Le glacier Thwaites (Antarctique) : une menace planétaire // Thwaites Glacier (Antarctica) : a threat to the planet

Quand on parle du réchauffement climatique, on fait souvent allusion à la fonte du Groenland et de l’Arctique en général. Cependant, je n’insisterai jamais assez sur son impact sur l’Antarctique et plus particulièrement sur le glacier Thwaites.
Le glacier Thwaites – surnommé « glacier de l’Apocalypse » – joue un rôle crucial en Antarctique. C’est une sorte de bouchon dans le goulot de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental. Cette calotte contient suffisamment de glace pour faire s’élever le niveau de la mer de 3 mètres dans le monde.
Une équipe scientifique a participé à l’International Thwaites Glacier Collaboration, un programme de recherche conjoint entre la National Science Foundation aux États-Unis et le Natural Environment Research Council au Royaume-Uni. Fin 2021, les scientifiques ont présenté les résultats de leurs dernières recherches. Ils ont insisté sur la découverte de fractures dans la plate-forme glaciaire orientale du Thwaites, et ils ont averti que cette plate-forme pourrait se briser « comme un pare-brise de voiture » dans moins de cinq ans. Les chercheurs insistent sur le fait qu’elle pourrait se briser totalement et disparaître dans moins d’une décennie.
Il y a une grande différence entre une plate-forme glaciaire et le glacier proprement dit. La plate-forme se développe à partir du glacier mais flotte à la surface de l’océan. Comme elle flotte déjà, lorsqu’elle fond elle ne contribue pas à l’élévation du niveau de la mer; c’est comme lorsque des glaçons fondent dans un verre, ils ne font pas s’élever le niveau du liquide.
Cependant, les plates-formes glaciaires sont importantes car elles étayent les glaciers et leur confèrent une certaine stabilité. Par contre, lorsqu’elles s’effondrent, le glacier qui repose sur la terre ferme peut avancer beaucoup plus rapidement dans la mer où il va fondre, ce qui fait monter le niveau de l’océan.
A cause de la pandémie de Covid-19, la disparition d’une plate-forme glaciaire sur un continent lointain où ne vivent que des manchots n’attire pas les regards. Pourtant, la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental est un élément essentiel, un point de basculement très important, au sein du système climatique de la Terre. Si le glacier Thwaites disparaît, tout le reste de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental suivra le même chemin et glissera dans la mer. Dans le monde, 250 millions de personnes vivent à moins d’un mètre des lignes de marée haute. Une élévation de trois mètres du niveau de la mer serait une catastrophe dans le monde. Non seulement une ville comme Miami disparaîtrait, mais pratiquement toutes les villes côtières de basse altitude dans le monde connaîtraient le même sort.

Prévoir la rupture des calottes glaciaires et ses conséquences sur l’élévation du niveau de la mer n’est pas chose facile. On pourrait avoir aussi bien une élévation de 30 centimètres du niveau de la mer d’ici la fin du siècle, qu’une élévation de près de deux mètres. Comme l’a dit un chercheur, la différence entre ces chiffres représente beaucoup de vies humaines et d’argent. Une chose est sûre : le glacier Thwaites est le plus susceptible de provoquer le pire des scénarios.
Le problème avec le Thwaites, qui est l’un des plus grands glaciers de la planète, c’est qu’au lieu de fondre lentement comme un glaçon, il s’effondre plutôt comme un château de cartes : il est stable jusqu’au moment où, poussé trop loin dans la mer, il s’effondre.
Le Thwaites est très différent des autres grands glaciers, comme ceux du Groenland. D’une part, il ne fond pas par le haut en raison de températures de l’air trop chaudes. Il fond par le bas à cause de l’eau plus chaude de l’océan qui mine la glace sous le glacier. Plus important encore, le plancher sous la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental est particulier. Les auteurs de la dernière étude le comparent à un bol géant rempli de glace. Le bord du glacier – l’endroit où il quitte la terre et commence à flotter – est perché sur le rebord du bol à 300 mètres ou plus sous le niveau de la mer. C’est la « ligne d’ancrage » du glacier. Au-dessous de ce rebord, le plancher océanique plonge sur des centaines de kilomètres, jusqu’à la Chaîne Transantarctique qui sépare l’Antarctique de l’Est de celui de l’Ouest. Dans la partie la plus profonde du bassin ainsi formé, la glace a une épaisseur d’environ trois kilomètres.
Cela signifie que lorsque l’eau chaude passe sous la glace, elle peut s’écouler le long de la pente formée par le bol et elle ronge la glace par le bas. Grâce à un mécanisme appelé «instabilité de la calotte glaciaire marine», on peut aboutir à un effondrement rapide susceptible de faire monter très vite et très haut le niveau de la mer dans le monde.
Il existe une incertitude dans les prévisions de comportement du glacier Thwaites pour les prochaines années car il s’agit d’un événement dont aucun être humain n’a encore été témoin.
Au cours des dernières années, les scientifiques ont fait beaucoup de progrès dans la compréhension de la dynamique du Thwaites. Ils ont cartographié la face inférieure du glacier, examiné des crevasses dans la plate-forme glaciaire et localisé des points d’ancrage susceptibles de ralentir le mouvement de la glace. Les changements subis par le glacier sont spectaculaires : « Aujourd’hui, la vitesse de perte de glace du Thwaites est plus de six fois supérieure à ce qu’elle était au début des années 1990.
Les récentes découvertes à propos de la rupture de la plate-forme glaciaire orientale du Thwaites au cours des cinq prochaines années ne sont pas vraiment une surprise. Après la désintégration soudaine de la plate-forme Larsen B en 2002 (voir mes notes à ce sujet), les scientifiques ont réalisé que l’Antarctique était beaucoup moins stable que beaucoup le pensaient. La découverte de fractures dans le Thwaites ne fait que confirmer à quel point les changements en cours sont dynamiques.
Source : Yahoo News.

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As far as global warming is concerned, a lot is said about the melting of Grenland and the whole Arctic. However, I will never insist enough on its impact on Antarctica and more particularly on the Thwaites Glacier.

The Thwaites Glacier – dubbed « Doomsday Glacier » – plays a crucial part in the Antactic ice sheet. It is a kind of cork in the bottle of the entire West Antarctic ice sheet which contains enough ice to raise sea levels by 3 meters.

A team of scientists participated in the International Thwaites Glacier Collaboration, a joint research program between the National Science Foundation in the U.S. and the Natural Environment Research Council in the U.K. Late in 2021, they presented their latest research. They described the discovery of cracks and fissures in the Thwaites eastern ice shelf, predicting that the ice shelf could fracture like a shattered car window in as little as five years. The researchers insist that the ice shelf is breaking up and could be gone in less than a decade.

There is a big difference between an ice shelf and the glacier itself. The ice shelf grows out from the glacier and floats on the ocean. Because it is already floating, when it melts it does not in itself contribute to sea level rise, just as when ice cubes melt in a glass, they don’t raise the level of liquid.

However, ice shelves are important because they buttress glaciers and give the walls of ice stability. And when they break up, the land-based glacier is free to flow much faster into the sea, which does raise sea levels.

Given the current toll of the Covid-19 pandemic, the loss of an ice shelf on a far-away continent populated by penguins might not seem to be big news. Actually, the West Antarctic ice sheet is one of the most important tipping points in the Earth’s climate system. If Thwaites Glacier collapses, it opens the door for the rest of the West Antarctic ice sheet to slide into the sea. Globally, 250 million people live within one meter of high tide lines. Three meters of sea level rise would be a worldwide catastrophe. It’s not only goodbye Miami, but goodbye to virtually every low-lying coastal city in the world.

Predicting the breakup of ice sheets and the implications for future sea level rise is not easy and the predictions are uncertain. We could have as little as 30 centimeters of sea level rise by the end of the century, or nearly two meters. As one researcher said, the difference between those figures is a lot of lives and money. One thing is sure : the Thwaites Glacier is the most likely to generate the worst scenario.

The trouble with Thwaites, which is one of the largest glaciers on the planet, is that instead of melting slowly like an ice cube, it is more like a house of cards: It is stable until it is pushed too far, then it collapses.

Thwaites is very different from other big glaciers, such as those in Greenland. For one thing, it is not melting from above, due to warmer air temperatures. It is melting from below, due to warmer ocean water eating away at the ice beneath the glacier. More importantly, the terrain beneath the West Antarctic ice sheet is peculiar. The authors of the latest study compare it with a giant soup bowl filled with ice. In the bowl analogy, the edge of the glacier – the spot where a glacier leaves the land and begins to float – is perched on the lip of the bowl 300 meters or more below sea level. This is the glacier’s “grounding line.” Below the lip, the terrain falls away on a downward slope for hundreds of kilometers, all the way to the Transantarctic Mountains that divide East and West Antarctica. At the deepest part of the basin, the ice is about three kilometers thick.

What this means is that once the warm water gets below ice, it can flow down the slope of the bowl, weakening the ice from below. Through a mechanism called “marine ice-cliff Instability,” you can get a rapid collapse of the ice sheet that could raise global sea levels very high, very fast.

There is uncertainty in the predictions of what the glacier could do in the future because scientists are dealing with an event that no human has ever witnessed before.

In the past few years, scientists have made a lot of progress in understanding the dynamics of Thwaites. They have mapped the underside of the glacier itself, tracked crevasses in the ice shelf, and located pinning points that might slow the retreat of the ice. The change has been dramatic: “The net rate of ice loss from Thwaites Glacier is more than six times what it was in the early 1990s.

The recent news about Thwaites’ eastern ice shelf breaking up in the next five years was not really a surprise. After the sudden disintegration of the Larsen B ice shelf in 2002, scientists realized that Antarctica was far less stable than many had believed. The discovery of cracks and fissures at Thwaites further underscore just how dynamic the changes already underway are.

Source: Yahoo News.

Source: Wikipedia

Source: BAS

Un visiteur de mon blog – que je remercie sincèrement – m’a fait parvenir un excellent document montrant la topographie glaciaire de l’Antarctique. Vous le trouverez en cliquant sur ce lien :

Bilan climatique 2021 (suite) // Climate assessment 2021 (continued)

Après le bilan ERA5, voici les données Copernicus, système satellitaire de l’UE, pour 2021. Les données de l’agence proviennent d’une constellation de satellites Sentinel en orbite autour de la Terre, ainsi que des mesures prises au niveau du sol. Selon Copernicus, 2021 a été la cinquième année la plus chaude, avec une chaleur record dans certaines régions. La quantité de gaz à effet de serre dans notre atmosphère a continué d’augmenter. 2021 a été la cinquième année la plus chaude jamais enregistrée, légèrement plus chaude que 2015 et 2018. Considérées ensemble, les sept dernières années ont été les sept plus chaudes jamais enregistrées.
L’Europe a vécu son été le plus chaud et des records de température ont été battus dans l’ouest des États-Unis et du Canada. Des incendies de forêt extrêmement violents en juillet et août ont réduit en cendres des villes presque entières et ont tué des centaines de personnes.
La température moyenne de 2021 a été de 1,1 à 1,2 °C au-dessus du niveau préindustriel, il y a environ 150 ans
L’agence Copernicus explique que le début de l’année a vu des températures relativement basses par rapport aux dernières années, mais qu’en juin les températures ont été parmi les quatre plus chaudes jamais enregistrées.
La Niña a contribué à générer des températures inférieures à la moyenne en Sibérie occidentale et orientale, en Alaska et dans le Pacifique central et oriental au début et à la fin de 2021.

En revanche, une vague de chaleur a balayé la Méditerranée en juillet et août, touchant particulièrement la Grèce, l’Espagne et l’Italie. En Sicile, 48,8 °C ont été signalés, battant le record d’Europe de température la plus élevée de 0,8 °C. Les températures élevées en Méditerranée orientale et centrale ont déclenché de violents incendies de forêt dans plusieurs pays.
Les deux principaux gaz à effet de serre ont encore atteint des niveaux impressionnants en 2021. Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) ont atteint 414,3 parties par million l’année dernière, avec une progression semblable à celle de 2020. Les niveaux de méthane (CH4) dans l’atmosphère ont augmenté pour atteindre environ 1876 parties par milliard, un niveau jamais vu auparavant. La croissance du méthane a également été plus élevé qu’en 2020.
D’autres données sur les températures de 2021 seront publiées dans les prochains jours par d’autres agences, notamment la NASA et le Met Office britannique.
Source : Copernicus.

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After the ERA5 assessment, here is the 2021 Copernicus data from the EU’s satellite system.The Copernicus data comes from a constellation of Sentinel satellites that monitor the Earth from orbit, as well as measurements taken at ground level. According to this agency, 2021 was the fifth-warmest year, with record-breaking heat in some regions. The amount of warming gases in our atmosphere continued to increase. Copernicus data show that 2021 was the fifth-hottest on record, marginally warmer than 2015 and 2018. Taken together, the past seven years were the hottest seven years on record by a clear margin.

Europe lived through its warmest summer, and temperature records in western US and Canada were broken by several degrees. Extreme wildfires in July and August burnt almost entire towns to the ground and killed hundreds.

The 2021 average temperature was 1.1-1.2°C above the pre-industrial level around 150 years ago

The Copernicus agency explains that the start of the year saw relatively low temperatures compared to recent years, but that by June monthly temperatures were at least among the warmest four recorded.

La Niña contributed to below-average temperatures in western and eastern Siberia, Alaska, and the central and eastern Pacific during the start and end of 2021.

A heatwave swept through Mediterranean in July and August, particularly affecting Greece, Spain and Italy. In Sicily, 48.8C degrees was reported, breaking Europe’s record for highest temperature by 0.8°C. The hot temperatures in the eastern and central Mediterranean triggered intense wildfires in several countries.

The two main greehouse gases still reached impressive levels in 2021. Carbon dioxide concentrations reached 414.3 parts per million last year, growing at a similar rate to 2020. Methane levels in the atmosphere increased to reach about 1,876 parts per billion, a level never seen before. The growth rate of methane was also higher than in 2020.

More data about 2021’s temperatures will be released in the coming days from other agencies including from Nasa and the UK’s Met Office.

Source: Copernicus.

La courbe de Keeling montre l’évolution des concentrations de CO2 en un an. On est passé de 415 ppm à plus de 417 ppm (Source: Scripps Institution)

Oh my God!

Il semble que l’accumulation d’événements extrêmes aux États-Unis en décembre 2021 ait provoqué une certaine prise de conscience du réchauffement climatique au sein de la population, même si la dernière phrase de l’article peut susciter des doutes.
Décembre 2021 aux États-Unis a produit les deux plus grands épisodes de tornades de l’année et le plus grand nombre de tornades jamais enregistré pendant un mois de décembre.
Janvier 2022 n’a pas été en reste et a débuté en battant des records. Des dizaines de stations météorologiques ont enregistré des records de chaleur le 1er janvier et de fortes tempêtes de neige ont affecté certaines parties de l’est des États-Unis.
Décembre 2021 restera – pour le moment – le plus coûteux de l’histoire pour les compagnies d’assurance aux États-Unis. Le principal événement a été une série de tornades du 10 au 11 décembre dans huit États, avec 90 morts et un gigantesque incendie de forêt dans la région de Boulder (Colorado) qui a endommagé ou détruit près de 1 000 maisons.
Au moins 66 tornades ont été observées les 10 et 11 décembre. L’une d’elles a parcouru 270 kilomètres dans l’ouest du Kentucky.
Le 15 décembre, on a dénombré 100 tornades, dont 43 dans l’Iowa, le plus grand nombre jamais enregistré en une seule journée. Le Minnesota n’avait jamais enregistré de tornade en décembre. Le 15, on en a compté 20.
Les services météorologiques ont confirmé au moins 200 tornades en décembre, soit le double du précédent record pour ce mois (97 en 2002). C’est le plus grand nombre de tornades en un seul mois aux États-Unis entre octobre et décembre, si on remonte à 1950.
Plusieurs États – dont le Tennessee, le Kentucky, le Nebraska et le Wisconsin – ont eu plus de tornades le mois dernier que pendant tous les mois de décembre réunis de 1950 à 2020
Entre les tornades et d’autres conditions météorologiques extrêmes, le Storm Prediction Center a totalisé 1 261 événements violents à travers le pays. Parmi ceux-ci, 521 ont eu lieu le 15 décembre, le plus grand nombre pour un seul jour de l’année. Les vents violents ce jour-là ont atteint la force ouragan, battant un record établi en août 2020.
Décembre a également vu un temps anormalement chaud dans tout le pays. Plus de 1 900 températures record ont été enregistrées.
Les scientifiques attribuent une grande partie des tempêtes et des précipitations extrêmes aux températures plus chaudes de l’eau et de l’air qui apportent plus d’humidité et génèrent des précipitations plus abondantes dans le monde entier.
Le retour de La Niña dans l’océan Pacifique est également responsable des événements de cet hiver. Le refroidissement à grande échelle des eaux de surface près de l’équateur modifie les schémas de circulation atmosphérique. Cela peut créer des conditions plus fraîches et plus orageuses dans le nord-ouest du Pacifique, et des conditions plus chaudes et plus sèches dans le sud.
En Californie, la Sierra Nevada a connu le mois de décembre le plus enneigé de son histoire. Une situation similaire a été observée en Alaska. Des hautes pressions record dans le Pacifique Nord ont poussé des vents plus chauds que la normale et apporté de l’humidité dans l’État. Comme je l’ai écrit dans une note précédente, Kodiak a pulvérisé son précédent record de chaleur de 20 degrés le 26 décembre. Il faisait si chaud dans le sud-ouest de l’Alaska que la glace de certaines rivières a commencé à lâcher prise.
Dans le même temps, de nombreux endroits dans l’ouest et le nord de l’Alaska ont connu des précipitations record en décembre. Le Parc national du Denali a connu son mois de décembre le plus enneigé avec la plus grande épaisseur de neige de tous les temps
Le réchauffement climatique a probablement joué un rôle dans l’incendie de forêt du Colorado. Après un printemps très humide, l’Etat a connu une période extrêmement chaude et sèche à partir de juin. Les graminées on poussé rapidement pendant le printemps humide, puis se sont desséchées pendant l’été et l’automne. Lorsqu’un épisode de vent violent est arrivé le 30 décembre dans une région déjà sujette à ce type de tempêtes à cette époque de l’année, les conditions étaient réunies pour qu’une catastrophe se produise. Selon les climatologues locaux, l’incendie n’a pas été causé par le changement climatique, mais le réchauffement de l’air y a contribué.
Source : USA TODAY, Yahoo News.

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It looks as if the accumulation of extreme events in the United States in December 2021 is leading to some awareness of global warming among the population, although the last sentence of the article may raise doubts.

December 2021 in the U.S. produced the year’s two biggest tornado outbreaks and the most tornadoes on record for December.

January 2022 also started in a record-setting way. Dozens of weather stations broke warm temperature records for January 1st, and heavy snowstorms have blanketed parts of the eastern U.S.

December 2021 will mark the costliest December on record for the U.S. insurance industry. Chief among the events was a December 10-11 tornado outbreak across eight states that claimed 90 lives, and a massive wildfire in Boulder County, Colorado, that damaged or destroyed nearly 1,000 homes.

At least 66 tornadoes were confirmed during the December 10-11 outbreak, including a tornado that traveled 270 kilometers through western Kentucky.

An outbreak on December 15th resulted in 100 tornadoes, including 43 in Iowa, the most ever recorded there in a single day. Minnesota had never had a recorded tornado in December. On the 15th, it had 20.

The weather service confirmed at least 200 tornadoes in December, double the previous record for the month (97 in 2002). That was more tornadoes in a single month than ever recorded in the U.S. between October and December, dating back to 1950.

Several states – including Tennessee, Kentucky, Nebraska, and Wisconsin – had more confirmed tornadoes last month than in all Decembers combined from 1950-2020

Between the tornadoes and other extreme weather, the Storm Prediction Center totaled 1,261 severe weather reports across the nation. Of those, 521 were issued on December15th, the single greatest number on any day all year. High winds that day included 64 hurricane force wind gusts, breaking a record set in August 2020.

December also saw unseasonably warm weather across the nation. More than 1,900 record high and record warm low temperatures were set.

Scientists put much of the blame for the stormier weather and extreme rainfall on the warmer water and air temperatures that feed more moisture into storms, producing heavier precipitation around the globe.

The return of La Niña in the Pacific Ocean also is in the mix this winter. The large-scale cooling in surface waters near the Equator alters atmospheric circulation patterns. It can set up cooler and stormier conditions in the Pacific Northwest, and warmer and drier conditions across the South.

In California, the Sierra Nevada saw its snowiest month on record in December. A similar situ tion was observed in Alaska, when record high pressures in the North Pacific pushed warmer than normal winds and record moisture into the state. As I put it in a previous post, Kodiak smashed its previous record warm temperature by 20 degrees on Decencer 26th. It was so warm in Southwest Alaska that ice in some rivers started breaking up.

Meanwhile, many locations in western and northern Alaska experienced record December precipitation. Denali National Park set a new record for its snowiest December and highest snow depth

The warming climate also is thought to have played a role in the Colorado wildfire. After a really wet spring, the state endured an extremely warm and dry period starting in June. Grasses grew vigorously during the wet spring, then dried out through the summer and fall. When an intense windstorm arrived on December 30th in an area already prone to those type of storms at that time of year, conditions were primed. Local climatologists say that the fire was not caused by climate change, but it is part of the story.

Source : USA TODAY, Yahoo News.

Avec le réchauffement climatique, les incendies de forêt et de végétation en général vont decenir de plus en plus fréquents (Crédit photo: Wikipedia)

Réchauffement climatique et ouragans : une menace pour nos latitudes // Global warming and hurricanes : a threat to our latitudes

Une nouvelle étude publiée fin décembre 2022 dans la revue britannique Nature Geoscience prévoit qu’en raison du réchauffement climatique davantage d’ouragans affecteront les latitudes moyennes qui comprennent les grands centres de population de la planète, tels que New York, Boston et Shanghai.
L’étude explique que les cyclones tropicaux, également connus sous le nom d’ouragans ou de typhons selon l’endroit où ils se produisent, s’étendront plus loin que les régions tropicales où on les observe généralement. En raison du réchauffement climatique, les conditions qui créent les ouragans se développeront plus au nord dans l’hémisphère nord et plus au sud dans l’hémisphère sud. Or, la plupart des grandes villes du monde sont situées dans les latitudes moyennes, ce qui signifie que ces nouveaux ouragans auront la capacité de causer beaucoup plus de dégâts.
On peut lire dans l’étude que les ouragans du 21ème siècle apparaîtront dans une gamme de latitudes plus large qu’au cours des 3 derniers millions d’années.. Il s’agit là d’une conséquence importante mais souvent sous-estimée du changement climatique.
La raison du changement de latitude des ouragans est liée à la configuration globale des vents connue sous le nom de cellule de Hadley. Il s’agit d’une circulation atmosphérique fermée qui redistribue l’énergie accumulée à l’équateur vers les plus hautes latitudes dans les deux hémisphères. C’est une circulation dans laquelle l’air s’écoule vers les pôles à une hauteur d’environ 9 à 14 kilomètres mais revient vers l’équateur en descendant vers le sol. L’un des effets du réchauffement climatique est une diminution de la différence entre les températures de surface près ou loin de l’équateur. Le réchauffement se produit plus rapidement à des latitudes plus élevées en raison de boucles de rétroaction telles que la fonte de la glace de mer, la perte de la couverture neigeuse et le dégel du pergélisol, ce qui provoque un réchauffement encore plus important. Cependant, l’air à des altitudes plus élevées se réchauffe plus rapidement sous les tropiques. Ces changements signifient que le courant-jet (ou jet stream) – qui empêche normalement les ouragans de se propager plus au nord dans l’hémisphère nord – se déplace vers le nord, permettant aux ouragans d’atteindre des latitudes plus élevées. Le réchauffement climatique provoque l’expansion de la circulation de Hadley et, avec elle, le déplacement du jet-stream vers les pôles.
Les régions devenues à risque ont déjà commencé à voir des ouragans les atteindre. En 2020, la tempête subtropicale Alpha a touché terre au Portugal. C’est la première fois qu’un cyclone subtropical ou tropical a frappé un pays d’Europe occidentale. Sans oublier en France la tempête de décembre 1999, Xynthia en 2010 et d’autres événements extrêmes à l’échelle locale.
L’analyse des simulations mathématiques des climats plus chauds sur Terre dans le passé montre que les cyclones tropicaux se sont probablement formés dans les régions subtropicales. Cela n’a pas été le cas au cours des 3 derniers millions d’années, mais le deviendra probablement à nouveau dans un avenir proche si les températures continuent de se réchauffer. En plus des dégâts causés par le vent et les pluies torrentielles qui accompagnent les ouragans, le risque d’inondations dues aux vagues de submersion sera élevé à mesure que le niveau de la mer augmentera en raison du changement climatique. Certaines des villes côtières les plus peuplées du monde comme New York, Tokyo, Shanghai et beaucoup d’autres seront probablement en grande difficulté.
Les températures moyennes à l’échelle de la planète ont augmenté de 1,2 degré Celsius au cours des 150 dernières années, ce qui est plus rapide qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire. Selon le GIEC, l’ampleur du réchauffement de la Terre au cours des 80 prochaines années pourrait varier de plusieurs degrés, en fonction des émissions de gaz à effet de serre qui génèrent le réchauffement climatique
L’un des auteurs de l’étude explique que « ce qui contrôle cette situation est le gradient de température entre les tropiques et les pôles, et il est très étroitement lié au changement climatique. À la fin de ce siècle, la différence de gradient entre un scénario d’émissions élevées et un scénario d’émissions faibles sera cruciale. »
Source : Yahoo News.

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A new study published late December 2022 in the British journal Nature Geoscience projects that more hurricanes will be coming to midlatitude regions, which include major population centers such as New York, Boston and Shanghai, because of climate change.

The study explains that tropical cyclones, also known as hurricanes or typhoons, depending where they occur, will expand from the tropical regions in which they are currently common. Due to global warming, the conditions that create hurricanes will become prevalent farther north in the northern hemisphere and farther south in the southern hemisphere. Most of the world’s major cities are located in midlatitude regions, meaning that the more widespread hurricanes will have the ability to cause far more damage.

One can read in the study that hurricanes in the 21st century will appear in a wider range of latitudes than they have for the last 3 million years, which represents an important, under-estimated risk of climate change.

The reason for the shift in hurricane latitudes has to do with the global wind pattern known as the Hadley cell, a circulation in which air flows poleward at a height of about 9 to 14 kilometers but returns toward the equator as it descends toward ground level. One effect of climate change is a decrease in the difference between surface temperatures near or far from the equator. Warming occurs more rapidly at higher latitudes because of feedback loops such as melting sea ice, loss of snow cover, and thawing permafrost, causing even more warming. However, air at higher altitudes actually warms faster in the tropics. Those changes mean the jet stream – which normally prevents hurricanes from flowing farther north in the northern hemisphere – is moving northward, allowing hurricanes to reach higher latitudes. Global warming causes the Hadley circulation to expand, and with it the jet streams move poleward..

Areas in the increasingly at-risk regions have already begun to see some hurricanes make landfall. In 2020, Subtropical Storm Alpha made landfall in Portugal, the first time a subtropical or tropical cyclone had ever hit the Western European nation.

The analysis of mathematical simulations of warmer climates from the Earth’s past show that tropical cyclones likely formed in the subtropics. That has not been the case for the last 3 million years but probably will be again in the near future if temperatures continue warming. In addition to the wind damage and heavy rains from hurricanes, the risk of flooding from storm surges will be elevated as sea levels rise due to climate change. Some of the most populous seaside cities in the world like New York, Tokyo, Shanghai and so forth will likely be in trouble.

Average global temperatures have risen 1.2 degrees Celsius in the last 150 years, which is faster than at any other time in recorded history. According to the Intergovernmental Panel on Climate Change IPCC), the extent to which the Earth warms further in the next 80 years could vary by several degrees, depending on how much greenhouse gases that cause warming are emitted.

One of the authors of the study explains that “the control over this is the temperature gradient between the tropics and the poles, and that’s very tightly linked to overall climate change. By end of this century, the difference in that gradient between a high emission scenario and a low emission scenario is dramatic. That can be very significant in terms of how these hurricanes play out.”

Source: Yahoo News.

Image satellite de la tempête Alpha à l’approche du Portugal en 2020 (Source : ESA)