Hausse du niveau des océans : évacuations et migrations en vue // Sea level rise : evacuations and migrations in sight

En raison du réchauffement climatique et de la fonte des glaciers, le niveau de la mer monte partout dans le monde. Certaines localités côtières ou insulaires devront aller vivre ailleurs si elles ne veulent pas voir leurs maisons envahies par l’eau.
C’est ce qui se passe à Fairnbourne, un village du Pays de Galles. En 2014, les autorités ont décidé que c’était localité côtière du Royaume-Uni qui présentait le plus grand risque d’inondation en raison du changement climatique.
Prévoyant une accélération de la hausse du niveau de la mer et des tempêtes plus fréquentes et plus extrêmes à cause du réchauffement climatique, le gouvernement a déclaré qu’il ne pourrait protéger le village que pendant 40 ans contre les éléments. Il a également déclaré que d’ici 2054, vivre à Fairbourne ne présenterait plus une sécurité suffisante.
Les autorités ont donc travaillé avec les villageois sur un processus dit de «réalignement géré». Cela signifie essentiellement éloigner la population et abandonner le village à la mer.
Du jour au lendemain, les prix des maisons à Fairbourne ont dégringolé. Les habitants ont été surnommés les premiers «réfugiés climatiques» du Royaume-Uni. Beaucoup ont été choqués par les gros titres de la presse nationale qui déclarait que tout le village serait «déclassé». Sept ans plus tard, la plupart des questions sur leur avenir restent sans réponse.
Personne à Fairnbourne ne veut quitter les 450 maisons du village. Alors que beaucoup sont des retraités, il y a aussi des familles avec de jeunes enfants. Les habitants parlent fièrement de leur communauté très unie. Et bien que le centre du village ne se compose que d’une épicerie, d’un fish and chips et de quelques restaurants, les habitants disent que la plage de galets et le petit train à vapeur attirent les touristes en été.
Natural Resources Wales, un organisme parrainé par le gouvernement et responsable des protections contre la mer à Fairbourne, a déclaré que le village est particulièrement vulnérable car il est menacé par de forts risques d’inondation. Construit dans les années 1850 sur un ancien marais salant, Fairbourne se trouve sous le niveau de la mer à marée haute. Lors des tempêtes, le niveau de la marée est à plus de 1,5 mètre au-dessus du niveau du village.
Les scientifiques expliquent que le niveau de la mer au Royaume-Uni a augmenté d’environ 10 centimètres au cours du siècle dernier. En fonction des émissions de gaz à effet de serre et des mesures prises par les gouvernements, il est prévu une augmentation de 70 centimètres à 1 mètre d’ici 2100.
Fairbourne est également à l’embouchure d’un estuaire, avec des risques supplémentaires de crues soudaines de la rivière qui coule derrière le village. Les autorités ont dépensé des millions de livres pour renforcer une digue et près de 3 kilomètres de protections contre les marées.
Bien qu’il existe des risques d’inondation dans de nombreux autres villages le long de la côte galloise, les décisions sur les zones à protéger se résument en fin de compte au coût. Les autorités font remarquer que dans le cas de Fairbourne, le coût de l’entretien des protections contre les inondations sera bientôt plus élevé que la valeur de ce qu’elles protègent.
Les effets du changement climatique sont une réalité à Fairbourne. C’est peut-être le premier village côtier gallois à être désigné non viable en raison du réchauffement climatique, mais ce ne sera certainement pas le seul.
À travers le Royaume-Uni, un demi-million de propriétés sont menacées d’inondations côtières, et ce chiffre passera à 1,5 million d’ici la fin des années 2080, selon le Climate Change Committee, un organisme consultatif indépendant créé en vertu des lois sur le changement climatique.
On savait que, quelles que fussent les conclusions la COP 26, le niveau de la mer continuerait de monter au Royaume-Uni et ailleurs dans le monde. C’est une chose à laquelle les populations côtières doivent absolument se préparer. Le problème n’est pas abordé avec l’urgence ou l’ouverture qu’il mérite par la plupart des gouvernements.
À Fairbourne, le conflit permanent entre les villageois et les autorités montre à quel point le problème existe. Les habitants ont le sentiment d’avoir été injustement désignés et ne sont pas convaincus que l’on sache exactement avec quelle rapidité le niveau de la mer montera et menacera leurs maisons. Quand et comment l’évacuation aura-t-elle lieu ? Seront-ils indemnisés et si oui de combien ? Personne ne semble avoir la réponse à ces questions.
Source : Presse internationale.

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Because of global warming and glacier melting, sea level is rising around the world. Some coastal or island communities will have to go and live elsewhere if they do not want to have their houses invaded by the water.

This is what is happening in Fairnbourne, a village of Wales. In 2014 authorities identified it as the first coastal community in the U.K. to be at high risk of flooding due to climate change.

Predicting faster sea level rises and more frequent and extreme storms due to global warming, the government said it could only afford to keep defending the village for another 40 years. Officials said that by 2054, it would no longer by safe or sustainable to live in Fairbourne.

Authorities therefore have been working with villagers on the process of so-called “managed realignment.” This essentially means moving them away and abandoning the village to the encroaching sea.

Overnight, house prices in Fairbourne nosedived. Residents were dubbed the U.K.’s first “climate refugees.” Many were left shocked and angry by national headlines declaring their whole village would be “decommissioned.” Seven years on, most of their questions about their future remain unanswered.

No one in Fairnbourne wants to leave the 450 houses of the village. While many are retirees, there are also young families raising a next generation. Locals speak proudly of their tight-knit community. And although the village center only consists of a grocer’s, a fish and chip shop and a couple of restaurants, residents say the pebbly beach and a small steam train draw bustling crowds in the summer.

Natural Resources Wales, the government-sponsored organization responsible for the sea defenses in Fairbourne, said the village is particularly vulnerable because it faces multiple flooding risks. Built in the 1850s on a low-lying saltmarsh, Fairbourne already lies beneath sea level at high spring tide. During storms, the tidal level is more than 1.5 meters above the level of the village.

Scientists say U.K. sea levels have risen about 10 centimeters in the past century. Depending on greenhouse gas emissions and actions that governments take, the predicted rise is 70 centimeters to 1 meter by 2100.

Fairbourne is also at the mouth of an estuary, with additional risks of flash floods from the river running behind it. Officials have spent millions of pounds in strengthening a sea wall and almost 3 kilometres of tidal defenses.

While there are flood risks in many other villages along the Welsh coast, decisions on which areas to protect ultimately boil down to cost. Officials say that in the case of Fairbourne, the cost of maintaining flood defenses will become higher than the value of what they are protecting.

The effects of climate change are a reality here. While Fairbourne may be the first Welsh coastal village to be designated unviable due to climate change, it certainly won’t be the only one.

Across the U.K., half a million properties are at risk of coastal flooding, and that risk figure will jump to 1.5 million by the end of the 2080s, according to the Climate Change Committee, an independent advisory body set up under climate change laws.

Whatever happens at COP the sea level will continue to rise around the U.K. and elsewhere in the world. It is something coastal populations absolutely need to prepare for. The challenge for many governments is that the problem is not being confronted with the urgency or openness that it deserves.

In Fairbourne, a continuing standoff between villagers and officials underlines that challenge. Residents feel they have been unfairly singled out and are not convinced there is a clear timeframe on how quickly sea levels will rise enough to threaten their homes. When and how will evacuation take place? Will they be compensated, and if so how much should it be? There are no answers.

Source: International press.

Vue du village côtier de Fairbourne, en sursis climatique

Le mois d’octobre 2021 a été trop chaud // October 2021 was too hot

J’indiquais dans une note précédente qu’avec +0.661°C au dessus de la moyenne de 1901-2021, octobre 2021 était le troisième mois d’octobre le plus chaud des archives ERA5.
Les huit derniers mois d’octobre (2014-2021) se classent tous parmi les huit plus chauds jamais enregistrés.

Selon la NOAA qui prend en compte un plus large éventail de données, octobre 2021 est le quatrième mois d’octobre le plus chaud des 142 dernières années. L’agence explique que la température moyenne à la surface des terres et des océans dans le monde en octobre a été de +0,89°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle
Il convient de noter que l’hémisphère nord a atteint un nouveau sommet et enregistré son mois d’octobre le plus chaud jamais enregistré. L’Amérique du Nord a connu son deuxième mois d’octobre le plus chaud, derrière le mois d’octobre record de 1963.

La couverture de glace de mer était faible aux deux pôles en octobre 2021. Selon le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), la couverture de glace de mer dans l’Arctique en octobre 2021 était de 158 000 kilomètres carrés en dessous de la moyenne.
La couverture de glace de mer en Antarctique en octobre 2021 était de 466 000 kilomètres carrés en dessous de la moyenne.
Source : NOAA.

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I indicated in a previous post that with +0,661°C above the 1901-2021 average, October 2021 was the thrird hottest month of October of the ERA5 archives.

The last eight Octobers (2014-2021) all rank among the eight warmest Octobers on record.

According to NOAA which takes into account a wider range of data, October 2021 ranked as the fourth-warmest October in the last 142 years, The agency explains that average global land and ocean surface temperature in October was +0.89°C above the 20th-century average

It should be noted that the Northern Hemisphere hit a new high and logged its warmest October on record. North America had its second-warmest October on record, behind the record-warm October of 1963.

Sea ice coverage was sparse at both poles: According to the National Snow and Ice Data Center (NSIDC), the October 2021 Arctic sea ice extent was 158,000 square kilometers below average.

Antarctic sea ice coverage in October was 466,000 square kilometers below average.

Source: NOAA.

Couverture de la glace de mer dans l’Arctique en octobre 2021 (Source: NSIDC)

La fonte des petits glaciers et son impact sur notre société // Small glacier melting and its impact on our society

Yahoo News a relayé un article initialement publié par l’agence de presse Associated Press sur les conséquences de la fonte des petits glaciers sur le tourisme, l’alimentation électrique et d’autres aspects de notre société.
L’article explique que, de la frontière sud de l’Allemagne aux plus hauts sommets d’Afrique, les glaciers du monde entier ont servi d’attractions touristiques, de sources de revenus, de repères climatiques naturels pour les scientifiques et de lieux de croyances pour les populations autochtones.
La fonte rapide et la disparition de nombreux glaciers à cause du changement climatique sera une mauvaise nouvelle pour les pays et les communautés qui s’appuient sur eux depuis des générations pour produire de l’électricité, attirer des visiteurs et maintenir d’anciennes traditions spirituelles. Les masses de glace qui se sont formées au cours des millénaires fondent depuis l’époque de la Révolution Industrielle, et le processus s’est accéléré ces dernières années.

Le recul des glaciers est visible en Afrique, à la frontière de l’Ouganda et de la République Démocratique du Congo, où les pics déchiquetés des monts Rwenzori s’élancent dans le ciel au-dessus d’une jungle verdoyante. Ces montagnes hébergeaient autrefois plus de 40 glaciers; moins de la moitié d’entre eux subsistaient en 2005, et la fonte se poursuit. Les glaciologues pensent que le dernier des glaciers de ces montagnes pourrait disparaître d’ici 20 ans. La disparition sera source de problèmes pour l’Ouganda, qui tire près de la moitié de son électricité de l’hydroélectricité, avec des centrales qui dépendent du débit d’eau constant des glaciers du Rwenzori.
Le même problème se pose en Tanzanie, où les scientifiques estiment que le Kilimandjaro, la plus haute montagne d’Afrique et l’une des principales attractions touristiques du pays, a perdu environ 90 % de sa glace à cause de la fonte et de la sublimation, un processus pendant lequel la glace solide se transforme directement en vapeur sans devenir liquide. Le tourisme représentait 10,7% du PIB du pays en 2019.
En Afrique, pour beaucoup de populations locales, les glaciers sont la demeure des dieux. Ils ont une signification très spirituelle. La perte des glaciers aurait également un impact sur la vie spirituelle de ces régions.

En Europe, à la limite sud de la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche, il ne reste que 500 mètres carrés de glace sur un ensemble de cinq glaciers. C’est 88 % de moins qu’en 1850, et on estime que ces derniers glaciers auront disparu dans 10 ou 15 ans. C’est une mauvaise nouvelle pour l’industrie touristique de la région qui dépend des glaciers. À l’heure actuelle, les agences de tourisme annoncent que les touristes peuvent visiter les plus hautes montagnes d’Allemagne avec des glaciers sur lesquels ils pourront marcher, mais on imagine facilement l’impact sur l’industrie touristique si ces glaciers disparaissent.
Les couches de glace qui composent un glacier contiennent des informations sur des dizaines de milliers d’années, en particulier sur les conditions climatiques du passé, la composition de l’atmosphère, les variations de température et les types de végétation qui étaient présents. Les chercheurs retirent de longues carottes pour étudier les couches de glace.

À mesure que les glaciers disparaissent, les scientifiques avertissent que les écosystèmes locaux commenceront également à changer. Cela a déjà été étudié sur le glacier Humboldt au Venezuela en Amérique du Sud, qui pourrait disparaître dans les deux prochaines décennies.
Les glaciologues expliquent que ce qui se passe sur les petits glaciers constitue un avertissement pour les plus grands glaciers. Par exemple, alors que de nombreux petits glaciers du monde ne servent plus de principale source d’eau douce pour les pays où ils se trouvent, certains glaciers plus grands jouent toujours ce rôle, notamment au Pérou, qui a perdu près de 30 % de sa masse glaciaire entre 2000 et 2016. (NDLR:J’ai rédigé plusieurs notes sur l’impact qu’aura la fonte des glaciers dans ce pays)
Une fonte rapide des glaciers entraînera également une montée des mers et des modifications des conditions météorologiques, ce qui ne manquera pas d’affecter les sociétés sur la planète dans son ensemble. La disparition des petits glaciers est un signe avant-coureur de ce qui nous attend. Leur fonte doit être prise très au sérieux.
Source : Yahoo News.

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Yahoo News has relayed an article originally published by the Associated Press press agency about the consequences of small glacier melting on tourism, power supply and other aspects of our society.

The article explains that, from the southern border of Germany to the highest peaks in Africa, glaciers around the world have served as moneymaking tourist attractions, natural climate records for scientists and beacons of beliefs for indigenous groups.

With many glaciers rapidly melting because of climate change, their disappearance is sure to deal a blow to countries and communities that have relied on them for generations to make electricity, to draw visitors and to uphold ancient spiritual traditions. The ice masses that formed over millennia have been melting since around the time of the Industrial Revolution, a process that has accelerated in recent years.

The retreat of glaciers can be seen in Africa, on the border of Uganda and the Democratic Republic of the Congo, where the jagged peaks of the Rwenzori Mountains jut into the sky above a green jungle. The peaks once held more than 40 glaciers, but fewer than half of them remained by 2005, and the melting continues. Experts believe the last of the mountains’ glaciers could disappear within 20 years. The disappearance means trouble for Uganda, which gets nearly half of its power from hydroelectricity, including the power plants that rely on steady water flow from the Rwenzori glaciers.

The same issue faces Tanzania, where experts estimate that Mt. Kilimanjaro, the highest mountain in Africa and one of the country’s main tourism attractions, has lost about 90% of its glacial ice to melting and to sublimation, a process in which solid ice transitions directly to vapor without becoming a liquid first. Travel and tourism accounted for 10.7% of the country’s GDP in 2019.

In the history of the local populations, the ice in the mountains is the seat of god. It has a very spiritual meaning. Losing the glaciers would also impact spiritual life.

In Europe, on the southern edge of Germany’s border with Austria, only half a square kilometer of ice remains on five glaciers combined. Experts estimate that is 88% less than the amount of ice that existed around 1850, and that the remaining glaciers will melt in 10 to 15 years. This is bad news for the regional tourism industry that relies on the glaciers. At the moment, tourist agencies can still advertise that tourists can visit some kind of the highest mountains in Germany with glaciers and that they can walk on them, but there will be a strong impact if they lose these glaciers.

The layers of ice that make up a glacier can be tens of thousands of years old and contain year-by-year information about past climate conditions, including atmospheric composition, temperature variations and types of vegetation that were present. Researchers take long tube-like ice cores from glaciers to study these layers.

As glaciers vanish, experts say, local ecosystems will begin to change as well. This has already been studied at the Humboldt Glacier in South America‘s Venezuela, which could disappear within the next two decades.

Experts warn that the fate of smaller glaciers offers a warning for larger glaciers. For example, while many of the world’s smaller glaciers no longer serve as the main freshwater source for countries, some larger glaciers still do, including in Peru, which lost nearly 30% of its glacier mass between 2000 and 2016.

Increased melt will also lead to rising seas and changes in weather patterns, something that is bound to affect society on a global level.

The disappearance of these small glaciers is really a warning sign of what is coming in the future. It is something that needs to be taken seriously into account.

Source: Yahoo News.

Photo : C. Grandpey

L’avenir sombre des ours polaires // The dark future of polar bears

La glace de mer fond dans l’Arctique et les ours polaires sont les grandes victimes du réchauffement climatique. Ils sont répertoriés comme « menacés » sur la liste des espèces en danger. Les responsables politiques réunis à Glasgow pour la COP 26 ont-ils évoqué l’avenir des ours polaires ? Rien n’est moins sûr.
Le destin des ours polaires et celui de la glace de mer arctique sont étroitement liés. La glace de mer – autrement dit l’eau de mer gelée – rétrécit pendant l’été à mesure qu’elle se réchauffe, puis se forme à nouveau pendant les longs mois d’hiver. C’est lorsqu’on se rend compte à quel point elle rétrécit que le réchauffement climatique entre en jeu. Plus la glace de mer rétrécit en été, plus elle s’amincit aussi. Cela fait longtemps que les chercheurs tirent la sonnette d’alarme et avertissent que les étés sans glace de mer sont inévitables. La Terre connaîtra très bientôt un été avec moins d’un million de kilomètres carrés de glace de mer dispersée en minuscules morceaux à travers l’Arctique. Les derniers chiffres du NSIDC n’incitent guère à l’optimisme. La réduction linéaire de l’étendue de glace de mer sur les données satellitaires montrait une tendance de 82 100 kilomètres carrés par an en octobre 2021, soit 9,8 % par décennie par rapport à la moyenne de 1981 à 2010. Globalement, depuis 1979, le mois d’octobre a perdu 3,45 millions de kilomètres carrés de glace, ce qui équivaut à deux fois la taille de l’État d’Alaska.
La grande question est de savoir quand l’Arctique ressemblera à « un océan bleu » totalement dépourvu de glace. Peut-être dès les années 2030, très probablement dans les années 2040 et presque assurément dans les années 2050. L’Arctique s’est réchauffé deux fois plus vite que le reste du monde. Au cours de certaines saisons, il s’est réchauffé trois fois plus vite que le reste du globe. La cause est «l’amplification arctique». Le mécanisme est facile à comprendre : la surface blanche de la glace arctique réfléchit la chaleur. Lorsque la glace fond, la mer de couleur sombre absorbe beaucoup plus de chaleur, ce qui réchauffe l’eau encore plus rapidement.

S’agissant des ours polaires, il existe 19 sous-populations différentes dans l’Arctique. Certaines sont vraiment en difficulté, en particulier les plus au sud, tandis que d’autres montrent une certaine stabilité. Leur survie d’un endroit à l’autre est fortement liée à la présence de la glace de mer. En été, les ours polaires sortent sur la glace pour chasser et se nourrir. C’est la période où ils prennent du poids pour survivre à l’hiver. Ils préfèrent les zones recouvertes à plus de moitié de glace car ce sont les terrains de chasse les plus productifs. Plus il y a de glace, plus ils peuvent se déplacer et plus ils peuvent manger.
Il y a à peine 30 ou 40 ans, les ours faisaient un festin de phoques et de morses sur la glace. Dans les années 1980, les mâles étaient énormes, les femelles se reproduisaient régulièrement et les oursons survivaient bien. Bref, la population avait l’air en bonne forme. Avec la perte de glace, les ours ne se portent plus aussi bien. Un signe ne trompe pas; c’est la proportion plus élevée d’oursons qui meurent avant leur premier anniversaire.
Les ours polaires sont des mammifères terrestres qui se sont adaptés à la mer. Les animaux qu’ils mangent – phoques et morses pour la plupart – sont aquatiques. Les ours s’en sortent mieux lorsqu’ils peuvent chasser dans des eaux peu profondes, généralement proches de la terre ferme. Mais ces dernières années, la glace de mer s’est retirée vers le large pendant la plupart des étés. Cela a forcé les ours à dériver sur la glace et atteindre des eaux profondes – parfois de 1 000 mètres de profondeur – dépourvues de leurs proies habituelles. Les ours sont alors obligés de nager longtemps et finissent épuisés. Ils maigrissent et se mettent en danger.
Au large de l’Alaska, les ours polaires de la mer de Beaufort et de la mer des Tchouktches offrent un contraste saisissant. Si on va à 40 ou 60 kilomètres au large de Prudhoe Bay dans la mer de Beaufort, on est sûr de trouver des eaux très pauvres en nourriture pour les ours. Plus au sud dans la mer des Tchoukches, l’eau est moins profonde, ce qui permet aux morses de prospérer. Ils fournissent de la nourriture aux ours polaires. En conséquence; les ours des Tchouktches semblent se porter plutôt bien grâce à cette nourriture abondante. En revanche, les ours de Beaufort donnent un aperçu de ce qui attend l’espèce dans les prochaines années.
Les dirigeants mondiaux qui se sont réunis en Écosse étaient censés prendre des mesures pour tenter de freiner le réchauffement climatique, mais il est probablement déjà trop tard pour les ours polaires. Si la COP 26 avait abouti à des mesures positives, notre planète aurait pu retrouver un Arctique avec une importante surface de glace de mer à la fin de ce siècle et au 22ème siècle. Mais ce rêve a peu de chances de se réaliser et l’espoir est en train de fondre avec la glace de mer.
Source : Yahoo News.

Vous aurez accès à une présentation interactive de la situation dans l’Arctique en cliquant sur ce lien :
https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

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In the Arctic, sea ice is melting and polar bears are the victims of global warming. They are marked as “threatened” on the endangered species list, Did the world leaders who met in Glasgow for COP 26 thought about the future of polar bears? Not so sure.

The fates of polar bears and Arctic sea ice are closely connected. Arctic sea ice – frozen ocean water – shrinks during the summer as it gets warmer, then forms again in the long winter. How much it shrinks is where global warming kicks in. The more the sea ice shrinks in the summer, the thinner the ice is overall. Researchers warn that summers without sea ice are inevitable. The Earth will soon see a summer with less than 1 million square kilometers of sea ice scattered in tiny bits across the Arctic. The latest NSIDC fifures do not incite to be optimistic. The downward linear trend in October 2021 sea ice extent over the satellite record is 82,100 square kilometers per year, or 9.8 percent per decade relative to the 1981 to 2010 average. Overall, since 1979, October has lost 3.45 million square kilometers of ice, based on the linear trend. This is equivalent to twice the size of the state of Alaska.

The big question is when the Arctic will look like « a blue ocean. » Maybe as early as the 2030s, most likely in the 2040s and almost assuredly by the 2050s. The Arctic has been warming twice as fast as the rest of the world. In some seasons, it has warmed three times faster than the rest of the globe. The cause is “Arctic amplification.” The mechanism is easy to understand: white ice in the Arctic reflects heat. When it melts, the dark sea absorbs much more heat, which warms the oceans even more quickly.

As far as polar bears are concerned, there are 19 different subpopulations in the Arctic. Some are really in trouble, especially the southernmost ones, while others are pretty close to stable. But their survival from place to place is linked heavily to sea ice.

In the summertime, polar bears go out on the ice to hunt and eat. This is the period when they put on weight to sustain them through the winter. They prefer areas that are more than half covered with ice because they are the most productive hunting and feeding grounds. The more ice, the more they can move around and the more they can eat.

Just 30 or 40 years ago, the bears feasted on a buffet of seals and walrus on the ice. In the 1980s, the males were huge, females were reproducing regularly and cubs were surviving well. In short, the population looked good. With ice loss, the bears have not been doing as well. One sign is that av higher proportion of cubs are dying before their first birthdays.

Polar bears are land mammals that have adapted to the sea. The animals they eat – seals and walruses mostly – are aquatic. The bears fare best when they can hunt in shallow water, which is typically close to land. But in recent years the sea ice has retreated far offshore in most summers. That has forced the bears to drift on the ice into deep waters – sometimes 1,000 metres deep – that are devoid of their prey. The bears are forced to swim a long time and are exhausted in the end. ,

Off Alaska, the Beaufort Sea and Chukchi Sea polar bears provide a telling contrast. If you go 40 to 60 kilometers offshore from Prudhoe Bay in the Beaufort Sea and you are sure to find very unproductive waters. Further south in the Chukchi, the water is shallower, which allows bottom-feeding walruses to thrive. That provides food for polar bears. The bears in the Chukchi seem to be faring pretty well because of that additional productivity. But the bears of the Beaufort give us a real good early warning of where this is all coming to

The world leaders who met in Scotland were supposed to take measures to try to curb climate change, but it is probably too late for the polar bears. If COP 26 had produced something positive, the world might have seen once again an Arctic with significant sea ice in the summer late this century and in the 22nd century. But this dream is unlikely to come true and hope is melting with the sea ice.

Source: Yahoo News.

You will have accessto an interactive presentation of the situation in the Arctic by clicking on this link:

https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

Photos: C. Grandpey