Exploiter le Groenland ? Pas si facile que ça ! // Exploiting Greenland? Not so easy!

Donald Trump a toujours évoqué la possibilité d’une annexion du Groenland. Il a insisté sur le fait que les États-Unis contrôleraient l’île, actuellement territoire autonome du Danemark, et que si ses propositions étaient rejetées, il pourrait s’emparer du Groenland par la force, ou, comme l’a suggéré le secrétaire d’État Marco Rubio aux membres du Congrès le 6 janvier 2026, il pourrait carrément l’acheter.
Lors d’une audition au Congrès en 2025, l’importance du Groenland pour les États-Unis a été largement débattue. Les sénateurs et les experts ont beaucoup parlé de la position stratégique de l’île et de l’importance de ses ressources naturelles : minéraux critiques, combustibles fossiles et énergie hydroélectrique. Toutefois, personne n’a mentionné les dangers, dont beaucoup sont exacerbés par le réchauffement climatique, auxquels ceux qui convoitent l’île seront inévitablement confrontés. Ils devraient se souvenir que le climat arctique évolue au Groenland plus rapidement que partout ailleurs sur Terre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des dizaines de pilotes militaires américains, désorientés par un épais brouillard et à court de carburant, se sont écrasés sur la calotte glaciaire. Aujourd’hui amplifiés par le réchauffement climatique, les risques naturels rendent l’extraction des ressources et les activités militaires au Groenland incertaines, coûteuses et potentiellement mortelles.
Le littoral groenlandais est sujet aux éboulements. Ce danger provient du fait que la côte est une zone habitée où la roche n’est pas recouverte par la calotte glaciaire. Par endroits, cette roche renferme des minéraux essentiels, comme l’or, ainsi que d’autres métaux rares utilisés dans la technologie, notamment pour les circuits imprimés et les batteries de véhicules électriques. Aujourd’hui, la glace ayant fondu, les parois quasi verticales des vallées ne sont plus soutenues et s’effondrent. En 2017, un pan de montagne du nord-ouest du Groenland s’est effondré de 900 mètres dans les eaux profondes du fjord en contrebas. Quelques instants plus tard, la vague provoquée par cet éboulement a engendré un tsunami qui a submergé les villages de Nuugaatsiaq et d’Illorsuit. L’eau, chargée de blocs de glace, a arraché des maisons de leurs fondations tandis que les habitants et leurs chiens de traîneau fuyaient pour sauver leur vie. À la fin de la catastrophe, on a dénombré quatre morts et les deux villages étaient détruits.

En 2023, un autre glissement de terrain a déclenché un tsunami qui a déferlé pendant neuf jours dans un fjord du Groenland.
Il n’existe aucun réseau routier digne de ce nom au Groenland. Le seul moyen envisageable de transporter du matériel lourd, des minéraux et des combustibles fossiles sera la voie maritime. Les quais, les mines et les bâtiments situés à quelques dizaines de mètres au-dessus du niveau de la mer seront vulnérables aux tsunamis provoqués par les glissements de terrain.
Le réchauffement climatique accélère la fonte des glaces du Groenland. Cette fonte menace les infrastructures de l’île et le mode de vie des populations autochtones, qui, au fil des millénaires, ont adapté leurs systèmes de transport et d’alimentation à la présence de neige et de glace. Des inondations record, alimentées par la fonte de la calotte glaciaire, ont récemment emporté des ponts qui existaient depuis un demi-siècle. Les icebergs du Groenland menacent les plateformes pétrolières. Le réchauffement climatique accélère la marche en avant des glaciers groenlandais, provoquant le vêlage d’un nombre croissant d’icebergs dans l’océan. Certains dérivent vers le Canada, mettant en danger les plateformes pétrolières canadiennes. Des navires sont en faction, prêts à remorquer les icebergs menaçants.
La fonte des glaces du Groenland et l’écoulement de l’eau dans l’océan entraînent une modification du niveau de la mer, parfois contre-intuitif. Au large de l’île, le niveau de la mer s’élève d’environ 2,5 centimètres tous les six ans. Mais près de la calotte glaciaire, c’est la terre ferme qui s’élève. Libérée du poids de la glace, le substrat rocheux sous le Groenland subit un rebond isostatique, un phénomène déjà observé en Islande. Cette élévation du sol est rapide, près de 2 mètres par siècle. Bientôt, de nombreux ports du Groenland pourraient devenir trop peu profonds pour accueillir des navires.

L’histoire montre que par le passé de nombreuses entreprises militaires au Groenland ont échoué faute d’avoir tenu compte du climat rigoureux et de la dynamique de la calotte glaciaire. Les bases américaines construites à l’intérieur de la calotte glaciaire, comme Camp Century, ont rapidement été détruites par la déformation de la neige qui les enveloppait. Les exigences actuelles de Trump, qui souhaite que les États-Unis prennent le contrôle du Groenland pour exploiter ses ressources, pourraient, elles aussi, s’avérer une vision à court terme.
Source : The Conversation.

Entrée de Camp Century (Crédit photo: Wikipedia)

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Donald Trump has always talked about taking over Greenland. He has insisted that the U.S. will control the island, currently an autonomous territory of Denmark, and that if his overtures are rejected he will perhaps seize Greenland by force, or, as Secretary of State Marco Rubio reportedly suggested to members of Congress on January 6, 2026, buy the island.

During a Congress hearing in 2025, there was a lot of talk about Greenland’s importance to the U.S. Senators and experts focused on the island’s strategic value and its natural resources: critical minerals, fossil fuels and hydropower. No one mentioned the hazards, many of them exacerbated by global warming, that those longing to exploit the island will inevitably encounter. They should remember that the Arctic’s climate is changing more rapidly than anywhere on Earth. During World War II, dozens of U.S. military pilots, disoriented by thick fog and running out of fuel, crashed onto the ice sheet. Now amplified by climate change, natural hazards make resource extraction and military endeavors in Greenland uncertain, expensive and potentially deadly.

Greenland’s coastal landscape is prone to rockslides. The hazard arises because the coast is where people live and where rock isn’t hidden under the ice sheet. In some places, that rock contains critical minerals, such as gold, as well as other rare metals used for technology, including for circuit boards and electrical vehicle batteries. The unstable slopes reflect how the ice sheet eroded the deep fjords when it was larger. Now that the ice has melted, nothing buttresses the near-vertical valley walls, and so, they collapse. In 2017, a northwestern Greenland mountainside fell 900 meters into the deep waters of the fjord below. Moments later, the wave that rockfall generated a tsunami that washed over the nearby villages of Nuugaatsiaq and Illorsuit. The water, laden with icebergs and sea ice, ripped homes from their foundations as people and sled dogs ran for their lives. By the time it was over, four people were dead and both villages lay in ruin. In 2023, another rockslide triggered a tsunami that sloshed back and forth for nine days in a Greenland fjord.

There’s no network of paved roads across Greenland. The only feasible way to move heavy equipment, minerals and fossil fuels would be by sea. Docks, mines and buildings within tens of meters of sea level would be vulnerable to rockslide-induced tsunamis.

Global warming is speeding the melting of Greenland’s ice. That melting is threatening the island’s infrastructure and the lifestyles of native people, who over millennia have adapted their transportation and food systems to the presence of snow and ice. Record floods, fed by the melting of the ice sheet, have recently swept away bridges that stood for half a century.

Greenland’s icebergs can threaten oil rigs. As the warming climate speeds the flow of Greenland’s glaciers, they calve more icebergs in the ocean. The problem is worse close to Greenland, but some icebergs drift toward Canada, endangering oil rigs there. Ships stand guard, ready to tow threatening icebergs away.

As Greenland’s ice melts and water flows into the ocean, sea level changes, but in ways that might not be intuitive. Away from the island, sea level is rising about 2.5 centimeters each six years. But close to the ice sheet, it’s the land that’s rising. Gradually freed of the weight of its ice, the rock beneath Greenland , rebounds in a phenomenon called isostatic rebound, already observed in Iceland. That rise is rapid – nearly 2 meters per century. Soon, many harbors in Greenland may become too shallow for ship traffic.

History clearly shows that many past military and colonial endeavors failed in Greenland because they showed little consideration of the island’s harsh climate and dynamic ice sheet. American bases built inside the ice sheet, such as Camp Century, were quickly crushed as the encasing snow deformed. Trump’s demands today for American control of the island to exploit its resources might similarly be shortsighted.

Source : The Conversation.

https://theconversation.com

Antarctique : La triste marche de l’Empereur // Antarctica : The Emperor’s sad march

Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Communications: Earth & Environment révèle que la plus grande espèce de manchots au monde a vu sa population diminuer de 22 % au cours des 15 années de suivi de 16 colonies en Antarctique. Les populations de manchots empereurs en Antarctique ont diminué de près d’un quart car le réchauffement climatique a transformé leur habitat. L’étude alerte sur le fait que ces pertes sont bien plus importantes qu’on ne le pensait.

Crédit photo : Wikipedia

Les scientifiques ont utilisé des satellites pour étudier 16 colonies situées dans la Péninsule Antarctique, la mer de Weddell et la mer de Bellingshausen. Ces 16 colonies représentent près d’un tiers de la population mondiale de manchots empereurs. Les conclusions des scientifiques sont affolantes et beaucoup plus inquiétantes que les estimations les plus pessimistes des populations actuelles qui avaient été établies par modélisation informatique. Les chercheurs savaient que le réchauffement climatique était à l’origine de ces pertes, mais la rapidité du déclin est particulièrement préoccupante.
L’étude explique que le nombre de manchots a diminué de 22 % entre 2020 et 2024 dans les colonies observées. Ce chiffre est à comparer avec une estimation précédente faisant état d’une réduction de 9,5 % sur l’ensemble de l’Antarctique entre 2009 et 2018.
La hausse des températures amincit et déstabilise la glace sous les pattes des manchots dans leurs zones de reproduction. Ces dernières années, certaines colonies ont perdu tous leurs poussins car la glace avait cédé sous leur poids, précipitant les nouveau-nés dans la mer avant qu’ils soient assez âgés pour survivre à l’eau glacée de l’océan.
La nouvelle étude montre que le nombre de manchots est en déclin depuis le début des observations en 2009. Et ce, avant même que le réchauffement climatique ait un impact majeur sur la banquise, qui se forme le long des côtes de la région. Le réchauffement climatique reste toutefois le principal responsable de la réduction de la population de manchots, sans oublier d’autres défis tels que l’augmentation des précipitations ou la prolifération des prédateurs.
L’un des auteurs de l’étude a déclaré que les manchots empereurs constituent probablement l’exemple le plus flagrant des effets concrets du réchauffement climatique. En effet, il n’y a ni pêche ni destruction de leur habitat. Ce n’est pas, non plus, la pollution qui est à l’origine du déclin de leurs populations. C’est uniquement la température de la banquise sur laquelle ils se reproduisent et vivent qui est en cause, et c’est un signe évident du réchauffement climatique.
Selon une étude de 2020, la population de manchots empereurs compte environ 250 000 couples reproducteurs, tous situés en Antarctique. À sa naissance, le poussin manchot empereur sort d’un œuf maintenu au chaud pendant l’hiver par le mâle, tandis que la femelle part pour une expédition de pêche de deux mois. À son retour à la colonie, elle nourrit le petit par régurgitation, puis les deux parents se relaient pour se nourrir. Pour être capables de survivre seuls, les poussins doivent développer un plumage imperméable, processus qui commence généralement à la mi-décembre. La nouvelle étude a utilisé des images satellites à haute résolution prises durant les mois d’octobre et de novembre, avant que la région soit plongée dans l’obscurité hivernale.
Les prochaines études pourraient utiliser d’autres types de surveillance satellitaire, comme l’imagerie radar ou thermique, pour étudier les populations durant les mois les plus sombres, et étendre les observations aux autres colonies. Il est en effet nécessaire d’étudier le reste de la population pour vérifier si ce résultat inquiétant se généralise sur le continent. Il faut néanmoins noter que les colonies étudiées sont considérées comme représentatives de l’espèce. Les scientifiques pensent que les manchots sont susceptibles de migrer plus au sud, vers des régions plus froides dans les prochaines années, mais on ignore combien de temps ils pourront y survivre.
Selon certains modèles informatiques, l’espèce sera au bord de l’extinction d’ici la fin du siècle si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Source: Le Monde via l’AFP.

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Une catastrophe majeure s’est produite en 2025 lorsqu’un immense iceberg a bloqué l’accès à la plus grande colonie de manchots empereurs connue au monde.
L’île Coulman, dans la mer de Ross en Antarctique, abrite l’une des plus importantes colonies de manchots empereurs au monde. Un iceberg de plus de 13 km de long s’est détaché de la plateforme glaciaire de Nansen au début du printemps 2025 et a dérivé lentement vers le nord. Fin juillet, il s’est immobilisé sur le passage emprunté par les manchots adultes pour rejoindre leurs zones de reproduction depuis le large.
C’était le pire moment pour les manchots. En juin, les femelles avaient pondu leurs œufs et étaient parties chasser en mer, laissant les mâles s’occuper des nids durant le rude hiver antarctique. Lorsque les mères ont tenté de revenir quelques semaines plus tard, l’iceberg avait bloqué leur passage. Résultat : environ 70 % des poussins n’ont pas survécu.

Source: Presse australienne.

La Marche de l’Empereur : le très beau documentaire de Luc Jacquet pourrait bien devenir le témoignage d’une époque révolue…

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New research published in the journal Nature Communications: Earth & Environment shows that the world’s largest penguin species declined 22% in the 15 years that scientists monitored 16 colonies in Antarctica.

Emperor penguin populations in Antarctica have shrunk by almost a quarter as global warming transforms their icy habitat. The study warns that the losses are far worse than previously imagined.

Scientists used satellites to assess 16 colonies in the Antarctic Peninsula, Weddell Sea and Bellingshausen Sea, representing nearly a third of the global emperor penguin population. What they found was probably about 50% worse than even the most pessimistic estimate of current populations using computer modeling. Researchers know that global warming is driving the losses but the speed of the decline is a particular cause for alarm.

The study explains that numbers declined 22% in the 15 years to 2024 for the colonies monitored. This compares with an earlier estimate of a 9.5% reduction across Antarctica as a whole between 2009 and 2018.

Rising temperatures are thinning and destabilizing the ice under the penguins’ feet in their breeding grounds. In recent years, some colonies have lost all their chicks because the ice has given way beneath them, plunging hatchlings into the sea before they were old enough to cope with the freezing ocean.

The new research suggests penguin numbers have been declining since the monitoring began in 2009. That is even before global warming was having a major impact on the sea ice, which forms over open water adjacent to land in the region. However, the culprit is still likely to be global warming, with other challenges for the penguins, such as higher rainfall or increasing encroachment from predators.

One of the authors of the study said that emperor penguins are probably the most clear-cut example of where global warming is really showing its effect. There’s no fishing. There’s no habitat destruction. There’s no pollution which is causing their populations to decline. It’s just the temperatures in the ice on which they breed and live, and these are obvious signs of global warming.

Emperor penguins number about a 250,000 breeding pairs, all in Antarctica, according to a 2020 study. A baby emperor penguin emerges from an egg kept warm in winter by a male, while the female in a breeding pair embarks on a two-month fishing expedition. When she returns to the colony, she feeds the hatchling by regurgitating and then both parents take turns to forage.To survive on their own, chicks must develop waterproof feathers, a process that typically starts in mid-December. The new research uses high resolution satellite imagery during the months of October and November, before the region is plunged into winter darkness.

Future research could use other types of satellite monitoring, like radar or thermal imaging, to capture populations in the darker months, as well as expand to the other colonies. It is necessary to look at the rest of the population to see if this worrying result transfers around the continent, although the colonies studied were considered representative. Scientists say there is hope that the penguins may go further south to colder regions in the future, but it is not clear how long they are going to last out there.

Computer models have projected that the species will be near extinction by the end of the century if humans do not reduce greenhouse gas emissions.

Source : Le Monde through AFP.

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A catastrophic breeding failure unfolded in 2025 after a massive iceberg blocked access to the largest known emperor penguin colony of its kind.

Coulman Island, located in Antarctica’s Ross Sea, hosts one of the world’s most significant emperor penguin colonies. An iceberg more than 13 km long broke off from the Nansen Ice Shelf in early spring 2025 and slowly drifted north. By late July, it had wedged itself directly in the path adult penguins rely on to travel from open water to their breeding grounds.

The timing couldn’t have been worse. By June, female emperor penguins had laid their eggs and gone to sea to hunt, leaving the males to tend the nests through the harsh Antarctic winter. When the mothers tried to return weeks later, the iceberg blocked the path and roughly 70% of the chicks didn’t survive.

Source: Australian news media.

2025 : La glace de mer toujours trop réduite en Arctique et Antarctique // 2025 : Sea ice extent still too low in Arctic and Antarctic

L’étendue de la banquise (ou glace de mer) arctique semble avoir atteint son maximum annuel le 22 mars 2025. Il s’agit du maximum le plus faible enregistré en 47 ans de relevés satellitaires. Les précédents minimums ont été observés en 2017, 2018, 2016 et 2015.
Le 22 mars, la banquise arctique a atteint son étendue maximale avec 14,33 millions de kilomètres carrés. Cette étendue maximale est inférieure de 1,31 million de kilomètres carrés à la moyenne maximale de 15,64 millions de kilomètres carrés observée entre 1981 et 2010, et inférieure de 80 000 kilomètres carrés au précédent maximum le plus faible, enregistré le 7 mars 2017.
Le maximum de cette année a été atteint 10 jours plus tard que la date moyenne du 12 mars pour la période 1981-2010.
La faible étendue de banquise a persisté sur la majeure partie de l’Arctique durant l’hiver 2024-2025. Notamment, le golfe du Saint-Laurent est resté pratiquement libre de glace et la mer d’Okhotsk a connu une étendue de banquise nettement inférieure à la moyenne. Seule la mer du Groenland oriental a affiché une étendue proche de la moyenne durant l’hiver. L’étendue de la banquise dans la mer de Béring est restée faible pendant une grande partie de la saison ; toutefois, la croissance observée entre fin février et fin mars a permis de rapprocher la région des conditions moyennes et a été le principal facteur contribuant à l’augmentation de la banquise arctique en mars. La température a été de 1 à 2 degrés Celsius supérieure à la moyenne dans l’Arctique et les mers environnantes, ce qui a forcément ralenti le rythme de croissance de la glace.
Il convient également de noter que la banquise arctique a atteint son minimum annuel le 10 septembre 2025, se classant au 10ème rang des plus faibles étendues jamais enregistrées par satellite. Avec 1,6 million de km², le minimum de 2025 partage cette place avec ceux de 2008 et 2010. Le NSIDC souligne que les 19 plus faibles étendues de banquise jamais enregistrées se sont toutes produites au cours des 19 dernières années.
Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

 

Étendue de la banquise arctique le 22 mars 2025. La ligne orange représente l’étendue moyenne pour cette date entre 1981 et 2010. (Source : NSIDC)

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Les données du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) montrent que la banquise antarctique a atteint son maximum hivernal de 17,81 millions de kilomètres carrés le 17 septembre 2025. Cela représente 900 000 km² de moins que l’étendue maximale moyenne de la période 1981-2010. Cette période représente la référence historique par rapport à laquelle l’étendue de la banquise est généralement comparée. Le minimum du 17 septembre représente la troisième plus faible étendue jamais enregistrée par satellite et cela marque la troisième année consécutive de forte diminution de la banquise antarctique. 2025 rejoint 2023 et 2024 parmi les trois plus faibles étendues maximales jamais enregistrées. L’étendue de la glace est inférieure de 900 000 km² à la moyenne de 1981-2010. D’après un expert, « l’allongement progressif du minimum de la banquise antarctique suscite de vives inquiétudes quant à la stabilité et à la fonte de la calotte glaciaire ». En effet, on sait que la banquise antarctique sert de rempart aux glaciers de l’Ouest antarctique. Si elle venait à disparaître, des glaciers comme le Thwaites viendraient finir leur course dans l’océan dont ils feraient s’élever le niveau.
La carte ci-dessous illustre l’étendue maximale de la banquise antarctique le 17 septembre 2025, jour où elle a atteint son maximum annuel. La ligne jaune représente la moyenne de la période 1981-2010.
Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

Étendue de la banquise antarctique le 17 septembre. La limite moyenne de la banquise pour la période 1981-2010 est représentée en jaune. (Source : NSIDC)

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En février 2025, la combinaison d’une étendue de banquise arctique record pour la saison et d’une étendue antarctique bien inférieure à la moyenne à son minimum annuel a entraîné la plus faible couverture de glace de mer dans le monde pour un mois donné depuis le début des observations satellitaires à la fin des années 1970.

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Arctic sea ice extent appears to have reached its annual maximum on March 22, 2025. This is the lowest maximum in the 47-year satellite record, with previous low maximums occurring in 2017, 2018, 2016, and 2015.

On March 22, Arctic sea ice reached its maximum extent for the year, at 14.33 million square kilometers. This year’s maximum extent is 1.31 million square kilometers below the 1981 to 2010 average maximum of 15.64 million square kilometers and 80,000 square kilometers below the previous lowest maximum that occurred on March 7, 2017.

This year’s maximum occurred 10 days later than the 1981 to 2010 average date of March 12.

Low sea ice extent persisted around most of the Arctic during the 2024 to 2025 winter season. Notably, the Gulf of St. Lawrence remained virtually ice free and the Sea Okhotsk had substantially lower sea ice extent than average. Only the East Greenland Sea had near-average extent through the winter. The Bering Sea ice extent was low for much of the season, but growth from late February through late March brought the region closer to average conditions and was the primary contributor to the increase of total Arctic sea ice during March. Temperatures were 1 to 2 degrees Celsius above average in the Arctic and the surrounding seas, which likely slowed the rate of ice growth.

It should also be noted that Arctic sea ice reached its annual minimum on 10 September 2025, ranking as the joint-10th lowest in the satellite record. At 1.6 million km2, the 2025 minimum shares the spot with 2008 and 2010. The NSIDC notes that all 19 of the lowest sea ice extents in the record have occurred in the past 19 years.

Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

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Data from the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) shows that Antarctic sea ice reached a winter maximum of 17.81million square kilometres on 17 September 2025. This is 900,000 km2 below the 1981-2010 average maximum extent, the historical baseline against which more recent sea ice extent is typically compared. This is the 3rd lowest extent in the satellite record and marks the 3rd consecutive year of severely depleted Antarctic sea ice.  2025 joins 2023 and 2024 as the three lowest maximum extents ever recorded. The ice extent is 900,000 square kilometers below the 1981-2010 average. According to one expert, the “lengthening trend of lower Antarctic sea ice poses real concerns regarding stability and melting of the ice sheet”. Indeed, we know that the Antarctic sea ice acts as a barrier to the glaciers of West Antarctica. If it were to disappear, glaciers like the Thwaites would eventually flow into the ocean, causing sea levels to rise.

The map above shows Antarctic sea ice on the day of its maximum extent for the year on 17 September 2025, where the yellow line shows the 1981-2010 average.

Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

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In February 2025, the combination of record-low Arctic sea ice extent for the time of year and much-below-average Antarctic extent at its annual minimum resulted in the lowest global sea ice cover for any month since the beginning of satellite observations in the late 1970s.

Météo et climat, ne pas confondre ! // Weather and climate, don’t make a confusion !

L’épisode de froid que vient de connaître une partie de la France a inévitablement incité à certains à dire que le réchauffement climatique n’existait pas, qu’il fait froid en hiver et que c’est normal.

C’est aller un peu vite en besogne car un épisode hivernal de quelques jours ne signifie pas que la tendance globale au réchauffement s’est inversée. Il s’agit en réalité d’un épisode notable dans un hiver plutôt doux. Sur les 46 vagues de froid que la France a connues depuis 1947, seules 10 se sont produites au 21ème siècle. Météo France fait remarquer que l’on n’avait pas atteint une minimale à -4°C les 4 et 5 janvier 2026 depuis février 2012, ni vu une température négative en moyenne sur le pays pendant trois jours consécutifs depuis février 2018. Les épisodes de froid deviennent moins intenses, moins fréquents, moins longs et la période qui leur est favorable est raccourcie.

Le graphique ci-dessous représente toutes les vagues de froid observées en France hexagonale depuis le milieu du siècle dernier, et l’épisode de début janvier 2026 ne remplit pas les critères pour y figurer. Sur 46 événements relevés, seulement dix se sont produits depuis 2000, et ils sont bien plus courts que ceux du siècle passé. Ils sont aussi plus chauds.

Au fil des années, les vagues de froid sont donc de plus en plus rares. Selon les climatologues, il est très improbable que nous revivions des épisodes comme ceux de 1956, 1963, 1985 ou encore de 1987.

Source : Météo France, Centre national de recherches météorologiques.

Source: Météo France

Dans quelques jours, les agences climatiques vont nous apprendre que 2025 a été la 2ème ou 3ème année la plus chaude des dernières décennies. Il ne fait aucun doute que le réchauffement climatique est bien une réalité et pas un canular à la mode Trump.

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The recent cold snap in parts of France has inevitably led some to claim that global warming doesn’t exist, that it’s cold in winter, and that it’s normal.
This is jumping to conclusions, as a few days of winter weather doesn’t mean the overall warming trend has reversed. Actually it was a significant cold snap in an otherwise mild winter. Of the 46 cold spells France has experienced since 1947, only 10 have occurred in the 21st century. Météo France points out that the minimum temperature hadn’t reached -4°C on January 4th and 5th, 2026, since February 2012, nor had there been an average negative temperature across the country for three consecutive days since February 2018. Cold spells are becoming less intense, less frequent, shorter, and the period during which they occur is shrinking.
The graph above represents all the cold waves observed in mainland France since the middle of the last century, and the episode at the beginning of January 2026 does not meet the criteria for inclusion. Of the 46 events recorded, only ten have occurred since 2000, and they are much shorter than those of the last century. They are also warmer.
Over the years, cold waves have therefore become increasingly rare. According to climatologists, it is very unlikely that we will experience episodes like those of 1956, 1963, 1985, or 1987.
Source: Météo France, National Center for Meteorological Research.

In a few days, climate agencies will tell us that 2025 was the second or third warmest year in recent decades. There is no doubt that global warming is a reality and not a Trump-style hoax.