Nouvelle approche des chambres magmatiques // A new approach of magma chambers

   Des chercheurs de l’Université de Bristol (Grande Bretagne) ont publié dans le Journal of Geophysical Research les résultats d’une nouvelle étude censée aider les scientifiques dans la compréhension des processus de formation des chambres magmatiques et le déclenchement des éruptions. La recherche a été financée par le Conseil Européen de la Recherche.

C’est bien connu : à l’issue des éruptions les plus violentes, il peut se produire l’effondrement du couvercle qui se trouve au-dessus du réservoir magmatique qui vient de se vider. Il se forme alors une dépression appelée caldeira. Il s’agit de l’un des événements les plus dévastateurs sur Terre car il menace les zones habitées à proximité et peut avoir un impact sur le climat de la planète.

L’étude, réalisée par deux étudiants du département des Sciences de la Terre de l’Université de Bristol, montre que les chambres magmatiques susceptibles de provoquer des éruptions donnant naissance à des caldeiras se développent probablement plus rapidement et avec une montée de magma initiale plus faible qu’on le pensait jusqu’à présent.

L’idée la plus répandue jusqu’à aujourd’hui était que seule une augmentation progressive de l’alimentation magmatique pouvait former la chambre magmatique de grande envergure nécessaire au déclenchement d’une forte éruption entraînant la formation d’une caldeira.

Contrairement à cette hypothèse, les modélisations informatiques réalisées par les chercheurs montrent que cette formation n’est guère possible avec une alimentation magmatique progressive. Cette alimentation doit augmenter très fortement et presque instantanément, en tout cas beaucoup plus fortement que la normale, pour donner naissance à un volumineux réservoir magmatique.

Si cette hypothèse se vérifie, il sera vraiment difficile de prévoir de telles éruptions volcaniques dans la mesure où les signes annonciateurs tels que la déformation du sol ne pourront être détectés que très peu de temps avant le début de l’éruption.

Source: The Post (This is Bristol).

 

   Researchers from Bristol University in Great Britain have unveiled in the Journal of Geophysical Research the results of a new study which is supposed to help scientists to understand magma chamber processes and volcanic eruption timing. The research was funded by the European Research Council (ERC).

It is well known that violent eruptions can lead to collapse of the solid lid above the drained magma reservoir and create a depression called a caldera. They are among the most devastating natural processes on Earth, threatening not only nearby settlements but also impacting upon the global climate.

The study by two students in Bristol’s School of Earth Sciences shows that magma chambers required for caldera-forming eruptions might grow faster and with less initial magma input than previously thought. Indeed, it was previously believed that a gradual increase in the magma input could form a large magma chamber which is necessary prior to a big caldera-forming eruption. However, the researchers’ numerical models show that this is quite difficult with a continuously rising magma influx. Instead, the magma input has to increase drastically and almost instantaneously above the background magma flux in order to create a big magma reservoir.

If such a hypothesis is confirmed, it will increase the difficulty of making volcanic eruption forecasts because precursors of an eruption such as ground deformation would be detectable just shortly before an eruption.

Source: The Post (This is Bristol).

Crater-Lake

Caldeira de Crater Lake (Etats Unis)   [Photo:  C. Grandpey]

Belles images de l’éruption du Tolbachik // Great images of the Tolbachik eruption

   En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez voir des images de l’éruption du volcan Tolbachik rapportés du Kamchatka par l’ami Olivier Grünewald. Le document doit paraître dans le Figaro magazine de ce week-end. Pas de surprise avec Olivier : les images sont toujours très belles.

S’agissant de l’activité, les bulletins du KVERT restent inchangés. Ils font état d’une forte sismicité, tandis que l’éruption – explosive à la source et effusive ensuite – continue à partir de la fracture qui s’est ouverte sur le Tolbachinsky Dol où une forte anomalie thermique est toujours révélée par les images satellites.

https://www.youtube.com/watch?v=dgkktl5s-Ko&feature=player_detailpage

 

   If you click on the link below, you will see images of the Tolbachik eruption brought back from Kamchatka by French photographer Olivier Grünewald. The document is to be seen this week-end in Le Figaro Magazine. As usual the images are superb.

As far as volcanic activity is concerned, the KVERT’s reports are all similar. Strong seismicity is registered at the volcano. The explosive-effusive eruption continues: lava flows continues to come out of the Southern fissure on Tolbachinsky Dol where a strong thermal anomaly is revealed by satellite images.

https://www.youtube.com/watch?v=dgkktl5s-Ko&feature=player_detailpage

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

   Bien que l’Etna fasse en ce moment la une de l’actualité volcanique avec ses paroxysmes à répétition, il ne faudrait pas oublier que le Kilauea, lui, est en éruption depuis plus de 30 ans et qu’il est toujours très actif, même si cette activité est moins spectaculaire que celle du volcan sicilien.

Le lac de lave (160 mètres de diamètre !) qui mijote au fond du pit crater de l’Halema’uma’u montre des variations de niveau au gré des épisodes de gonflement et de dégonflement auxquels est soumis le Kilauea. Le niveau de la lave se situait à 35 mètres sous la lèvre le 20 février dernier.

On continue à observer de l’incandescence dans le cratère du Pu’uO’o, à partir de plusieurs spatter cones situés dans les parties SE et NO du plancher ainsi qu’au niveau d’un petit lac de lave surélevé dans la partie NE (très belle photo à cette adresse J http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-475.jpg

Ce petit lac donne naissance à plusieurs coulées qui traversent le flanc NE du Pu’uO’o pour aller recouvrir des coulées plus anciennes au NE et au SO du cône.

D’autres coulées de lave sont actives au-dessus du pali et sur une surface d’un kilomètre de large sur la plaine côtière. Plus à l’ouest, une autre coulée de 350 mètres de large avance en direction du rivage en produisant des coulées éphémères. La lave entre dans l’océan en plusieurs points facilement reconnaissables sur les images des webcams grâce aux panaches de vapeur qui s’en échappent. Le HVO met en garde les visiteurs sur les risques d’effondrement de la banquette littorale.

Source : HVO.

 

   Although Mount Etna is currently making the headlines with its frequent paroxysms, one should not forget that Kilauea has been erupting for 30 years and that it is still very active, even if this activity may be less dramatic than that of the Sicilian volcano.

The lava lake (160 metres in diameter!) within Halema’uma’u pit crater periodically rises and falls according to the D/I events. The lake level was 35 metres below the crater floor on February 20th.

At Pu’u ‘O’o Crater, glow can be seen coming out of spatter cones on the SE part of the crater floor, from a spatter cone at the NW edge of the floor, and from a perched lava lake on the NE part of the floor (Very nice photo at this address:)

http://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-475.jpg

Multiple lava flows from the NE spatter cone travel across the NE flank of Pu’u ‘O’o cone and continue to advance NE and SW over older flows.

Lava flows are active above the pali and in a 1-kilometre-wide area on the coastal plain. To the west, a 350-metre-wide lava flow advances towards the coast and produces scattered breakouts. Lava is sporadically entering the ocean at multiple locations producing steam plumes that can be seen on the webcam images. HVO warns visitors against the risk of frequent bench collapses along the shore.

Source: HVO.

Etna (Sicile / Italie): Nouveau paroxysme! / New paroxysm!

   11h45: On assiste depuis le milieu de la matinée à une nouvelle violente séquence éruptive au niveau du Nouveau Cratère SE. L’activité quasi continue observée actuellement au sommet du volcan permet, à mon avis, de dire que l’Etna est en éruption sommitale.

13 heures : Le paroxysme du nouveau Cratère Se est maintenant terminé. Les images des webcams et de la caméra thermique montrent qu’il a été particulièrement intense.

Ces paroxysmes à répétition justifient pleinement l’interdiction d’accès à la zone sommitale de l’Etna.

20h30 : Le dernier rapport de l’INGV sur l’activité de l’Etna aujourd’hui indique que tout a commencé au cours de la matinée avec un nouveau paroxysme au niveau du Nouveau Cratère SE et l’ouverture d’une fracture éruptive dans la dépression qui sépare l’ancien et le nouveau cône du Cratère SE. Une coulée de lave émise par cette fracture a atteint le poste de mesures situé sur le Belvédère avant d’obliquer et de descendre le long de la paroi occidentale de la Valle del Bove. L’événement s’est accompagné d’un volumineux panache de cendre (voir capture d’image de la webcam) qui s’est dirigé vers l’E, avec des retombées importantes entre Milo et Fornazzo, ainsi que Giarre et Riposto. Comme je l’ai indiqué précédemment, ce paroxysme avait été précédé pendant la nuit d’une reprise intense d’activité strombolienne dans la Voragine et la Bocca Nuova.

La dernière image ci-dessous montre l’activité de la Voragine tôt ce matin, vue depuis la Station Spatiale Internationale.

A noter que ce soir les webcams montrent que la lave continue à s’écouler sur les flancs du Cratère SE.

 

   11:45: There is currently a new violent eruptive episode at the New Crater. As activity has been nearly continuous at the summit during the past hours, I think we can say that Mount Etna is going through a summit eruption.

13:00: The paroxysm at the New SE Crater is now over. The images of the webcams and of the thermal camera show that it was quite intense.

These events do justify the interdiction of access to Mount Etna’s summit area.

20:30: INGV’s latest report about today’s activity at Mount Etna indicates that it began in the forenoon with another paroxysm at the New Crater and the opening of an eruptive fissure in the saddle between the old and new cones of the Southeast Crater. A lava flow emitted from this fissure reached the monitoring station of Belvedere and descended onto the western slope of the Valle del Bove. A voluminous ash plume (see screenshot) was blown eastward, leading to heavy fallout in the areas between Milo and Fornazzo and Giarre and Riposto. This paroxysm had been preceded the night before by intense Strombolian activity both at the Voragine and at the Bocca Nuova.

The last photo here below shows Voragine early this morning, seen from the International Space Station.

This evening, the webcams show that lava is still flowing on the flanks of the SE Crater.

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L’Etna vu par les webcams de Radio Studio 7.

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Image diffusée par le site Etna Walk (www.etnawalk.it)

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Images fournies par la caméra thermique d l’INGV placée sur la Montagnola

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La Voragine ce matin, vue depuis l’ISS  (Avec l’aimable autorisation de la NASA)