Histoire de gaz : des puits de pétrole à l’activité de l’Etna // A story of gas : from oil wells to activity on Mt Etna

Suite à ma note du 27 mars 2021 sur l’importance des gaz volcaniques dans le processus éruptif de l’Etna, un fidèle visiteur de mon blog a apporté des éclaircissements supplémentaires extrêmement intéressants.

Dans le courrier qu’il m’a obligeamment envoyé ces derniers jours, il fait référence « à la lointaine époque où il apprenait son métier dans une entreprise d’exploitation pétrolière. » Il a alors eu accès à un document décrivant diverses techniques d’extraction du pétrole et, parmi celles-ci, la technique dite du « gas-lift », ou « bubble-pump », qui consiste à rendre artificiellement éruptif un puits de pétrole qui ne l’est pas, ou qui ne l’est plus. Il « suffit » pour cela d’injecter au fond du puits, à la base de la colonne de remontée du pétrole, des bulles de gaz sous pression…
Le document fait toutefois remarquer qu’il ne faut pas voir dans cette technique le fait que les bulles, qui ont tendance à remonter spontanément vers la surface, entraînent dans leur remontée le pétrole dans lequel elles « baignent.» C’est leur présence au sein de la colonne de pétrole qui permet de l’alléger et facilite sa remontée.

Intuitivement, on comprend facilement que, pour faire remonter le liquide contenu dans une colonne verticale, il est nécessaire de vaincre le poids total du liquide contenu dans cette colonne ; or, si l’on parvient à y ajouter du gaz en quantité importante, sous forme de bulles, le poids total du liquide contenu dans la colonne diminue, et le liquide peut remonter sous l’action d’une poussée beaucoup plus faible. C’est ce qui permet l’extraction du pétrole d’un puits où la pression est insuffisante, ou bien de faire remonter l’eau d’une nappe captive dont la pression est trop faible.

On peut aussi voir le phénomène d’un point de vue différent, en considérant la pression. Si la colonne « allégée » par la présence de gaz est bloquée à son sommet, même partiellement, on observe que la pression intérieure au sommet de la colonne est beaucoup plus élevée qu’à l’extérieur. Pour faire le calcul intuitivement, on peut s’appuyer sur le fait que l’on aura la même différence de pression si toutes les bulles sont regroupées en une ou plusieurs poches de gaz de grande extension ; or on observe que la pression à l’intérieur d’une poche de gaz – à peu près immobile – est la même partout, et que si la poche a une grande extension verticale, la pression dans la partie supérieure est extrêmement proche de celle qui règne dans la partie inférieure ; on dit alors que le gaz transmet intégralement les pressions. En conséquence, si l’on a dans la colonne une succession de poches de gaz, la pression à la base de chaque poche est transmise à son sommet, et de proche en proche, cela peut conduire à une pression extrêmement élevée au sommet de la colonne.

A partir de ces constations dans l’univers du pétrole, on peut extrapoler et penser que l’ascension du magma dans la cheminée d’un volcan  peut être facilitée par un phénomène analogue, du fait de la présence de gaz dissous ou de vapeur d’eau sous forte pression. Une pression colossale en provenance des profondeurs expliquerait sur l’Etna l’apparition de ces fontaines de lave de plusieurs centaines de mètres de hauteur. Cela expliquerait sur d’autres volcans le risque d’explosion catastrophique d’un dôme formant un bouchon dans un cratère obstrué.

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Following my post of March 27th, 2021 on the importance of volcanic gases in Mt Etna’s eruptive process, a visitor to my blog has sent me some extremely interesting additional insight. In his kind letter to me over the past few days, he refers to « the distant days when he was learning his trade in an oil company. He then “had access to a document describing various oil extraction techniques and, among these, the technique known as » gas-lift « , or » bubble-pump « , which consists in artificially giving a new life to an oi well which was not, or no longer active. To reach this goal, it “suffices” to inject pressurized gas bubbles at the bottom of the well, at the base of the oil column.

The document points out, however, that this technique should not be understood as the fact that the bubbles, which tend to rise spontaneously to the surface, carry along as they rise the oil in which they « bathe. » It is their presence in the oil column that lightens it and facilitates its ascent.

Intuitively, it is easy to understand that, in order to bring up the liquid contained in a vertical column, it is necessary to overcome the total weight of the liquid contained in this column; however, if gas is successfully added to it in large quantities, in the form of bubbles, the total weight of the liquid in the column decreases, and the liquid can rise again under the action of a much lower thrust. This is what allows oil to be extracted from a well where the pressure is insufficient, or to raise water from a captive aquifer whose pressure is too low …

One can also see the phenomenon from a different point of view, looking at the pressure. If the column that is « lightened » by the presence of gas is blocked at its top, even partially, one can observe that the internal pressure at the top of the column is much higher than at the outside. To do the calculation intuitively, one can rely on the fact that there will be the same pressure difference if all the bubbles are grouped together in one or more large gas pockets; however, one can observe that the pressure inside a gas pocket – almost motionless – is the same everywhere, and that if the pocket has a large vertical extension, the pressure in the upper part is extremely close to that in the lower part; one can then say that the gas fully transmits the pressure. Consequently, if there is a succession of gas pockets in the column, the pressure at the base of each pocket is transmitted to its top, and step by step, this can lead to an extremely high pressure at the top of the column..

From these observations in the world of oil, one can extrapolate and think that the ascent of magma in the conduit of a volcano can be facilitated by a similar phenomenon, due to the presence of dissolved gas or vapour submitted to high pressure. A huge pressure from the depths would account for the lava fountains several hundred metres high on Mt Etna. This would also explain on other volcanoes the risk of a catastrophic explosion when a dome forming a plug is obstructing a crater.

Photo : C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

L’activité sismique à La Soufrière de St Vincent se caractérise depuis quelque temps par de petits événements de basse fréquence associés à la croissance du dôme. A noter toutefois qu’un nouvel essaim de séismes volcano-tectoniques (VT) a été enregistré le 5 avril 2021. L’essaim a été localisé à une profondeur d’environ 6 km sous le sommet du volcan. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M 3,9. Il y a eu neuf autres événements VT dans l’essaim avec des magnitudes de M 3,0 ou plus.

Comme indiqué précédemment, le nouveau dôme continue de croître à la fois dans la partie du volcan sous le vent (leeward) et celle exposée au vent (windward). Les émissions de gaz les plus importantes se situent au sommet du dôme ainsi que dans les zones de contact entre le dôme de 1979 et le nouveau dôme.

Un survol du dôme le 19 mars 2021 avait révélé qu’un volume de 6 291 084 mètres cubes de nouveau matériau était venu s’ajouter au dôme depuis les dernières observations du 12 février.

Le niveau d’alerte reste à l’Orange. Aucun ordre d’évacuation n’a été émis à ce jour.

Voici une vidéo du dôme réalisée à l’aide d’un drone :

https://www.facebook.com/watch/?v=208031224456347

Source : UWI.

 Source : UWI

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L’éruption du Pacaya (Guatemala) continue, avec une activité explosive dans le cratère Mackenney qui émet des colonnes de cendres, de vapeur et de gaz qui s’élèvent jusqu’à 3000 – 4000 mètres d’altitude. Des matériaux son éjectés du cratère jusqu’à 150 mètres de hauteur.

L’activité effusive sur le flanc ouest se poursuit avec la réactivation du front de coulée de lave à La Breña. La coulée s’est à nouveau déplacé vers l’ouest, tandis que le front au niveau de la ferme de Campo Alegre s’est arrêté. La longueur totale de la coulée dépasse 3000 mètres. La coulée de lave présente plusieurs branches qui provoquent des incendies dans la végétation et les cultures qu’elle rencontre, ainsi que la destruction de bâtiments et l’interruption des routes. La lave s’approche dangereusement des villages d’El Patrocinio, San Vicente Pacaya. Il est prévu d’essayer de canaliser la lave si la menace se précisait.

Les autorités mettent en garde sur le danger que représentent les blocs qui se détachent des fronts de coulées, mais aussi sur la toxicité des gaz volcaniques.

Source : INSUVUMEH.

Vue du panache et des coulées de lave sur le Pacaya (Crédit photo : INSIVUMEH)

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En Indonésie, le dôme de lave juste en dessous de la lèvre SO du Merapi continue de croître avec des avalanches de matériaux le long du flanc du volcan. Le volume du dôme de lave 2021 est estimé à 950 000 mètres cubes, avec un taux de croissance d’environ 13 000 mètres cubes par jour. Les coulées pyroclastiques et les avalanches incandescentes parcourent encore sur 1 à 2 km le flanc sud-ouest.

Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est prié de rester à 5 km du sommet.

Source: VSI.

 

 (Source : Presse internationale)

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Dans la conclusion de son bulletin mensuel pour le mois de mars 2021, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) explique que  l’augmentation de la sismicité et la reprise de l’inflation de l’édifice volcanique observées depuis le 13 mars 2021 sont la preuve de la réalimentation et la pressurisation du réservoir magmatique superficiel par des remontées de fluides profonds. Ce processus de recharge  peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que le toit du réservoir ne se fragilise et ne se rompe en donnant lieu à une éruption. Il se peut aussi que le processus cesse sans donner lieu à brève échéance à une éruption. L’Enclos a été de nouveau ouvert au public.

Photo : G. Grandpey

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Une nouvelle fracture éruptive s’est ouverte vers midi (heure locale) le 5 avril 2021 près du site éruptif dans la Geldingadalur (Islande). On estime que la fissure mesure environ 200 mètres de long et que sa partie centrale se trouve à environ un kilomètre au nord-est de l’éruption dans la Geldingadalur. La lave de la nouvelle fissure s’écoule vers la vallée de Merardalir.

Comme il n’y a pas d’émission de téphra et de cendres dans l’atmosphère, le Met Office islandais affirme qu’il n’y a aucun danger imminent pour l’aviation. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne pour l’aéroport de Keflavik reste Orange.

En raison de la nouvelle situation, le site éruptif dans la Geldingadalur a été fermé au public.

Source: Icelandic Met Office.

Capture d’écran de la webcam dans la Merardalir

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Sur l’Etna (Sicile), la série de paroxysmes continue avec une 17ème crise éruptive les 31 mars et 1er avril 2021. L’événement a adopté son processus habituel avec fontaines de lave dans le Cratère SE et plusieurs coulées de lave, mais il a duré plus longtemps que les précédents. La plupart ont terminé leur course dans la Valle del Bove. De volumineux panaches de cendre ont atteint 9000 m d’altitude et entraîné la fermeture temporaire de l’aéroport de Catane. Des retombées de cendre et de lapilli ont été observées dans la partie SO du volcan. L’activité strombolienne se poursuit dans les autres cratères sommitaux.

Source : INGV.

Retombées de cendres sur le sommet de l’Etna (Photo : C. Grandpey)

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Le Kilauea (Hawaï) est toujours en éruption dans le cratère de l’Halema’uma’u. La lave sort d’une bouche sur le côté nord-ouest du cratère. Le lac de lave a une profondeur d’environ 225 m et reste immobile sur sa moitié est. Il est toujours impossible de l’apercevoir depuis les postes d’observation ouverts au public. Les émissions de SO2 restent élevées avec 1200 t / jour.

Par ailleurs, deux séismes ont été enregistrés sur les pentes du Mauna Loa le 3 avril 2021 juste avant midi. Un événement de M 4.3 a été localisé sous le flanc sud du Mauna Loa à 11h15 (heure locale). Il a été précédé d’une autre secousse de M 3.9 à peu près au même endroit à 11h02. L’épicentre du séisme de M 4.3 a été localisé à 4,8 km au nord-ouest de Pāhala, près de Wood Valley, à une profondeur d’environ 8 km sous le niveau de la mer.

Selon le HVO, les séismes n’ont eu aucun effet apparent sur le Mauna Loa ou le Kilauea.

Source: HVO.

Cratère de l’Halema’uma’u le 24 mars 2021 (Crédit photo : HVO)

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L’Alaska Volcano Observatory a diffusé deux message successifs à propos du Veniaminof (Aléoutiennes / Alaska). Le premier bulletin rédigé fin mars 2021 indiquait que l’éruption qui avait commencé fin février 2021 semblait marquer une pause. Aucune émission de cendre ou de vapeur n’était visible. La température de surface correspondait à la chaleur résiduelle des coulées de lave récemment observées. Aucune sismicité significative n’était détectée. La couleur de l’alerte aérienne a donc été abaissée à JAUNE et le niveau d’alerte volcanique à ADVISORY (surveillance conseillée).

Le 5 avril, l’AVO a revu sa position. A cause d’une hausse de la sismicité et de possibles émissions de cendre, la couleur de l’alerte aérienne est repassée à Orange et le niveau d’alerte volcanique à WATCH (Vigilance).

 

Le Veniaminof le 11 mars 2021 (Crédit photo : AVO)

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Les pluies torrentielles provoquées par une tempête tropicale ont déclenché de puissants lahars sur les pentes du Mt Lewotolo (Indonésie)le 4 avril 2021 au matin. On déplore 67 morts, en particulier dans les villages de Lamawolo et Jontona.

Selon les informations fournies par la station de surveillance du Lewotolo, les volcanologues avaient averti les villageois que des lahars pouvaient les menacer et leur avaient demandé de quitter les villages.

Source : The Jakarta Post.

L’éruption du Lewotolo en novembre 2020 vue par le satellite Sentinel-2 de l’Agence Spatiale Européenne.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Seismic activity at St Vincent’s La Soufriere is usually characterized by small low-frequency events associated with the growth of the dome. However, it should be noted that a new swarm of volcano-tectonic (VT) earthquakes was recorded on April 5th, 2021. The swarm has been located at a depth about 6 km below the summit of the volcano. The largest event had a magnitude of M 3.9. There were nine other VT quakes in the swarm with magnitudes of M 3.0 or more.

The new dome continues to grow towards both the leeward and windward sides of the volcano with the most active gas emissions being at the top of the dome, as well as the contact areas between the pre-existing 1979 and the new dome.

As indicated previously, a drone survey conducted on March 19th, 2021 had revealed that a volume of 6,291,084 cubic metres of new material had been added to the dome since the last survey on February 12th.

The alert level remains at Orange. No evacuation order or notice has been issued.

Here is a video of the dome shoy with a drone:

https://www.facebook.com/watch/?v=208031224456347

Source: UWI.

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The eruption of Pacaya (Guatemala) continues, with explosive activity within the Mackenney crater that emits columns of ash, steam and gas that rise up to 3000 – 4000 meters above sea level. Materials are ejected from the crater to a height of 150 metres.

Effusive activity on the western flank continues with the reactivation of the lava flow front at La Breña. The flow again moved west, while the front at the Campo Alegre farm has come to a halt. The total length of the lava flow exceeds 3000 metres. Lava flows cause fires in the vegetation and crops they encounter, as well as the destruction of buildings and disruption of roads. The lava is approaching dangerously the villages of El Patrocinio, San Vicente Pacaya. It is planned to try to channel the lava if the threat becomes higher.

The authorities warn of the danger represented by the blocks coming off the flow fronts, but also of the toxicity of volcanic gases.

Source: INSUVUMEH.

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In Indonesia, the lava dome just below Merapi‘s SW rim continues to grow and send material down the volcano’s flank. The 2021 lava dome volume is estimated at 950,000 cubic metres, with a growth rate of about 13,000 cubic metres per day. Pyroclastic flows and incandescent avalanches still travel about 1-2 km down the SW flank.

The alert level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 5 km from the summit.

Source: VSI.  

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 In the conclusion of its monthly report for March 2021, OVPF explains that the continuous edifice inflation recorded from mid-March 2021 on Piton de la Fournaise (Reunion Island), in combination with increased seismicity levels since March 13th is indicative of

refilling and pressurization of the shallow magma reservoir by deep fluids. This recharging process can take several days to weeks before the roof of the reservoir weakens and ruptures, triggering an eruption. However, this process can also stop without giving rise to an eruption in the short term.

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 A new eruptive fissure opened around noon (local time) on April 5th, 2021 near the eruptive site in Geldingadalur (Iceland). The fissure is about 200 meters long and its central part is about one  kilometre northeast of the eruption in Geldingadalur. Lava from the new fissure flows towards the Merardalir Valley.

Since there is no emission of tephra and ash into the atmosphere, the Icelandic Met Office says there is no imminent danger to aviation. As a result, the aviation colour code for Keflavik Airport remains Orange.

Due to the new situation, the eruptive site in Geldingadalur has been closed to the public.

Source: Icelandic Met Office.

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On Mt Etna (Sicily), the series of paroxysms continues with a 17th eruptive crisis on March 31st and April 1st, 2021. The event followed its usual process with lava fountains in the SE Crater and several lava flows, but it lasted longer than the previous ones. Most of them travelled into the Valle del Bove. Voluminous ash plumes reached 9,000 m a.s.l. and caused the temporary closure of Catania airport. Ash and lapilli fell in the SW part of the volcano. Strombolian activity continues in the other summit craters.

Source: INGV.

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Kilauea (Hawaii) is still erupting in Halema’uma’u Crater with lava emitted by a vent on the northwest side of the crater. The lava lake is about 225 m deep and remains stagnant over its eastern half. It still cannot be seen from the public observation posts. SO2 emission rates remain elevated at 1,200 t/day.

It should be noted that two earthquakes struck the slopes of Mauna Loa on April 3rd, 2021 just before noon.

An M 4.3 event was located beneath Mauna Loa’s south flank at 11:15 am (local time). It was preceded by an M 3.9 quake at approximately the same location at 11:02 am.

The M 4.3 earthquake epicentre was 4.8 km NW of Pāhala, near Wood Valley, with a depth of approximately 8 km below sea level.

According to HVO, the earthquakes had no apparent effect on Mauna Loa or Kilauea volcanoes.

Source: HVO.

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The Alaska Volcano Observatory has released two reports about Veniaminof (Aleutians / Alaska). The first bulletin, written at the end of March 2021, indicated that the eruption which had started at the end of February 2021 appeared to be marking a pause. No emission of ash or vapour was observed. The surface temperature corresponded to the residual heat of recent lava flows. No significant seismicity was detected. The aviation colour code was therefore lowered to YELLOW and the volcanic alert level to ADVISORY.

On April 5th, AVO reconsidered its position. Due to increased seismicity and possible ash emissions, the aviation colour code was again raised to Orange and the volcanic alert level to WATCH.

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Because of the torrential rains triggered by a tropical storm, lahars rushed on the slopes of Mount Lewotolo (Indonesia) on the morning of early April 4th, 2021, killing 67 people. Lahars on the slopes of Lewotolo volcano hit the villages of Lamawolo and Jontona.

Based on the information provided by the Lewotolo monitoring post, volcanologists had warned villagers that they were prone to lahar flows and had asked to evacuate.

Source : The Jakarta Post.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Les Salinelle di Paternò et leur relation avec l’activité de l’Etna // The Salinelle di Paternò and their connection with Mt Etna’s activity

Un article récemment publié sur le site Focus Sicilia aborde le comportement des Salinelle di Paternò sur le flanc sud de l’Etna et leur relation avec l’activité éruptive du volcan. C’est un sujet qui a également été abordé avec Boris Behncke et Rosario Faraci lors de la conversation « Mamma mia » sur YouTube samedi.

Il y a quelques années, j’ai effectué des observations sur ce site où l’eau bouillonne et d’où s’échappent des gaz. Mon étude est intitulée « Les émanations gazeuses sur les basses pentes de l’Etna. » Vous pourrez en lire le résumé en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/les-emanations-gazeuses-sur-les-basses-pentes-de-letna/

Avant que je m’attarde sur le site – à l’époque très boueux – plusieurs études avaient déjà établi un lien entre le comportement des salinelle et l’activité éruptive sur l’Etna. On avait observé que lorsque les Salinelle di Paternò augmentaient leur bouillonnement, l’activité de l’Etna s’intensifiait généralement quelques semaines ou quelques mois plus tard, avec des éruptions, des explosions et des paroxysmes.

Cette relation entre les salinelle et le volcan a encore été observée ces derniers temps, comme l’a confirmé un géochimiste de l’INGV de Catane, spécialiste de l’étude géochimique des fluides, en particulier sur le site de Paterno. Le scientifique explique que la corrélation entre la Salinelle di Paternò et l’Etna est indirecte. Il explique que «le cratère le plus actif des Salinelle est entré dans une phase très dynamique en novembre 2020. Il montre un bouillonnement résultant principalement du dioxyde de carbone provenant du réservoir magmatique profond situé presque au niveau du manteau terrestre. Actuellement l’eau, très salée, présente en surface une température d’environ 40 degrés Celsius. Elle a même atteint 50°C dans le passé. On estime que la nappe phréatique qui alimente le site de Paterno se trouve à environ un kilomètre de profondeur, avec une température d’environ 120 degrés». Cette eau a un réel potentiel géothermique qui pourrait être exploité pour la production d’énergie. On parle depuis des décennies de l’utilisation de ce site unique au monde, mais ces dernières années, il a été abandonné et envahi par des déchets de toutes sortes. Les Salinelle di Paternò ont enfin été nettoyées et sont désormais protégées. Il existe un projet d’intensification de la surveillance scientifique par l’INGV et, une fois réhabilité, le site pourrait être ouvert au public en 2022.

Source: Focus Sicilia.

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An article recently published on the Focus Sicilia website deals with the behaviour of the Salinelle di Paternò on the southern flank of Mt Etna and their relationship to the eruptive activity of the volcano. A few years ago, I made observations on this site where the water is boiling and where gases are escaping. My study is entitled « Gaseous Emanations on the Low Slopes of M Etna. »You can read the summary by clicking on this link:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/les-emanations-gazeuses-sur-les-basses-pentes-de-letna/

 Before I went to work on the site – at the time very muddy – several studies had already established a link between the behaviour of salt marshes and eruptive activity on Mt Etna. Observations showed that when the Salinelle di Paternò increased their bubbling, activity at Mt Etna usually intensified a few weeks or months later, with eruptions, explosions and paroxysms.

This relationship between the salinelle and the volcano has been observed again recently, as confirmed by a geochemist at the INGV of Catania, a specialist in the geochemical study of fluids, in particular at the Paterno site. The scientist explains that the correlation between the Salinelle di Paternò and Mt Etna is indirect. He explains that “the most active crater of the Salinelle entered a very dynamic phase in November 2020. It shows a bubbling resulting mainly from carbon dioxide coming from the deep magma reservoir located almost at the level of the Earth’s mantle. Currently the water, very salty, has a surface temperature of around 40 degrees Celsius. It even reached 50°C in the past. It is estimated that the water table that feeds the Paterno site is about one kilometre deep, with a temperature of around 120 degrees Celsius”. This water has a real geothermal potential which could be exploited for energy production. There has been talk for decades about the use of this unique site in the world, but in recent years it has been abandoned and invaded by waste of all kinds. The Salinelle di Paternò have finally been cleaned and are now protected. There is a plan to intensify scientific monitoring by INGV and, once rehabilitated, the site could be open to the public in 2022.

Source: Focus Sicilia.

Photos : C. Grandpey

La cendre et les lapilli de l’Etna // Mt Etna’s ash and lapilli

Le 17ème paroxysme de l’Etna est maintenant complètement terminé. Il a été particulièrement long. C’est d’ailleurs le plus long de la série qui a débuté le 16 février 2021. L’INGV précise que les coulées de lave apparues lors de cet événement sont maintenant inactives et en cours de refroidissement. Comme lors des paroxysmes précédents, l’Etna a vomi de volumineux panaches de cendre qui ont entraîné la fermeture momentanée de l’aéroport de Catane. Une couche de lapilli d’environ 1 cm d’épaisseur a été observée dans le secteur du Refuge Sapienza et les balais ont repris du service dans la région de Catane.

Le journal La Sicilia s’attarde sur une étude publiée dans Nature Geoscience.sur la formation des cendres et des lapilli de l’Etna. Des chercheurs appartenant à plusieurs organismes de recherche dont l’INGV de Catane expliquent que « le magma fluide de volcans basaltiques comme l’Etna et le Stromboli se fragmente tel un verre qui tombe à terre. Comme ce magma est fluide, de nombreuses fractures se recomposent, ce qui réduit la quantité de cendre émise et donc son impact sur les populations qui vivent autour des volcans. »

En étudiant les échantillons de matériaux émis par un grand nombre d’éruptions basaltiques, les scientifiques ont découvert que dans tous les échantillons il y avait des cristaux microscopiques brisés par la fragmentation du magma. La morphologie de ces cristaux révèle que le magma basaltique, apparemment fluide, est en fait fragile et se fragmente comme un verre qui se brise en tombant. Il est aussi très intéressant de remarquer que le magma est encore à l’état de fusion lors de sa fragmentation, de sorte que la plupart des fractures parviennent à se « recomposer », ce qui réduit la quantité de cendres émise par le volcan. Selon les auteurs de l’étude, les résultats obtenus permettront d’estimer le nombre et la taille des particules émises lors des futures éruptions. De plus, ces nouvelles observations aideront à mieux comprendre la dynamique des éruptions passées.

Source : La Sicilia, INGV.

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Etna’s 17th paroxysm is now completely over. It was particularly long. It was the longest in the series which began on February 16th, 2021. INGV specifies that the lava flows that appeared during this event are now inactive and in the process of cooling. As in previous paroxysms, Mt Etna emitted voluminous plumes of ash which caused the temporary closure of Catania airport. A layer of lapilli about 1 cm thick was observed in the Refuge Sapienza area and brooms are back in service in the Catania region.

The local newspaper La Sicilia tells about a study published in Nature Geoscience on the formation of ash and lapilli from Mt Etna. Researchers from several research organizations including the INGV of Catania explain that “the fluid magma of basaltic volcanoes like Etna and Stromboli shatters like falling glass. As this magma is fluid, many fractures recompose, which reduces the amount of ash emitted and therefore its impact on the populations living around volcanoes.”

By studying samples of materials emitted by a large number of basalt eruptions, scientists found that in all samples there were microscopic crystals shattered by the fragmentation of magma. The morphology of these crystals reveals that the basaltic magma, apparently fluid, is in fact brittle and shatters like glass when falling. It is also very interesting to note that the magma is still in the state of fusion during its fragmentation, so that most of the fractures manage to « recompose », which reduces the amount of ash emitted by the volcano. According to the study’s authors, the results obtained will make it possible to estimate the number and size of particles emitted during future eruptions. In addition, these new observations will help to better understand the dynamics of past eruptions.

Source: La Sicilia, INGV.

Panache de cendre émis lors du 16ème paroxysme

Emissions de cendre de la Voragine (Photo : C. Grandpey)