L’INGV et l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus utilisée en sismologie et en volcanologie où elle pourrait contribuer à la prévision des séismes et des éruptions, événements parfois destructeurs. J’ai publié une note le 28 juillet 2024 et une autre le 18 mars 2025 expliquant comment les scientifiques utilisent l’IA. J’ai également ajouté que son utilisation dans la prévision volcanique et pour d’autres phénomènes naturels semble prometteuse.

On peut lire sur le site de l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV) que l’Institut italien a mis sur pied le projet SAFARI, acronyme de « An artificial intelligence-based StrAtegy For volcAno hazard monItoring from space » (Une stratégie basée sur l’intelligence artificielle pour la surveillance des risques volcaniques depuis l’espace). Le projet a été lancé en 2023 avec l’objectif de développer une stratégie intégrée de surveillance des risques volcaniques directement depuis l’espace.

Pour ce faire, les scientifiques utilisent des données satellitaires issues de capteurs optiques, thermiques et micro-ondes, comparées aux données collectées quotidiennement par les réseaux de surveillance terrestres dans les zones volcaniques.

Des chercheurs de l’INGV et d’autres organismes scientifiques ont développé ces méthodologies innovantes sur quatre volcans actifs : l’Etna et le Vulcano en Italie, le Nyiragongo en République Démocratique du Congo et le Sangay en Équateur. Ces deux derniers systèmes volcaniques sont considérés comme très dangereux et sont situés dans des zones reculées, où les satellites constituent souvent le principal outil de surveillance.

Les principaux aspects du projet sont les suivants.

Mieux voir pour mieux cartographier : l’IA « nettoie » les images radar.
L’un des problèmes des images SAR (radar à synthèse d’ouverture) est la présence de bruit de signal qui rend les images souvent granuleuses et difficiles à interpréter. Les chercheurs ont appliqué un filtre innovant qui a permis à l’IA de faire disparaître les composantes perturbatrices. En appliquant cette technique aux données SAR de l’éruption du Sangay en 2021, le système a pu améliorer la qualité des images acquises par le satellite Sentinel-1, en éliminant les anomalies parasites.

Prédiction autonome en temps réel de la trajectoire des coulées de lave
L’un des objectifs les plus ambitieux du projet était d’automatiser et d’accélérer les simulations de propagation des coulées de lave, afin de générer des cartes des risques. Le nouveau système a utilisé les valeurs de débit estimées par satellite à une résolution spatiale de 1 à 3 km pour reproduire l’extension du front de coulée, elle-même dérivée des données satellitaires à une résolution spatiale de 20 à 30 mètres. Ces données permettent de prédire l’évolution du champ de lave plusieurs jours à l’avance. L’analyse a posteriori a testé la capacité du modèle à produire des cartes de plus en plus précises des risques liés aux invasions de lave.

Comparaison entre la réalité et la simulation du champ de lave de l’Etna en éruption entre le 13 mai et le 6 juin 2022. Dans l’image a) le trait noir délimite la coulée de lave réelle du 29 mai, tandis qu’en b), il délimite celle du 6 juin. La carte colorée représente le scénario de probabilité élaboré par l’IA pour prédire l’évolution du champ de lave après 7 jours d’activité. Les zones rouge foncé indiquent les régions où le modèle a calculé une probabilité de coulée de lave proche de 100 % entre le 13 et le 29 mai, ce qui témoigne d’une forte concordance avec les données réelles. Les triangles jaunes et rouges indiquent respectivement l’emplacement des bouches éruptives réelles et prédites par le modèle.

L’IA résout le problème des nuages « transparents »
Connaître la hauteur exacte d’un nuage volcanique est essentiel pour la sécurité des aéronefs qui survolent une zone volcanique. Pour l’Etna, l’équipe du projet SAFARI a créé, à l’aide de milliers d’images satellites, un système capable de distinguer automatiquement les couleurs correspondant aux émissions de lave et aux nuages générés par l’activité explosive. Ce même système est capable de calculer en temps réel la hauteur de la colonne éruptive.

La comparaison entre ces deux images révèle (à droite) une nette amélioration avec l’aide de l’IA de la capacité à observer et à distinguer un nuage de cendres de l’Etna le 4 mars 2021. L’algorithme a identifié et isolé avec précision (en rouge) les pixels contenant des cendres volcaniques, permettant ainsi au système de calculer automatiquement la hauteur et l’étendue de la colonne éruptive, sans intervention humaine.

L’intelligence artificielle appliquée au Nyiragongo
S’agissant du Nyiragongo (Congo), dont l’histoire éruptive est très peu documentée, l’IA a analysé de manière autonome les données satellitaires, et regroupé les différents comportements du volcan en « familles » d’activité. Cela a permis d’identifier la transition d’un état de calme à une phase anormale lors de l’éruption de mai 2021.

Comparée à l’analyse traditionnelle des données, cette approche avec l’aide de l’IA permet un examen rapide de grandes quantités d’informations et la reconnaissance de situations qui pourraient échapper à l’œil humain, notamment dans les zones reculées et peu étudiées. L’IA peut ainsi jouer le rôle d’une sorte de « sentinelle autonome », capable de signaler d’éventuelles anomalies, même en l’absence d’observations directes. Comme tout système automatique, elle peut toutefois générer de fausses alertes et nécessite donc une vérification par des experts.

Vous trouverez la description du projet SAFARI en cliquant sur ce lien :

https://ingvvulcani.com/2026/03/12/come-lia-e-i-satelliti-stanno-cambiando-il-monitoraggio-dei-vulcani-attivi/

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’Épisode 54 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) a débuté par une activité préliminaire de faible intensité vers 6 h du matin (heure locale) le 25 août 2026. Des débordements de lave ont eu lieu au niveau de la bouche éruptive nord. Plus tard, vers 9 h 00, les débordements se sont intensifiés pour laisser place à des fontaines de lave en forme de dôme. Les fontaines de lave sont apparues à 10 h 30. Atteignant initialement 15 à 20 mètres de hauteur, elles ont culminé à 150 mètres de hauteur.L’Épisode 54 a pris fin le 25 août 2026 à 19h33 (heure locale).

Le débit effusif instantané a atteint un pic d’environ 220 mètres cubes par seconde entre 11 h 45 et 12 h 15 (heure locale) le 25 août. Le débit effusif moyen sur l’ensemble de l’épisode s’est élevé à environ 110 mètres cubes par seconde. On estime qu’environ 4,0 millions de mètres cubes de lave ont été émis. La lave a recouvert près de 30 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. Le passage soudain d’une déflation à une inflation sommitale à la fin de l’Épisode 54 indiquent qu’un nouvel épisode de fontaine de lave est probable dans les semaines à venir.

Source : HVO.

Superbe image webcam de l’Épisode 54

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Dans un message diffusé le 26 août 2026, l’INGV  indique que les événements observés sur l’Etna (Sicile) au cours des jours précédents sont maintenant terminés. En d’autres termes, la lave a cessé de couler dans la Valle del Bove et il n’y a plus d’explosions et de panaches de cendres au niveau de la Voragine. En conséquence, le trafic aérien à l’aéroport de Catane est redevenu normal.

Panache de cendres le 11 août 2026, un bien mauvais souvenir pour les touristes à l’aéroport de Catane (image webcam).

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L’activité éruptive se poursuit à Ambae (Vanuatu), avec des phénomènes explosifs générant des panaches de cendres, de vapeur et de gaz. Les émissions de SO2 se situent à des niveaux modérés à élevés, et la sismicité témoigne d’une activité intense. Des anomalies thermiques ont été détectées par satellite. L’activité éruptive s’est intensifiée le 25 août, avec un panache de cendres qui s’est élevé jusqu’à 16,5 km au-dessus du niveau de la mer. Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5), et la population est invitée à ne pas pénétrer dans la zone de danger B qui présente un périmètre de 3 km de rayon autour des bouches actives du lac Voui.
Source : VMGD.

Bouches éruptives sur le lac Voui (Crédit photo: GeoHazards)

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L’activité éruptive se poursuit sur le Fuego (Guatemala) avec les caractéristiques observées précédemment. Des explosions quotidiennes se produisent à une fréquence de 2 à 10 événements par heure, générant des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1,1 km au-dessus du sommet. Ces explosions s’accompagnent d’ondes de choc et de grondements. Elles projettent parfois des matériaux incandescents jusqu’à 400 m au-dessus du sommet et sur les flancs, provoquant des avalanches qui atteignent parfois des zones couvertes de végétation. Des retombées de cendres sont signalées dans de nombreuses localités.

Source : INSIVUMEH.

Volcans Fuego (au premier plan) et Acatenango

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Voici quelques nouvelles du Popocatépetl (Mexique). L’activité éruptive est actuellement faible, se limitant à quelques émissions de vapeur et de gaz, parfois chargées de cendres. Le niveau d’alerte reste fixé au Jaune Phase 2 et il est demandé au public de se tenir à une distance d’au moins 12 km du cratère.
Source : CENAPRED.

Cratère du Popocatepetl

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L’activité éruptive se poursuit sur le Puracé (Colombie). La sismicité est dominée par des signaux associés à des mouvements de fluides, et les émissions de SO2 se maintiennent au-dessus du niveau de référence moyen. Une lente déformation du sol persiste dans la zone située entre les volcans Puracé, Piocollo et Curiquinga. Le réseau sismique enregistre quelques émissions quotidiennes de cendres. Les panaches s’élèvent jusqu’à 2,6 km au-dessus du sommet et provoquent presque quotidiennement des retombées dans les zones situées sous le vent. Le niveau d’alerte reste à l’Orange (niveau 2 sur une échelle à quatre couleurs).
Source : Servicio Geológico Colombiano (SGC).

Cratère du Puracé (Crédit photo: SGC)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Episode 54 of the Kilauea eruption (Hawaii) began with low-intensity preliminary activity around 6:00 a.m. (local time) on August 25, 2026. Lava overflows occurred at the north vent. Later, around 9:00 a.m., the overflows intensified, giving way to dome-shaped lava fountains. Lava fountaining began at 10:30 a.m.; initially reaching heights of 15 to 20 meters, the fountains peaked at 150 meters. Episode 54 ended on August 25, 2026, at 7:33 p.m. (local time).
The instantaneous effusion rate peaked at approximately 220 cubic meters per second between 11:45 a.m. and 12:15 p.m. (local time) on August 25. The average effusion rate for the entire episode was approximately 110 cubic meters per second. An estimated 4.0 million cubic meters of lava were erupted. The lava covered nearly 30% of the Halemaʻumaʻu crater floor. The sudden shift from summit deflation to inflation at the end of Episode 54 indicates that a new lava-fountaining episode is likely in the coming weeks.
Source: HVO.

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In a message released on August 26, 2026, the INGV indicated that the events observed at Mount Etna (Sicily) over the preceding days had now ended. In other words, lava has stopped flowing into the Valle del Bove, and there are no longer any explosions or ash plumes at the Voragine crater. Consequently, air traffic at Catania Airport has returned to normal.

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Eruptive activity continues at Ambae (Vanuatu), with explosive activity producing ash, steam and gas plumesSO2 emissions are at moderate to high levels, and seismicity indicates high levels of activity. Thermal anomalies are identified in satellite data. Eruptive activity escalated on 25 August, and an ash plume rose to 16.5 km a.s.l. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 0-5), and the public is asked to stay outside of Danger Zone B, defined as a 3-km radius around the active vents in Lake Voui.

Source : VMGD.

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.Eruptive activity continues at at Fuego (Guatemala) with the characteristics observed previously. Daily explosions occur at rates of 2-10 per hour and generate gas-and-ash plumes that rise as high as 1.1 km above the summit. Explosions produce shock waves and rumblings. They occasionally eject incandescent material as high as 400 m above the summit and onto the flanks, causing incandescent block avalanches, sometimes reaching vegetated areas. Ashfall is remorted on numerous communities.

Source : INSIVUMEH.

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Here is some news of Popocatepetl (Mexico). Euptive activity is currently low with just a few steam-and-gas emissions; sometimes containing ash. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two and the public us asked to stay at least 12 km away from the crater.

Source : CENAPRED.

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Eruptive activity continues at Puracé (Colombia). Signals associated with fluid movement dominate the seismicity SO2 emissions stay above the average baseline level,. Slow ground deformation persists in an area between the Puracé, Piocollo, and Curiquinga volcanoes. A few daily ash emissions are recorded by the seismic network. The ash plumes rise as high as 2.6 km above the summit and cause ashfall in areas downwind on most days. The Alert Level remains at Orange (level 2 on a four-color scale).

Source : Servicio Geologico Colombiano (SGC).

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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À l’attention de celles et ceux qui se rendent en Sicile…

Nous approchons de la fin août. Beaucoup rentrent de vacances mais l’été n’a pas dit son dernier mot et réserve encore de belles journées. Les blogonautes qui lisent mes articles iront peut-être faire un tour dans les Îles Éoliennes qui ont beaucoup changé depuis l’époque où je les fréquentais assidûment, le plus souvent pour y faire des observations volcanologiques. Certains me demandent des informations sur les conditions d’accès aux sites volcaniques actifs.

Aujourd’hui, de nombreuses restrictions ont été mises en place pour faire face au tourisme de masse. Je dois dire que je n’apprécie guère les restrictions qui supposent des démarches parfois compliquées pour obtenir des autorisations et je préfère désormais fréquenter des contrées un peu moins contraignantes. Et puis, avec Internet, beaucoup d’instruments de mesure sont accessibles en ligne, sans oublier les webcams haute définition qui permettent de bonnes observations de la situation éruptive.

À l’attention de celles et ceux qui vont aller en Sicile, voici quelques informations sur les modalités d’accès à l’Etna, à Vulcano et au Stromboli.

S’agissant de l‘Etna, beaucoup de badauds se sont rendus sur le versant nord du volcan pour voir les coulées de lave émises lors de la dernière éruption. Je n’aime guère ces laves a’a grossières qui sont beaucoup moins esthétiques que les laves pahoehoe hawaïennes, mais pour quelqu’un qui n’a jamais vu de la lave rougeoyante, c’est une expérience intéressante.

Au moment où j’écris ces lignes, les coulées de lave de l’Etna ne sont plus alimentées et il n’y a plus d’explosions au sommet du volcan qui est entré dans une phase moins agitée.

L’Etna reste entièrement ouvert aux visiteurs mais est soumis à des restrictions d’accès. En période de calme relatif, l’accès est libre et gratuit jusqu’à une altitude comprise entre 2 500 et 2 750 mètres.

Sur le versant Sud, il existe deux options pour atteindre cette zone : emprunter le téléphérique (la Funivia dell’Etna) qui vous coûtera 50 euros et vous déposera sans effort à 2 500 mètres d’altitude.

Si vos jambes le permettent, nous pouvez aussi monter entièrement à pied depuis le parking du Rifugio Sapienza. Comptez entre 2h et 2h30 de grimpette sur un sentier au pourcentage soutenu. Au-delà de 2 750 mètres, la zone est interdite. Gare aux amendes salées si vous vous faites choper ! De toute façon, s’y aventurer devient très compliqué et particulièrement dangereux en cas de mauvais temps qui peut arriver très vite sur l’Etna.

Le versant Nord est beaucoup moins fréquenté et plus sauvage. Seuls les camions tout-terrain y circulent pour rejoindre l’observatoire des Pizzi Deneri. Mais là encore, pas question de vouloir accéder aux cratères sommitaux : Bocca Nuova, Voragine, Cratère Sud-Est, Cratère Nord-Est.

Si vous désirez vous en approcher, il faut obligatoirement vous insérer dans un groupe officiel. Ces groupes sont menés par des guides volcanologiques ou alpins assermentés. Attention ! Les départs sont contingentés et les groupes affichent souvent complet longtemps à l’avance. Il est prudent de réserver plusieurs semaines avant votre séjour auprès des bureaux des guides.

Front de lave pendant l’éruption de 1991-93 (Photo: C. Grandpey)

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L’île éolienne de Vulcano a beaucoup changé et est beaucoup moins sauvage que dans les années 1990. Le surtourisme est passé par là, avec ses nouvelles infrastructures, mais aussi ses restrictions.

Vulcano est souvent première escale dans l’archipel. L’île réunit à elle seule trois expériences emblématiques : le bain de boue sulfurée, la baignade dans une mer réchauffée par les remontées géothermiques et l’ascension du Gran Cratere.

La mare de boue (Pozza dei Fanghi) a été réaménagée – elle en avait besoin – mais est devenue payante : 5 € par adulte. L’accès est interdit aux moins de 8 ans. La Pozza dei Fanghi est un milieu hydrothermal actif.dans lequel du CO₂ et du H₂S remontent depuis le fond. Comme ailleurs dans le monde, cette boue a des vertus thérapeutiques que j’ai expliquées dans un mémoire écrit pour l’association L.A.V.E. où je développe ce sujet. Il faut éviter de rester trop longtemps dans cette mare de bous. Une vingtaine de minutes suffisent et une horloge installée près du bassin permet de surveiller le temps passé dans l’eau.

Pas très loin de la mare de boue, se trouve la plage des Acque Calde. Comme le nom l’indique, des remontées de gaz à plus ou moins haute température réchauffent l’eau de mer. C’est un peu comme un jacuzzi naturel. C’est une autre manière de découvrir la géothermie de Vulcano. Des fluides chauds et des gaz remontent à travers le fond marin. Le CO₂ domine largement ces émissions, accompagné notamment de H₂S.

Depuis Porto di Levante où arrivent ferries et alyscaphes, il faut une dizaine de minutes pour rejoindre le sentier qui permet d’accéder au Gran Cratere ou Cratere della Fossa di Vulcano. Les périodes d’accès vont du 1er avril au 20 octobre de 6 h 30 à 10 h 30, puis de 16 h à 19 h 30 ; et du 21 octobre au 31 mars : de 7 h 30 à 16 h 30.

Depuis quelques années, il existe une attraction spectaculaire et qui me fait sourire. Un système de feu rouge / vert a été installé à l’entrée du sentier. Vert, le sentier est ouvert. Rouge ou éteint, la montée est interdite. Le système tient notamment compte de la direction du vent qui détermine les conditions d’exposition aux gaz fumerolliens dans la zone sommitale. Comme sur l’Etna, gare aux contrôles et aux amendes si vous ne respectez pas la réglementation mise en place. Je déconseille l’approche du cratère aux personnes asthmatiques.

 Arche de soufre éphémère sur le lèvre du cratère (Photo: C. Grandpey)

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Le Stromboli présente en ce moment son activité strombolienne habituelle, ponctuée parfois de débordements de lave au niveau de la zone cratèrique nord. Une coulée de lave descend alors la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. L’intensité des explosions varie d’un jour à l’autre, mais vous ne devriez pas rentrer bredouille cette année.

Attention ! Le Stromboli est soumis à des restrictions d’accès. Il n’est plus question de bivouaquer dans des nids de pierres au sommet comme je le faisais encore en 2010. Le volcan a parfois de violentes crises de mauvaises humeur et est capable de tuer les gens qui s’aventureraient dans la zone sommitale.

En conséquence, vous avez deux solutions : 1) monter jusqu’à 290 mètres d’altitude sans guide ; 2) poursuivre de 290 à 400 m avec un guide agréé, ce que je conseille car la vue est beaucoup plus dégagée sur le volcan. Comptez une trentaine d’euros par personne. Vous pouvez réserver en ligne ou auprès des agences présentes sur l’île. Le départ de l’excursion se fait en fin d’après-midi, généralement entre 15 h et 18 h selon la saison. Le groupe reste sur la plateforme d’observation à 400 m d’altitude de 45 minutes à 1 heure avant d’entamer la descente de nuit.

Je le répète, au-delà de 400 m, l’accès est interdit au public. Cette réglementation peut se modifier en cas d’intensification de l’activité éruptive.

Photo: C. Grandpey

Bon voyage en Sicile ! Au moment où je diffuse ces informations, l’aéroport de Catane n’est pas perturbé par les nuages de cendres de l’Etna.

Voici un site très intéressant pour obtenir des informations sur l’Italie et plus particulièrement la Sicile :

https://www.natureetsourcechaude.com/blog/

Quelques nouvelles de l’Etna (Sicile) // Some news from Mount Etna (Sicily)

Les derniers bulletins de l’INGV indiquent que depuis la fin de l’après-midi du 21 août 2026, des émissions de cendres s’échappent des la zone sommitale de l’Etna, mais la couverture nuageuse ne permet pas d’en connaître la source. Cette cendre se dirige vers le sud-est.
L’amplitude du trémor volcanique oscille entre des niveaux moyens et élevés, avec une source près du cratère Nord-Est, à une altitude comprise entre 1 500 et 2 000 m.

Comme le laissait supposer les images de la caméra thermique ce matin, les coulées de lave décrites le 20 août ne sont plus alimentées.

L’irrégularité du tremor volcanique ne permet pas de dire comment l’Etna va se comporter dans les prochains jours et la vigilance reste de mise.

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The latest INGV bulletins indicate that, since late afternoon on August 21, 2026, ash emissions have been issuing from Etna’s summit area, though cloud cover prevents the exact source from being identified. The ash is drifting southeast.
Volcanic tremor amplitude is fluctuating between moderate and high levels, with the source located near the Northeast Crater at an elevation of 1,500 to 2,000 meters.
As suggested by thermal camera images this morning, the lava flows observed on August 20 are no longer being fed.
It is, of course, impossible to predict how Etna will behave in the coming days, so vigilance remains necessary.