Vatnajökull (Islande): Que de questions ! // So many questions !

drapeau francaisComme je l’ai écrit dans ma note précédente, il faut s’attendre à des événements spectaculaires au niveau du Barðarbunga sous le Vatnajökull. Outre les fractures, un vol d’observation de la surface du glacier a permis de découvrir une rangée de 4 « chaudrons » de 10 – 15 mètres de profondeur, d’un kilomètre de largeur, au sud de la caldeira du Bárðarbunga. Ils s’alignent sur 4-6 km. Selon les scientifiques islandais, ils se sont probablement formés à la suite de la fonte de la glace. Des géophysiciens estiment que 30 à 40 millions de mètres cubes d’eau glaciaire ont été produits, mais il n’existe aucune preuve indiquant qu’une éruption a véritablement eu lieu. Ils pensent qu’une éruption mineure peut avoir eu lieu il y a quelques jours dans la zone où les fissures sont situées, sans que personne s’en soit aperçu, en ajoutant qu’il n’y a eu aucune activité sismique dans cette région.

Je pose une double question: Y a- t-il eu une éruption? Y a- t-il eu fonte du glacier? Beaucoup de paramètres manquent à l’appel! Tout d’abord, aucune anomalie thermique n’a été détectée sur le volcan ou le glacier. Aucun nuage ​​de vapeur n’a été observé. Aucune sismicité, aucun tremor harmonique n’a trahi une éruption sous-glaciaire. Aucune inondation n’a été signalée au niveau des rivières qui sortent du glacier. En outre, les « chaudrons » n’ont qu’une quinzaine de mètres de profondeur. S’il y avait eu une fonte du glacier, ils seraient beaucoup plus profonds.
Je pense que deux hypothèses peuvent être avancées: 1) Il n’y a pas eu d’éruption et les «chaudrons» doivent être associées aux fractures qui révèlent les effondrements subis par le plancher du Barðarbunga  (et donc par le glacier) après la migration du magma lorsque l’intrusion a commencé à se déplacer vers le NE. 2) Si la fonte de la glace s’est produite, il se peut qu’elle ait donné naissance à une poche d’eau sous-glaciaire. Ce ne serait pas exceptionnel. Il y a quelques années,, en 1996, une telle poche d’eau s’est ouverte et a déclenché un énorme jökulhlaup qui a inondé les sandur au sud du Vatnajökull.

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drapeau anglaisAs I put it in my previous note, dramatic events are to be expected at Barðarbunga volcano beneath Vatnajökull glacier. Beside the fractures, a flight observing the surface of Vatnajökull discovered a row of four 10-15 metre-deep “cauldrons”, 1 km wide, south of the Bárðarbunga caldera. They form a 4-6 km long line. The cauldrons have probably been formed as a result of melting ice. Icelandic geophysicists estimate that roughly 30-40 million cubic metres of glacial water has been produced but there is no evidence indicating an actual eruption. They think a minor eruption may have taken place in the area where the fissures are located a few days ago without anyone noticing adding that there has been no seismic activity in that area.

I’m asking a double question: Was there an eruption? Was there any glacial melting? Quite a lot of parameters are missing! First of all, no thermal anomaly has ever been detected on the volcano or the glacier. No steam clouds have ever been observed. No seismicity, no harmonic tremor has ever betrayed a subglacial eruption. No flooding has ever been reported on the rivers coming out of the glacier. Besides, the “cauldrons” are only 10 – 15 metres deep. Had there been some glacial melting, they would be much deeper.

I think two hypotheses can be set forth: 1) Either there was no eruption at all and the “cauldrons” need to be associated with the fractures to reveal the collapses undergone by the floor of Barðarbunga volcano (and by the glacier) after the migration of magma when the intrusion started moving NE. 2) If glacial melting ever happened, it may have given birth to a subglacial pocket of water. This would not be exceptional. A few years ago, in 1996, one such pocket of water broke open and triggered a huge jökulhlaup that flooded the sandur south of Vatnajökull.

Ice-cauldron

Source: Met Office islandais

Stromboli (Sicile / Italie): Ça coule toujours! // Lava is still flowing!

drapeau francaisComme aurait dit Robert Lamoureux : « Le canard était toujours vivant ! » C’est que l’on peut dire de la coulée de lave qui a refait son apparition le long de la Sciara del Fuoco, mais pas au même endroit. Dans ma dernière note, je faisais état de « deux embryons de coulées » au niveau de la source effusive. En fait, il s’agissait d’une nouvelle arrivée de lave qui, après avoir séjourné un moment sur la plateforme située en aval de la source, a décidé de s’écouler le long du rempart qui retient la Sciara del Fuoco dans sa partie méridionale. Ce n’est pas une très bonne idée, car la nouvelle coulée n’est que très partiellement visible sur les images de la webcam.

Un ami qui se trouve actuellement à Stromboli vient de m’indiquer que la coulée s’arrête à 450 mètres d’altitude avant de se transformer en avalanche de blocs. La montée est autorisée jusqu’à 290 mètres seulement, à cause du risque d’incendie.

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drapeau anglaisAs Robert Lamoureux could have said: « The duck was still alive!  » The same can be said about the lava flow that has resurfaced along the Sciara del Fuoco, but not in the same place. In my last post, I referred to « two embryos » at the effusive source. In fact, there was a new arrival of lava which stayed a while on the platform located downstream from the source, and then decided to travel along the wall that holds the Sciara del Fuoco in its southern part. It was not a very good idea, as the new lava flow is only partially visible on the webcam images.

A friend of mine who is currently at Stromboli has just told me that the lava flow stops at 450 metres a.s.l. before turning into an avalanche of blocks. People are allowed to climb the volcano up to 290 metres only because of the fire hazard.

Stromboli-aout

 

Vatnajökull (Islande): Quelques réflexions personnelles // A few personal thoughts

drapeau francaisIl n’y rien eu de vraiment nouveau hier en Islande et le dyke continue sa progression vers le nord. Au vu de la carte mise en ligne par le Met Office (voir ci-dessous), l’intrusion magmatique est maintenant sortie du Dyngjujökull, la langue glaciaire du Vatnajökull. La sismicité reste intense mais la plupart des événements se trouvent à des profondeurs entre 5 et 10 km. Il semble donc que le magma n’ait pas envie de montrer le bout de son nez.

Depuis le début de la crise sismique le 16 août, je n’ai jamais vraiment cru à une éruption. Elle tardait vraiment trop à se produire et les hypocentres des séismes n’avaient pas tendance à se diriger vers la surface. J’ai eu l’impression de ramer à contre-courant car la plupart des volcanologues et autres volcanophiles misaient sur une éruption semblable à celle de 2010 sur l’Eyjafjallajökull.

Ma position s’appuyait sur deux événements : d’une part, une crise sismique identique que j’ai connue dans les années 1990 sur le Krafla (NE de l’Islande) et qui n’a débouché sur aucune éruption ; d’autre part les récents essaims sismiques à El Hierro (Iles Canaries) qui correspondaient eux aussi à une forte intrusion magmatique sans éruption.

Je ne sais pas comment la crise sismique actuelle va se terminer et je partage les conclusions des scientifiques islandais (voir ma note d’hier soir). Il y a toutefois  fort peu de chances qu’elle débouche sur une éruption sous-glaciaire au niveau du Barðarbunga comme le redoutaient les volcanologues islandais et comme l’espéraient les médias européens. La carte montre clairement que la sismicité se concentre moins sous ce volcan où la chambre magmatique semble s’être vidée de son contenu. Cela s’est traduit par un affaissement de la caldeira accompagné de fortes secousses sismiques qu’il ne fallait pas interpréter comme une ascension du magma, comme l’ont fait certains. Il est vrai que les nuages de poussière apparus au même moment sur le Barðarbunga n’ont fait qu’accroître la confusion.

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drapeau anglaisThere was nothing really new in Iceland yesterday and the dyke continues to move northward. Looking at the map posted by the Met Office (see below), the magma intrusion has now gone beyond Dyngjujökull, the glacier tongue of Vatnajökull. Seismicity remains intense but most events are located at depths between 5 and 10 km. So it seems that the magma does not want to show the tip of its nose.
Since the beginning of the seismic crisis on August 16th, I never really thought there would be an eruption. It was really taking too much time to occur and hypocentres of the earthquakes did not tend to move toward the surface. I felt like rowing against the tide because most volcanologists and other volcano lovers thought there would be an eruption similar to the 2010 Eyjafjallajökull eruption.
My position was based on two events: on the one hand, I experienced the same seismic crisis in the 1990s on Krafla (NE Iceland) and the crisis did not result in any eruption ; on the other hand, the recent seismic swarm in El Hierro (Canary Islands) also corresponded to a strong magma intrusion without an eruption.
I do not know how the current seismic crisis will come to an end and I share the conclusiosn of the Icelandic scientists. The odds are that that it will probably not result in a subglacial eruption at Barðarbunga volcano as this was feared by Icelandic volcanologists and hoped by European mass media. The map clearly shows that the seismicity is less concentrated beneath the volcano where the magma chamber seems to have been emptied of its contents. This resulted in the subsidence of the caldera accompanied by strong earthquakes that could not be interpreted as a magma ascent, as some people did. It is true that the dust clouds that appeared at the same time on Barðarbunga only increased the confusion.

Vatna-carte

Cette carte montre la progression du dyke vers le nord

(Source: Met Office islandais)

Vatnajökull (Islande): Dernières nouvelles // Latest news

drapeau francais22 heures : Les scientifiques du Met Office islandais, de l’Institut des Sciences de la Terre et des représentants de la Protection Civile ont assisté à une réunion à 10 heures ce matin.
Les scientifiques ont indiqué que la sismicité intense continue. Plus de 700 événements ont été comptabilisés depuis minuit. Ils continuent à migrer vers le nord et se concentrent maintenant sur ​​10 km à l’extrémité du dyke qui s’étend sur 5 km au-delà du glacier Dyngjujökull.
On estime que le dyke sous le Dyngjujökull a maintenant une longueur de près de 35 km. La modélisation des données GPS indique qu’il contient environ 300 millions de mètres cubes de magma. D’autres stations de surveillance GPS en continu seront installées dans quelques jours au nord de Vonarskarð et sur ​​Urðarháls.
Rien ne montre que l’intensité de l’activité est en baisse. Actuellement, trois scénarios sont considérés comme les plus probables:
– La migration du magma pourrait arrêter, avec une réduction progressive de l’activité sismique.
– Le dyke pourrait atteindre la surface de la croûte terrestre, avec une éruption qui se produirait probablement près de l’extrémité nord du dyke. Ce serait probablement une éruption effusive avec une activité explosive limitée générant peu de cendre.
– Dans un autre scénario le dyke atteindrait la surface sous une partie importante ou sous la totalité du glacier. Cela produirait probablement une inondation de la Jökulsá á Fjöllum et peut-être une activité explosive avec production ce cendre.
D’autres scénarios ne sauraient être exclus. Par exemple, une éruption à l’intérieur de la caldeira du Bárðarbunga, mais actuellement ce scénario est considéré comme le moins probable.

Source: Iceland Review.

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drapeau anglais22 :00 : Scientists from the Icelandic Met Office, Institute of Earth Sciences and representatives of the Civil Protection Department attended a meeting at 10 am this morning.

The scientists indicated that intense seismicity continues. Over 700 events have been recorded since midnight. It continues to migrate northward and is now concentrated on the 10 km long tip of the dike extending 5 km beyond the edge of the Dyngjujökull glacier.

The dike beneath Dyngjujökull is now thought to be close to 35 km long. Modeling of GPS data indicates that it contains about 300 million cubic metres of magma. Additional stations for continuous GPS monitoring will be installed north of Vonarskarð and on Urðarháls within a few days.

There are no indications that the intensity of the activity is declining. Currently, three scenarios are considered most likely:

– The migration of magma could stop, with a gradual reduction in seismic activity.

– The dike could reach the surface of the crust, starting an eruption which would probably occur near the northern tip of the dike. This would most likely produce an effusive lava eruption with limited explosive, ash-producing activity.

– An alternate scenario would be the dike reaching the surface where a significant part, or all, of the fissure is beneath the glacier. This would most likely produce a flood in Jökulsá á Fjöllum and perhaps explosive, ash-producing activity.

Other scenarios cannot be excluded. For example, an eruption inside the Bárðarbunga caldera is possible but presently considered to be less likely.

Source: Iceland Review.