Sinabung (Ile de Sumatra / Indonésie)

drapeau francaisL’activité éruptive du Sinabung décline progressivement et les villageois dont les fermes se trouvent en dehors de la zone de sécurité d’un rayon de 5 km continuent à revenir chez eux. Selon le VAAC de Darwin, les panaches de cendre atteignent encore des altitudes comprises entre 3,5 et 4,5 km avant de s’étirer le plus souvent vers l’E-NE sur 25 à 45 km.

Le 24 février, 16 361 personnes résidaient encore dans 34 centres d’évacuation.

Source : Global Volcanism Network.

drapeau anglaisActivity at Mt Sinabung is decreasing progressively and villagers outside the 5-km evacuation zone continue to return to their homes. According to the Darwin VAAC, the ash plumes are rising up to 3.5 -4.5 km a.s.l. on average and usually drifting 25-45 km E-NE. On February 24th, 16,361 people remained in 34 evacuation shelters.

Source : Global Volcanism Network

L’Indonésie est-elle prête à affronter une catastrophe volcanique? // Is Indonesia ready to face a volcanic disaster?

drapeau francaisAlors que l’Indonésie doit faire face aux conséquences des deux éruptions du Sinabung et du Kelud, les experts scientifiques se demandent si le pays est bien équipé pour affronter les menaces que représentent tous les volcans de l’archipel.
Au moins 24 personnes ont été tuées au cours des deux dernières éruptions. 17 personnes sont mortes lorsque le Sinabung s’est manifesté et l’éruption du Kelud a fait 7 victimes supplémentaires. Plus de 130 000 personnes ont été déplacées à la suite des deux catastrophes.
Chaque province indonésienne possède sa propre agence de gestion des catastrophes, mais les niveaux varient. Dans l’est de Java, où se dresse le Kelud, le niveau de gestion des risques est acceptable. Beaucoup de vies ont été sauvées au cours des dernières éruptions, en sachant que la zone située autour du volcan est habitée par des centaines de milliers de personnes.
Dans le cas du Sinabung, la plupart des gens ne connaissaient pas le comportement du volcan qui était resté en sommeil pendant des siècles.
L’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB) a travaillé avec les organismes locaux et les ONG sur des programmes visant à préparer les populations à de tels événements. Il s’agit notamment d’identifier les menaces, former des responsables locaux et effectuer des simulations et des exercices, tout en établissant une cartographie des risques et une quantification des populations susceptibles d’être touchées.
Cependant, les gouvernements locaux ne consacrent qu’une petite partie de leurs budgets à la gestion des catastrophes, bien que les choses aient tendance à s’améliorer.
Les récentes éruptions peuvent être considérés comme des événements mineurs. L’Agence nationale de gestion des catastrophes se demande comment le pays réagirait si une éruption majeure comme celle du Krakatau en 1883 avait eu lieu aujourd’hui. Comme l’a déclaré un responsable : « Le plus grand aéroport du pays serait paralysé. Si l’éruption devait durer des mois, l’économie serait réduite à néant. L’Indonésie doit encourager la modélisation scientifique, y compris les simulations, pour estimer les pertes et les coûts humains dans le cas d’une éruption majeure comme celle du Krakatau ».
Les systèmes de surveillance sont corrects, avec des capteurs installés sur la plupart des volcans du pays, mais les autorités doivent inclure ces données de surveillance dans leurs programmes d’évaluation des risques, y compris les scénarios d’éruptions, et mettre sur pied des plans de reconstruction.
Selon la BNPB, au moins 197 personnes ont été tuées pendant les dernières catastrophes qui ont pris la forme d’inondations, glissements de terrain, éruptions volcaniques à travers tout le pays depuis Janvier 2014.

Source : The Jakarta Globe.

La plupart de mes sources sur ce qui se passe en Indonésie proviennent de journaux locaux ou nationaux. Il faut être prudent avec le contenu de ces articles car ces médias cautionnent souvent la politique du gouvernement.
Voici un lien vers un article (en anglais) qui donne une vision différente de l’aide fournie aux populations après l’éruption du mont Kelud :
http://dissidentvoice.org/2014/02/kelud-volcano-tears-washing-ash-away/

Voici quelques extraits :
L’une des victimes de l’éruption du Kelud raconte : « Je suis tombée malade avant l’éruption du Kelud. L’éruption était énorme et spectaculaire. Ensuite, rien ne s’est passé pendant deux nuits, rien en termes d’opérations de sauvetage ou d’aide substantielle du gouvernement ou de l’armée. La cendre était partout ; le toit et même les murs de ma maison ont été endommagés. Et toujours rien, presque rien du gouvernement ! Il n’y avait pas d’ambulances et de camions militaires. Regardez autour de ce village – il n’y a rien ici « .
Voici une autre partie du texte :
« Plusieurs antennes médicales mises en place par l’armée indonésienne juste en face du complexe de gouvernement à Wates (une ville près de Kediri et à une vingtaine de kilomètres de Sugihwaras) sont propres et, selon les normes locales, bien équipées. Le seul problème semble être qu’elles sont vides. Pas totalement vides, bien sûr. Sur les lits, il y a plusieurs médecins civils et militaires en train de dormir. D’autres sont inoccupés et discutent. En voyant mes deux appareils photo professionnels, certains font tout juste l’effort de se lever, mais cela semble être trop pénible ; ils se remettent vite sur le dos et couvrent leurs visages avec leurs bérets.
Les bottes des médecins militaires sont impeccables. Il est évident qu’ils n’ont pas marché dans la cendre, le sable ou la poussière au cours de la journée.
Derrière les tentes, on peut voir des dizaines de gros camions militaires sans personne à bord. Des centaines de véhicules – camions, motos et 4 × 4 d’intervention – sont dispersés autour de la zone.
Non loin de ces tentes médicales, un groupe de sauveteurs erre sans but précis. Ces gens portent des blousons jaunes. Des masques à gaz sont placés soigneusement sur leurs visages. Il va sans dire que les masques ne sont guère utiles ici car les fortes pluies ont emporté cendre et sable dans cette partie de la régence de Kediri il y a plusieurs heures « .
Plus loin dans l’article, on peut lire à propos de la visite du président indonésien dans les camps :
« Presque tous les réfugiés sont rentrés chez eux … pour réparer les toits et pour nourrir les animaux. Mais quand SBY (le Président) a annoncé son arrivée, les militaires ont commencé le ramassage et à les ramener vers les camps à l’aide de camions. Le gouvernement local a également insisté pour que les réfugiés retournent dans ces abris, afin de créer une atmosphère montrant qu’il y a des gens, beaucoup de gens, auxquels ont est venu en aide … Les élections sont proches et le gouvernement est loin d’être populaire. C’est une publicité gratuite pour ceux qui sont au pouvoir ici, et à Jakarta « .

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drapeau anglaisAs Indonesia deals with the aftermath of the two eruptions of Mt Sinabung and Mt Kelud , experts question whether the country is well-equipped to face the threats from all the volcanoes that dot the archipelago.

At least 24 people have been killed in the two eruptions. 17 people died when Mount Sinabung erupted and Mount Kelud killed 7 more. More than 130,000 people were displaced as a result of the two disasters.

Each Indonesian province has its own disaster management agency and but levels of preparedness vary. In East Java, where Mount Kelud is, the level of preparedness is good. Many lives were saved in the latest eruptions even though the area around the volcano is inhabited by hundreds of thousands of people.

In the case of Sinabung, most people were unfamiliar with the habits of the volcano which had been dormant for hundreds of years.

The National Disaster Mitigation Agency (BNPB) has worked with local agencies and NGOs on preparedness programs at community level. These include identifying threats, providing training to local officials and conducting simulations and drills, risk mapping and quantifying populations likely to be affected.

However, local governments only spend tiny portions of their budgets on disaster management, but things are improving.

The recent eruptions can be considered as small-scale events. The National Disaster Mitigation Agency wonders how the country would react if a major eruption like that of Krakatau in 1883 occurred today. Said one official: “The country’s biggest airport would be paralyzed. If the eruption were to last for months, the economy would shut down. Indonesia needs to boost scientific modelling, including simulations, to estimate casualties and human costs in the event of a major eruption such as Krakatau”.

Monitoring systems are adequate, with sensor equipment installed at volcanoes nationwide, but authorities needed to actually use this monitoring data in their risk and hazard assessment programs, including eruption scenarios, and in formulating reconstruction plans.

According to the BNPB, at least 197 people have been killed in disasters, including flooding, landslides, and volcanic eruptions nationwide since January 2014.

Source: The Jakarta Globe.

Most of my sources about what happens in Indonesia are the local or national newspapers. One needs to be careful when dealing with these articles as these media are often approving the government’s policy.

Here is a link to an article (in English) that gives a different view of the help provided to the populations after the eruption of Mt Kelud:

http://dissidentvoice.org/2014/02/kelud-volcano-tears-washing-ash-away/

Here are some excerpts, with the testimonies of some victims of the eruption :

“I got sick before Mount Kelud exploded. The eruption was enormous, and it was spectacular. Then, nothing happened for two nights; nothing in terms of rescue operations or some substantial help from the government or the military (TNI). Ash was everywhere, the roof and even the walls of my house got damaged. And still nothing, almost nothing from the government! There were no ambulances and no military trucks. Look around this village – there is nothing here.”

Here is another part of the text:

“Several mobile medical tents set up by the Indonesian military (TNI) right in front of the government complex in Wates (a town near the city of Kediri and some 20 kilometers from Sugihwaras), are clean and by local standards, well equipped. The only problem appears to be that they are empty. Not totally empty, of course. On the cots, there are several TNI medics and doctors, sleeping. Others are aimlessly chatting. Seeing my two professional cameras, some make a feeble attempt to get up, but that appears to be too taxing, and they soon fall back onto their backs, and cover their faces with berets.

The boots of the military medics are shining. It is obvious that they had not encountered any ash, sand, or dust, in the course of the day.

Behind the tents, dozens of heavy military trucks stand in absolute idleness. Hundreds of vehicles: trucks, motorbikes and rescue 4×4’s are scattered around the area.

Not far from those medical tents, a group of rescue workers hang around aimlessly. People are wearing yellow windbreakers. Gasmasks are firmly placed over their faces. It goes without saying that there is not much need for gasmasks here, as heavy rain washed away most of the ash and sand from this part of Kediri Regency, several hours ago.”

Further down in the article, about the Indonesian President’s visit to the camps:

“Almost all the refugees went home… to fix their roofs, and to feed their animals. But when SBY announced his arrival, the military began collecting them, bringing them back, using trucks. The local government also put pressure on the refugees to return back to these shelters, to create an atmosphere that people, many people, are being helped here…Elections are nearing and the government is far from popular. This is all free advertisement for those in power here, and in Jakarta.”

Kelud (Indonésie): Baisse du niveau d’alerte

drapeau francaisSuite au déclin d’activité du volcan, le niveau d’alerte du Kelud a été abaissé hier jeudi. Il est passé d’AWAS à SIAGA, le troisième niveau sur une échelle de 4. Suite à cette nouvelle situation, la zone d’exclusion a également été réduite de 10 kilomètres à cinq kilomètres. Cependant, des milliers de personnes évacuées étaient déjà rentrées chez elles, à l’intérieur de la zone de danger. Mercredi soir, le nombre total de personnes évacuées se trouvant dans des abris était de 28 492.
Comme je l’ai indiqué précédemment, des milliers de maisons (plus de 5000 selon les derniers chiffres) ont été détruites ou endommagées par l’éruption et l’agriculture a été durement touchée elle aussi.
L’aéroport de Surakarta a rouvert hier. Il faisait partie des sept aéroports de Java qui ont été fermés en raison de la cendre volcanique.

Source: The Jakarta Post.

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drapeau anglaisAs of Thursday, the alert status of Mount Kelud has been downgraded from the highest level, (Awas) to Siaga as the volcanic activity has gradually decreased. Under the new alert status the exclusion zone has also been reduced from 10 kilometres to five kilometres. However, thousands of evacuees have already returned home within the danger zone. As of Wednesday evening the total number of evacuees still housed in shelters was 28,492.
As I put it before, thousands of houses (more than 5,000, according to the latest figures) have been destroyed or damaged by the eruption and agriculture has been severely hit too.
Surakarta Airport reopened on Thursday. It was among seven airports in Java that were closed due to the volcanic ash.

Source: The Jakarta Post.

Kelud-webcam

Le cratère du Kelud vu par la webcam.

Les victimes du Sinabung (Ile de Sumatra / Indonésie) // Mount Sinabung’s victims

drapeau francaisC’est bien de montrer des photos spectaculaires des éruptions volcaniques ; c’est très médiatique et les gens s’extasient devant les gerbes incandescentes, les panaches de cendre et les coulées pyroclastiques. Ce qu’ils ont tendance à oublier – et beaucoup moins de photos sont mises en ligne pour l’illustrer – c’est que des milliers de gens souffrent et ont parfois tout perdu pendant les éruptions.

C’est ce qui se passe sur le Sinabung où la cendre a causé des dégâts considérables, que ce soit à la population ou à l’économie de la région, grosse productrice de fruits et légumes.

Suite à l’éruption – qui n’est toujours pas terminée – le gouvernement indonésien a décidé de reloger définitivement les 1255 habitants, soit 137 familles, qui occupaient trois villages (Sukameriah, Bekerah et Simacem) dans la zone de danger d’un rayon de 3 km autour du cratère du cratère. Les maisons ont été très sérieusement endommagées et la cendre a rendu la terre totalement impropre à la culture.

Les villageois seront déplacée en vertu de la même politique de relogement – le modèle Rekompak – adoptée lors de l’éruption du Merapi en 2010. Le projet prévoit d’accorder à chaque famille 100 mètres carrés de terre. Chaque maison possèdera un séjour, deux chambres et une salle de bain et sera construite en respectant les normes parasismiques et en prévoyant une bonne circulation de l’air.

A côté de cela, le Ministère de la Forêt a offert 9000 hectares de forêts aux réfugiés qui devraient recevoir prochainement 2300 têtes de bétail ainsi que des plants de légumes destinés à faire repartir l’agriculture. Il faut espérer que le gouvernement tiendra ses promesses.

L’éruption du Sinabung n’est pas la seule catastrophe à avoir frappé l’Indonésie ces derniers temps. Inondations et glissements de terrain ont entraîné d’autres évacuations de populations. On estime que 10 406 hectares de terres agricoles ont été endommagés par toutes ces catastrophes, avec des pertes financières considérables.

Source : Presse indonésienne.

A noter que la NASA a mis en ligne deux photos du Sinabung prises depuis l’espace par le satellite Earth Observing-1. Elles permettent de voir le volcan avant l’éruption (cliché du 7 juin 2013) et après (photo du 6 février 2014).

 http://earthobservatory.nasa.gov/NaturalHazards/view.php?id=83080&eocn=home&eoci=nh

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drapeau anglaisIt’s very pleasant to show dramatic pictures of  volcanic eruptions; these are highly publicized and people marvel at the glowing ejections, ash plumes and pyroclastic flows. What they tend to forget – and very few photos are uploaded to illustrate it – is that thousands of people are suffering and have sometimes lost everything during the eruptions.
This is happening on Mount Sinabung where the ash has caused considerable damage, either to the population or to the economy of the region that produces huge amounts of fruit and vegetables.
Following the eruption – which is not over yet – the Indonesian government has decided to relocate permanently 1,255 inhabitants, or 137 families, who were living in three villages (Sukameriah , Bekerah and Simacem) in the danger zone with a 3-km radius around the Sinabung crater. The houses were seriously damaged and the ash made ​​the earth totally unfit for cultivation .
The villagers will be displaced according to the same relocation policy – the Rekompak model – that as adopted during the eruption of Mount Merapi in 2010. The project aims to give each family 100 square metres of land. Each house will have a living room, two bedrooms and a bathroom; it will be built in accordance with the seismic standards and provided good air circulation .
Besides this, the Ministry of Forestry has offered 9,000 hectares of forest to the refugees who should also receive 2,300 heads of livestock, as well as vegetable plants intended to give the  agriculture a new start. It is hoped that the government will keep its promises.
The eruption of Mount Sinabung is not the only disaster to have hit Indonesia in recent times. Floods and landslides have caused further evacuations of populations. An estimated 10,406 hectares of farmland have been damaged by these disasters, with considerable financial losses.

Source: Indonesian newspapers.

NASA has released 2 great photos of Mount Sinabung taken from space by the Earth Observing-1 satellite. They show the volcano before the eruption (7 June 2013) and after (5 February 2014).

 http://earthobservatory.nasa.gov/NaturalHazards/view.php?id=83080&eocn=home&eoci=nh

Sinabung-2

Crédit photo:  NASA.