Prévision sismique et séisme au Myanmar // Seismic prediction and earthquake in Myanmar

Bien que des progrès certains aient été réalisés ces dernières décennies, notre capacité à prédire les éruptions volcaniques reste faible, et nous ne sommes pas capables, non plus, de prévoir les séismes. Nous savons où se trouvent les volcans les plus dangereux de la planète ; nous savons également où se trouvent les failles susceptibles de déclencher de puissants séismes, mais les prévisions volcaniques et sismiques n’ont guère progressé ces dernières années. Nous sommes en mesure d’analyser les éruptions et les tremblements de terre APRÈS qu’ils se soient produits, mais nous ne sommes pas capables de faire des prévisions susceptibles de protéger les populations menacées. Le nombre de morts qui suivent ces événements naturels est souvent très élevé. Le dernier séisme majeur qui a secoué le Myanmar ne fait que confirmer ce que je viens d’écrire.

Un puissant séisme de magnitude M7,7 a frappé le Myanmar le 28 mars 2025 à 12h50 heure locale (06h20 UTC). L’hypocentre du décrochement était très peu profond, à une dizaine de kilomètres, le long de la faille de Sagaing, ce qui explique le lourd bilan humain et les dégâts causés aux infrastructures. Il s’agit du séisme le plus puissant au Myanmar depuis 1912. Il a causé des dégâts considérables dans le centre du pays, mais aussi dans le nord de la Thaïlande, le sud de la Chine et certaines régions du Vietnam. Au total, le séisme a fait plus de 5 000 morts au Myanmar, 51 en Thaïlande et un au Vietnam, apparemment des suites d’un choc cardiaque. Au moins 11 400 personnes ont été blessées et des centaines sont toujours portées disparues, notamment des ouvriers bloqués lors de l’effondrement spectaculaire d’un chantier de construction à Bangkok.

Après le séisme – aucun signe de l’événement n’a été détecté auparavant –, les sismologues ont indiqué que la faille de Sagaing, une importante limite tectonique, s’est rompue sur 400 km à très grande vitesse, avec une propagation plus rapide que la vitesse du son après une phase initiale lente. Les secousses se sont étendues sur 100 km, avec des niveaux d’intensité dépassant VIII sur l’échelle de Mercalli Modifiée (MM) dans plusieurs régions.
Selon l’USGS, la faible profondeur du séisme a amplifié les secousses dans toute la région, contribuant à des dommages structurels à grande échelle. Une liquéfaction – quand le sol saturé perd temporairement sa résistance et se comporte comme un liquide – a été observée à plusieurs endroits, ce qui a intensifié les dégâts. Une réplique de magnitude M6,4 a eu lieu 12 minutes plus tard, et une activité sismique supérieure à la normale a continué d’être enregistrée les jours suivants.

Des chercheurs de l’Université Johns Hopkins et de l’USGS ont utilisé l’imagerie satellite pour cartographier la rupture de faille et évaluer les dommages structurels à Mandalay. Cette analyse géospatiale rapide a permis d’identifier les zones les plus gravement touchées et a démontré le rôle de plus en plus important des données satellitaires dans l’évaluation en temps réel des dégâts causés par les séismes.
Pour la première fois lors d’un séisme de forte magnitude, un réseau de câbles de télécommunication sous-marins, équipé de plus de 100 capteurs sismiques, a détecté des mouvements du sol en temps réel. Cela confirme les progrès mentionnés en introduction de cette note. Les scientifiques expliquent que le système a fourni des données sismiques en continu pendant l’événement, offrant des informations précieuses sur les mouvements du sol en mer. Cette intégration de la détection sismique aux infrastructures sous-marines représente une avancée dans le développement des capacités de surveillance des séismes dans le monde, en particulier dans les régions où l’instrumentation terrestre est limitée.
Lors de la réunion annuelle de la Société Sismologique Américaine à Baltimore, des chercheurs ont présenté des analyses préliminaires de la rupture de faille au Myanmar. Le séisme s’est produit sur une faille sismique inactive depuis 1839, entre les zones de rupture des séismes de Naypyidaw en 1929 et de Sagaing Sud en 1956. Cette situation met en évidence la complexité structurelle du système de failles de Sagaing.

Les études sur les mouvements du sol réalisées depuis 2014 permettent d’expliquer aujourd’hui l’amplification des secousses observées dans des régions éloignées comme Bangkok, où les couches sédimentaires peu profondes ont contribué à l’augmentation des mouvements du sol. En Thaïlande, le séisme a provoqué de fortes secousses, causant d’importants dégâts et des pertes humaines. Dans la province chinoise du Yunnan, le séisme a endommagé environ 847 habitations. Deux personnes ont été blessées dans la ville frontalière de Ruili. Au Vietnam, les séismes ont été ressentis à Hô-Chi-Minh-Ville, endommageant plus de 400 appartements. Une personne est décédée des suites d’un choc cardiaque lors des opérations d’évacuation.
La crise humanitaire actuelle au Myanmar touche plus de 20 millions de personnes et en a déplacé 3,5 millions. Elle complique les opérations d’urgence. Suite au séisme, le gouvernement militaire a déclaré le centre du Myanmar zone sinistrée et a officiellement demandé l’aide internationale.
Source : Seismological Society of America, The Watchers.

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Although much progress has been made in the past decades, our ability to predict volcanic eruptions is still low and we are not yet able to predict earthquakes. We know where the most dangerous volcanoes are located ; we also know where the faults that may trigger powerful earthquakes are located, but volcanic and seismic predictions do not go much further. We are good at analysing eruptions and earthquakes AFTER they have happened, but we are not able to make predictions that might protect the populations at risk. The death tolls that follow these natural events are often very high. The latest disastrous earhquake that shook Myanmar can only confirm what I have just written.

A powerful M7.7 earthquake struck Myanmar, on March 28th, 2025, at 12:50 local time (06:20 UTC). The hypocenter of the strike-slip event was very shallow at about 10 km along the Sagaing Fault, which accounts for thr heavy death toll and the damage caused to infrastructure. It was the strongest earthquake in Myanmar since 1912. It caused widespread damage across central Myanmar, but also in northern Thailand, southern China, and parts of Vietnam.In all, the earthquake caused more than 5 000 fatalities in Myanmar, 51 in Thailand, and one in Vietnam, reportedly due to cardiac shock. At least 11 400 people were injured, and hundreds remain missing, including workers trapped during the dramatic collapse of a construction site in Bangkok.

After the earthquake – they did not detect signs of the event before – seismologists reported that the Sagaing fault, a major tectonic boundary, ruptured over 400 km at very high speed, traveling faster than the speed of sound following an initial slow phase. Ground shaking extended over 100 km, with Modified Mercalli Intensity levels exceeding VIII in multiple regions.

According to the USGS, the earthquake’s shallow depth amplified ground shaking across the region, contributing to widespread structural damage. Liquefaction—where saturated soil temporarily loses strength and behaves like a liquid—was observed in multiple locations, further intensifying damage. An M6.4 aftershock struck 12 minutes later, and seismic activity was still recorded in the following days.

Researchers from Johns Hopkins University and the USGS used satellite imagery to map the surface rupture and assess structural damage in Mandalay. This rapid geospatial analysis helped identify the most severely affected areas and demonstrated the increasing role of satellite data in real-time assessment of earthquake damage.

For the first time during a large-magnitude earthquake, a submarine telecommunication cable network equipped with more than 100 seismic sensors detected ground motion in real time. This confirms the progress I mentioned in the introduction to thid post. Scientists say that the system provided continuous seismic data during the event, offering valuable insights into offshore ground motion. This integration of seismic sensing into undersea infrastructure represents a step forward in expanding global earthquake monitoring capabilities, particularly in regions with limited land-based instrumentation.

At the Seismological Society of America’s Annual Meeting in Baltimore, researchers presented preliminary analyses of the rupture. The earthquake occurred within a seismic gap that had remained inactive since 1839, located between the rupture zones of the 1929 Naypyidaw and 1956 southern Sagaing earthquakes. This situation highlights the structural complexity of the Sagaing Fault system.

Ground motion studies performed since 2014 help explain today the amplified shaking observed in distant regions like Bangkok, where shallow sedimentary layers contributed to increased ground motion. In Thailand, the earthquake caused severe ground shaking, leading to substantial damage and casualties. In China’s Yunnan Province, the earthquake resulted in the damage of approximately 847 homes. Two people sustained injuries in the border city of Ruili. In Vietnam, the earthquakes were felt in Ho Chi Minh City, causing damage to over 400 apartments. One person died from shock during evacuation efforts.

Myanmar’s ongoing humanitarian crisis—affecting more than 20 million people and displacing 3.5 million—is complicating emergency response operations. Following the earthquake, the military government declared central Myanmar a disaster zone and formally requested international assistance.

Source : Seismological Society of America, The Watchers.

Mise au point sur les Champs Phlégréens // Clarification about the Phlegraean Fields

Il y a quelques jours, j’ai été vivement critiqué par certaines personnes pour avoir utilisé le mot « routine » à propos de l’activité sismique observée actuellement dans les Champs Phlégréens. Je voulais simplement dire que les essaims sismiques ne sont pas une nouveauté dans la région. Ils sont liés au bradyséisme – mouvements verticaux du sol – qui sont observés depuis des lustres. Les épisodes de soulèvement du sol les plus récents ont été ceux de 1969-72 et de 1982-84, périodes où beaucoup de ceux qui me critiquent n’étaient pas nés. À l’époque, de nombreux habitants, en particulier dans le centre historique de Pouzzoles, ont été contraints d’abandonner leurs maisons.

Photo: C. Grandpey

De 2005 à aujourd’hui, on assiste à une nouvelle phase de bradyséisme. En avril 2025, elle avait provoqué un soulèvement d’environ 144 centimètres, avec un nombre élevé de séismes et d’essaims sismiques souvent ressentis par la population. Certains de ces événements comptent parmi les plus significatifs des 40 dernières années, avec des magnitudes supérieures à M4.0. Les réseaux de surveillance de l’INGV indiquent des épisodes de soulèvement du sol principalement centrés juste au sud-est du Rione Terra à Pouzzoles, avec une vitesse maximale qui varie au fil des ans entre 10 ± 3 mm/mois et 30 ± 5 mm/mois. En raison de cette série de phénomènes naturels, le niveau d’alerte des Champs Phlégréens a été relevé à la couleur Jaune en 2012.

Photo: C. Grandpey

Depuis 2018, le phénomène de bradyséisme s’accompagne d’une augmentation progressive de l’activité sismique. En 2023, alors que la plupart des événements avaient de faibles magnitudes (environ 90 % inférieurs à M1,0), on a observé une nouvelle augmentation de la fréquence des séismes. La plupart des événements se sont produits entre Astroni, Solfatara-Pisciarelli-Agnano, Pouzzoleset le golfe de Pouzzoles, avec des profondeurs maximales d’environ 4 km, principalement concentrées dans les 2 premiers km. La même année, les événements les plus forts se sont produits les 27 septembre et 2 octobre, avec des magnitudes de M4,2 et M4,0. En 2024, l’événement le plus fort s’est produit le 20 mai avec une magnitude de M4,4 dans la Solfatara, tandis qu’en 2025, le séisme le plus puissant a été enregistré le 13 mars lors d’un essaim sismique, avec une magnitude de M4,6 (±0,3).

Photo: C. Grandpey

Si on fait une comparaison avec la crise bradysismique des années 1980, on constate que la situation actuelle est marquée par des soulèvements du sol et des séismes d’une magnitude comparable à ceux observés lors de la crise bradysismique de 1982-1984. Cependant, en termes d’impact sur les bâtiments et les infrastructures, la situation est très différente. La crise des années 1980 a causé d’importants dégâts aux bâtiments, notamment à Pouzzoles, entraînant l’évacuation de la population de ses habitations du centre historique. Aujourd’hui, la situation est similaire à celle observée lors de la crise bradysismique des années 1970, lorsque les habitants du Rione Terra ont dû être évacués. La crise bradysismique actuelle n’a pas causé de dégâts significatifs jusqu’à présent. Cela est dû à une différente vulnérabilité des bâtiments et à l’évolution différente du bradyséisme, en termes de fréquence des séismes et de vitesse de soulèvement du sol. La plupart des structures de la région sont aujourd’hui constituées de bâtiments ne dépassant pas trois étages qui ont fait l’objet d’interventions de réhabilitation parasismique depuis les années 1980.
Au cours des derniers mois de 2023, la Commission nationale des risques majeurs a été convoquée à plusieurs reprises pour donner son avis sur la situation actuelle. À l’issue de ces réunions, la Commission a constaté que les résultats scientifiques avec la présence de magma en profondeur comme cause principale de la crise bradysismique actuelle. Cependant, en l’absence de preuve de remontée de magma vers le surface, la Commission a conclu au maintien du niveau d’alerte Jaune pour le risque volcanique.
Source : INGV.

Certes, il est très désagréable pour les habitants de Pouzzoles de ressentir les essaims sismiques qui déclenchent, surtout la nuit, des vagues d’anxiété, mais il convient de souligner que ces séismes n’annoncent en rien une super-éruption des Champs Phlégréens. Il convient de préciser que la dernière éruption a eu lieu en 1538 au Monte Nuovo et n’était absolument pas une éruption majeure. Il n’y a donc pas lieu de paniquer. J’ai prévu un voyage en Campanie en septembre et je sais déjà que je dormirai à Pouzzoles…

Cratère du Monte Nuovo (Photo: C. Grandpey)

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A few days ago, I was sharply criticized by some persons for having used the word « routine » about the current seismic activity in the Phlegeaean Fields. I just meant that earthquake swarms are nothing new in the Campi Flegrei. They are linked to the bradyseism – vertical movements of the ground – that have affected the region for centuries. The most recent episodes of upheaval were those of 1969-72 and 1982-84, periods when many of those who criticize mz were not born, and when many inhabitants of the area, especially those of the historic center of Pozzuoli, were forced to abandon their homes. From 2005 to today, a new phase of bradyseism has been underway which in April 2025 produced an uplift of about 144 centimeters, also causing a high number of earthquakes with seismic swarms often felt by the population and some of the highest energy earthquakes of the last 40 years wth magnitudes above M4.0. The INGV monitoring networks indicate a radial geometry of the uplift centered just south-east of Rione Terra in Pozzuoli, with a maximum speed that over the years has varied between 10±3 mm/month to 30±5 mm/month. Due to this series of natural phenomena, since 2012 the alert level of Campi Flegrei has been raised to Yellow.

Since 2018, the bradyseism phenomenon has been accompanied by a gradual increase in seismic activity, including the number of earthquakes and their magnitude. In 2023, while most events had low magnitudes (about 90% below M1.0), there was a new increase in the frequency of earthquakes. Most of the events occurred between Astroni, Solfatara-Pisciarelli-Agnano, Pozzuoli, and Gulf of Pozzuoli, with maximum depths of about 4 km, primarily concentrated in the first 2 km. In the same year, the strongest events occurred on September 27 and October 2, with magnitudes of M4.2 and M4.0. In 2024, the strongest event occurred on May 20 with a magnitude of M4.4 in the Solfatara, while in 2025, the strongest earthquake was recorded on March 13 during a seismic swarm, with a magnitude of M4.6 (±0.3).

Comparison with the bradyseismic crisis of the 1980’s. The current situation is marked by ground uplifts and earthquakes of a magnitude comparable to those experienced in the bradyseismic crisis of 1982-84, while in terms of impact on buildings and infrastructure, the picture is very different. The 1980s crisis caused extensive damage to buildings, particularly in the municipality of Pozzuoli, leading to the evacuation of the population from their homes in the historic center. This was similar to what happened during the bradyseismic crisis of the 1970s when the inhabitants of the Rione Terra had to be evacuated.
The current bradyseismic crisis has not caused significant damage so far. The reasons are to be found in the different vulnerabilities of the buildings and the different evolution of the phenomenon in the frequency of quakes and the rate of uplift. Most of the structures in the area today consist of buildings not exceeding three stories, mostly made of reinforced concrete or masonry, which have undergone seismic retrofitting interventions since the 1980’s.

In the last months of 2023, the National Major Risks Commission has been called several times to know its opinion on the current situation. As a result of these meetings, the Commission found that the scientific findings reinforce the evidence for the presence of deep-seated magma as the root cause of the current bradyseismic crisis. However, without evidence of rising magma, it was concluded to confirm « the yellow alert level for volcanic risk. »

Source : INGV.

Sure, it is very unpleaseant for the residents of Pozzuoli to feel the seismic swarms that trigger, above all at night, waves of anxiety, but it should be underlined that these earthquakes do not herald a super eruption of the Campi Flegrei. One should add that the last eruption occurred in 1538 at Monte Nuovo and was by no means a major eruption. I have planned a trip to Campania in September and I already know that I will sleep in Pozzuoli…

Nouvel essaim sismique dans les Champs Phlégréens (Italie) // New seismic swarm in the Phlegraean Fields (Italy)

L’état d’urgence a été déclaré dans la région des Champs Phlégréens le 13 mai 2025, suite à un séisme de magnitude M4,4 enregistré au cœur d’un essaim de 49 événements. Selon l’INGV, cet essaim a débuté à 0 h 06 (heure locale) le 13 mai et s’est terminé dans la matinée du 14 mai. La décision de déclarer l’état d’urgence a été annoncée par le ministre de la Protection civile, Nello Musumeci, afin d’accélérer les procédures de gestion des risques. Comme précédemment, l’essaim sismique est lié au bradyséismes qui affecte régulièrement la région des Campi Flegrei.
L’épicentre du séisme de magnitude M4,4 a été localisé près de Pouzzoles il a été suivi d’un séisme de magnitude M3,5.
Les séismes ont entraîné l’évacuation d’écoles et de bâtiments publics, la suspension des services ferroviaires régionaux et l’activation des centres de coordination d’urgence.
Les essaims sismiques dans les Champs Phlégréens sont liés au bradyséisme, un phénomène de déplacement vertical du sol causé par le mouvement de magma ou de fluides hydrothermaux dans les profondeurs. L’activité bradysismique est récurrente dans cette région depuis des siècles, avec des épisodes remarquables dans les années 1970 et 1980. Ils ont entraîné un important soulèvement du sol et l’évacuation temporaire de milliers de personnes.

Chaque essaim – surtout lorsqu’il survient la nuit – déclenche une vague d’inquiétude au sein de la population. Nombreux sont ceux qui craignent que la hausse de la sismicité annonce une éruption dans les Champs Phlégréens. Cependant, les instruments n’indiquent pas l’imminence d’un tel événement. Dans la presse napolitaine du 15 mai 2025, l’INGV déclare : « Se il magma dovesse risalire, avremmo segnali chiari e il tempo di avvisare la popolazione ». [Si le magma devait remonter, nous aurions des signaux clairs et le temps d’alerter la population’].


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Source : INGV.

Incrustations de coquillages sur un pilier du temple de Sérapis à Pouzzoles (Photo: C. Grandpey)

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Dernière minute : Un nouvel essaim sismique a commencé dans la caldeira des Champs Phlégréens à 14 h 23 ( heure locale) le 14 mai 2025, cinq heures seulement après la fin de l’essaim signalé ci-dessus et qui avaitconduit à la déclaration de l’état d’urgence. À 1′ h 05, 24 séismes avaient été enregistrés le 14 mai, avec des magnitudes allant jusqu’à M3,1. Les épicentres étaient situés dans la partie centre-est de la caldeira, principalement entre Pouzzoles et Solfatare, à des profondeurs comprises entre 1 et 3 km.

Photo: C. Grandpey

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Dans son dernier bulletin du 13 mai 2025, l’INGV indique que dans la semaine du 5 au 11 mai 2025 on a déjà enregistré 46 séismes de magnitude maximale de M2,3. L’Institut fait état de l’essaim du 13 mai et de l’événement de M4,4 ± 0,3 dans la zone côtière de Pozzuoli.

Depuis début avril 2025, des soulèvements de terrain continuent d’être enregistrés, avec une
valeur mensuelle moyenne d’environ 15±5 mm..
Aucune variation significative des paramètres géochimiques n’a été signalée. Le capteur de température installé à 5 mètres de la fumerolle principale de Pisciarelli montre une valeur moyenne d’environ 97 °C.
Dans la conclusion de son rapport, INGV précise qu’ « aucun élément n’émerge de nature à suggérer des évolutions significatives à court terme. »

Fumerolle de Pisciarelli (Photo: C. Grandpey)

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A state of emergency was declared for the Campi Flegrei area on May 13, 2025, following an M4.4 earthquake within a swarm of 49 registered events. The swarm began at 12:06 LT on May 13 and ended during the morning hours of May 14, according to the INGV Vesuvian Observatory. The decision to declare a state of emergency was announced by Civil Protection Minister Nello Musumeci with the goal of expediting ongoing risk mitigation procedures in response to the area’s increased seismicity attributed to bradyseism

The M4.4 earthquake occurred near Pozzuoli, and was followed by an M3.5 event.

The seismic events prompted evacuations of schools and public buildings, suspension of regional train services, and activation of emergency coordination centers.

Seismic swarms in Campi Flegrei are linked to bradyseism, a phenomenon involving vertical ground displacement caused by underground magma or hydrothermal fluid movement Bradyseismic activity has been recurrent in this area for centuries, with notable episodes in the 1970s and 1980s resulting in significant ground uplift and the temporary evacuation of thousands. Each swarm triggers a wave of anxiety among the population. Many people fear that the rise in seismicity might announce an eruption within the Phlegrean Fields. However, the instrumentsdo not indicatethe imminence of such an event.

Source : INGV.

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Last minute : A new earthquake swarm began in the Campi Flegrei caldera at 14:23 (local time) on May 14, 2025, just five hours after the end of a previous swarm described above and that led to a state of emergency declaration. By 14:05, a total of 24 earthquakes had been recorded, with magnitudes ranging up to M3.1. The epicenters were located in the central-eastern part of the caldera, mainly between Pozzuoli and Solfatara, with depths between 1 and 3 km.

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In its latest bulletin dated May 13, 2025, INGV indicates that 46 earthquakes with a maximum magnitude of M2.3 were already recorded during the week of May 5-11, 2025. The Institute reports the swarm of May 13 and the M4.4 ± 0.3 event in the coastal area of ​​Pozzuoli.
Since the beginning of April 2025, ground uplift has continued to be recorded, with an average monthly value of approximately 15 ± 5 mm.
No significant variations in geochemical parameters have been reported. The temperature sensor installed 5 meters from the main fumarole of Pisciarelli shows an average value of approximately 97°C.
In the conclusion of its report, INGV specifies that « no evidence has emerged to suggest significant changes in the short term. »

Le risque sismique au Myanmar et en Turquie // The seismic risk in Myanmar and Turkey

Le 28 mars 2025, un séisme de magnitude M7,7 a frappé la région de Sagaing au Myanmar avec un épicentre proche de Mandalay, la deuxième plus grande ville du pays. Il s’agit du séisme le plus puissant à avoir frappé le Myanmar depuis 1912 et du deuxième plus meurtrier de l’histoire moderne du pays. Il a tué 5 352 personnes au Myanmar et 60 en Thaïlande.
Comme je l’ai écrit précédemment, la situation géologique et tectonique du Myanmar est bien connue. Le pays est coincé entre quatre plaques tectoniques qui interagissent dans des processus géologiques actifs. La faille de Sagaing, une faille transformante de 1 400 kilomètres, traverse le Myanmar ; elle constitue une frontière entre les plaques birmane et de la Sonde, qui glissent l’une sur l’autre. C’est la source sismique la plus importante et la plus active du Myanmar.

Contexte sismique au Myanmar avec la faille de Sagaing

Les scientifiques connaissent le contexte tectonique et sismique du Myanmar, mais sont incapables de prédire à quel moment les mouvements de failles peuvent déclencher des tremblements de terre destructeurs comme celui du 28 mars 2025.

La Turquie est un autre pays où le contexte tectonique et sismique est bien connu et où les sismologues sont encore incapables de prévoir les séismes. Un événement de magnitude M6,2 a frappé Istanbul le 23 avril 2025, blessant plus de 350 personnes, endommageant des bâtiments. Les scientifiques ont mis en garde quant au risque d’un événement de magnitude M7.0 ou plus, comme au Myanmar. Ils ont appelé à des mesures urgentes pour renforcer la préparation sismique de la ville.
Le séisme de magnitude M6,2 a été localisé dans la mer de Marmara, près d’Istanbul. Il a perturbé les réseaux mobiles et endommagé plusieurs bâtiments à Istanbul. On a notamment recensé des effondrements à Fatih, Bakırköy et Büyükçekmece. Le séisme a ravivé les craintes quant à la vulnérabilité sismique de la région. Les sismologues indiquent que le séisme du 23 avril n’était pas l’événement majeur auquel il faut s’attendre le long du segment Marmara de la faille nord-anatolienne. Ils expliquent que l’activité sismique en cours sur la faille de Kumburgaz accroît l’accumulation de contraintes, ce qui augmente la probabilité d’une rupture majeure. Cela signifie qu’un séisme dans la région pourrait dépasser la magnitude M7,0.

Contexte sismique en Turquie, avec la faille nord-anatolienne (en jaune)

Les sismologues turcs ont mis en garde contre la vulnérabilité d’Istanbul. La population compte entre 16 et 20 millions d’habitants et les infrastructures sont vieillissantes. Un séisme majeur pourrait provoquer un grand nombre d’effondrements de bâtiments, obstruer les rues étroites et submerger les services d’urgence. En 2023, les scientifiques ont parlé de la probabilité de 64 % qu’un séisme de magnitude M7.0 ou plus dans la région de Marmara d’ici 30 ans. Ils ont également critiqué la préparation d’Istanbul aux catastrophes, soulignant l’insuffisance des capacités hospitalières et de lutte contre les incendies, ainsi que les conséquences d’un développement urbain anarchique qui a limité la disponibilité de zones de rassemblement sûres. Les scientifiques ont également recommandé une action coordonnée des institutions gouvernementales, des municipalités et des citoyens, arguant que la transformation urbaine et les nouvelles constructions ne suffisent pas à elles seules à assurer la sécurité de la population.
Source : Médias d’information internationaux.

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On 28 March 2025, an M7.7 earthquake struck the Sagaing Region of Myanmar, with an epicenter close to Mandalay, the country’s second-largest city. It was the most powerful earthquake to strike Myanmar since 1912, and the second deadliest in Myanmar’s modern history, The earthquake killed 5,352 people in Myanmar and 60 in Thailand.

As I put it before, he geological end tectonic situation of Myanmar is well known. The country is wedged between four tectonic plates that interact in active geological processes. The Sagaing Fault, a 1,400-kilometre transform fault runs through Myanmar ; it is a boundary between the Burma and Sunda plates as they slide past each other. It is Myanmar’s largest and most active source of earthquakes.

Scientists know the tectonic and seismic context in Myanmar, but they are unable to say when the fault movements will trigger destructive earthqkaes like the event o 28 March 2025.

 

Turkey is another country where the tectonic and seismic context is well known and where seismologists are still unable to predict earthquakes. An M6.2 earthquake struck Istanbul on April 23, 2025, injuring more than 350 people, damaging buildings, and prompting warnings from seismologists about the potential for an M7+ event like in Myanmar. They called for urgent action to strengthen the city’s seismic preparedness.

The M6.2 quake struck the Sea of Marmara near Istanbul. It disrupted mobile networks and damaged several buildings in Istanbul, including collapses in Fatih, Bakırköy, and Büyükçekmece, and triggered renewed concerns about the region’s seismic vulnerability.

Seismologists indicate that the April 23 earthquake was not the anticipated major event along the Marmara segment of the North Anatolian Fault. They explain that ongoing seismic activity on the Kumburgaz fault is increasing stress accumulation, raising the likelihood of a significant rupture. This means that a future earthquake in the region could exceed M7.0.

Turkish seismologists have warned of Istanbul’s vulnerability. The population includes 16–20 million people and aging infrastructure. A major earthquake could cause widespread building collapses, obstruct narrow streets, and overwhelm emergency response efforts. In 2023, the scientists reported a 64% probability of an M7+ earthquake occurring in the Marmara region within 30 years. They also criticized Istanbul’s disaster preparedness, pointing to inadequate hospital and firefighting capacity, as well as the consequences of unplanned urban development, which has limited the availability of safe gathering areas. They recommended coordinated action by government institutions, municipalities, and citizens, arguing that urban transformation and new construction alone are insufficient to ensure the safety of the population..

Source : International news media.