L’éruption du Calbuco en 2015 et le trou dans la couche d’ozone // The 2015 Calbuco eruption and the ozone hole

Une nouvelle étude publiée dans le bulletin Geophysical Research Letters de l’American Geophysical Union (AGU) révèle que l’éruption du Calbuco (Chili) le 22 avril 2015, avec un panache de 10 km de hauteur, a fait s’agrandir le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique. Ce sont les aérosols rejetés par le volcan qui ont fait disparaître une partie de l’ozone. La nouvelle étude confirme un travail de recherche précédent. Les résultats sont similaires et suggèrent que l’appauvrissement de la couche d’ozone causé par l’éruption du Calbuco a provoqué le record observé en 2015.
Les chercheurs observent le comportement du trou dans la couche d’ozone depuis sa découverte dans les années 1980. Il s’est alors dit que le trou était lié à l’utilisation abusive de certaines substances comme les CFC, et sa découverte a finalement entraîné des restrictions d’utilisation de ces produits chimiques à l’échelle de la planète.
Les chercheurs s’attendaient à ce que le trou, qui se forme fin septembre, finisse par se rétrécir. Au lieu de cela, il a augmenté de 4,5 millions de kilomètres carrés en octobre 2015, avec une taille comparable à celle de l’Australie.
Il est absolument nécessaire de comprendre la cause de l’agrandissement du trou d’ozone pour savoir s’il est capable de se réduire par la suite. Des chercheurs de l’Organisation Météorologique Mondiale ont d’abord pensé que des températures plus froides et une réduction de la circulation atmosphérique avaient entraîné l’expansion du trou d’ozone en octobre 2015. C’est une chimiste atmosphérique du Massachusetts Institute of Technology qui a mis en évidence la puissante éruption du Calbuco en avril 2015 ; cette chercheuse est l’auteur principal de la première étude qui décrivait le mécanisme chimique de l’appauvrissement anthropique de l’ozone. Elle a rédigé en 2016 une étude publiée dans la revue Science suggérant que les aérosols volcaniques du Calbuco avaient « dévoré » la couche d’ozone.
La formation d’aérosols volcaniques est un processus bien connu. Lorsque les volcans sont en éruption, ils émettent des nuages ​​contenant du dioxyde de soufre (SO2). Ce SO2 se condense ensuite en particules qui se dissipent dans l’atmosphère. Elles ont tendance à former des nuages ​​qui survolent les zones polaires. Les nuages représentent une surface où se produisent des réactions chimiques qui finissent par attaquer la couche d’ozone.
La nouvelle étude présente une modélisation de la couche d’ozone et sa réaction à une injection soudaine d’aérosols volcaniques, semblables à ceux émis par le Calbuco. Les simulations ont pris en compte des substances capables d’appauvrir la couche d’ozone, ainsi que des gaz à effet de serre observés de 1979 à 2015. Les auteurs de l’étude ont effectué deux types de simulations: l’une avec l’injection d’aérosols volcaniques et l’autre sans la contribution de ces particules. Ils ont constaté qu’effectivement une augmentation soudaine des aérosols volcaniques était susceptible d’appauvrir la couche d’ozone, ce qui laisse penser que le Calbuco est très probablement la cause de l’agrandissement du trou dans la couche d’ozone observé en 2015.
Sources:  The Watchers / « The influence of the Calbuco eruption on the 2015 Antarctic ozone hole in a fully coupled chemistry-climate model » – Geophysical Research Letters / AGU – March 5, 2017.

Voici une vidéo qui montre l’éruption du Calbuco:

http://travel.resourcemagonline.com/2015/06/incredible-film-shows-the-dramatic-eruption-of-volcano-calbuco/262/

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A new study published in AGU’s Geophysical Research Letters reveals that eruption of Calbuco volcano (Chile) on April 22nd, 2015, with a 10-km high plume, enlarged the Antarctic ozone hole. The aerosols ejected by the volcano ate away the ozone. The new study strongly supports a previous one. Their results are similar and suggest that chemical ozone depletion from Calbuco’s eruption led to the record ozone hole in 2015.

Researchers have tracked the behaviour of the ozone hole since its discovery in the 1980s. The hole was linked to the widespread use of ozone-depleting substances like CFCs, and its discovery eventually sparked worldwide restrictions of such chemicals.

Researchers expected the hole, which forms in late September, to eventually shrink. Instead, the ozone hole grew by 4.5 million square kilometres in October 2015, comparable to the size of Australia.

Understanding what caused the ozone hole to grow to such a large size is imperative to know whether it is recovering. Researchers from the World Meteorological Organization originally suggested colder temperatures and reduced atmospheric circulation drove the expansion of the ozone hole in October 2015. But an atmospheric chemist at the Massachusetts Institute of Technology and leader of the first study to describe the chemical mechanism behind anthropogenic ozone depletion, pointed to Calbuco’s massive 2015 eruption. This researcher authored a 2016 study published in Science suggesting Calbuco’s volcanic aerosols had eaten away at the ozone layer.

The formation of volcanic aerosols is a well-known process. When volcanoes erupt, they emit clouds containing sulphur dioxide (SO2). This SO2 then condenses into particles which dissipate and drift through the atmosphere. They tend to congregate back into clouds that hover over polar areas. The clouds provide a surface where chemical reactions ensue and ultimately deplete portions of the ozone layer.

The new research models Earth’s ozone layer and its response to a sudden injection of volcanic aerosols, similar to those emitted by Calbuco. The simulations relied upon records of ozone-depleting substances and greenhouse gases from 1979 to 2015. The study’s authors ran two types of simulations: one with the injection of volcanic aerosols and another without the contribution of those particles. The researchers found that, indeed, a sudden increase in volcanic aerosols could have depleted the ozone layer, strongly suggesting Calbuco was the cause of the ozone hole expansion.

Sources: The Watchers / « The influence of the Calbuco eruption on the 2015 Antarctic ozone hole in a fully coupled chemistry-climate model » – Geophysical Research Letters / AGU – March 5, 2017.

Here is a video that shows the eruption of Calbuco volcano:

http://travel.resourcemagonline.com/2015/06/incredible-film-shows-the-dramatic-eruption-of-volcano-calbuco/262/

Eruption du Calbuco au soleil couchant.

(Crédit photo: Martin Heck / Timestorm Films)

Eruption sous-marine à court terme au Japon ? // Undersea eruption in the short term in Japan ?

L’Agence météorologique japonaise (JMA) a averti vendredi qu’un volcan sous-marin, à environ 400 km au sud de Tokyo, pourrait bientôt entrer en éruption, ce qui a conduit la Garde côtière japonaise à émettre un bulletin d’alerte à l’attention des navires de la région. Les avions de la Garde côtière ont constaté que la surface de l’océan avait récemment changé de couleur, apparemment en raison de l’activité volcanique dans le secteur de Beyonesu (= Bayonnaise) Rocks à environ 65 km au sud-sud-est de l’île d’Aogashima. Cependant, il est peu probable qu’une éruption affecte sérieusement les îles habitées, y compris Aogashima. Si l’éruption se produit à Bayonnaise Rocks, ce sera la première depuis 1970. Un changement de couleur de l’océan a été observé pour la dernière fois en 1988. Le 24 septembre 1952, une éruption dans la région a tué 31 membres d’équipage d’un navire de garde-côte. Cet événement est décrit dans mon ouvrage Killer Volcanoes.
Source: The Japan Times.

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The Japan Meteorological Agency (JMA) on Friday warned that an underwater volcano about 400 km south of Tokyo could erupt soon, spurring the Japan Coast Guard to issue an alert to ships in the area. Coast guard aircraft found that the colour of the ocean surface recently changed apparently due to volcanic activity in the Beyonesu (=Bayonnaise) Rocks about 65 km south-southeast of Aogashima Island. However, an eruption is unlikely to seriously affect any of the inhabited islands, including Aogashima. If the eruption occurs around the Beyonesu Rocks, it will be the first since 1970. A change of colour in the ocean was last observed in 1988. On September 24th 1952, an eruption in the area killed 31 crew members of a coastguard ship.

Source: The Japan Times.

Situation géographique de Bayonnaise Rocks.

Etna (Sicile / Italie): Retour au calme // Back to normal

Après avoir décliné régulièrement (voir mes notes précédetes), le tremor a retrouvé se matin son niveau de base. Les images de la caméra thermique sur le Monte Cagliato montrent que la coulée de lave qui se dirigeait vers la Valle del Bove n’est plus active. L’Etna est donc en passe de retrouver son calme, mais un nouvel épisode strombolien ne saurait être exclu. Le volcan nous a déjà habitués à de telles sautes d’humeur.

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After having declined regularly (see my previous notes), the tremor has regained its background level this morning. The images of the thermal camera on Monte Cagliato show that the lava flow that was travelling down the Valle del Bove is no longer active. It seems Mt Etna is about to become quiet again, but a new strombolian episode can not be ruled out. The volcano has already accustomed us to such a behaviour.

Quelques nouvelles du Kilauea (Hawaii) // A few pieces of news about Kilauea volcano (Hawaii)

La lave continue à se déverser dans l’océan par le « tuyau d’incendie » sur le site de Kamokuna. Cependant, l’entrée de lave est plus modeste qu’au cours des dernières semaines. Le jet mesure entre 1 et 2 mètres de large et chute d’une vingtaine de mètres dans l’eau. Un point d’observation a été aménagé par les autorités du Parc pour admirer la lave en toute sécurité. Le franchissement des cordes qui limitent la zone n’est pas autorisé.
L’éruption se poursuit également au sommet et dans le cratère du Pu’uO’o sur l’East Rift Zone. Un petit lac de lave s’agite toujours dans la partie occidentale du cratère dont l’accès est interdit. La seule façon de voir le lac est depuis le ciel. Des balades en hélicoptère peuvent être achetées à l’aéroport de Hilo.
La coulée de lave 61g qui entre dans l’océan à Kamokuna continue à alimenter des coulées de surface au-dessus du pali. L’émission de lave qui a débuté le 5 mars dans la partie supérieure du champ de lave continue à progresser vers l’aval et s’étend maintenant sur plusieurs centaines de mètres de largeur, bien au-delà des limites du premier champ de lave créé par la 61g.
La surface du lac de lave dans le cratère de l’Halema’uma’u  se trouve à environ 23 mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater et peut parfois être vue depuis la terrasse du Musée Jaggar. L’accès au cratère proprement dit est strictement interdit.

Source : HVO.

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The “fire hose” of lava continues to pour into the sea at Kamokuna. However, the lava entry is more modest than during the past weeks. The lava stream is between one and two metres wide and plunges about 20 metres into the water. An observation point has been set up by Park authorities to observe the lava entry safely. Going beyond the ropes that limit the area is not permitted.

The eruption also continues at the summit and at the Pu’uO’o vent on the East Rift Zone. A small lava lake can still be seen in the western part of the crater whose access is prohibited. The only way to see the lake is from the air. Helicopter tours can be bought at Hilo airport.

The episode 61g lava flow entering the ocean at Kamokuna continues to feed surface flows above the pali. The breakout on the upper flow field that began on March 5th continues to advance downslope and now spans several hundred yards in width, extending beyond the main 61g flow field margins.

The lava lake at Kilauea’s summit is about 23 metres below the Overlook crater rim and can sometimes be seen from the terrace of the Jaggar Museum. Access to the Overlook Crater is strictly forbidden.

Source: HVO.

« The firehose » (Crédit photo: USGS / HVO)

Coulée éphémère sur le pali (Photo: C. Grandpey)