Glaciers et virus // Glaciers and viruses

Ces dernières semaines, on a pu lire dans la presse française plusieurs articles alertant sur l’apparition de nouveaux virus avec la fonte des glaciers, avec le risque de nouvelles pandémies. Il serait temps que nos journalistes se réveillent car il y a longtemps que la presse internationale alerte sur le sujet. J’ai d’ailleurs consacré plusieurs notes sur ce blog aux conséquences sanitaires de la fonte des glaciers et du dégel du permafrost dans les zones arctiques.

On peut lire sur le site web de la chaîne BFMTV que « pour l’heure, les travaux n’ont pas encore révélé combien de virus avaient été identifiés, ni combien d’entre eux sont inconnus de la science. » Il reste certes des zones d’ombre, mais la présence de virus potentiellement dangereux pour l’Homme est une quasi certitude.

Dans une note rédigée le 23 février 2021, je mettais particulièrement l’accent sur le dégel du permafrost arctique car on s’est rendu compte que des virus et autres microbes jusqu’alors congelés pourraient refaire surface.

Ainsi, le virus de la Grippe Espagnole est resté présent dans des cadavres enterrés au Svalbard en 1918. L’histoire fait froid dans le dos :

En septembre 1918, sept jeunes pêcheurs et fermiers norvégiens embarquent à destination du Spitzberg où ils ont l’intention de se faire un peu d’argent dans les mines de charbon. A bord du bateau qui les conduit à leur destination,  ils contractent le virus de la Grippe Espagnole qui a tué plus de 20 millions de personnes au cours de cette même année. Ils décèdent au bout de quelques jours et sont enterrés en catastrophe dans le petit cimetière de Longyearbyen.

En août 1997, en prenant moult précautions, une équipe scientifique exhume les corps et effectue des prélèvements de tissus provenant des poumons, du cerveau, des reins. Les organes sont relativement bien conservés, ce qui suppose que le terrible virus l’est lui aussi ! Les échantillons de tissus prélevés sont envoyés dans quatre laboratoires aux Etats-Unis, au Canada, en Angleterre et en Norvège. Certains virologues critiquent cette opération qui pourrait s’avérer dangereuse. Il ne faudrait pas que le virus s’échappe dans les couloirs d’un laboratoire !

Les travaux en laboratoire ont révélé que le virus responsable de la Grippe Espagnole était né de la combinaison d’une souche humaine (H1), provenant de la grippe saisonnière H1N8, en circulation entre 1900 et 1917, avec des gènes aviaires de type N1. Ainsi naquit, en 1917 ou 1918, une souche H1N1, lointain ancêtre de la variante qui fit trembler le monde en 2009, et 10.000 fois plus virulente. La première vague de Grippe Espagnole, au printemps 1918, fut assez peu meurtrière. La seconde, à l’automne suivant, à la suite d’une probable mutation, s’avéra bien plus agressive, notamment, contre les jeunes adultes âgés de 25 à 29 ans.

Une équipe de chercheurs américains et chinois a publié le 7 janvier 2020 une étude mettant en garde sur les conséquences du réchauffement climatique. Partis en 2015 pour forer des glaciers de l’Himalaya, ces scientifiques ont extrait deux carottes de glace qui leur ont permis de mettre au jour pas moins de 33 virus dont 5 seulement étaient connus du monde scientifique. D’après les relevés, «les microbes différaient considérablement à travers les deux carottes de glaces, représentant vraisemblablement des conditions climatiques très différentes au moment du dépôt». Car même si elles proviennent toutes les deux du plus vieux glacier de la terre, le Guliya au Tibet, les carottes ont été prélevées à deux époques différentes, en 1992 et 2005. Il a donc fallu gratter près 1,5 cm afin d’atteindre la couche de glace non contaminée par les bactéries d’aujourd’hui.

Les chercheurs expliquent que «dans le meilleur des cas, la fonte des glaces nous fera perdre des données microbiennes et virales précieuses qui pourraient nous renseigner sur les régimes climatiques passés de notre planète. […] Dans le pire des cas, le réchauffement climatique pourrait être à l’origine d’une libération de nouveaux agents pathogènes dans notre environnement».

Une telle remarque doit être prise très au sérieux. En 2016 en Sibérie, un enfant de 12 ans est mort après avoir contracté l’anthrax, également connu sous le nom de maladie du charbon. Cette maladie n’avait plus été signalée depuis 1941. Le jeune garçon aurait été contaminé après avoir mangé de la viande de renne, infectée par l’absorption de végétaux contaminés suite à la fonte du permafrost.

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In recent weeks, several articles were published in the French press alerting to the appearance of new viruses with the melting of the glaciers, with the risk of new pandemics. It is time for our journalists to wake up because the international press has been warning about this for a long time. I have also devoted several post on this blog to the health consequences of the melting of glaciers and the thawing of permafrost in the Arctic.
One can read on the BFMTV website that « for the time being, research has not yet revealed how many viruses have been identified, nor how many of them are unknown to science. » There are certainly gray areas, but the presence of virus that could be potentially dangerous to humans is almost certain.

In a note written on February 23rd, 2021, I insisted on the thawing of the Arctic permafrost because it has been shown that viruses and other microbes previously frozen could resurface.
Thus, the Spanish Flu virus remained present in corpses buried in Svalbard in 1918. The story is rather chilling :

In September 1918, seven young Norwegian fishermen and farmers embarked for Spitsbergen where they planned to make some money in the coal mines. On board the boat that took them to their destination, they contracted the Spanish fFu virus which killed more than 20 million people during the same year. They died after a few days and were hastily buried in the small cemetery of Longyearbyen.
In August 1997, taking a lot of precautions, a scientific team exhumed the bodies and took samples of tissues from the lungs, the brain and the kidneys. The organs were relatively well preserved, which means that the terrible virus was too! The tissue samples collected were sent to four laboratories in the United States, Canada, England and Norway. Some virologists criticized this operation, which could prove to be dangerous. The virus should not escape into the corridors of a laboratory!
Lab work has revealed that the virus responsible for the Spanish Flu was born from the combination of a human strain (H1), originating from the seasonal flu H1N8, circulating between 1900 and 1917, with avian genes of the N1 type. Thus was born, in 1917 or 1918, a strain H1N1, a distant ancestor of the variant which made the world tremble in 2009, and
10,000 times more virulent. The first wave of Spanish Flu, in the spring of 1918, was not very deadly. The second wave, the following autumnl, due to a probable transfer, proved to be much more aggressive, in particular, among young adults aged 25 to 29.

A team of American and Chinese researchers published on January 7th, 2020 a study warning about the consequences of global warming. While drilling the Himalayan glaciers over the past 5 years, these scientists extracted two ice cores which allowed them to uncover no less than 33 viruses of which only 5 were known to the scientific world.
According to the scientists’ reports, « the microbes differed considerably across the two ice cores, presumably representing very different climatic conditions at the time of deposition. » Indeed, even though the ice cores both come from the oldest glacier on earth, Guliya in Tibet, they were collected at two different times, in 1992 and 2005. It was therefore necessary to scrape nearly 1.5 cm in order to reach the layer of ice not contaminated by today’s bacteria.
The researchers explain that “in the best of cases, the melting of the ice will make us lose precious microbial and viral data that could tell us about the past climates of our planet. […] In the worst case, global warming could release of new pathogens into our environment. ”

Such a remark must be taken very seriously. As I mention in my conference, in 2016 in Siberia, a 12 year old boy died after contracting anthrax. This disease had not been reported since 1941. The young boy was infected after eating reindeer meat, infected by the absorption of contaminated plants following the melting of permafrost.

Glacier du Rhône dans le Valais (Photo: C. Grandpey)

Attention aux fausses informations! // Beware of fake news!

La calotte glaciaire du Groenland continue de fondre et il faut se méfier de certains médias qui affirment que la calotte glaciaire du Groenland est en train de se rétablir et que la fonte était due à un « réchauffement naturel ». Cet article véhiculant des informations erronées a été publié sur le site The Daily Skeptic il y a quelques semaines, mais tout est faux. La calotte glaciaire du Groenland continue de perdre de la glace. Tous les chercheurs s’accordent à dire que ce processus est provoqué par le réchauffement climatique, lui-même causé par les émissions de gaz à effet de serre. Selon la NOAA, la calotte glaciaire du Groenland a perdu de la masse chaque année depuis 1998, exposant des terres auparavant couvertes et contribuant à l’élévation du niveau de la mer. La NASA ajoute que ces pertes se sont élevées en moyenne à environ 273 milliards de tonnes de glace par an depuis 2002.
Ce document accéléré montre la fonte de la calotte glaciaire du Groenland entre 2002 et 2020 :
https://youtu.be/sK4qz-h8o1M

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The Greenland ice sheet keeps melting and one should not take into account some media claims that the Greenland ice sheet is recovering and that previous melting was caused by « natural warming. » This fake news article was published on the website The Daily Sceptic a few weeks ago, but it’s all wrong. The ice sheet continues to lose ice. All researchers agree that this process is driven by warming caused by greenhouse gas emissions. According to NOAA, the Greenland ice sheet has lost mass every year since 1998, exposing previously covered land and contributing to global sea level rise. NASA adds that these losses have averaged around 273 billion tons of ice per year since 2002.

This timelapse document shows the melting of the Greenland ice sheet between 2002 and 2020:

https://youtu.be/sK4qz-h8o1M

Photo: C. Grandpey

Réchauffement climatique : le Mississippi au plus bas // Global warming : the Mississippi River at its lowest

On a l’habitude de dire en France que ce qui se passe aux États-Unis arrivera bientôt chez nous. S’agissant du réchauffement climatique et des problèmes qui l’accompagnent, il faut espérer que ce ne sera pas le cas! Avec la chaleur accablante et le manque de précipitations, la moitié ouest des États-Unis fait face à une grave sécheresse depuis plusieurs mois.
En raison des températures élevées, du manque de neige dans les montagnes et du manque de pluie plus en aval, les eaux du Mississippi ont chuté à des niveaux historiquement bas, avec à la clé une crise de la navigation fluviale et de l’industrie au cœur même des États-Unis.
Le Mississippi est une voie de navigation majeure, aussi bien pour le commerce que pour le tourisme. En provenance du nord du Minnesota où il prend sa source, le fleuve circule à travers les plaines du Midwest et se jette dans le Golfe du Mexique après avoir traversé la Louisiane, alimenté par de nombreux affluents à l’est et à l’ouest. Tout le commerce repose sur les eaux profondes du fleuve qui peuvent accueillir de gros navires transportant des marchandises telles que du soja, des engrais et du pétrole, ou des passagers à bord de navires de croisière.
Au cours du mois de septembre 2022, l’eau a tellement baissé que les navires se sont retrouvés coincés dans la boue et sur les bancs de sable au fond du fleuve. [NDLR : Il faut savoir que la navigation est parfois très délicate sur le Mississippi, comme l’a fort bien expliqué Samuel Langhorne Clemens, alias Mark Twain dont le pseudonyme est étroitement lié à l’histoire du fleuve.]
L’eau a tellement baissé qu’elle a révélé des restes humains et une épave vieille de 200 ans le long des berges. Dans le Missouri, les gens traversent à gué le lit du fleuve jusqu’à une île qui n’est normalement accessible que par bateau.
Sur la côte de la Louisiane, le fleuve est si bas que l’eau du Golfe du Mexique a commencé à remonter vers l’amont. On est en train de construire en toute hâte une digue sous-marine de 450 mètres de large pour empêcher l’eau salée de remonter plus en amont dans le fleuve où elle pourrait contaminer l’eau potable.
Il y a quelques mois à peine, le bassin du Mississippi était en proie aux inondations. Au cours de l’été écoulé, des précipitations jamais vues auparavant ont provoqué des inondations soudaines et des débordements de rivières dans le Kentucky, à St. Louis (Missouri), dans certaines parties de l’Illinois et à Jackson (Mississippi). Malgré ces précipitations sporadiques extrêmes, le Midwest des Etats Unis connaît aujourd’hui une sécheresse anormale. La vallée de la rivière Ohio et la partie nord du Mississippi ne reçoivent pas assez de pluie pour alimenter suffisamment le fleuve.
De la source à l’embouchure, les eaux du Mississippi ont chuté à des niveaux proches du record établi en 1988. À Memphis (Tennessee), l’eau est descendue en dessous de ce record le 17 octobre 2022, et il n’y a pas de pluie en vue.
Les scientifiques expliquent que le réchauffement climatique est responsable de cette situation. Les conditions extrêmes de sécheresse et les inondations de cette année sont conformes aux prévisions : la hausse des températures sur Terre entraîne une plus grande variabilité météorologique dans le centre des États-Unis, avec aussi bien des sécheresses intenses que des précipitations ponctuelles et abondantes. Le réchauffement climatique, provoqué par tous les gaz à effet de serre que les humains ont rejetés dans l’atmosphère, modifie le cycle de l’eau sur la planète. La hausse des températures augmente l’évaporation et modifie les courants atmosphériques et océaniques qui distribuent l’humidité à travers le monde.
La sécheresse le long du Mississippi est si intense qu’elle a mis au jour une épave vieille de plusieurs siècles. Début octobre, le faible niveau d’eau a révélé un ancien navire qui avait coulé à Baton Rouge, en Louisiane. Les archéologues pensent qu’il pourrait s’agir du Brookhill Ferry qui a coulé lors d’une tempête en 1915. C’est la première fois que le navire est entièrement exposé, mais de petites parties avaient déjà émergé des basses eaux dans les années 1990.
La baisse des eaux a également conduit à une découverte plus macabre. Le 15 octobre 2022, une femme du Mississippi a trouvé des restes humains alors qu’elle cherchait des galets avec sa famille. Ces restes sont les derniers d’une série qui a fait surface à la suite de la baisse des eaux. Comme je l’ai indiqué précédemment, plusieurs autres restes humains ont aussi été découverts dans le lac Mead (Nevada) qui connaît un niveau historiquement bas à cause de la sécheresse. En fin de compte, le faible niveau des rivières dans l’ouest de l’Amérique pourrait être une bonne nouvelle pour les médecins légistes chargés d’identifier des personnes disparues!
Adapté d’un article de Business Insider.

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It is current practise in France to say that what is happening in the U.S. will soon arrive in our country. Here is what’s happening in Western U.S. which has been facing a severe drought for several months. Climate change and global warming are the real cause of the situation.

Because of the high temperatures, the lack of snow in the mountains and the lack of rain further downstream, the waters of the Mississippi River have fallen to historic lows, driving a shipping and industry crisis in the heart of the US.

The Mississippi is a major channel for shipping and tourism, running from northern Minnesota down through the Midwest plains and emptying through Louisiana, with numerous tributaries stretching east and west. All that boat-based commerce relies on the river’s deep waters, which can accommodate large vessels carrying cargo like soybeans, fertilizer and oil, or cruise-line passengers.

For the past month, though, the water has dwindled so low that ships are getting stuck in the mud and sandbars at the river bottom.

The water receded so much that it revealed human remains and a 200-year-old shipwreck along the river’s new banks. In Missouri, people are walking across the dry, exposed riverbed to an island that’s normally only accessible by boat.

On the Louisiana coast, the river is so low that ocean water from the Gulf of Mexico began pushing upstream. There is a race to build a 450-meter-wide underwater levee to prevent saltwater from creeping further up the river, where it could contaminate drinking water.

Just a few months ago, the Mississippi River basin was flooding. This summer, historic rainfall caused flash flooding and overflowing rivers in Kentucky, St. Louis, Missouri, parts of Illinois, and Jackson, Mississippi. Despite these extreme sporadic rainfall events, the Midwest is in an abnormal drought. The Ohio River Valley and the Upper Mississippi are not getting enough rain to feed the giant river.

Up and down the Mississippi, waters have dropped to levels approaching the record low set in 1988. In Memphis, Tennessee, the waters plunged below that record on October 17th, 2022. And there is no rain in sight.

Scientists say that climate change is the culprit. This year’s extreme conditions of both drought and floods is consistent with what scientists have been predicting and observing: Rising global temperatures are driving more weather variability in the central US, fueling both more severe droughts and one-off rainfall events. Climate change, driven by all the greenhouse gasses that humans have released into the atmosphere, is changing the planet’s water cycle. Rising temperatures are increasing water evaporation and changing the atmospheric and ocean currents that distribute moisture across the globe.

The severe drought along the river is so intense that it uncovered a centuries-old shipwreck. In early October, low water levels revealed the old sunken ship along the banks of the Mississippi River in Baton Rouge, Louisiana. Archaeologists believe these remains may be from the Brookhill Ferry that sunk in a storm in 1915. Though this is the first time the ship has been fully exposed, it’s not a new discovery. Small parts of the vessel emerged from low waters in the 1990s.

The river’s receding waters also led to a more gruesome discovery. On October 15th, 2022 a Mississippi woman found human remains while searching for rocks with her family on the dry banks of the river. They are the latest in a bevy of discoveries to surface from receding waters. Over the summer, multiple set of remains were found in Nevada’s Lake Mead, which fell to historically low levels amid the severe drought. IUn the end, the rivers’ low level in western America could be good news news for experts tasked with solving missing persons cases.

Adapted from an article in Business Insider.

 Carte montrant le niveau de sécheresse aux Etats Unis à la mi-octobre

 

Photos: C. Grandpey

Réchauffement climatique: ouragans, tempêtes et érosion littorale // Global warming: hurricanes, storms and coastal erosion

Dans ma note sur les conséquences de l’ouragan Ian sur l’érosion côtière en Floride (2 octobre 2022), j’expliquais que les dégâts peuvent être énormes lorsque les tempêtes surviennent lors des grandes marées.
Le National Hurricane Center indique aujourd’hui que l’onde de tempête provoquée par l’ouragan Ian dans le Golfe du Mexique a atteint une hauteur de 4,50 mètres à Fort Myers Beach au moment où l’ouragan a touché terre.
Le niveau maximum de 4,50 mètres à Fort Myers Beach place Ian parmi les ondes de tempête les plus puissantes de l’histoire, mais bien en dessous de certaines tempêtes légendaires à avoir frappé la côte nord du Golfe du Mexique.
Une telle onde de tempête explique en partie pourquoi autant de décès – au moins 30 sur plus de 50 signalés dans le Lee County – ont été attribués à la noyade. Les sauveteurs ont trouvé des victimes sous l’eau, sur la plage et même dans un arbre, emportées là par la force de l’onde de tempête au cours de son déplacement vers l’intérieur des terres. On a mesuré un niveau d’eau de 4,65 mètres dans une maison de Fort Myers Beach. Des relevés similaires ont été effectuées à la suite des ondes de tempête provoquées par l’ouragan Michael à Mexico Beach (Floride) en 2018, et l’ouragan Laura à Cameron Parish (Louisiane) en 2020. Les dégâts causés par Ian en Floride sont semblables à ceux de la Louisiane, mais sur une zone beaucoup plus grande, et beaucoup plus de structures ont été endommagées.
Au deuxième étage d’une copropriété de Fort Myers, la force de l’onde de tempête et des vagues a poussé le contenu d’un appartement à travers les murs, puis à travers un couloir, avant d’atterrir sur un autre balcon du deuxième étage. Certains habitants ont tenté de fuir en voyant l’onde de tempête qui montait et ils ont péri dans leurs véhicules. On parle aussi de survivants qui ont abandonné leurs maisons et se sont enfuis vers des endroits plus élevés avec des voisins, ou ont été secourus à la dernière minute.
À titre de comparaison, en 2005, l’onde de tempête provoquée par l’ouragan Katrina a atteint 7,50 m à 8,50 m le long de la côte du Golfe du Mexique à Bay St. Louis. Les habitants ont été très surpris par la hauteur de l’eau car ils pensaient qu’aucune tempête ne dépasserait en puissance l’ouragan Camille de 1969; il a généré une onde de tempête de 7,40 mètres à Pass Christian, juste à l’est de Bay St. Louis. L’ouragan Charley a fait monter l’eau jusqu’à 1,80 m – 2,10 m sur les îles Sanibel et Estero en août 2004. En 2017, on a signalé un niveau d’eau de 1,80 m – 3,00 m suite à l’ouragan Irma dans une zone non habitée entre Cape Sable et Cape Roma sur la côte sud-ouest de la Floride.
Source : médias d’information américains.

Ne pas oublier qu’avec l’accélération du réchauffement climatique, nos côtes sont de plus à plus exposées aux phénomènes extrêmes. On l’a vu avec la tempête Xynthia en février-mars 2010. Il ne fait guère de doute qu’il y aura d’autres tempêtes du même genre qui viendront s’ajouter aux incendies de forêts et à la destruction par la grêle, comme ce fut le cas au cours de l’été 2022.

Tant que rien ne sera fait par nos gouvernants pour s’attaquer aux causes du réchauffement climatique, il en sera ainsi. Vouloir s’adapter aux nouvelles conditions climatiques sans s’attaquer aux causes ne résoudra pas les problèmes.

Source: médias d’information américains.

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In my post about the consequences of hurricane Ian on coastal erosion in Florida (Octover 2nd, 2022), I explained that the damage can be enormous when the storms occur during the king tides.

The National Hurricane Center indicates today that Ian’s devastating storm surge in the Gulf of Mexico reached 4.50 meters in Fort Myers Beach as the hurricane made landfall.

The 4.50-meter peak high water levels at Fort Myers Beach put Ian among some of the highest storm surges in history, but well below peak water levels reported in some of the most legendary storms on the northern Gulf Coast.

Such high water helps explain in part why so many – at least 30 – of the more than 50 deaths reported in Lee County were attributed to drowning. Rescuers found drowning victims underwater, on the beach and in a tree, swept there by the heaving force of the ocean moving inland. Surveyors measured a water level of 4.65 meters in one home on Fort Myers Beach. Similar surge surveys were performed after Hurricane Michael in Mexico Beach, Florida, in 2018, and Hurricane Laura in Cameron Parish, Louisiana, in 2020. The damage caused by Ian was similar with Louisiana, but it was over a much larger area, so a lot more structures were damaged.

In one second-floor condominium, the force of the storm surge and waves pushed the contents through the walls and into a back hallway and onto a second-floor balcony. Some tried to leave as the storm surge rose and were caught in their vehicles. Other stories have emerged of survivors who abandoned their homes and fled to higher ground with neighbours or were rescued at the last minute.

As a comparison, in 2005, Hurricane Katrina’s storm surge reached 7.50 – 8.50 metres along the Mississippi coast at Bay St. Louis. Residents there were shocked at the height of the water, believing no storm would ever surpass 1969’s Hurricane Camille, which pushed a 7.40-meter storm surge into Pass Christian, just east of Bay St. Louis. In contrast, Hurricane Charley pushed water levels up to 1.80- 2.10 meters on Sanibel and Estero Islands in August 2004. In 2017, Hurricane Irma’s peak water levels were reported at 1.80 – 3.00 meters above ground level in an unpopulated area between Cape Sable and Cape Roma on the Southwest Florida coast.

Source : U.S. news media.

L’ouragan Ian vu depuis l’espace (Crédit photo: NASA)