COP 26 : l’île Maurice entre économie et écologie // COP 26: Mauritius between economy and ecology

On peut lire sur le site Réunion la 1ère un article qui montre les cas de conscience auxquels sont confrontés les responsables politiques dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il est souvent difficile de faire cohabiter intérêts économiques et sauvegarde de l’environnement. Au coeur de l’océan Indien, l’île Maurice en est le parfait exemple.

Lundi 1er novembre 2021, devant la presse, le Premier ministre de l’île Maurice s’est engagé à réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre. Il a confirmé son intention d’abandonner le charbon et d’avancer vers une production d’énergie verte. Pour y parvenir, l’île compte produire 60% de son mixte énergétique à partir des énergies vertes. Le charbon sera progressivement éliminé dans la production de l’électricité. L’utilisation des véhicules électriques sera encouragée. Des plans de soutien sont proposés aux agriculteurs pour accompagner leur transition vers une agriculture raisonnée.

Dans le cadre de la COP 26, le Premier ministre mauricien a lancé un appel aux dirigeants de la planète pour que le Glasgow Package puisse se concentrer sur la mise en œuvre de l’engagement pour un financement climatique annuel de 100 milliards de dollars américains avec un accès plus facile au profit des petits Etats insulaires en développement (PIED) et d’autres pays vulnérables à la crise du climat.

A côté de ces belles promesses, un accord – l’Offshore Petroleum Bill – a été signé par l’Etat mauricien et des compagnies pétrolières pour qu’elles recherchent du pétrole dans les Zones Économiques Exclusives (ZEE) de ses îles. Si ces investigations sont positives, l’exploitation sera autorisée. L’accord a été entériné par l’Assemblée nationale, le 26 octobre 2021, à quelques jours de la COP26!

Le Premier ministre mauricien a défendu cette démarche par l’urgence de redresser l’économie de l’île après la crise Covid. Si l’exploitation se concrétise, les sociétés se sont engagées à embaucher localement et à développer une industrie sur place. La démarche économique et politique est compréhensible, mais elle est en contradiction avec les engagements pris devant la COP26.

L’île Maurice comme La Réunion et les autres petites îles ont un bilan carbone plutôt favorable. Par nombre d’habitants, il est inférieur à celui des pays européens, des Etats Unis ou de la Chine. Pourtant, quand on ajoute les émissions des porte-conteneurs indispensables pour assurer le ravitaillement des pays, la note en CO2 explose. Ces navires fonctionnent grâce au fuel lourd. Même si de gros progrès ont été réalisés pour réduire la pollution qu’ils occasionnent, ils émettent énormément de gaz à effet de serre. Leur impact sur l’environnement et la santé reste considérable. Pourtant, aujourd’hui, ces bateaux sont indispensables et irremplaçables.

Source: Réunion la 1ére.

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One can read an article on the Réunion la 1ère website that shows the cases of conscience faced by political leaders in the fight against global warming. It is often difficult to combine economic interests with environmental protection. In the heart of the Indian Ocean, Mauritius is the perfect example.
Monday, November 1st, 2021, in front of the press, the Prime Minister of Mauritius pledged to reduce greenhouse gas emissions by 40%. He confirmed his intention to abandon coal and move towards green energy production. To achieve this, the island intends to produce 60% of its energy mix from green energies. Coal will be phased out in the production of electricity. The use of electric vehicles will be encouraged. Support plans are offered to farmers to support their transition to sustainable agriculture.
As part of COP 26, the Prime Minister of Mauritius appealed to world leaders for the Glasgow Package to focus on implementing the commitment for annual climate finance of US $ 100 billion with easier access for the benefit of Small Island Developing States (SIDS) and other countries vulnerable to the climate crisis.
Alongside these fine promises, an agreement – the Offshore Petroleum Bill – was signed by the Mauritian State and oil companies to search for oil in the Exclusive Economic Zones (EEZs) of its islands. If these investigations are positive, the exploitation will be authorized. The agreement was ratified by the National Assembly on October 26th, 2021, a few days before COP26!
The Prime Minister of Mauritius defended this approach by the urgency of recovering the island’s economy after the Covid crisis. If the exploitation materializes, the companies are committed to hiring locally and developing an industry there. The economic and political approach is understandable, but it is in contradiction with the commitments made before the COP26.
Mauritius like Reunion and the other small islands have a rather favorable carbon footprint. By number of inhabitants, it is lower than that of European countries, the United States or China. However, when one adds the emissions of container ships essential to ensure the supply of countries, the CO2 rating explodes. These ships operate on heavy fuel oil. Although great progress has been made in reducing the pollution they cause, they emit a lot of greenhouse gases. Their impact on the environment and health remains considerable. Yet today, these boats are indispensable and irreplaceable.
Source: Réunion la 1ére.

Source: Google Maps

L’exploitation minière au Groenland (suite) // Mining in Greenland (continued)

Un groupe de milliardaires américains a décidé de cautionner un nouveau projet minier au Groenland. Ils espèrent ainsi favoriser l’accès aux minéraux utilisés pour fabriquer des voitures électriques.
L’argent destiné à financer le projet trouve sa source dans une société – Breakthrough Energy Ventures – fondée par Bill Gates, et dont les investisseurs comprennent Jeff Bezos et Michael Bloomberg. Bill Gates a fondé Breakthrough Energy en 2015 dans le cadre de la lutte contre le changement climatique et il a levé 2 milliards de dollars à ce jour. Sa société a investi dans des dizaines de startups dans le domaine de l’énergie durable.
Le projet groenlandais est une coentreprise entre Bluejay Mining, une société britannique cotée en bourse, et KoBold Metals, une société américaine qui apporte 15 millions de dollars en tant qu’actionnaire majoritaire dans l’opération.
KoBold affirme que son utilisation de l’intelligence artificielle lui permet d’exploiter les minéraux de manière plus respectueuse de l’environnement. La société cible les gisements de minerai de haute qualité qui nécessitent des méthodes d’extraction moins intrusives.
Certains chercheurs sont inquiets car le projet au Groenland crée potentiellement des situations dangereuses pour l’environnement avec le risque de contamination d’un fjord. Toute perturbation de l’écosystème marin par une activité minière pourrait être catastrophique.
Ces inquiétudes illustrent les situations complexes qui opposent militants écologistes et investisseurs. Le passage des voitures à essence aux voitures électriques nécessite l’utilisation de minéraux rares pour les batteries et les puces informatiques. Mais ces minéraux ne sont pas toujours extraits proprement. Les consommateurs sous-estiment souvent les dégâts causés à l’environnement pour produire des véhicules électriques. Par ailleurs, Amnesty International a donné des exemples de violations des droits de l’homme dans des installations minières à l’étranger utilisées pour la fabrication de batteries. L’organisation dénonce l’utilisation d’enfants dans les mines en République Démocratique du Congo.
L’extraction des ressources naturelles a également été très controversée au Groenland. Au printemps dernier, ce pays de 56 000 habitants s’est rendu aux urnes pour déterminer l’avenir d’un énorme gisement de minerai. Au final, c’est le parti de gauche Inuit Ataqatigiit qui l’a emporté, à la grande joie des écologistes. Les autorités groenlandaises auraient l’intention d’interdire l’extraction de l’uranium dans le pays et ont cessé de délivrer de nouvelles licences pour l’exploration pétrolière au large des côtes.
Source : Yahoo Business News.

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A group of billionaires are backing a new mining initiative in Greenland, in what they hope will boost access to minerals used to manufacture electric cars.

The source of the billionaire money is an initiative founded by Bill Gaates, Breakthrough Energy Ventures, whose investors include Jeff Bezos and Michael Bloomberg. Gates founded Breakthrough Energy in 2015 as a vehicle for combating climate change, and it has raised $2 billion to date. The organization has invested in dozens of startups in the sustainable energy space.

The Greenland project is a joint venture between a publicly traded British firm, Bluejay Mining, and KoBold Metals, an American company that is paying $15 million for a majority stake in the operation.

KoBold says its use of artificial intelligence enables it to mine in a more environmentally friendly way. It targets high quality ore deposits that require less intrusive methods to extract.

Some researchers remain concerned. As the Greenland project creates potentially some environmentally dangerous situations with any contamination of a fjord. Any disturbance to that marine system through any activity could be catastrophic.

The concerns illustrate the complex tradeoffs facing environmental activists and investors. Shifting from gas-powered to electric cars requires scarce minerals used for batteries and computer chips. But those minerals are not always cleanly extracted. Consumers often greatly underestimate the environmental toll required to produce electric vehicles. Amnesty International has documented cases of human rights violations in overseas mine facilities used by battery companies, including use of child workers in the Democratic Republic of the Congo.

Natural resource extraction has been hugely controversial in Greenland as well. Last spring, the nation of 56,000 people headed to the polls in part to weigh in on the future of an enormous mineral deposit. In the end, the left-wing Inuit Ataqatigiit party carried the day, a boon for environmentalists. Authorities reportedly plan to ban uranium mining in the country, and have stopped issuing new licenses for offshore oil exploration.

Source : Yahoo Business News.

Norvège: pétrole ou environnement? // Norway: oil or environment?

En Norvège, comme dans le reste du monde, les températures sont en hausse en raison du réchauffement climatique et les glaciers fondent. Selon le Centre international de recherche sur le climat (CICERO), la superficie couverte par les glaciers norvégiens a diminué de 11 % au cours des 30 dernières années. 326 kilomètres carrés de glace ont disparu depuis le milieu des années 1980. C’est dans le nord du pays que la glace fond le plus rapidement.
Selon un rapport du Centre norvégien des services climatiques (NCCS), les grands glaciers devraient perdre un tiers de leur superficie et de leur volume d’ici la fin de ce siècle. Les petits glaciers devraient disparaître entièrement, sauf aux altitudes les plus élevées.
Ces dernières années, le changement climatique a provoqué la fonte de plusieurs glaciers, laissant apparaître des marqueurs bien conservés de différentes périodes de l’histoire. C’est ainsi que disparition de la glace a révélé un col jonché de centaines d’artefacts datant de l’époque Viking.
S’agissant du réchauffement climatique, la Norvège a une double position. Les combustibles fossiles ont contribué à faire passer le pays d’une économie relativement modeste basée sur la pêche et le bois à l’un des États-providence les plus riches du monde.
Aujourd’hui, le réchauffement climatique oblige le pays à envisager l’arrêt de l’exploitation des énergies fossiles pour être à la hauteur de ses ambitions environnementales. C’est le choix qu’environ 3 millions d’électeurs norvégiens étaient censés faire le 13 septembre 2021 lors d’une élection parlementaire: ils devaient décider si sauver la planète vaut la peine d’arrêter l’exploitation des combustibles fossiles.
La Norvège se considère comme une nation verte. Selon un rapport des Nations Unies, le pays a un « bilan environnemental solide ». Son air et son eau sont d’excellente qualité, et la plus grande partie de l’électricité est produite par des centrales hydroélectriques qui ne polluent pas. Le pays fait figure de leader dans la production d’énergie renouvelable. Les lois environnementales sont strictes, avec l’interdiction d’utiliser des combustibles fossiles pour le chauffage des bâtiments et de fortes incitations à l’achat de voitures électriques. En août 2021, 70 % des véhicules neufs vendus étaient entièrement électriques; c’est plus que dans tout autre pays. La Norvège a également été l’une des premières nations au monde à introduire une taxe carbone, en 1991.
La Norvège fait également de gros efforts pour lutter contre le changement climatique. Le pays consacre des ressources substantielles à la lutte contre la déforestation dans le monde. Le gouvernement a fortement investi dans la Recherche et le Développement, notamment pour le développement de technologies de captage et de stockage du carbone. Ces politiques bénéficient d’un large soutien populaire, en particulier parmi les jeunes et les citadins qui considèrent de plus en plus le climat comme une priorité.
Cependant, à côté d’une politique qui se veut verte, la Norvège reste le pays industrialisé le plus dépendant des combustibles fossiles au monde. Le pétrole brut et le gaz naturel représentent 41 % des exportations, 14 % du produit intérieur brut, 14 % des recettes publiques et entre 6 % et 7 % des emplois. Avec les plus grandes réserves d’hydrocarbures d’Europe, le pays est le troisième exportateur mondial de gaz naturel et l’un des principaux exportateurs de pétrole brut.
Jamais le climat n’a été aussi important sur le plan politique et économique que lors des dernières élections parlementaires du 13 septembre 2021. D’un côté, il y avait les partis de l’establishment – les conservateurs et les travaillistes qui ont exclu l’arrêt à court terme de la production de pétrole et de gaz naturel, craignant les conséquences économiques. De l’autre côté, le Parti de la gauche socialiste et le Parti vert ont fait campagne sur les questions climatiques; ils se sont engagés à interdire les nouvelles licences d’exploration et ont promis d’arrêter toute production d’ici 2035.
L’opposition de gauche dirigée par le Parti travailliste a remporté les élections, battant le gouvernement conservateur actuel. En conséquence, la Norvège aura un nouveau Premier ministre. Cela marquera-t-il un changement dans sa politique énergétique ? Pas si sûr. Comme indiqué plus haut, le secteur pétrolier et gazier reste crucial pour l’économie du pays. Il emploie 200 000 personnes, représente 14 % du PIB et 41 % des exportations.
Alors que les scientifiques insistent pour que les émissions de gaz à effet de serre soient réduites de moitié au cours de cette décennie, essentiellement en éliminant progressivement les combustibles fossiles, la Norvège n’a pas fixé de date pour mettre fin à l’exploration du pétrole et du gaz. La Direction norvégienne du pétrole a même déclaré au début de cette année qu’elle s’attendait à ce que la production de pétrole continue d’augmenter au cours des prochaines années, passant de 1,7 million de barils par jour en 2020 à un peu plus de 2 millions par jour en 2025. Rien à ajouter!
Source : Presse norvégienne.

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In Norway, as in the rest of the world, temperatures are rising due to global warming, and the glaciers are melting. According to the Center for International Climate Research (CICERO), the total area covered by Norwegian glaciers has decreased by 11 per cent in the last 30 years. 326 square kilometres have disappeared since the mid 1980s. The ice is retreating most rapidly in the northern parts of the country.

According to aeport from the Norwegian Centre for Climate Services (NCCS), large glaciers are projected to lose a third of their total area and volume by the end of this century. Smaller glaciers are anticipated to disappear entirely, except at the very highest altitudes.

In recent years, climate change has caused mountain glaciers to melt away, revealing well-preserved markers from different periods in history beneath. The retreat of melting glaciers has revealed a lost mountain pass in Norway, complete with hundreds of Viking artifacts strewn along it.

As far as climate change is concerned, Norway has a dual position. Fossil fuels helped to catapult Norway from a stable but small fishing and timber economy into one of the wealthiest and most progressive welfare states in the world.

Now, climate change is forcing the country to consider stopping the exploitation of fossil fuels in exchange for living up to its environmental ambitions. This is the choice an estimated 3 million Norwegian voters had to make on September 13th, 2021 in a parliamentary election that has centered on the issue of whether saving the planet is worth stopping the fossil fuel exploitation.

Norway fancies itself a green nation. According to a report by the United Nations on human rights and the environment, the country has a “strong environmental record.” Its air and water are pristine, and the vast majority of electricity is generated by emissions-free hydropower plants. The country is a leader in renewable energy production. Environmental regulations are stringent, with fossil fuel use banned for heating buildings and strong incentives for the purchase of electric cars. In August 2021, 70% of new vehicles sold were fully electric, more than in any other country. Norway was also one of the first nations in the world to introduce a carbon tax, in 1991.

Norway is also at the front of global efforts to combat climate change. The country devotes substantial resources to combating deforestation in the developing world. The government has invested strongly in R&D, especially for the development of carbon capture and storage technologies. These policies have broad popular support, especially among young and urban citizens who increasingly rate climate as their most important policy priority.

However, beneath its green policy, Norway remains the most fossil fuel-dependent industrialized democracy in the world. Crude oil and natural gas account for 41% of exports, 14% of gross domestic product, 14% of government revenues, and between 6% and 7% of employment. Home to the largest hydrocarbon reserves in Europe, the country is the world’s third largest exporter of natural gas, and one of the top exporters of crude oil. Norway’s total petroleum production is forecast to increase until 2024 or so.

Nowhere and never had climate been so politically salient and economically significant as it was in Norway’s last parliamentary election of September 13th, 2021. On one side, there were the establishment parties—the Conservatives and Labour—which have have ruled out halting oil and gas production in the near term, fearing the economic consequences. On the other side, the Socialist Left Party and the Green Party have campaigned on climate issues and have committed to banning new exploration licenses, and promised to halt all production by 2035.

The left-wing opposition led by the Labour Party won the election, defeating the current Conservative government. As a consequence, Norway will have a new Prime Minister. Will it mark a change in Norway’s energy policy? Not so sure. The oil and gas sector remains crucial for the country’s economy, employing 200,000 people – between 6% and 7% of its workforce – and accounting for 14% of GDP and 41% of exports.

While scientists say emissions need to be halved over this decade, largely by phasing out fossil fuels, Norway has not set a date to even end the exploration of oil and gas. The Norwegian Petroleum Directorate said earlier this year that it expected oil production to keep rising in the next few years, from 1.7 million barrels a day in 2020 to just over 2 million a day in 2025.

Source: Norwegian newspapers.

Production de pétrole norvégien au cours des derniers mois:

 

Production de pétrole norvégien au cours des 25 dernières années:

La production de pétrole est certes en baisse, mais les perspectives montrent qu’elle n’est pas près de cesser!

Réchauffement climatique : les Etats Unis vont continuer à souffrir ! // Global warming : the U.S. will still suffer !

Après les sévères vagues de chaleur, les longues sécheresses et les incendies dévastateurs qui ont affecté une grande partie des États-Unis, on était en droit de se demander si le pays allait changer sa politique environnementale. Les Républicains allaient-ils oublier les propos de Donald Trump pour qui le changement climatique est un canular ?
Après une décennie de contestation de l’existence du réchauffement climatique, de nombreux Républicains commencent à changer d’avis en observant les catastrophes naturelles qui font souffrir leurs circonscriptions… et donc leur électorat.
Les membres du Congrès qui ont longtemps prétendu que le changement climatique était dû à des cycles naturels ont fait évoluer leur point de vue, et beaucoup acceptent maintenant l’affirmation des scientifiques selon laquelle les émissions provenant de la combustion de pétrole, de gaz et de charbon entraînent une hausse de la température sur Terre.
Cependant, cette acceptation de la réalité du changement climatique ne se traduit pas dans les faits Alors que les scientifiques demandent d’arrêter de brûler des combustibles fossiles, les Républicains proposent de dépenser des milliards pour préparer les populations à faire face aux conditions météorologiques extrêmes.
Des dizaines de Républicains à la Chambre des Représentants et au Sénat ont déclaré que le passage rapide à l’énergie éolienne, solaire et à d’autres énergies propres nuirait à une économie qui est basée depuis plus d’un siècle les combustibles fossiles. Ce point de vue est confirmé par les sondages qui montrent que les électeurs républicains sont plus préoccupés par l’emploi que par l’environnement. Une enquête réalisée en mai 2021 a révélé que seulement 10 % des Républicains et de leurs sympathisants étaient vraiment préoccupés par la lutte contre le changement climatique. Une majorité pense que les plans ambitieux du président Joe Biden pour freiner le changement climatique nuiraient à l’économie.
Cependant, à mesure que les impacts du réchauffement climatique deviennent plus évidents, le message des Républicains et de leurs alliés a changé. Ils plaident maintenant pour des investissements dans la recherche et le développement, ou des solutions technologiques qui sont peu crédibles, telles que le nettoyage de l’air après la combustion du pétrole, du gaz et du charbon. Beaucoup sont également favorables à l’expansion de l’énergie nucléaire, qui ne produit pas de gaz à effet de serre mais pose d’autres défis. Il faut beaucoup de temps pour construire de nouvelles centrales, sans oublier les problèmes posés par l’élimination des déchets radioactifs et le risque de fuites.
La majorité des élus républicains sont en faveur de mesures moins agressives et mieux acceptées par leurs électeurs, comme planter des arbres pour absorber plus de dioxyde de carbone de l’atmosphère, ou offrir des crédits d’impôt aux entreprises qui capturent le dioxyde de carbone après qu’il a été rejeté dans l’air par des centrales électriques ou des sites industriels. En revanche, ils s’opposent à tout programme visant à réduire significativement les émissions.
Les Démocrates disent qu’il existe dès à présent des outils pour éviter que notre planète se réchauffe davantage : développer rapidement l’énergie éolienne et solaire, renforcer le stockage d’énergie et le réseau électrique, électrifier les transports et rendre les bâtiments économes en énergie. Bon nombre de ces éléments sont intégrés dans un budget de 3,5 milliards de dollars que les Démocrates espèrent faire adopter à l’automne. Le projet de loi budgétaire comprend un outil appelé ‘programme de paiement d’électricité propre’, conçu pour inciter les fournisseurs d’électricité à générer leur énergie à partir de sources à faible émission de carbone comme l’énergie éolienne, solaire et nucléaire.
Si elle est approuvée, la mesure serait le projet de loi climatique le plus ambitieux de l’histoire des États-Unis. Il mettrait le pays sur la bonne voie pour atteindre l’objectif du président Joe Biden de réduire de moitié les émissions nationales de gaz à effet de serre d’ici 2030. Pour cela, il faudrait l’appui du Congrès, ce qui est loin d’être gagné. Au moins deux sénateurs démocrates ont déjà indiqué qu’ils avaient l’intention de voter contre.
Les chefs de file républicains, quant à eux, ont clairement indiqué qu’ils voteraient contre le projet de loi budgétaire, arguant qu’il est trop cher et que des articles prévoyant une norme d’électricité propre et l’expansion des véhicules électriques financés par le gouvernement nuiraient aux contribuables et aux consommateurs.
La position des Républicains reflète celle des grandes sociétés pétrolières et gazières, qui mènent des campagnes publicitaires vantant « l’innovation technologique » comme réponse au réchauffement climatique.
Dans les coulisses à Washington, les intérêts pétroliers et gaziers continuent de faire pression contre les politiques qui réduiraient les émissions, en particulier les nouvelles normes concernant le kilométrage des véhicules qui freineraient la consommation de centaines de milliards de litres d’essence. Ces entreprises financent largement le Parti républicain. Au cours de la campagne électorale de 2020, les sociétés pétrolières, gazières et houillères ont donné 46 millions de dollars au Parti républicain. C’est plus que ces industries ont donné aux Démocrates au cours des dix dernières années. La messe est dite !
Source : Yahoo News, le New York Times.

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After the severe heatwaves, droughts and wildfires that affected – and are stiill affecting – much of the United States, one big question is : Will the country change its environmental policy ? Will Republicans forget Donald Trump’s statemant taht climate change is a hoax ?

After a decade of disputing the existence of climate change, many leading Republicans are shifting their posture amid the deadly natural disasters that have affected their districts and unnerved their constituents back home.

Members of Congress who long insisted that the climate is changing due to natural cycles have notably adjusted that view, with many now acknowledging the scientists’ assertion that emissions from burning oil, gas and coal have raised Earth’s temperature.

However, their growing acceptance of the reality of climate change has not translated into support for the strategy that scientists said is imperative to avert an even more harrowing future: stop burning fossil fuels. Instead, Republicans want to spend billions to prepare communities to cope with extreme weather.

Dozens of Republicans in the House and Senate said in recent interviews that quickly switching to wind, solar and other clean energy will damage an economy that has been based on fossil fuels for more than a century. It’s a message supported by polling that shows Republican voters are more concerned with jobs than the environment. A survey in May 2021 found just 10% of Republican and Republican-leaning independents were deeply concerned with addressing climate change, while a majority thought President Joe Biden’s ambitious plans to curb climate change would hurt the economy.

However, as the impacts of global warming become more apparent with each weather forecast, the message from Republicans and their allies has shifted. They now argue for investment in research and development, or technological solutions that are years away from viability, such as cleaning the air after oil, gas and coal are burned. Many also favour expanding nuclear energy, which does not produce greenhouse gases but poses other challenges including the lengthy time it takes to build new plants and concerns about disposal of spent fuel and risk of radioactive leaks.

The majority of Republican lawmakers back less aggressive responses popular with their voters, like planting trees to absorb more carbon dioxide from the atmosphere, or offering tax credits to businesses that capture carbon dioxide after it has been released into the air by power plants or industrial sites. But they are opposing any program to meaningfully reduce emissions.

Democrats say the tools exist now to stave off a hotter planet: rapidly expand wind and solar energy, beef up energy storage and the electric grid, electrify transportation, and make buildings energy efficient. Many of those elements are tucked into a $3.5 trillion budget package that Democrats hope to pass in the autumn. The budget bill includes a tool called a clean electricity payment program, designed to drive utilities to produce an increasing amount of electricity from low and zero-carbon sources like wind, solar and nuclear energy.

If approved, the measure would be the most consequential climate bill in United States history, putting the country on track to hit President Joe Biden’s goal of roughly halving domestic greenhouse gas emissions by 2030. But to get it through the evenly split Congress, every Democrat would need to support it and at least two senators have indicated they may oppose it.

Republican leaders, meanwhile, have made it clear they will vote against the budget bill, arguing that it is too expensive and that mandates like a clean electricity standard and government-funded electric vehicle expansion will hurt taxpayers and consumers.

Their messaging closely mirrors the position of major oil and gas companies, which are running advertising campaigns touting “technology innovation” as a response to global warming.

Behind the scenes in Washington, oil and gas interests continue to lobby hard against policies that would reduce emissions, particularly tighter vehicle mileage rules that would prevent the burning of hundreds of billions of gallons of gasoline.

Those companies are donating overwhelmingly to Republicans. In the 2020 election cycle alone, oil, gas, coal mining and other energy companies gave $46 million to the Republican Party. That’s more than those industries donated to Democrats over the course of the last decade..

Source : Yahoo News, The New York Times.

Tant que la politique environnementale prônée par les Républicains ne changera pas, les incendies de végétation comme le Dixie Fire en 2021 se multiplieront aux Etats Unis (Crédit photo : Wikipedia)