Réchauffement climatique : la Camargue en danger // Global warming : the Camargue in danger

Au coeur du delta du Rhône, la Camargue est une destination touristique populaire en raison de sa biodiversité et parce que c’est la région où l’on élève les célèbres taureaux noirs qui participent aux festivités locales. Aujourd’hui, la Camargue est menacée par la montée du niveau de la mer, les canicules et les sécheresses qui polluent les sources d’eau douce et rendent les terres infertiles.
Le niveau de la mer autour de la ville de Saintes-Marie de la Mer en Camargue s’est élevé de 3,7 millimètres par an de 2001 à 2019, soit près du double de l’élévation moyenne du niveau de la mer sur le reste de la planète au cours du 20ème siècle. La hausse des températures, la dilatation thermique des océans, la fonte des glaciers et de la banquise à cause du réchauffement climatique, contribuent à l’élévation du niveau des mers.
Les scientifiques expliquent que la présence croissante du sel dans le sol rendra la terre stérile et inhabitable bien avant que la mer l’engloutisse. Certains pâturages touchés par le phénomène sont déjà dénudés avec peu de végétation. La teneur anormalement élevée en sel présente des risques pour la santé des organismes qui ne la tolèrent pas.
Les hommes ont toujours été attirés par la Camargue en raison de l’abondance d’espèces et de ressources qu’elle recèle et malgré le défi qui impose de vivre entre le flux et le reflux d’un delta en constante évolution. Les zones humides riches en nutriments contiennent une extraordinaire biodiversité, ce qui en fait l’un des écosystèmes les plus productifs au monde.
Le Rhône constitue depuis longtemps une source de vie pour la Camargue car il apporte l’eau douce des Alpes et atténue la salinité de la région. À mesure que la pluie et les chutes de neige diminuent, il en va de même du débit du fleuve qui a diminué de 30 % au cours des 50 dernières années et la situation ne peut qu’empirer. Les scientifiques ne cessent de répéter que les glaciers qui sont en train de fondre à un rythme incroyablement élevé ont déjà dépassé le point de non-retour. Il est donc quasiment certain que, dans les années à venir, les 40% de débit des rivières qui arrivent en Camargue se réduiront comme peau de chagrin.
Pendant les étés où les températures sont particulièrement élevées et les précipitations réduites, l’eau de mer peut remonter jusqu’à 20 kilomètres dans le lit du Rhône. Lors d’une vague de chaleur en août 2022, des agriculteurs qui pompaient de l’eau dans le Petit Rhône, un bras du fleuve principal, ont commencé à faire remonter de l’eau salée. Ils ont été obligés de déplacer les pompes plus en amont, en dehors du périmètre de leur propre propriété, pour trouver l’eau nécessaire à l’irrigation de leurs terres et l’abreuvage leurs animaux. C’est pourquoi ils recherchent des terres plus au nord. Le problème, c’est que de moins en moins de territoire est disponible pour l’élevage car les autorités acquièrent de plus en plus de terres destinées à la préservation de l’environnement. Les agriculteurs font remarquer que la Camargue sera sèche sans eau douce si de tels plans de préservation continuent à être mis en oeuvre. Ils pensent que des mesures telles que l’augmentation du nombre de barrières de marée – pour empêcher que la mer envahisse les terres – le long du littoral seraient une bonne solution, mais les chercheurs rétorquent que ces barrières ne sont qu’une solution temporaire et ne résisteront pas aux effets de l’érosion côtière et de l’évolution rapide du climat.
Avec le réchauffement climatique, la Camargue risque de perdre sa valeur économique et culturelle, mais aussi sa beauté naturelle si des mesures ne sont pas prises pour freiner le changement climatique. Les climatologues du monde entier expliquent que le niveau de la mer continuera d’augmenter et qu’une action drastique est nécessaire pour essayer d’enrayer le problème.
Source : Associated Press via Yahoo Actualités.

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The Camargue region in the Rhone delta is a popular tourist destination because of is environmental biodiversity and because it is the region where farmers raise tha famous black bulls that participate in locaal festivities. Today, the Camargue isunder threat because of rising sea levels, heat waves and droughts which are making water sources salty and lands infertile.

The sea level around the town of Saintes-Marie de la Mer in Camargue has risen by a steady 3.7 millimeters per year from 2001 to 2019, almost twice the global average sea level rise measured throughout the 20th century. Warming, expanding oceans and the melting of ice over land, both a result of climate change, are contributing to higher sea levels.

Researchers explain that the advance of salt into the soil will leave the land barren and uninhabitable long before the sea engulfs it. Some affected pastures have already become bare with little vegetation and the abnormally high salt content poses health risks to organisms not able to tolerate it.

People have always been attracted to the Camargue because of the abundance of species and resources it contains despite the challenges of living between the ebb and flow of an ever-evolving delta. Its nutrient-rich wetlands contain an enormous amount of biodiversity, making it one of the most productive ecosystems in the world.

The Rhone river has long served as the Camargue’s lifeline, bringing fresh water from the Alps and dampening salt levels in the region. As rain and snowfall decrease, it is becoming a less reliable fresh water source, with researchers estimating the river’s flow has reduced by 30% in the last 50 years and is expected to only worsen. Scientists keep repeating that glaciers which are in the process of melting at an incredibly high rate have already passed the point of no return, so probably in the years to come, the 40% of river flow that arrives in Camarague will be reduced to a much smaller percentage.

During summers plagued by high temperatures and diminished rainfall, the sea water can reach up to 20 kilometers into the Rhone river. During a heat wave in August 2022, farmers who pumped water in the Petit Rhone, an offshoot of the main river, began pumping salt water. They were forced to move the pump farther up the river outside the perimeters of their own ranch to irrigate their land and feed their animals. As a consequence, they will have to find land further north. The problem is that less and less territory is being prioritized for the ranches as authorities work to acquire land destined for preservation. The farmers warn that the Camargue will be dry without fresh water if such preservation plans are enacted. They say that measures such as increasing the number of tidal barriers along the coastline will help residents, but researchers say these ideas are only a temporary fix and won’t withstand the effects of coastal erosion and a fast-altering climate.

With global warming, the Camarague risks losing both its economic and cultural worth as well as its natural beauty if interventions are not taken to help curb climate change. Top climate experts around the world say sea levels will continue to rise and that drastic action is needed to stop making the problem worse.

Source: Associated Press via Yahoo News.

Source: Wikipedia

Octobre 2022 : record de chaleur en Europe // The hottest October ever in Europe

Il y a quelques jours, j’indiquais qu’en France, le mois d’octobre 2022 a été le plus chaud des annales avec une anomalie de +3.6°C par rapport à la période 1981-2010. La période janvier-octobre 2022 est la plus chaude jamais observée en France avec une anomalie de +1.9°C, nettement devant le précédent record pour la période (+1.4°C en 2020).

Le service européen sur le changement climatique Copernicus nous apprend aujourd’hui que le mois d’octobre 2022 a été le plus chaud jamais enregistré en Europe. Les températures moyennes ont été « près de 2°C au-dessus de la période de référence 1991-2020 ».

Le continent européen est celui qui se réchauffe le plus rapidement sur Terre. Selon l’OMM, au cours des 30 dernières années, l’Europe a enregistré une hausse des températures plus de deux fois supérieure à la moyenne planétaire, avec un réchauffement d’environ 0,5°C par décennie.

Dans certaines parties du continent, cette chaleur anormale vient s’ajouter à un déficit de pluies.

Source: Copernicus, France Info.

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A few days ago, I indicated that in France, the month of October 2022 was the hottest on record with an anomaly of +3.6°C compared to the period 1981-2010. The January-October 2022 period was the hottest ever observed in France with an anomaly of +1.9°C, well ahead of the previous record for the period (+1.4°C in 2020).
The European climate change service Copernicus informs us today that October 2022 was the hottest month on record in Europe. Average temperatures were « nearly 2°C above the 1991-2020 reference period ».
The European continent is the fastest warming continent on Earth. According to the WMO, over the past 30 years, Europe has experienced a rise in temperature more than twice the global average, with a warming of around 0.5°C per decade.
In some parts of the continent, this abnormal heat comes on top of a lack of rain.
Source: Copernicus, France Info.

Octobre 2022 beaucoup trop chaud // October 2022 was much too hot

Selon l’agence européenne ERA5, le mois d’octobre 2022 est le 4ème plus chaud des annales qui remontent à 1979. La température se situe à +0.653°C au-dessus de la moyenne 1981-2010. Par rapport à la nouvelle période de référence 1991-2020 utilisée par ERA5, l’anomalie est de +0.413°C. Les 8 derniers mois d’octobre sont tous dans ce top 10.

Sur la période janvier-octobre, l’anomalie globale pour notre planète atteint +0.50°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, ce qui en fait pour le moment la 5ème année la plus chaude.

En France, le mois d’octobre 2022 a été le plus chaud des annales avec une anomalie de +3.6°C par rapport à la période 1981-2010. La période janvier-octobre 2022 est la plus chaude jamais observée en France avec une anomalie de +1.9°C, nettement devant le précédent record pour la période (+1.4°C en 2020).

Cette situation est d’autant plus inquiétante que des conditions La Niña sont toujours présentes dans le Pacifique oriental. Selon les scientifiques, La Niña devrait se maintenir sur le reste de l’année puis revenir vers des conditions neutres début 2023. Avec leurs raccourcis habituels, les journalistes français ont indiqué que la présence de La Niña annonçait un prochain hiver très froid. Personne ne le sait. D’une part les effets de la Niña sont très diffus en Europe; d’autre part, La Niña était déjà présente au cours de l’hiver 2021-2022 qui n’a pas été particulièrement rigoureux, avec un gros déficit de neige en montagne.

Source; global-climat.

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According to the European agency ERA5, the month of October 2022 was the 4th hottest in the ERA5 archives which date back to 1979. The temperature was +0.653°C above the 1981-2010 average. Compared to the new reference period 1991-2020 used by ERA5, the anomaly is +0.413°C. The last 8 months of October are all in this top 10.
Over the January-October period, the global anomaly for our planet reaches +0.50°C above the 1981-2010 average. It is currently the 5th warmest year.
In France, the month of October 2022 was the hottest on record with an anomaly of +3.6°C compared to the period 1981-2010. The January-October 2022 period is the hottest ever observed in France with an anomaly of +1.9°C, well ahead of the previous record for the period (+1.4°C in 2020).
This situation is all the more worrying as La Niña conditions are still present in the Eastern Pacific. According to scientists, La Niña is expected to continue for the rest of the year and then return to neutral conditions in early 2023. With their usual shortcuts, French journalists indicated that the presence of La Niña heralded a very cold winter to come. No one knows. On the one hand, the effects of La Niña are very diffuse in Europe; on the other hand, La Niña was already present during the 2021-2022 winter which was not particularly cold, with a large deficit of snow in the mountains.
Source; global-climat.

Source : ERA5

Le méthane, un poison pour le climat (2ème partie) // Methane, a poison for the climate (part 2)

À l’aide de l’EMIT (Earth Surface Mineral Dust Source Investigation), un outil conçu pour étudier l’impact de la poussière sur le climat, les scientifiques de la NASA ont identifié plus de 50 sites émetteurs de méthane dans le monde. Cette technologie pourrait aider à lutter contre le puissant gaz à effet de serre. Depuis son installation en juillet 2022 à bord de la Station spatiale internationale, l’outil a détecté des « super-émetteurs » de méthane en Asie centrale, au Moyen-Orient et dans le sud-ouest des États-Unis.
Les sites émetteurs de méthane nouvellement détectés – certains déjà connus et d’autres récemment découverts – comprennent de vastes installations pétrolières et gazières et de grands sites d’enfouissement des ordures. L’instrument de la NASA permettra de localiser les super-émetteurs de méthane afin que ces émissions puissent être stoppées à la source.
Effectuant une rotation autour de la Terre toutes les 90 minutes à bord de la Station spatiale à quelque 400 km d’altitude, l’EMIT est capable de scanner de vastes étendues de la planète sur des dizaines de kilomètres, avec la capacité de se concentrer sur des zones de la taille d’un terrain de football.
L’instrument, baptisé « spectromètre imageur », a été conçu principalement pour identifier la composition minérale de la poussière envoyée dans l’atmosphère terrestre par les déserts et d’autres régions arides, mais il s’est avéré apte à détecter d’importantes émissions de méthane.
Parmi les super-émetteurs de méthane nouvellement imagés, on relève un groupe de 12 panaches provenant d’infrastructures pétrolières et gazières au Turkménistan. Certains panaches s’étirent sur plus de 32 km. Les scientifiques estiment qu’ensemble des panaches du Turkménistan envoient dans l’atmosphère du méthane à raison de 50 400 kg par heure. C’est du même ordre que le débit de pointe du champ gazier d’Aliso Canyon en 2015 près de Los Angeles, qui est l’un des plus grands rejets accidentels de méthane de l’histoire des États-Unis.
Deux autres grands émetteurs sont un champ pétrolifère au Nouveau-Mexique et un complexe de traitement des déchets en Iran. Ils émettent ensemble près de 29 000 kg de méthane par heure. Le panache de méthane au sud de Téhéran mesure au moins 4,8 km de long. Aucun des deux sites n’était auparavant connu des scientifiques.
Source : Al Jazeera et agences de presse.

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Using the Earth Surface Mineral Dust Source Investigation (EMIT), a tool designed to study how dust affects climate, NASA scientists have identified more than 50 methane-emitting hotspots around the world, a development that could help combat the potent greenhouse gas. Since the tool was installed in July onboard the International Space Station it has detected methane “super-emitters” in Central Asia, the Middle East and the southwestern United States.

The newly measured methane hotspots – some previously known and others just discovered – include sprawling oil and gas facilities and large landfill sites. NASA’s instrument will help “pinpoint” methane super-emitters so that such emissions can be stopped “at the source”.

Circling Earth every 90 minutes from its perch onboard the space station some 400km high, EMIT is able to scan vast tracts of the planet dozens of kilometres across while also focusing in on areas as small as a football field.

The instrument, called an imaging spectrometer, was built primarily to identify the mineral composition of dust blown into Earth’s atmosphere from deserts and other arid regions, but it has proven adept at detecting large methane emissions.

Examples of the newly-imaged methane super-emitters include a cluster of 12 plumes from oil and gas infrastructure in Turkmenistan, some plumes stretching more than 32 km. Scientists estimate the Turkmenistan plumes collectively spew methane at a rate of 50,400 kg per hour, rivalling the peak flow from the 2015 Aliso Canyon gas field blowout near Los Angeles that ranks as one of the largest accidental methane releases in US history.

Two other large emitters were an oilfield in New Mexico and a waste-processing complex in Iran, emitting nearly 29,000 kg of methane per hour combined. The methane plume south of the Iranian capital Tehran was at least 4.8 km long. Neither site were previously known to scientists.

Source: Al Jazeera and news agencies.

Image d’une source de méthane obtenue avec l’EMIT (Source: NASA)