconds making up each day on Earth are dictated by the speed of the Earth’s rotation, which is influenced by a complex knot of factors. These include processes in the planet’s fluid core, the ongoing impact of the melting of huge glaciers after the last ice age, as well as melting polar ice due to global warming.

For millennia, the impact of the moon has dominated, increasing the length of a day by a few milliseconds per century. The moon exerts a pull on Earth causing the oceans to bulge towards it, gradually slowing Earth’s rotation.

Scientists have previously made connections between polar ice melt and longer days, but the new research suggests global warming is a bigger influence on time than recent studies have shown. It works like this: As humans warm the world, glaciers and ice sheets are melting, and that meltwater is flowing from the poles toward the equator. This changes the planet’s shape, flattening it at the poles and making it bulge more in the middle, slowing its rotation. The process is often compared to a spinning ice skater. When the skater pulls their arms in towards their body, they spin faster. But if they move their arms outwards, away from their body, their spin slows.

The team of international scientists who made the study looked at a 200-year period, between 1900 and 2100, using observational data and climate models to understand how global warming has affected day length in the past and to project its role in future. They found the impact of global warming on day length has increased significantly.

Sea level rise caused the length of a day to vary between 0.3 and 1 milliseconds in the 20th century. Over the past two decades, however, the scientists calculated an increase in day length of 1.33 milliseconds per century, “significantly higher than at any time in the 20th century.”

If the warming of the oceans and the acceleration of ice loss in Greenland and Antarctica continue, the rate of change is set to soar. If the world is unable to rein in emissions, global warming could increase the length of a day by 2.62 milliseconds by the end of the century, overtaking the natural impacts of the moon.

A few milliseconds of additional time a day may be imperceptible to humans but it has an impact on technology. Precise timekeeping is vital for GPS, as well as other communication and navigation systems. These use highly precise atomic time, based on the frequency of certain atoms.

Source : CNN via Yahoo News.

Antarctique : fonte glaciaire plus rapide que prévu // Antarctica : glacial melting faster than predicted

J’ai écrit plusieurs notes sur ce blog (le 29 mai 2024, par exemple) expliquant que la glace de l’Antarctique fond parce que les eaux plus chaudes de l’océan Austral minent les plates-formes glaciaires par en dessous.

Source: British Antarctic Survey

Une nouvelle étude du British Antarctic Survey (BAS), publiée dans la revue Nature Geoscience, nous explique que cette fonte est plus rapide qu’on ne le pensait jusqu’à présent. Cela signifie que les modèles informatiques actuels utilisés pour prévoir la fonte des plates-formes glaciaires en Antarctique ont probablement sous-estimé le phénomène. Une fonte plus rapide des plates-formes glaciaires pourrait provoquer des inondations plus tôt que prévu dans les zones côtières et entraîner la disparition de certaines îles de très basse altitude.
L’étude est au moins la deuxième en cinq semaines à expliquer que l’eau plus chaude de l’océan Austral pourrait faire fondre les glaciers et des plates-formes glaciaires antarctiques plus rapidement que prévu. Les scientifiques s’efforcent aujourd’hui d’améliorer les modèles utilisés pour planifier l’élévation du niveau de la mer.
L’eau plus chaude de l’océan Austral peut pénétrer sur de longues distances au-delà de la « zone d’ancrage » des glaciers sur le substrat rocheux. C’est à cet endroit que cette eau plus chaude s’infiltre aujourd’hui de plus en plus profondément sous les plates-formes glaciaires. L’étude indique que cela pourrait avoir des « conséquences dramatiques » en contribuant à l’élévation du niveau de la mer.
Les auteurs affirment avoir identifié le risque d’un nouveau point de basculement (‘tipping point‘ en anglais) dans la fonte des plates-formes glaciaires de l’Antarctique, ce qui signifie que leurs projections concernant l’élévation du niveau de la mer sont très probablement sous-estimées.
Les plates-formes glaciaires sont très sensibles à la fonte de la zone d’ancrage des glaciers et un très petit changement de la température de l’océan peut provoquer une très forte augmentation de la fonte de cette zone, ce qui entraînerait une accélération de l’écoulement des glaciers en amont.

Source: British Antarctic Survey

Les derniers travaux du BAS font suite à une étude indépendante publiée en mai (voir ma note du 29 mai) et qui a révélé une « fonte accélérée » du glacier Thwaites. Cette étude, publiée dans les Actes de la National Academy of Sciences, a donné des preuves visibles que l’eau de mer chaude vient miner le glacier.
Les plates-formes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland glissent progressivement vers l’océan et forment une zone en bord de la mer où la fonte peut se produire. Les scientifiques ne cessent de rappeler que la fonte le long de cette zone est un facteur majeur de l’élévation du niveau de la mer dans le monde. L’eau qui s’introduit sous une plate-forme glaciaire ouvre de nouvelles cavités et ces cavités laissent passer davantage d’eau, ce qui fait fondre des portions de glace encore plus grandes. Des augmentations minimes de la température de l’eau peuvent accélérer ce processus, mais les modèles informatiques utilisés par le GIEC et d’autres organismes n’en tiennent pas compte.
L’auteur principal de l’étude du BAS explique qu’il y a beaucoup plus d’eau de mer qui s’infiltre sous les glaciers côtiers qu’on ne le pensait auparavant, ce qui les rend « plus sensibles au réchauffement des océans et plus susceptibles de disparaître dans le mer ». Il ajoute qu’il faudrait aussi accorder plus d’importance aux marées qui aggravent le phénomène.
Ces études, ainsi que d’autres, qui soulignent une plus grande sensibilité des glaciers de l’Antarctique aux eaux océaniques plus chaudes signifient que l’élévation du niveau de la mer au cours du prochain siècle sera beaucoup plus importante – peut-être deux fois plus importante – que prévu.
Source : USA Today via Yahoo Actualités.

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I have written severak posts on this blog (29 May 2024, for instnce) explaining that Antarctica was melting because the warmer waters of the Southern Ocean were undermining the ice shelves from below. A new study by the British Antarctic Survey, published in the journal Nature Geoscience, warns that this melting is faster than previously thought. This means current computer models used to predict ice-sheet melt activity in Antarctica may have underestimated the phenomenon. Faster ice sheet melting could bring greater flooding sooner than expected to coastal communities and cause some low-level islands to disappear.

The study is at least the second in five weeks to report that warmer ocean water may be helping to melt ice in glaciers and ice sheets faster than previously modeled. Scientists are working to improve these crucial models that are being used to help plan for sea level rise.

Relatively warmer ocean water can intrude long distances past the « grounding zone » where ground-based ice meets the sea and floating ice shelves, seeping between the land underneath and the ice sheet. The study warns this could have « dramatic consequences » in contributing to rising sea levels.

The authors say they have identified the possibility of a new tipping-point in Antarctic ice sheet melting, which means their projections of sea level rise might be significant underestimates.

Ice sheets are very sensitive to melting in their grounding zone and a very small change in ocean temperature can cause a very big increase in grounding zone melting, which would lead to a very big change in flow of the ice above it.

The latest research follows an unrelated study published in May that found « vigorous melting » at Antarctica’s Thwaites Glacier. ( see my post of ) That study, published in the Proceedings of the National Academy of Sciences, reported visible evidence that warm seawater is pumping underneath the glacier.

The land-based ice sheets in Antarctica and Greenland gradually slide toward the ocean, forming a boundary at the edge of the sea where melting can occur. Scientists report melting along these zones is a major factor in rising sea levels around the globe. Water intruding under an ice sheet opens new cavities and those cavities allow more water, which in turn melts even larger sections of ice. Small increases in water temperature can speed up that process, but the computer models used by the IPCC and others don’t account for that.

The lead author of the previous study explains that there is much more seawater flowing into the coastal glaciers than previously thought and it makes them « more sensitive to ocean warming, and more likely to fall apart as the ocean gets warmer. » He adds that more importance should be given to the tides which make the problem more significant.

These and other studies pointing at a greater sensitivity of Antarctic glaciers to warm water means that sea level rise this coming century will be much larger than anticipated, and possibly up to twice larger.

Source : USA Today via Yahoo News.