La Russie et la Chine lorgnent l’Antarctique // Russia and China have an eye on Antarctica

Rosgeologia est la plus grande société d’exploration de Russie en termes d’empreinte géographique. Les levés sismiques effectués par cette société entre les années 1970 et aujourd’hui révèlent qu’il y a une réserve d’au moins 513 milliards de barils d’équivalent pétrole et gaz en Antarctique. Moscou envisage sérieusement de mettre le pied sur ce continent qui est resté jusqu’à présent à l’abri de toutes les convoitises. Cela n’est guère surprenant au vu de la politique énergétique agressive menée par la Russie qui se prépare à faire en Antarctique ce qu’elle a déjà fait dans l’Arctique.
Rosgeologia a entrepris de nouveaux levés sismiques à grande échelle dans la mer de Riiser-Larsen, au large des côtes de la Terre de la Reine Maud au début de l’année 2020. De plus, la société a déclaré sans équivoque qu’elle avait effectué ces levés sur 4 400 kilomètres – les premiers levés sismiques effectués dans la région par la Russie depuis la fin des années 1990 – dans le but explicite d ‘«évaluer le potentiel pétrolier et gazier offshore à l’aide des dernières technologies».
Certaines personnes sont assez naïves pour croire que de tels projets ne se concrétiseront pas dans les prochaines années. C’est oublier comment la Russie s’est imposée en Crimée ou en Géorgie, ou a unilatéralement réussi à modifier le statut de la Mer Caspienne  afin d’empêcher l’Iran de tirer des milliers de milliards de dollars de revenus.

Ces mêmes personnes font référence au Traité sur l’Antarctique. Ce Traité, signé en 1959 par 53 pays, est censé protéger les ressources minérales de l’Antarctique, y compris les sites potentiels d’extraction du pétrole et du gaz. Selon le Traité, les sept pays ayant une revendication territoriale particulière en Antarctique – Argentine, Australie, Chili, France, Nouvelle-Zélande, Norvège, Royaume-Uni (mais pas la Russie !) – se limitent à des recherches scientifiques non militaires dans la région. La Russie (et les États-Unis) ont néanmoins installé des bases de recherche dans les zones revendiquées par les autres pays (la Russie dépend de la Norvège). On peut toutefois faire remarquer qu’un certain nombre de ces pays ont très probablement effectué des études clandestines afin de déterminer quelles quantités de ressources essentielles – telles que le pétrole et le gaz – se trouvaient dans leur part du gâteau, mais aucun d’entre eux, en dehors de la Russie, n’a jamais déclaré ouvertement qu’il recherchait des gisements de pétrole et de gaz pour une exploitation future. En théorie, l’interdiction de l’activité minière en Antarctique ne sera renouvelée qu’en 2048. Cependant, compte tenu des découvertes de la société Rosgeologia, la Russie peut décider d’avancer unilatéralement cette date!

Selon les levés sismiques de Rosgeologia et d’autres études connexes effectuées depuis les années 1970, il y a au moins 513 milliards de barils d’équivalent pétrole et gaz en Antarctique, bien que la société n’ait pas précisé si ce chiffre se rapporte à l’ensemble de la région ou seulement à la zone qu’elle a étudiée jusqu’à présent. Cependant, il y a de bonnes raisons de croire qu’il existe d’énormes réserves de pétrole et de gaz non seulement dans la région que Rosgeologia a explorée début 2020, mais aussi dans l’ensemble de l’Antarctique.

Il y a bien sûr une grande différence entre les ressources potentiellement exploitables et leur exploitation réelle car l’environnement de l’Antarctique est particulièrement hostile, mais cela n’a jamais vraiment posé de problème à la Russie jusqu’à présent. Ces ressources pourraient comprendre l’or, l’argent, les diamants, le cuivre, le titane, l’uranium, etc. Il faudrait garder à l’esprit que la Russie a réussi à explorer l’Arctique, y compris en plantant son drapeau sur le plancher océanique en 2009. Depuis cette date, des sociétés pétrolières et gazières russes comme Rosneft, Gazprom Neft et Novatek ont ​​été à l’avant-garde des explorations dans l’Arctique, avec des tas de projets en cours et en vue. La Russie souhaite que le pétrole offshore de l’Arctique représente 20 à 30% de toute sa production d’ici 2050.
A côté de la Russie, il y a la Chine qui se fait de plus en plus pressante en Antarctique. Il s’agit de la suite logique du premier livre blanc de 2018 sur la politique arctique chinoise. Les autorités avaient alors déclaré qu’elles encourageraient les entreprises à construire des infrastructures et à effectuer des voyages commerciaux d’essai ouvrant la voie à des routes de navigation dans l’Arctique, avec en vue une «Route de la Soie Polaire».
Source: Oilprice.com.

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Rosgeologia is the largest exploration company in Russia in terms of its geographic footprint. The company’s seismic surveys between the 1970s and now indicate that there is at least 513 billion barrels of oil and gas equivalent in Antarctica, and Moscow has now set its sights on the world’s most underexplored continent. It should come as little surprise to anyone who knows anything of Moscow’s ruthless energy policy that moves are afoot to do exactly in Antarctica what Russia has already done in the Arctic.

Rosgeologia, undertook a major new seismic survey in the Riiser-Larsen Sea, off the coast of Antarctica’s Queen Maud Land earlier this year. Moreover, Rosgeologia stated unequivocally that it did this 4.400 kilometre survey – the first seismic survey done in the area by Russia since the late 1990s – with the express purpose of “assessing the offshore oil and gas potential of the area using the latest technology”.

According to some people, there are all sorts of reasons why such plans cannot go ahead at least for the next few years. However, these people seem to forget how Russia rolled into Crimea, or Georgia, or unilaterally managed to engineer a change in the status of the Caspian from a lake to a sea in order to swindle Iran out of trillions of dollars of revenue.

These same people refer to the 1959 Antarctic Treaty (signed by 53 separate countries) which supposedly protects the Antarctic’s mineral resources in general, including potential oil and gas sites in particular. According to the Treaty, the seven countries with a specific claim in Antarctica – Argentina, Australia, Chile, France, New Zealand, Norway, the U.K., (not Russia, it should be noted) – are limited to just non-military scientific research in the region. Russia (and the U.S.), have nonetheless constructed research facilities within the areas claimed by these other countries (Russia’s is in Norway’s claim). It is true that a number of these countries have more than likely been conducting clandestine analysis of their claims for the purposes of ascertaining the more valuable resources – such as oil and gas – that lie within their regions but not one of them has ever openly stated that they are looking for oil and gas deposits for future development, aside from Russia. Theoretically, the ban on mineral activity in the Antarctic next comes up for possible renewal only in 2048, however, given what Rosgeologia has found so far, Russia may decide to unilaterally bring this date forward by around 28 years or whatever is most convenient for it.

According to Rosgeologia’s seismic surveys and other related work since the 1970s to now, there is at least 513 billion barrels of oil and gas equivalent in Antarctica, although the company has not clearly stated whether this relates to the entire region or just the area that it has specifically surveyed so far. However, there are good reasons to believe that there are huge oil and gas reserves not just in the area Rosgeologia has tested earlier this year, but across whole  Antarctica.

There is a vast difference, of course, between the total resources in place and the recovery rate from such a challenging environment but that has never stood in Russia’s way before These resources might well include gold, silver, diamonds, copper, titanium, uranium, and so on. Moreover, Russia has been successfully exploring the Arctic, including when it pitched its flag on the seabed under the Arctic in 2009. Since then, blig Russian oil and gas companies like Rosneft, Gazprom Neft and Novatek, have been at the forefront of all Arctic operations, with hundreds of billions of current and potential projects in view. The objective remains for offshore Arctic oil to account for 20-30 per cent of all Russian production by 2050.

Together with Russia,China’s growing presence in the Antarctic play is not surprising either. This is a natural extension to China’s 2018 first official Arctic policy white paper in which it said that it would encourage enterprises to build infrastructure and conduct commercial trial voyages, paving the way for Arctic shipping routes that would form a ‘Polar Silk Road’

Source: Oilprice.com.

Carte des revendications territoriales selon le Traité sur l’Antarctique

COP 26 : Américains et Chinois tiendront-ils leurs promesses? // Will Americans and Chinese keep their promises?

Dans le cadre de la COP 26 qui se tient en ce moment à Glasgow (Ecosse), les États-Unis et la Chine ont signé le 10 novembre 2021 un accord que John Kerry a appelé « une feuille de route pour notre future collaboration » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
John Kerry, envoyé spécial du président Biden pour le climat, et son homologue chinois, Xie Zhenhua, ont fait cette annonce lors d’une conférence de presse, alors que les premiers contacts entre les deux délégations avaient été très froids au début de la COP.

Kerry indique que la déclaration « comprend des déclarations fortes sur l’urgence de la situation climatique, les émissions de gaz à effet de serre, et le besoin urgent d’accélérer les actions pour y remédier ». L’accord engage les deux pays à faire des efforts pour limiter les émissions de méthane et à faire de leur mieux pour réduire progressivement, et aussi vite que possible,le charbon au cours de cette décennie. Cependant, il convient de noter que ni les États-Unis ni la Chine ne se sont engagés, comme l’ont fait 40 autres pays la semaine dernière, à éliminer progressivement le charbon dans les années 2030.
Bien que le président chinois n’ait pas physiquement participé à la COP 26, Kerry a déclaré qu’il avait rencontré régulièrement des représentants de la Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre. Sans la coopération de la Chine, l’objectif d’empêcher les températures de dépasser 1,5 °C de réchauffement par rapport aux niveaux préindustriels est considéré comme presque impossible. Alors que les États-Unis se sont engagés à atteindre un niveau d’émissions zéro net d’ici 2050, la Chine a déclaré qu’elle le ferait d’ici 2060.
John Kerry a déclaré : « L’effort visant à réduire les émissions de 45% au cours de cette décennie est un défi de taille, et il faudra que toutes les nations s’unissent pour y parvenir. Cette déclaration montre qu’il est impératif de coopérer. Elle identifie la nécessité d’accélérer la transition vers une économie mondiale à émissions zéro. »
Plus tôt lors de la conférence, les États-Unis se sont engagés à réduire les émissions de méthane de 30 % d’ici 2030. Plus de 100 pays ont signé cet engagement, mais la Chine, l’un des principaux émetteurs de méthane au monde, n’en fait pas partie. Toutefois, John Kerry a déclaré que la Chine s’était engagée à mettre sur pied un « plan d’action national complet et ambitieux sur le méthane » d’ici la fin de 2022.
Reste à savoir ce qui va se passer maintenant. Des promesses similaires ont été faites dans le passé, sans aucune action concrète dans leur sillage. Il faut garder à l’esprit que les engagements pris lors des Conférences des Parties ne sont pas contraignants. Il appartient à chaque gouvernement de tenir ses promesses…ou pas!
Source : Yahoo News.

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The United States and China signed an agreement Wednesday at COP 26 in Glasgow that John Kerry called “a road map for our future collaboration” to lower greenhouse gas emissions.

Kerry, President Biden’s special envoy on climate, and his Chinese counterpart, Xie Zhenhua, made the announcement at a press conference following a chilly diplomatic start between the two countries at the conference. Kerry explains that the declaration “includes strong statements about the alarming science, the emissions gap and the urgent need to accelerate the actions to close that gap.” The agreement commits both nations to work to limit methane emissions and use their “best efforts to phase down unabated coal in this decade as fast as is achievable.” However, it should be noted that neither the U.S. nor China signed onto a pledge joined by more than 40 nations last week to phase out coal in the 2030s.

Although the Chinese president did not physically participate in COP 26, Kerry said that he had been meeting regularly at the conference with representatives from China, the world’s leading emitter of greenhouse gases. Without its cooperation, the goal of keeping temperatures from surpassing 1.5°C of warming over preindustrial levels has been seen as almost impossible. While the U.S. has pledged to become net zero on emissions by 2050, China has said it would do so by 2060.

John Kerry said: « The effort to reduce emissions by 45 percent in this decade is a tall order, and it will require all of our nations coming together in order to achieve it. This declaration makes a statement about … the imperative to cooperate. It declares specifically and identifies the need to accelerate the transition to a global net-zero economy. »

Earlier at the conference, the U.S. signed a pledge to cut methane emissions by 30 percent by 2030. More than 100 nations signed that pledge, though China, one of the world’s leading emitters of methane, was not one of them. But Kerry said China had committed to releasing a “comprehensive and ambitious national action plan on methane” by the end of 2022.

Let’s see now what happens next. Similar promises were made in the past, with no concrete action in their wake. One should keep in mind that the pledges made during the Conferences Of Parties are not binding. It is up to each government to keep its promises.

Source: Yahoo News.

Faute de mesures radicales prises lors des COP, la banquise et les glaciers continueront à fondre et les événements extrêmes se multiplieront sur notre belle planète. (Photo: C. Grandpey)

COP 26 : L’ouverture de l’Arctique et ses enjeux // COP 26 : The opening of the Arctic and its challenges

Le Conseil de l’Arctique est un forum intergouvernemental traitant des problèmes rencontrés par les gouvernements des États ayant une partie de leur territoire dans l’espace arctique et par les peuples autochtones de la région. La dernière réunion du Conseil à eu lieu le 20 mai 2021 en Islande. Elle a débouché sur une déclaration commune sur la nécessité de préserver la paix et de lutter contre le réchauffement climatique. Cette déclaration commune pleine de promesse n’est en réalité qu’une façade car les rivalités ne cessent de grandir dans cette région. Comme je l’ai indiqué dans plusieurs notes sur ce blog, elle est devenue le pôle de toutes les convoitises.

Lors de la réunion à Reykjavik, la Russie, les États-Unis, le Canada, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Norvège et l’Islande ont parlé développement durable, coopération pacifique et protection des populations autochtones menacées par le réchauffement climatique qui est trois fois plus rapide dans l’Arctique que sur le reste de la planète. Au cours de la réunion, rien n’a été dit sur les tensions géopolitiques ou de la militarisation du Grand Nord,

En théorie, le Conseil de l’Arctique n’a pas vocation à traiter des questions de sécurité militaire.Pourtant, elles servent de toile de fond de ce sommet qui se déroule tous les deux ans. Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a rappelé fermement que l’Arctique était une zone d’influence légitime de Moscou et il a dénoncé « l’offensive » occidentale dans la région. De son côté, Antony Blinken, Secrétaire d’Etat américain en visite au Danemark, avait pointé du doigt « l’augmentation de certaines activités militaires dans l’Arctique ».

Depuis 2010, la Russie a construit ou modernisé 14 bases militaires datant de l’époque soviétique et multiplié les exercices militaires.

De son côté, l’OTAN fait également des démonstrations de force avec des exercices militaires de plus en plus fréquents. En 2018, l’un d’eux en Norvège avait rassemblé des troupes des 29 pays membres, rejointes par celles de la Suède et de la Finlande. Cette manœuvre de grande ampleur avait provoqué la fureur du Kremlin.

Source: Le Monde Diplomatique

Longtemps perçu comme un territoire hostile et inaccessible, l’Arctique est aujourd’hui convoité par les grandes puissances et le réchauffement climatique y est pour beaucoup. L’Institut polaire norvégien révèle que, pour la première fois depuis le début de ses constatations en 1972, le passage du Nord-Ouest est entièrement ouvert à la navigation. Selon les experts du Giec, avec la hausse des températures, la banquise pourrait totalement disparaître en été d’ici 2030, ouvrant de nouvelles voies maritimes, notamment le passage du Nord-Est. En regardant une carte, on comprend l’intérêt de cette nouvelle situation. Le passage du Nord-Est (en rouge) forme le chemin maritime le plus court pour relier l’Europe à l’Asie, soit 12 jours de moins que par la route habituelle (en bleu) qui passe par le canal de Suez.

L’Arctique est une aubaine économique pour les pays concernés car la région regorge de trésors : nickel, plomb, zinc, uranium, platine, etc. Selon une étude de l’USGS, la zone arctique recèlerait plus de 22 % des réserves mondiales d’hydrocarbures non encore découvertes et contiendrait plus de 10% des réserves mondiales de pétrole et près de 30% des réserves de gaz naturel.

Une grande majorité de ces hydrocarbures est située dans la zone économique exclusive russe, et Vladimir Poutine mise beaucoup sur cet eldorado polaire. Symbole de ces aspirations : la gigantesque usine de liquéfaction de gaz de Sabetta dans la péninsule de Yamal, conçue en collaboration avec la Chine et le groupe français Total.

Le revers de la médaille, c’est que l’ouverture de ces passages dans l’Arctique risque de se solder par un désastre écologique, mais aucun des pays concernés ne fait mention de cet aspect de la question lors des réunions. On le sait, mais on ne dit rien.

Ces nouvelles routes maritimes sont aussi un enjeu géostratégique et pourraient devenir source de conflits. Il est facile d’imaginer que la Russie, qui détient le plus de frontières avec l’Arctique, décide de bloquer ces routes en cas de tensions avec les pays occidentaux. Toutefois, à l’heure actuelle, aucun pays arctique n’a intérêt à développer un conflit armé dans la région car l’instabilité ferait fuir les investisseurs.

Depuis plusieurs années, la Chine ne cache pas son attrait pour l’Arctique qui est pourtant situé à 1400 km de ses côtes. Ce regain d’intérêt s’est matérialisé dès 2004 par la construction d’une station scientifique sur l’archipel norvégien du Svalbard. La Chine s’est peu à peu imposée comme un partenaire scientifique majeur mais aussi comme un partenaire économique. En 2013, l’Islande est devenue le premier pays européen à signer un accord de libre-échange avec Pékin. La même année, la Chine a fait son entrée au Conseil de l’Arctique avec un statut de pays observateur.

En janvier 2018, la Chine a présenté pour la première fois sa politique arctique et se définit désormais comme un « État proche-Arctique. »

Source: France 24.

En observant la politique de la Russie et de la Chine dans l’Arctique, on comprend mieux pourquoi leurs présidents ne sont pas présents à la COP 26 de Glasgow.

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The Arctic Council is an intergovernmental forum dealing with the problems faced by the governments of the states having part of their territory in the Arctic space and by the indigenous peoples of the region. The last Council meeting took place on May 20th, 2021 in Iceland. It resulted in a joint declaration on the need to preserve peace and fight against global warming. This joint declaration full of promise is in reality only a facade because rivalries continue to grow in this region. As I indicated in several posts on this blog, it has become a pole of interests.
During the meeting in Reykjavik, Russia, the United States, Canada, Denmark, Sweden, Finland, Norway and Iceland spoke about sustainable development, peaceful cooperation and the protection of indigenous populations threatened by global warming. which is three times faster in the Arctic than anywhere else on the planet. During the meeting, nothing was said about geopolitical tensions or the militarization of the Far North,
In theory, the Arctic Council is not meant to deal with military security issues, yet they serve as the backdrop for this biennial summit. Sergey Lavrov, the Russian Foreign Minister, firmly recalled that the Arctic was an area of legitimate influence of Moscow and he denounced the Western « offensive » in the region. For his part, Antony Blinken, US Secretary of State visiting Denmark, had pointed out « the increase in certain military activities in the Arctic ».
Since 2010, Russia has built or modernized 14 military bases dating from the Soviet era and increased military exercises.
For its part, NATO is also making demonstrations of force with increasingly frequent military exercises. In 2018, one of them in Norway had gathered troops from 29 member countries, joined by those from Sweden and Finland. This large-scale maneuver had provoked the Kremlin’s fury.
Long perceived as a hostile and inaccessible territory, the Arctic is now coveted by the great powers and global warming has a lot to do with it. The Norwegian Polar Institute has revealed that, for the first time since the start of its findings in 1972, the Northwest Passage is « entirely open to navigation. According to IPCC experts, with the rise in temperatures, the ice sheet could completely disappear in summer by 2030, opening up new maritime routes, in particular the Northeast Passage. Looking at a map, one understands the interest of this new situation. The Northeast Passage forms the most important maritime route. short to connect Europe to Asia, 12 days less than the usual route, which passes through the Suez Canal (see map above).
The Arctic is an economic boon for the countries concerned because the region is full of treasures: nickel, lead, zinc, uranium, platinum, etc. According to a USGS study, the Arctic zone contains more than 22% of the world’s undiscovered hydrocarbon reserves and contains more than 10% of the world’s oil reserves and nearly 30% of the natural gas reserves.
A large majority of these hydrocarbons are located in the Russian exclusive economic zone, and Vladimir Putin is betting heavily on this polar El Dorado. Symbol of these aspirations: the gigantic Sabetta gas liquefaction plant on the Yamal peninsula, designed in collaboration with China and the French group Total.
The flip side is that the opening of these passages in the Arctic could end in ecological disaster, but none of the countries concerned mentioned this aspect of the matter at the meetings. They know it, but they say nothing.
These new maritime routes are also a geostrategic issue and could become a source of conflict. It is easy to imagine that Russia, which holds the most borders with the Arctic, decides to block these routes in the event of tensions with the Western countries. However, at present, no Arctic country has an interest in developing armed conflict in the region because instability would scare investors away.
For several years, China has not hidden its interest in the Arctic, although it is located 1,400 km from its coast. This renewed interest materialized in 2004 with the construction of a scientific station on the Norwegian archipelago of Svalbard. China has gradually established itself as a major scientific partner but also as an economic partner. In 2013, Iceland became the first European country to sign a free trade agreement with Beijing. In the same year, China entered the Arctic Council with observer status.
In January 2018, China first presented its Arctic policy and now defines itself as a « near arctic state. »
Source: France 24.

Looking at the policy of Russia and China in the Arctic, it is easy to understand why their presidents are not attending COP26 in Glasgow.

A la veille de la COP 26… // On the eve of COP 26…

Peut-être est-ce l’approche de la COP 26 de Glasgow qui motive les journalistes, mais les articles relatifs au réchauffement climatique sont nombreux dans la presse ces jours-ci. Aux Etats Unis, le départ de Donald Trump de la Maison Blanche a changé la donne. La presse outre-atlantique s’exprime désormais librement sur le sujet, sans risques de représailles de la part de l’administration Biden.

L’un des articles récemment publiés s’attarde sur les causes du réchauffement climatique et en particulier l’augmentation constante des concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère.

En France, les médias sous l’influence du gouvernement ont tendance à faire retomber la responsabilité du problème sur le citoyen moyen dont l’habitation serait une passoire thermique, avec une cheminée qui enverrait dans l’air des particules nocives et un véhicule dont les gaz d’échappement empoisonneraient l’atmosphère. Mais silence radio, ou presque, sur les usines polluantes.

Il ne fait guère de doute qu’à l’échelle de la planète la combustion à grande échelle du charbon, du gaz naturel et du pétrole pour produire de l’électricité sont les principales sources d’émissions de gaz à effet de serre, que ce soit le CO2 ou le méthane (CH4). Il ne faudrait pas, pour autant, oublier les activités humaines car le chauffage de nos maisons, la climatisation, nos voitures et notre mode de production de la nourriture contribuent également à aggraver la situation climatique.

C’est surtout le CO2 qui inquiète car il représente 65% des émissions de gaz à effet de serre. Il provient essentiellement des combustibles fossiles, mais aussi de la déforestation et de la destruction d’autres plantes qui absorbent le gaz carbonique. .

Le méthane émis, entre autres, par le bétail, la décomposition des déchets et la production de pétrole et de gaz, représente 14% des émissions de gaz à effet de serre.

Selon l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA) aux Etats Unis, la production d’électricité et de chauffage entre pour un quart (25%) dans les émissions de gaz à effet de serre, alors que la production de nourriture, en particulier avec les terres agricoles, compte pour 24%. De son côté, les cimenteries et les aciéries produisent 21% de ces gaz nocifs et les moyens de transport en émettent 14%.

S’agissant des pays responsables des émissions de gaz à effet de serre, une étude effectuée par l’université d’Oxford place l’Asie largement en tête avec 53% de ces émissions à l’échelle de la planète. Viennent ensuite l’Amérique du Nord (18%), l’Europe (17%), l’Afrique et l’Amérique du Sud (3-4% chacune) et l’Océanie (Australie et île du Pacifique (1,3%).

Toutefois, si on se place au seul niveau de la population, l’ordre change, et les émissions par habitant de la Chine et de l’Inde sont éclipsées par un certain nombre de pays beaucoup plus petits comme l’Australie, le Canada et des pays producteurs de pétrole comme le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis.
Il est également important de noter que certains pays ont une longue histoire de production d’émissions en raison d’une industrialisation plus précoce. En ce qui concerne les contributions au dioxyde de carbone depuis 1751, les États-Unis sont de loin en tête. Le pays est responsable de 25% des émissions historiques, soit deux fois plus que la Chine. Le Royaume-Uni est un autre grand émetteur historique. Ainsi, jusqu’en 1882, plus de la moitié des émissions cumulées mondiales provenaient du seul Royaume-Uni.
Comme je l’ai indiqué à maintes reprises, le réchauffement climatique est un problème mondial. Les solutions proviendront d’actions prises par les pays et les individus, d’où l’importance que devraient – en théorie – avoir les COP comme celle qui va se tenir à Glasgow.
Le passage à des sources d’énergie renouvelables (l’éolien et le solaire)e, ainsi que les changements alimentaires, le reboisement, le passage aux systèmes de transport électriques et l’arrêt de l’extraction des combustibles fossiles, sont autant d’actions qui pourraient aider à réduire les émissions de carbone. Le problème, c’est que la volonté politique de nos gouvernants fait souvent défaut.

Source: Yahoo News.

Je ne suis pas certain que la COP 26 – avec, entre autres, l’absence remarquée du président chinois – fera beaucoup avancer les choses. Vladimir Poutine ne sera pas présent physiquement. Les Américains seront en Ecosse, mais la marge de manoeuvre de Joe Biden dans son pays est extrêmement étroite car les Républicains continuent à traîner les pieds en matière de réchauffement climatique. Ce sont les intérêts pétroliers qui mènent la barque.

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The approach of the COP 26 in Glasgow may have motivated the journalists, and articles relating to global warming are numerous in the press these days. In the United States, Donald Trump’s departure from the White House has changed the situation. The press across the Atlantic now expresses itself freely on the subject, without risk of reprisals from the Biden administration.
One of the recently published articles focuses on the causes of global warming and in particular the constant increase in carbon dioxide (CO2) concentrations in the atmosphere.
In France, the media under the influence of the government tend to blame the problem on the average citizen whose home is a heat sieve, with a chimney that sends out harmful particles and a vehicle whose exhaust fumes. poison the atmosphere, but radio silence on polluting factories.
There is little doubt that on a global scale the large-scale combustion of coal, natural gas and oil to generate electricity are the main sources of greenhouse gas emissions, either CO2 or methane (CH4). However, we should not forget about human activities because the heating of our homes, air conditioning, our cars and our way of producing food also contribute to worsening the climate situation.
It is above all CO2 that poisons the atmosphere because it represents 65% of greenhouse gas emissions. It comes mainly from fossil fuels, but also from deforestation and the destruction of other plants that absorb carbon dioxide. .
Methane emitted by livestock, waste decomposition, and oil and gas production, among others, accounts for 14% of greenhouse gas emissions.
According to the Environmental Protection Agency (EPA) in the United States, the production of electricity and heating accounts for a quarter (25%) of greenhouse gas emissions, while the production of food, especially with agricultural land, accounts for 24%. For its part, cement and steel works produce 21% of these harmful gases and means of transport emit 14%.
Regarding the countries responsible for greenhouse gas emissions, a study carried out by the University of Oxford places Asia largely in the lead with 53% of these emissions worldwide. Next come North America (18%), Europe (17%), Africa and South America (3-4% each) and Oceania (Australia and Pacific Island (1.3 %).

However, when you account for population, the order changes, and the per capita emissions of China and India are dwarfed by a number of much smaller nations, including Australia, Canada and oil-producing countries like Qatar, Kuwait and the United Arab Emirates.

It’s also important to note that some countries have a longer history of producing emissions due to earlier industrialization. When it comes to carbon dioxide contributions since 1751, the U.S. is the leader by far. It is responsible for 25 percent of historical emissions, twice as much as China — the world’s second-largest national contributor, according to data from Oxford.

Another large historical emitter is the United Kingdom. The same data shows that until 1882, more than half the world’s cumulative emissions came from the U.K. alone.

As I put it often before, global warming is a worldwide problem and the solutions to it come from actions taken by both countries and individuals, hence the importance of the Conferences of the Parties like the one to be held in Glasgow.

Switching to renewable sources of energy such as wind and solar, as well as dietary shifts, reforestation, moving to electric transport systems and halting extraction of fossil fuels, are all actions that could help ease carbon emissions. But the political will of our leaders is often missing.

Source: Yahoo News.

I am not sure that COP 26 – with, among other things, the noted absence of the Chinese president – will make much progress. Vladimir Putin will not be physically present. The Americans will be in Scotland, but Joe Biden’s room for maneuver in his country is extremely narrow as the Republicans continue to drag their feet on global warming. Oil interests are leading the way.

La courbe de Keeling montre que les concentrations de CO2 dans l’atmosphère restent beaucoup trop élevées.