El Niño : le retour // El Niño is back

Concentrations de CO2 : 431,28 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Toutes les quelques années, des variations dans l’océan Pacifique tropical affectent la météo à travers le globe. Ces variations font partie du cycle El Niño–Oscillation Australe (ENSO), qui alterne entre deux phases principales : El Niño, lorsque les eaux océaniques sont plus chaudes que la normale dans la partie orientale de l’équateur, et La Niña, lorsqu’elles sont plus froides.

Dans une note publiée le 24 février 2026, j’expliquais que le phénomène La Niña, qui avait considérablement affecté les conditions climatiques mondiales ces derniers mois, s’affaiblissait rapidement au-dessus de l’océan Pacifique tropical. Les dernières données océaniques et atmosphériques montraient que les anomalies froides dans le Pacifique s’atténuaient, notamment dans sa partie occidentale, ce qui indiquait que des changements importants du système météorologique mondial pourraient survenir en 2026.

C’est effectivement le cas. La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) viennent d’indiquer que le phénomène El Niño a de fortes chances de revenir « entre juin et août » prochains.

Alors qu’El Niño se produit tous les deux à sept ans, il est peu fréquent d’avoir deux El Niño si rapprochés, surtout s’ils sont de grande ampleur. L’épisode précédent avait été l’un des cinq plus intenses jamais enregistrés. L’ampleur de celui à venir reste incertaine, mais la NOAA établit déjà qu’il y a une chance sur trois qu’elle soit forte.

Le retour d’El Niño doit commencer par l’affaiblissement des alizés, des vents qui soufflent normalement d’est en ouest à travers le Pacifique tropical, de l’Amérique du Sud vers l’Océanie. Ces vents poussent et maintiennent les eaux chaudes vers l’ouest de l’océan, du côté asiatique, tandis que les eaux restent relativement froides près du continent sud-américain. Mais l’affaiblissement de ces vents entraîne un déplacement des eaux chaudes vers l’est du Pacifique, toujours au niveau de l’équateur, au large du Pérou.

Ce réchauffement des eaux de surface modifie toute la météo et les vents au-dessus de l’océan Pacifique, ce qui, par un effet domino, affecte les précipitations et les températures du globe. C’est pourquoi les années marquées par El Niño figurent souvent parmi les plus chaudes jamais enregistrées. Un épisode El Niño typique tend à provoquer une augmentation temporaire de la température moyenne mondiale de l’ordre de 0,1 à 0,2°C.

Au niveau global, les prévisions pour 2026 donnent des températures équivalentes ou un peu supérieures à 2025, qui était déjà chaude. La crainte porte surtout sur 2027, puisqu’on sait que les effets d’El Niño sont plus importants la deuxième année. On pourrait battre largement le précédent record de 2024. Il y a deux ans, le monde a dépassé pour la première fois le seuil de 1,5°C établi dans l’Accord de Paris pour le maintien de conditions vivables. Le plus inquiétant, c’est que la hausse de la température globale s’accompagne de nombreux événements météorologiques extrêmes.

El Niño se traduit généralement par des conditions plus sèches en Asie du Sud-Est, en Australie, en Afrique australe et dans le nord du Brésil, avec leurs lots de vagues de chaleur, de feux de forêt, des précipitations plus fortes et des inondations dans la Corne de l’Afrique, le sud des États-Unis, au Pérou et en Équateur. Selon les climatologues, il faut s’attendre en 2027 à des phénomènes extrêmes partout dans le monde, et particulièrement autour du Pacifique.

L’ensemble de ces phénomènes s’inscrit dans un contexte mondial de réchauffement climatique d’origine anthropique qui, lui aussi, fait grimper les températures et accentue les événements météorologiques extrêmes.

Source : NOAA, OMM.

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Every few years, variations in the tropical Pacific Ocean affect weather across the globe. These variations are part of the El Niño–Southern Oscillation (ENSO) cycle, which alternates between two main phases: El Niño, when ocean waters are warmer than normal in the eastern part of the equator, and La Niña, when they are colder.
In a post published on February 24, 2026, I explained that the La Niña phenomenon, which had significantly affected global weather patterns in recent months, was rapidly weakening over the tropical Pacific Ocean. The latest ocean and atmospheric data showed that cold anomalies in the Pacific were diminishing, particularly in its western part, indicating that significant changes to the global weather system could occur in 2026.
This is indeed the case. The National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) and the World Meteorological Organization (WMO) have just indicated that the El Niño phenomenon has a strong chance of returning between June and August.
While El Niño occurs every two to seven years, it is unusual to have two El Niño events so close together, especially if they are of significant magnitude. The previous episode was one of the five most intense ever recorded. The magnitude of the upcoming event remains uncertain, but NOAA has already established that there is a one in three chance that it will be strong.
The return of El Niño is supposed to begin with the weakening of the trade winds that normally blow from east to west across the tropical Pacific, from South America toward Oceania. These winds push and maintain warm waters toward the western side of the ocean, on the Asian side, while the waters remain relatively cool near the South American continent. But the weakening of these winds causes warm waters to shift eastward across the Pacific, still near the equator, off the coast of Peru.
This warming of surface waters alters the entire weather and wind patterns over the Pacific Ocean, which, through a domino effect, impacts global rainfall and temperatures. This is why El Niño years are often among the warmest ever recorded. A typical El Niño event tends to cause a temporary increase in the global average temperature of around 0.1 to 0.2°C.
Globally, forecasts for 2026 predict temperatures equivalent to or slightly higher than those of 2025, which was already a warm year. The main concern is 2027, since the effects of El Niño are known to be more pronounced in the second year. We could easily surpass the previous record set in 2024. Two years ago, the world exceeded for the first time the 1.5°C threshold established in the Paris Agreement for maintaining habitable conditions. Most worryingly, the rise in global temperature is accompanied by numerous extreme weather events. El Niño generally results in drier conditions in Southeast Asia, Australia, southern Africa, and northern Brazil, with their associated heat waves, forest fires, heavier rainfall, and flooding in the Horn of Africa, the southern United States, Peru, and Ecuador. According to climatologists, we should expect extreme weather events worldwide in 2027, particularly around the Pacific Ocean.
All of these phenomena are occurring within a global context of anthropogenic climate change, which is also driving up temperatures and intensifying extreme weather events.

Source: NOAA, WMO.

Le Pérou face au réchauffement climatique // Peru faces global warming

Le Pérou a déclaré l’état d’urgence le 25 février 2026 dans près de la moitié des districts du pays suite à de fortes pluies, des glissements de terrain et des inondations provoqués par la hausse des températures océaniques, que les autorités attribuent au phénomène climatique El Niño Costero, ou El Niño côtier.
Un décret gouvernemental vise à accélérer le déblocage de fonds pour les autorités locales et régionales afin de sécuriser les infrastructures essentielles – ponts, routes, eau et électricité – tout en protégeant la vie et la santé des populations. Plus de 700 districts répartis le long de la côte Pacifique, les Andes et l’Amazonie sont désormais en état d’urgence.
Le ministère péruvien des Transports a indiqué qu’environ 931 kilomètres de routes ont été endommagés à l’échelle nationale, les dégâts étant concentrés dans les quatre régions les plus touchées par les précipitations. Ces axes routiers vitaux sont empruntés chaque semaine par plus d’un demi-million de personnes.
Les autorités ont également mis à jour le bilan des décès, précisant que 68 personnes ont perdu la vie suite aux intempéries depuis le mois de décembre.
Selon les autorités, les eaux du Pacifique se réchauffent et El Niño Costero devrait s’intensifier légèrement en mars. Le réchauffement des eaux océaniques entraîne une forte évaporation et des précipitations extrêmes, ainsi qu’une augmentation du débit des cours d’eau.
L’Institut géophysique du Pérou (IGP) a signalé qu’une coulée de boue (lahar) transportant des sédiments et des blocs a dévalé la ravine Matagente, sur le flanc nord-ouest du volcan Misti, le 22 février 2026. Selon les médias, les fortes pluies se sont intensifiées pendant plusieurs jours, provoquant d’importantes inondations et des glissements de terrain. Le niveau d’alerte volcanique reste quant à lui à la couleur Verte (niveau le plus bas sur une échelle de quatre couleurs).
Une autre coulée de boue transportant des blocs a dévalé la ravine d’El Volcán, sur le flanc sud du volcan Huaynaputina, le 21 février. La population a été invitée à se tenir à l’écart de cette ravine et à faire preuve de prudence sur la route qui relie Quinistaquillas à Sijuaya.
Le 16 février 2026, l’IGP m’avait alerté à propos d’une coulée de boue sur les flancs de l’Ubinas. L’Institut a appelé la population locale à la vigilance et lui a conseillé d’éviter d’emprunter la route Querapi-Ubinas-Huarina.
Source : Médias péruviens, IGP.

Outre les fortes pluies et les glissements de terrain qui en résultent, la fonte des glaciers au Pérou, qui s’est accélérée ces dernières décennies, est une autre conséquence du réchauffement climatique. La hausse des températures a fait disparaître plus de la moitié de la superficie glaciaire péruvienne en cinquante ans. La Cordillera Blanca et ses glaciers est la chaîne de montagnes tropicale la plus haute et la plus étendue au monde, et les cours d’eau alimentés par les glaciers fournissent de l’eau à des centaines de milliers de personnes vivant en aval. Ces dernières années, des études spécifiques au bilan de masse des glaciers avaient observé une perte de masse persistante et continue. Les résultats d’une nouvelle étude, publiés en septembre 2025, montrent une réduction de 44 % de la superficie glaciaire, ce qui se traduit par une diminution de la moyenne annuelle de 54 469 ha avant 2013 à 42 700 ha les années suivantes. Les résultats de l’étude montrent que les glaciers ont franchi un seuil critique de leur bilan de masse, et que depuis 2012, ils ont perdu leur capacité à se reconstituer. Il est important de noter que la fonte des glaciers péruviens fait apparaître des lacs retenus par des moraines fragiles susceptibles de se rompre sous la pression de l’eau. Ces lahars constituent une autre menace pour les zones habitées situées en aval.

Source : ScienceDirect : The loss of glacier resilience due to climate change throughout the Cordillera Blanca, Peru between 1984 and 2023

 Illustration de la fonte des glaciers péruviens entre 1984 et 2023. Graphique extrait de l’étude ci-dessus

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Peru declared a state of emergency on February 25, 2026 for nearly half the country’s districts following severe rainfall, landslides and flooding triggered by rising ocean temperatures, which authorities link to the El Nino Costero, or coastal El Nino, climate phenomenon.

A government decree aims to fast-track funding for local and regional authorities to secure vital infrastructure — including bridges, roads, water and electricity — while protecting the life and health of residents. More than 700 districts across the Pacific coast, the Andes and the Amazon are now under a state of emergency.

Peru’s ministry of transportation said that about 931 kilometers of roads have been damaged nationwide, with the destruction concentrated in the four regions hardest hit by rainfall. These vital routes serve more than half a million people every week.

Authorities also updated the death toll, noting that 68 people have died due to rain-related causes since December.

According to authorities, Pacific waters are warming and El Nino Costero is expected to strengthen slightly in March. The warming of ocean waters leads to high evaporation rates and extreme rainfall, as well as increased river flows.

The Instituto Geofísico del Perú (IGP) reported that a lahar carrying sediment and blocks descended the Matagente drainage on the NW flank of El Misti on 22 February. According to news sources, heavy rains had intensified over several days, causing widespread flooding and landslides. The Volcano Alert Level remains at Green (the lowest level on a four-color scale).

Another lahar carrying blocks descended the El Volcán drainage, on the S flank of Huaynaputina, on 21 February. The public was asked to stay away from the drainage and to be cautious when traveling along the Quinistaquillas-Sijuaya highway.

On February 16, 2026, the IGP had alerted me to a lahar on the flanks of Ubinas. The Ynstitute asked the local population to be vigilantand avoid travelling on the Querapi-Ubinas-Huarina highway.

Source : Peruvian news media, IGP.

Beside the heavy rains and the ensuing landslides, another consequence of global warming in Peru is the loss of mountain glaciers which has accelerated in recent decades. The rising temperatures have caused the loss of more than half of the Peruvian glaciated area in fifty years. The Cordillera Blanca is the highest and most extensively glacierized tropical mountain range in the world, and glacier-fed streams provide water for hundreds of thousands of people living downstream. Previous inventories and glacier-specific mass balance studies have documented persistent and sustained mass loss. The results of a recent study published in September 2025 show a 44 % reduction in glacier area, reflected in a decrease from the pre-2013 annual average of 54,469 ha to 42,700 ha in subsequent years. The results suggest glaciers have passed a significant mass balance threshold, such that since 2012, glaciers have lost their ability to regain mass. One should keep in mind that the melting of the Preuvian glaciers generas lakes that are held back by fragile moraines that may break open unter the pressure of water. Sucjh lahars anre another threat to downslope populated areas.

Source : ScienceDirect : The loss of glacier resilience due to climate change throughout the Cordillera Blanca, Peru between 1984 and 2023.

Climat : vers un affaiblissement de La Niña // Climate : towards a weakening of La Niña

Le phénomène La Niña, qui a considérablement affecté les conditions climatiques mondiales ces derniers mois, s’affaiblit rapidement au-dessus de l’océan Pacifique tropical. Les dernières données océaniques et atmosphériques montrent que les anomalies froides dans le Pacifique s’atténuent, notamment dans sa partie occidentale, ce qui indique que des changements importants du système météorologique mondial pourraient survenir en 2026,

Bien que l’influence de La Niña sur l’atmosphère se poursuive pendant l’hiver et le début du printemps, les modèles à long terme montrent de plus en plus clairement une transition vers une phase neutre et le phénomène El Niño pourrait ensuite commencer pendant l’été 2026 et être pleinement consolidée en automne. Ce changement aura donc des conséquences importantes pour l’Europe, notamment dans le contexte de l’hiver 2026-2027.

La Niña et El Niño font partie du système climatique connu sous le nom d’ENSO (El Niño Southern Oscillation) qui décrit l’alternance de phases froides et chaudes dans le Pacifique équatorial. Bien que ces processus se produisent loin de l’Europe, ils influencent fortement la répartition des zones de haute et de basse pression dans l’atmosphère, ainsi que la direction des principaux courants atmosphériques qui façonnent le climat de l’hémisphère Nord.

Pendant La Niña, les vents d’est persistants près de l’équateur se renforcent, poussant les eaux chaudes de surface vers le Pacifique occidental, tandis que les eaux plus froides des profondeurs remontent à la surface. Toutefois, ces dernières semaines, ce schéma a commencé à changer.

Un fort vent d’ouest se développe actuellement dans le Pacifique occidental et central, provoquant un réchauffement de la surface de l’océan et réduisant les effets de la couche d’eau froide caractéristique de La Niña.

Les analyses de température de la mer montrent que les anomalies froides se déplacent d’ouest en est, et ce phénomène se produit plus tôt que d’habitude. Parallèlement, sous la surface de l’océan, à des profondeurs d’environ 100 à 250 mètres, une vaste masse d’eau chaude est en train de se former. Ce réchauffement des eaux de subsurface est l’un des premiers et des plus fiables signes de l’arrivée du phénomène El Niño.

Cependant, les effets atmosphériques de La Niña ne disparaissent pas immédiatement. L’atmosphère réagit plus lentement que l’océan ; son impact peut donc se faire sentir des mois après le réchauffement de la surface de la mer. On passe par une phase neutre avant le retour d’El Niño. C’est pourquoi La Niña devrait persister au moins jusqu’au début du printemps 2026.

Durant cette période neutre, une tendance au réchauffement est observée en Europe, dans les parties occidentale et centre-ouest du continent. Ce phénomène est lié à une baisse de pression au-dessus de l’Atlantique Nord, ce qui renforce le flux d’ouest vers l’Europe. Ce type de circulation apporte généralement un air plus doux, des températures modérées et une moindre pénétration d’air froid continental venant de l’est. Ce sont les conditions météorologiques que nous connaissons actuellement.

Le principal changement est attendu au cours du second semestre 2026. Tous les modèles saisonniers s’accordent à dire que La Niña prendra fin relativement rapidement et que le phénomène El Niño pourrait débuter dès l’été 2026.

Au début de l’automne, la phase chaude de l’ENSO devrait être pleinement établie, avec un pic possible durant l’hiver 2026-2027 et des répercussions qui pourraient se prolonger.

En Europe, El Niño entraîne généralement des changements plus marqués dans la circulation atmosphérique au-dessus de l’Atlantique Nord. Les données historiques montrent que les hivers se caractérisent souvent par des conditions météorologiques instables, des cyclones plus puissants et des contrastes de température plus importants.

Un élément particulièrement important à prendre en compte est que, durant l’hiver avec El Niño, un couloir d’air froid se forme souvent, qui peut démarrer de la partie sud du Royaume-Uni, traverser l’Europe centrale, et atteindre le sud-est du continent européen. Le long de ce couloir d’air froid, le risque de chutes de neige augmente, y compris sur le centre de l’Europe. Ce phénomène peut également affecter ponctuellement l’Europe du Sud-Est, accroissant les risques de neige et d’importantes intrusions d’air froid vers les Balkans.

References:

EL NIÑO/SOUTHERN OSCILLATION (ENSO) DIAGNOSTIC DISCUSSION – Climate Prediction Center/NCEP/NWS – Issued February 12, 2026.

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The La Niña phenomenon, which has significantly impacted global weather patterns in recent months, is rapidly weakening over the tropical Pacific Ocean. The latest ocean and atmospheric data show that cold anomalies in the Pacific are weakening, particularly in its western part, indicating that significant changes to the global weather system could occur in 2026.
Although La Niña’s influence on the atmosphere will continue through winter and spring, long-term models are increasingly showing a transition to a neutral phase, and the El Niño phenomenon could then begin during the summer of 2026 and be fully established by autumn. This change will therefore have significant consequences for Europe, particularly in the winter of 2026-2027.

La Niña and El Niño are part of the climate system known as ENSO (El Niño Southern Oscillation), which describes the alternation of cold and warm phases in the equatorial Pacific. Although these processes occur far from Europe, they strongly influence the distribution of high- and low-pressure areas in the atmosphere, as well as the direction of the major atmospheric currents that shape the climate of the Northern Hemisphere.
During La Niña, persistent easterly winds near the equator strengthen, pushing warm surface waters toward the western Pacific, while colder waters from the depths rise to the surface. However, in recent weeks, this pattern has begun to change. A strong westerly wind is currently developing in the western and central Pacific, causing the ocean surface to warm and destroying the cold water layer characteristic of La Niña. Sea temperature analyses show that cold anomalies are moving from west to east, and this phenomenon is occurring earlier than usual. Simultaneously, beneath the ocean surface, at depths of approximately 100 to 250 meters, a vast mass of warm water is forming. This warming of subsurface water is one of the earliest and most reliable signs of the arrival of El Niño.
However, the atmospheric effects of La Niña do not disappear immediately. The atmosphere reacts more slowly than the ocean; its impact can therefore be felt months after the sea surface warms. A neutral phase occurs before the return of El Niño. This is why La Niña is expected to persist at least until early spring 2026.
During this neutral period, a warming trend is observed in Europe, in the western and west-central parts of the continent. This phenomenon is linked to a drop in pressure over the North Atlantic, which strengthens the westerly flow towards Europe. This type of circulation generally brings milder air, moderate temperatures, and less penetration of cold continental air from the east. These are te weather conditions that are currently observed in February 2026.
The main change is expected during the second half of 2026. All seasonal models agree that La Niña will end relatively quickly and that the El Niño phenomenon could begin as early as summer 2026. By early autumn, the warm phase of ENSO should be fully established, with a possible peak during the winter of 2026-2027 and potentially lasting repercussions.
In Europe, El Niño generally leads to more pronounced changes in atmospheric circulation over the North Atlantic. Historical data shows that these winters are often characterized by unstable weather conditions, more powerful cyclones, and greater temperature contrasts.
A particularly important factor is that, during El Niño winters, a corridor of cold air often forms, which can extend from the southern part of the United Kingdom, across Central Europe, to the southeast of the European continent. Along this cold air corridor, the risk of snowfall increases, including in Central Europe. This phenomenon can also occasionally affect Southeast Europe, increasing the risk of snow and significant intrusions.

References:

EL NIÑO/SOUTHERN OSCILLATION (ENSO) DIAGNOSTIC DISCUSSION – Climate Prediction Center/NCEP/NWS – Issued February 12, 2026

2025 : Les océans toujours trop chauds // 2025 : Oceans were still too hot

La température de surface de la mer (TSM) est restée élevée tout au long de l’année 2025 dans les océans autres qu’autour des pôles (60°S–60°N), malgré l’absence du phénomène de réchauffement El Niño. Cette situation contraste avec celles observées en 2023 et 2024, années durant lesquelles un puissant épisode El Niño avait influencé la température des océans pendant plusieurs mois au cours du second semestre 2023, avec un pic en décembre 2023. La TSM est restée élevée tout au long de l’année 2024 et la TSM moyenne a atteint des niveaux records. La température moyenne annuelle de la surface de la mer pour 2025 a été de 20,73 °C, soit 0,38 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020. Elle se classe au troisième rang des températures les plus élevées jamais enregistrées, à 0,13 °C en dessous du record établi en 2024 et à 0,07 °C en dessous de 2023, la deuxième année la plus chaude. 2025 est ainsi l’année La Niña la plus chaude jamais enregistrée, tant en termes de température de l’air que de température de l’océan.

À l’échelle mensuelle, la température moyenne de la surface de la mer a été la deuxième plus élevée jamais enregistrée pour la période de l’année entre janvier et mai (après 2024), la troisième de juin à octobre (après 2023 et 2024) et la quatrième en novembre et décembre (après 2023, 2024 et 2015, année également marquée par un fort épisode El Niño). Dans le Pacifique équatorial, les TSM ont été inférieures à la moyenne en début d’année, reflétant un épisode La Niña de faible intensité et de courte durée en décembre 2024 et janvier 2025. Des conditions ENSO* neutres ont prévalu de mars à juillet. Des TSM inférieures à la moyenne se sont à nouveau installées à partir d’août, entraînant un retour à des conditions La Niña de faible intensité en octobre, qui ont persisté jusqu’à la fin de l’année. (*ENSO : El Niño-Oscillation australe)
Les anomalies annuelles de température de surface de la mer pour 2025 présentent un profil compatible avec des conditions de type La Niña, avec des valeurs proches de la moyenne, voire inférieures à la moyenne, sur une grande partie du Pacifique tropical oriental et central. Hormis quelques zones limitées présentant des températures inférieures à la moyenne dans le nord-ouest et le sud de l’océan Indien, le nord-est de l’Atlantique Nord et le sud-est du Pacifique, les TSM étaient supérieures à la moyenne dans la plupart des océans du globe. En 2025, des températures record ont été principalement observées dans le Pacifique occidental et nord-ouest, le secteur de l’océan Indien austral, le nord-est de l’Atlantique Nord et les mers du Nord, de Norvège et de Barents adjacentes, ainsi que dans certaines parties de la Méditerranée occidentale.
Au-delà de ces valeurs record, les températures de la surface de la mer en 2025 ont été nettement supérieures à la moyenne sur 42 % des océans autres qu’autour des pôles, contre 59 % en 2024, soulignant la persistance d’un réchauffement généralisé de la surface des océans.
Source : Copernicus.

Anomalies et extrêmes de la température de surface de la mer en 2025

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Sea surface temperature (SST) remained high throughout 2025 over the extrapolar oceans (60°S–60°N), despite the absence of El Niño conditions. This contrasts with 2023 and 2024, when a strong El Niño event influenced SSTs for several months of the second half of 2023, peaking in December 2023, with SSTs remaining high throughout 2024 and the average SST reaching record highs. The annual average SST for 2025 was 20.73°C, 0.38°C above the 1991–2020 average. It ranked as the third-highest on record, 0.13°C below the record set in 2024 and 0.07°C below 2023, the second-highest year. This makes 2025 the warmest La Niña year on record both in terms of global air temperature and SST.

At the monthly scale, the average SST was the second warmest on record for the time of year from January to May (behind 2024), the third warmest from June to October (behind 2023 and 2024), and the fourth warmest in November and December (behind 2023, 2024, and 2015, which was also influenced by a strong El Niño event). In the equatorial Pacific, SSTs were cooler than average early in the year, reflecting a short lived, weak La Niña event in December 2024 and January 2025. Neutral ENSO* conditions prevailed from March to July. Cooler-than-average SSTs developed again from August, leading to a return to weak La Niña conditions in October that persisted until the end of the year. (*ENSO : El Niño Southern Oscillation)

The annual SST anomalies for 2025 show a pattern consistent with La Niña–like conditions, with

near-average to cooler-than-average SSTs across much of the eastern and central tropical Pacific. Apart from limited regions with cooler-than-average SSTs in the northwestern and southern Indian Ocean, the northeastern North Atlantic, and the southeastern Pacific, SSTs were above average across most of the world’s oceans. In 2025, record-high SSTs were mainly found in the western and northwestern Pacific, the Indian Ocean sector of the Southern Ocean, the northeastern North Atlantic and adjacent North Sea, Norwegian Sea and Barents Sea, as well as parts of the western Mediterranean Sea.

Beyond record values, SSTs were much warmer than average over 42% of the extrapolar oceans, compared to 59% in 2024, underscoring the continued widespread warmth of the surface oceans.

Source : Copernicus.