Glaciers alpins en juillet 2017 : (6) Les glaciers de Grindelwald (Suisse)

Au cœur des Alpes Bernoises, Grindelwald est une station de ski dont la réputation n’est plus à faire. Située dans la région de la Jungfrau et au pied de la face nord de l’Eiger, elle est entourée par plusieurs glaciers qui, comme leurs voisins alpins se réduisent comme peau de chagrin. Il suffit d’observer le Glacier Inférieur de Grindelwald (Unterer Grindelwaldgletscher) pour s’en rendre compte. En 1973, il présentait encore une longueur d’environ 8,3 kilomètres et une superficie de 20,8 km2. Le glacier a considérablement diminué depuis, avec une longueur de seulement 6,2 kilomètres en 2015. Le recul est particulièrement flagrant depuis 2007. Au milieu du 19ème siècle, il remplissait la vallée jusqu’à Mettenberg, un quartier à l’est de Grindelwald. En 1900, il occupait encore toute la vallée avec une épaisseur d’environ 300 mètres jusqu’à une altitude de 1.700 mètres. Vers 2000, il atteignait encore la gorge entre l’Eiger et le Mättenberg. Aujourd’hui, il faut des jumelles pour scruter la surface de la glace depuis la vallée.

Photos: C. Grandpey

Glaciers alpins en juillet 2017 : (5) Le Glacier du Rhône (Suisse)

Le Glacier du Rhône est situé à l’extrémité nord-est du canton du Valais et on peut y accéder en suivant la route de la Furka, un de ces cols mythiques qui fait rêver les cyclotouristes, catégorie à laquelle j’appartiens.

Comme les glaciers des Bossons et d’Argentière et comme la Mer de Glace, le Glacier du Rhône subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Des repères montrent le niveau qu’il atteignait au cours des dernières décennies. Il faut descendre près du village de Gletch pour trouver le panneau qui marque le point où arrivait le glacier en 1856. Depuis cette époque, il a aussi perdu 350 mètres d’épaisseur, et près de 40 mètres pour la seule dernière décennie.

Chaque année, le Glacier du Rhône perd entre 5 et 7 mètres d’épaisseur et on estime que son volume aura diminué de moitié d’ici la fin de la prochaine décennie. Il est probable qu’à la fin du siècle il ne reste plus que 10% du volume de glace actuel.

Contrairement à la fonte des glaces polaires, la fonte des glaciers alpins aura un impact négligeable sur le niveau des océans. En revanche, elle aura des effets dramatiques en Europe, où les Alpes jouent le rôle d’un château d’eau, stockant de l’eau en hiver pour la libérer en été et alimenter fleuves et rivières. Si la fonte des glaces s’accélère, les fleuves verront leurs niveaux augmenter, des inondations auront lieu ; ensuite, au milieu du siècle, les niveaux baisseront de façon dramatique.

Quand on avance sur le chemin qui conduit au Glacier du Rhône, on est surpris de voir une portion d’un blanc immaculé. On pense tout d’abord qu’il s’agit d’une vaste plaque de neige résiduelle. En y regardant mieux, on se rend compte que le glacier a été recouvert d’immenses couvertures afin de freiner sa fonte au niveau de la grotte qui est creusée chaque année depuis  1870, comme à la Mer de Glace. Les couvertures sont censées réduire la fonte de 70%.  Elles vont la ralentir pendant un an ou deux, puis il faudra retirer les couvertures car la glace en dessous aura disparu. Un lac de fonte s’est formé devant le front en pente douce du glacier. C’est son déversoir qui donne naissance au jeune Rhône…

Voici le Glacier du Rhône…

Des repères montrent sa hauteur passée…

Des couvertures blanches protègent la grotte de glace…

La Grotte Bleue…

Le front du glacier…

Ainsi naît le Rhône!

Photos: C. Grandpey

Glaciers alpins en juillet 2017 : (2) La Mer de Glace

Comme le Glacier des Bossons, j’ai découvert la Mer de Glace en août 1956 en compagnie de mes parents. Le petit garçon que j’étais à cette époque était impressionné par la masse imposante du glacier que l’on atteignait pratiquement en sortant du train à crémaillère du Montenvers. Il suffisait d’emprunter un sentier de quelques centaines de mètres pour atteindre l’ouverture de la grotte qui était déjà taillée dans la glace à cette époque. Je me souviens parfaitement de la passerelle en planches qui enjambait une profonde crevasse à la belle couleur bleue.

Aujourd’hui, la Mer de Glace est à marée basse, très basse. Le glacier n’avance plus et sa surface s’abaisse année après année. Il a fallu construire un téléphérique puis un escalier de plusieurs niveaux pour atteindre la grotte que l’on s’efforce de préserver car sa seule présence représente  une manne financière non négligeable. Des bâches blanches ont été étalées pour freiner la fonte de la glace autour de l’entrée.

Tout au long de l’escalier en fer, des repères rappellent le niveau de la glace au cours des décennies et des années passées. Un ouvrier qui s’évertuait à évacuer la glace de fonte près de la glace m’a confié qu’il faudrait probablement ajouter un niveau de marches pour atteindre la Mer de Glace en 2018. Il suffit de jeter un coup d’oeil à l’encaissant du glacier pour se rendre compte de la chute rapide de son niveau. Les marques sur la roche ne trompent pas. L’absence de crevasses confirme que le glacier n’avance plus. Je ne suis guère optimiste. Arrivera un moment où l’accès à la grotte deviendra quasiment impossible. Il faudra se contenter de la vue depuis la superbe terrasse panoramique où le blanc de la glace est de plus en plus remplacé par la couleur marron des matériaux descendus des flancs de la montagne…

Voici quelques photos montrant la Mer de Glace en 1956 :

En 1982 :

En 2017:

Photos: G. & C. Grandpey

 

Le Spitzberg (Norvège) fond lui aussi // Svalbard (Norway) is melting away too

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, le changement et le réchauffement climatiques se font sentir très fortement dans l’Arctique, que ce soit en Alaska, au Groenland ou au Spitzberg. Le Spitzberg (aussi appelé Svalbard par les Anglo-saxons), est un archipel norvégien dans l’Océan Arctique. Situé au nord de l’Europe continentale, il se trouve à mi-chemin entre la Norvège et le pôle Nord.
L’automne 2016 au Spitzberg n’a ressemblé en rien à ses prédécesseurs. Le thermomètre a affiché une dizaine de degrés au-dessus de la normale pour cette période de l’année. Il y a eu beaucoup de pluie pendant les mois d’octobre et de novembre, ce qui est inhabituel à cette latitude. Ces anomalies climatiques inquiètent fortement les habitants de Longyearbyen, le principal centre administratif de cet archipel norvégien ; ils se posent des questions sur leur avenir.

Au Spitzberg, la glace fait partie intégrante des écosystèmes, de la société, même de la terre elle-même. En 2016, elle a été aux abonnés absents. En novembre, la glace de mer aurait dû envelopper l’archipel. Au lieu de cela, l’écharpe de glace est restée à des centaines de kilomètres au nord.
Au lieu du vent très froid qui balaye la glace, c’est aujourd’hui la mer qui régit la météo au Spitzberg, avec des pluies de plus en plus abondantes. Entre octobre 2015 et octobre 2016, l’archipel a reçu 64% de pluies de plus que la normale. Il y a même eu une tempête qui a entraîné l’évacuation d’une partie de Longyearbyen à cause du risque de glissement de terrain. En décembre 2015, un homme a été tué lorsqu’une avalanche a enseveli une dizaine de maisons.
Les glaciers, qui prennent habituellement du volume à la fin de l’automne et de l’hiver, reculent de plus en plus ; la pluie s’infiltre et fait fondre la glace. On réalise la fonte du glacier Waggonwaybreen à travers des photos prises entre 1900 et 2015 (voir ci-dessous). Les glaciers du Spitzberg ne font pas que reculer ; ils perdent aussi une soixantaine de centimètres d’épaisseur chaque année
Les habitants attendent les résultats d’un rapport du gouvernement norvégien sur les modifications subies par le paysage. Il se peut que certains secteurs de Longyearbyen soient déclarés dangereux et que les maisons doivent être déplacées. Cependant, certains habitants accueillent les changements avec optimisme. Ils espèrent voir de nouvelles industries comme la pêche à la morue toute l’année ou l’arrivée des crabes des neiges qui vivent habituellement plus au sud.
Ce climat plus chaud sonne le glas de nombreuses espèces qui dépendent de la glace pour leur vie ou leur survie. Les oiseaux de l’Arctique dont en constante diminution et ils sont dépassés en nombre par des espèces venues du sud. L’avenir des ours polaires est incertain car leur population connaît un sursaut depuis l’interdiction de chasse instaurée en 1973. Pas sûr qu’il y ait assez de nourriture pour tous les plantigrades.
Source: Climate Change News.

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As I put it several times before, climate change and global warming are felt very strongly in the Arctic, whether it is in Alaska, Greenland or Svalbard. Svalbard, formerly known by its Dutch name Spitsbergen, is a Norwegian archipelago in the Arctic Ocean. Situated north of mainland Europe, it is about midway between continental Norway and the North Pole.

Autumn 2016 in Svalbard was like no other before. It was about 10°C above the normal for this time of the year. And there was plenty of rain throughout October and November, which is quite unusual at this latitude. For residents of Longyearbyen, the main settlement on the Norwegian archipelago, the weirdness reverberates through the community, causing fear and uncertainty.

Ice in Svalbard is an integral part of ecosystems, society, even the land itself. But in 2016, it failed utterly. By November, the great arms of the Arctic sea ice would normally have wrapped the archipelago. But the ice fringe remained hundreds of kilometres to the north.

Instead of bitterly cold wind driven across the ice, the sea is now governing the weather in Svalbard, bringing more and more rain. Between October 2015 and October 2016, the archipelago was hit by 64% more rain than normal. After a storm, a portion of Longyearbyen was evacuated because of fears of a landslide. In December 2015, a man was killed when an avalanche buried about 10 houses.

The glaciers, which grow through the late autumn and winter are retreating and the rain breaks the ice apart. The melting of the Waggonwaybreen glacier can be seen through photographs of the years 1900 and 2015 (see below). Svalbard’s glaciers are not only retreating, they are also losing about 60 centimetres of their thickness each year

Residents await the results of a Norwegian government report into the changing landscape. It may decide that some parts of the town are unsafe and have to be moved. However, some residents welcome the changes. There is the prospect of new industries, such as a year-round cod fishery or the arrival of the lucrative snow crabs from the south.

But for many of the species that rely on the ice, this competition from warmer climes is a death knell. Arctic bird species are plummeting in number as they are outmatched by southerners. The effect on the polar bears is uncertain because the population is still rebounding since a hunting ban was put in place in 1973.

Source: Climate Change News.

Des images qui se passent de commentaires…

Photo: Svalbard

Andreas Weith