L’éruption de La Soufrière de St Vincent en 1902 // The 1902 eruption of St Vincent’s La Soufriere

Je viens de lire dans les actualités un article intéressant sur l’éruption de La Soufrière en 1902 à St-Vincent-et-les-Grenadines. Bien que cette éruption présente des similitudes avec l’événement de 2021, il existe également des différences. Un élément important réside dans le fait qu’en 1902, il y avait un lac dans le cratère de La Soufrière. Il a contribué à transformer l’éruption en un puissant événement phréato-magmatique.

Le matin du 7 mai 1902, un groupe de marchands de poissons s’est approché de la Soufrière de Saint-Vincent. Selon un Rapport sur les éruptions de la Soufrière de St Vincent, en 1902 qui décrit leur aventure, «le sommet de la montagne était couvert de brouillard. Le premier marchand suivit le chemin jusqu’à la base du cône sommital. Les autres se sont approchés de la lèvre du cratère, jusqu’à l’atteindre réellement. Le spectacle qui s’offrit à leurs yeux aurait pu avoir raison des cœurs les plus solides.»

Malgré les mises en garde des vendeurs de poissons et les récits de ce qu’ils avaient vu – les épais nuages de vapeur, la végétation brûlée, l’odeur de soufre, les secousses permanentes – leurs témoignages ont été ignorés. «Ils ont été reçus avec incrédulité, et quand ils sont arrivés à Georgetown, ils ont été pris pour des imbéciles et des lâches.»

Les noms des vendeurs de poissons n’ont pas été notés dans le Rapport décrivant ce qui s’est passé à Saint-Vincent où une minorité blanche dominait une population qui comprenait des descendants d’autochtones et d’esclaves africains.

Avant l’éruption de 1902, les nuages empêchaient de voir le sommet de La Soufrière depuis les plantations de canne à sucre et depuis des endroits comme Georgetown dans la partie est de Saint-Vincent, de sorte que la population ne savait pas ce qui se passait sur le volcan. À l’ouest, les gens avaient compris. « Ils se préparaient à fuir en observant l’énorme colonne de vapeur et de cendre qui prenait la forme d’un champignon, avec des averses d’une matière noire et lourde, accompagnées d’éclairs et de tonnerre. »

Au plus fort de l’éruption de 1902, un «Grand Nuage Noir» a dévalé les pentes du volcan, balayant maisons et fermes, avant de se précipiter dans la mer. En même temps que la cendre brûlante, des pierres et des vapeurs sulfureuses s’abattirent sur des embarcations à bord desquelles des gens ramaient furieusement pour échapper à la catastrophe.

À l’est de Saint-Vincent, les ouvriers des plantations ont regardé avec étonnement le rideau noir qui descendait inexorablement vers eux, puis ils  se sont précipités à l’intérieur des maisons ou sont morts à l’extérieur. À Orange Hill, des dizaines de personnes se sont entassées dans une cave à rhum. On peut lire dans le Rapport: «Un homme était debout près de la porte et la tenait entrouverte pour laisser entrer tous ceux qui avaient fui les huttes du village. Ils étaient quarante dans la cave et tous ont été sauvés. Trente se trouvaient sur l’allée conduisant à la cave et ils ont tous été tués. Environ 1600 personnes sont mortes, mais ce cataclysme a été éclipsé par les éruptions bien pires de la Montagne Pelée, le 8 mai 1902, sur l’île de la Martinique. Au moins 29 000 personnes ont perdu la vie. La plupart des victimes de Saint-Vincent se trouvaient dans la partie est de l’île, peut-être parce que les travailleurs dans les grandes plantations n’ont pas été en mesure de prendre d’eux-mêmes la décision de fuir.

Les explosions continues de La Soufrière ont entravé les efforts de réparation menés pendant des mois par les Britanniques. Les éruptions ont participé au déclin de l’industrie sucrière, mais d’autres produits ont pris la relève dans les deux années qui ont suivi. De nouvelles plantes comme le cacao, la muscade et le café, ont été introduites. Cela a permis des innovations agricoles.

Les nuages de cendres volcaniques, qui s’étaient déplacés jusqu’à la Barbade, à environ 180 kilomètres de distance, ont nourri le sol. L’impact de la cendre sur la végétation est dévastateur à court terme mais bénéfique à long terme.

La marine britannique a apporté son aide en 1902. Le navire américain Dixie a également apporté des secours, ainsi que des scientifiques et des correspondants de presse qui ont fait connaître l’événement. Dans un récit de l’éruption, le Boston Globe a parlé d’ « un bruit comme celui des énormes canons de la marine mondiale en action perpétuelle ».

Les éruptions de 1902 et 2021 sont peut-être à égalité en puissance et en intensité, mais il est difficile de vraiment les comparer car un lac profond occupait le cratère de La Soufrière en 1902. Le Rapport explique que lorsque le magma est entré en contact avec le lac, sa vaporisation a créé « une énorme énergie supplémentaire qui a généré des coulées pyroclastique très rapides et mortelles, dès le début de la crise éruptive. »

Daniel Defoe, l’auteur de Robinson Crusoé, est l’auteur présumé du récit d’une éruption explosive à La Soufrière en 1718, époque où les habitants autochtones contrôlaient effectivement l’île.

L’éruption de 1812 a tué des dizaines de personnes, la plupart des Noirs réduits à l’esclavage. Avant avril 2021, la dernière grande éruption a eu lieu à Pâques 1979. Elle a provoqué des évacuations en grand nombre, mais aucun décès.

Les habitants de St Vincent peuvent tirer des leçons de l’histoire éruptive de La Soufrière. Elle les aidera à se reconstruire. Contrairement à leurs ancêtres, ils sont tenus au courant de l’évolution de l’éruption et sont conseillés en permanence quant à la conduite à tenir.

Source: Yahoo News.

Dans son rapport du 18 avril 2021, l’UWI indique qu’une éruption explosive s’est produite ce même jour à La Soufrière à 16h49. Des retombées de cendres étaient attendues ans les parties sud et ouest de l’île. L’éruption n’est pas terminée. Cependant, il semble que les explosions deviennent moins puissantes, avec des intervalles plus longs entre elles.

L’éruption continue avec une activité sismique typique de la croissance et de la destruction des dômes de lave. L’essaim sismique avec des événements longue période et hybrides se poursuit sans changement notable. De petits séismes volcano-tectoniques sont encore enregistrés de temps en temps.

Les émissions de SO2 de La Soufrière, mesurées le long de la côte ouest, ont révélé une moyenne de 232 et 391 tonnes par jour les 17 et 18 avril.

La NEMO indique que 88 abris hébergeant 4042 personnes sont maintenant opérationnels, tandis que quelque 5398 autres sont hébergées dans des maisons particulières.

Au total, 1 459 familles ont été déplacées à ce jour par l’éruption.

Le niveau d’alerte pour La Soufrière reste ROUGE.

S’agissant des prévisions (elles n’ont pas été très bonnes jusqu’à présent!), le scientifique à la tête de l’UWI a déclaré le 20 avril que si le schéma sismique actuel se poursuit, une autre éruption explosive pourrait se produire dans les sept prochains jours. La sismicité laisse supposer que le volcan essaie de construire un dôme, mais il n’y arrive pas car une explosion survient qui détruit cette tentative de formation d’un dôme. Le scientifique a déclaré: «Nous prévoyons qu’à un certain moment [le volcan] entamera la construction d’un dôme ; cela peut arriver cette semaine, mais si ce n’est pas le cas, nous allons assister à une autre explosion».

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I have just read in the news an interesting article about the 1902 eruption of La Soufriere at St-Vincent-and-the-Grenadines. Although this eruption bears similarities with the 2021 event, there are also differences. An important one was that in 1902 there was a lake within the crater of La Soufriere, which turned the eruption into a powerful phreato-magmatic event.

On the morning of May 7th, 1902, a group of nervous fish sellers got very close to St Vincent’s La Soufrière. According to a Report on the eruptions of the Soufrière  in St Vincent, in 1902 describing their experience, “the top of the mountain was covered in mist, and the foremost of them followed the path up to the base of the summit cone. Some went up to quite near the rim of the crater, or possibly even to the actual edge. What they saw there was enough to dismay the stoutest hearts.″

However, the warnings of the fish sellers who experienced the volcano up close – the thick steam, the scorched vegetation, the sulphurous smell, the constant shaking – were at first dismissed. ″They were received with incredulity, and when they came to Georgetown they were scoffed at as fools and cowards.″

The names of the fish sellers are not included in the Report about what happened on St. Vincent, where a white minority dominated a population that included the descendants of Indigenous inhabitants and enslaved Africans.

Clouds and a poor line of sight to the volcano top from the sugar cane plantations and places like Georgetown on the eastern side of St. Vincent contributed to uncertainty about what was happening. “To the west, people had no doubt. They prepared to flee while watching an enormous column of vapour billow into a mushroom-shaped cloud, accompanied by showers of black, heavy material, and lightning and thunder.”

In the 1902 climax, a ″Great Black Cloud″ raced down the volcano’s slopes, swept over homes and farms and surged out to sea, raining scalding ash, stones and sulphurous fumes on boats of people rowing furiously away.

On the east of St. Vincent, plantation workers gazed in amazement as the implacable black curtain descended toward them, then rushed indoors or died in the open. At Orange Hill, dozens crammed into a rum cellar. One can read in the Report: ″One man stood by the door holding it ajar, to admit any who fled from the huts in the village. Forty were in the cellar, and all were saved. Thirty were in the passage leading into the cellar, and they were all killed.″

An estimated 1,600 people died, though that cataclysm was eclipsed by eruptions, the worst on May 8, at Mount Pelée on the island of Martinique. At least 29,000 people died there.

Most of St. Vincent’s casualties were in the east, possibly and partly because workers on large plantations were less able to make an independent decision to flee.

La Soufrière’s continuing explosions hampered British-led recovery efforts for months. The eruptions accelerated the decline of the sugar industry, but other commodities recovered within a year or two. New plants, including cacao, nutmeg and coffee, were introduced. Experimentation led to agricultural innovation.

The volcanic ash, which then and now spread as far as Barbados, about180 kilometers away, nourished the soil. The impact on vegetation is devastating in the short term but beneficial in the long term.

The British navy delivered aid in 1902. The USS Dixie also brought relief, along with scientists and newspaper correspondents. In an account of the eruption build-up, The Boston Globe reported ‘’a noise like the monster guns of the world’s navy in perpetual action. »

The 1902 and 2021 eruptions are possibly on a par in power and intensity, but it’s difficult to make a direct comparison because a deep crater lake existed at the time of the earlier one. When magma hit the lake, vaporization created “a huge additional extra energy and it generated pyroclastic density currents that were very fast-moving and deadly, early on in the eruptive sequence.”’

Daniel Defoe, author of ″Robinson Crusoe,″ is the purported writer of an account of an explosive eruption at La Soufrière in 1718, when Indigenous inhabitants effectively controlled the island. An 1812 eruption killed dozens, mostly enslaved Black people. Prior to April 2021, the last big eruption was during Easter 1979, causing mass evacuations but no deaths.

La Soufrière’s history could inform St. Vincent’s residents as they recover. In the meantime, unlike their ancestors, they are getting continual updates and guidance.

Source : Yahoo News.

In its report for April 18th, 2021, UWI indicates that an explosive eruption occurred on that same day at La Soufriere at 4:49 pm. Ashfall was expected at the south and west of the island. The eruption has not ended yet. However, it looks as if the explosions are getting less powerful, with longer intervals between them.

The volcano continues to erupt with a pattern of seismic activity typical of the growth and destruction of lava domes. The swarm of long-period and hybrid earthquakes continues in a stable way. Occasional small volcano-tectonic earthquakes are still recorded.

Measurements of SO2 at La Soufriere volcano along the west coast revealed an average  of 232 and 391 tons per day on April 17th  and 18th.

NEMO says 88 shelters with 4042 occupants are now operational, while some 5398 persons are being housed in private shelter. A total of 1,459 families have been displaced so far by the eruption.

The alert level for La Soufriere remains RED.

As far as predictions are concerned (they have not been very good so far !) the UWI lead scientist said on April 20th that if the current seismic pattern continues, another explosive eruption could occur within the next seven days. The seismic patterns suggest that the volcano is trying to grow a dome. However, it does not succeed due to an explosion that destroys that formation. The scientist said: “We expect at some point [the volcano] would grow a dome, it can happen this week, but if it does not, we are going to have another explosion”.

Représentation graphique du cratère de La Soufrière de St Vincent en 1837 par le Lieutenant J.H. Caddy (Source : Pennymead.com)

Effet dévastateur de l’éruption de la Soufrière en 1902

(Source : York Museums Trust)

Effets de la cendre volcanique sur la santé // Effects of volcanic ash on human health

Les scientifiques pensent que l’éruption actuelle de La Soufrière de Saint-Vincent aura un impact plus important que celle de 1979 car elle n’a produit jusqu’à présent qu’environ le tiers des matériaux rejetés par le volcan il y a 42 ans. Il faut donc s’attendre à de nouvelles retombées de cendres, avec des effets dangereux mais bien connus sur la santé humaine. L’USGS a dressé une liste des effets de la cendre sur notre système respiratoire.

Au cours de certaines éruptions, les particules de cendre sont si fines qu’elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons. Pendant une exposition prolongée, même les personnes en bonne santé peuvent ressentir une gêne thoracique accompagnée de toux et d’irritation des voies respiratoires. Les symptômes les plus courants à court terme comprennent une irritation du nez et de la gorge, parfois accompagnée d’une toux sèche. Les personnes souffrant de troubles thoraciques préexistants peuvent développer des symptômes bronchitiques sévères.

La pénétration des particules de cendre dans les voies respiratoires dépend en grande partie de la taille des particules. Les particules plus grosses (diamètre 10-100 µm) se logent dans les voies respiratoires supérieures, tandis que celles dans la gamme de taille 4-10 µm se déposent dans la trachée et les bronches. Des particules très fines (<4 µm de diamètre) peuvent pénétrer plus profondément dans les poumons, jusque dans la région alvéolaire.

Le dépôt de particules relativement grossières dans les voies respiratoires supérieures est principalement associé à des symptômes tels qu’une irritation du nez et de la gorge. On pense que le dépôt de particules plus petites dans la région thoracique (bronches et bronchioles) a pour conséquence des formes aiguës de la maladie telles que les crises d’asthme et la bronchite. Les particules très fines sont dites «respirables» et peuvent pénétrer profondément dans les poumons profonds, occasionnant des maladies respiratoires chroniques telles que la silicose.

Les éruptions les plus dangereuses sont celles générant des cendres à grains fins avec une teneur élevée en silice cristalline car ce minéral est susceptible de provoquer la silicose, une maladie associée à des professions telles que la taille de la pierre, la construction de routes et le travail dans les mines. Certains volcans produisent des quantités importantes de silice cristalline au niveau des dômes de lave qui peuvent s’effondrer en générant des cendres à grains fins en suspension dans l’air, et riches en silice cristalline.

L’éruption de Soufrière Hills à Montserrat en 1995 a généré des cendres au moment de l’effondrement du dôme. Elles contenaient jusqu’à 25% en poids de silice cristalline, ce qui a incité le gouvernement britannique à mettre en œuvre des contrôles pour minimiser l’exposition de la population.

Des études sur l’exposition de la population à la silice cristalline ont toutefois révélé que la majorité de la population n’est pas exposée à des concentrations atmosphériques suffisamment élevées pour être à risque de développer une silicose, mais un petit groupe d’individus (comme les travailleurs en extérieur) peut être à risque de développer une silicose légère.

Source: USGS.

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The ongoing eruption of St Vincent’s La Soufriere is expected to be bigger than in 1979 but has only so far produced about one-third of the new material that the volcano did 42 years ago. More ashfall is expected, with dangerous but well-known effects on human heath. USGS has made a list of respiratory effects.

In some eruptions, ash particles can be so fine that they are breathed deep into the lungs. With high exposure, even healthy individuals will experience chest discomfort with increased coughing and irritation. Common short-term symptoms include nasal and throat irritation, sometimes accompanied by dry coughing. People with pre-existing chest complaints may develop severe bronchitic symptoms.

Penetration of ash particles into the respiratory tract is largely dependent on particle size. Larger particles (10-100 µm diameter) lodge in the upper airways, while those in the 4-10 µm size range deposit in the trachea and bronchial tubes. Very fine (< 4 µm diameter) particles may penetrate deeper into the lungs, into the alveolar region. (see image above)

Deposition of relatively coarse particles in the upper airways is primarily associated with symptoms such as irritation of the nose and throat. Deposition of smaller particles in the thoracic region (bronchial tubes and bronchioles) is thought to be associated with acute disease outcomes such as exacerbation of asthma and bronchitis. Very fine particles are termed ‘respirable’ and may penetrate into the deep lungs where chronic, particle-related respiratory diseases, such as silicosis, are activated.

The most hazardous eruptions are those generating fine-grained ash with a high content of free crystalline silica, as this mineral has the potential to cause silicosis, an occupational disease associated with occupations such as stone-cutting, road and building construction and quarrying.

Some volcanoes mass-produce crystalline silica in lava domes which are prone to collapse, generating airborne fine-grained ash rich in free crystalline silica. At Soufrière Hills volcano, Montserrat, the 1995 eruption generated dome collapse ash composed of up to 25 wt.% crystalline silica, prompting the UK government to implement controls to minimise population exposure. However, comprehensive studies of population exposure to respirable crystalline silica have suggested that the majority of the population are not exposed to sufficiently high airborne concentrations to be at risk of developing silicosis, but a smaller group of individuals (such as outdoor workers) may be at risk of developing mild silicosis.

Source : USGS.

Eruption de La Soufrière: ce n’est que le début // La Soufriere eruption : it’s just the beginning

Selon le géologue qui dirige l’équipe de l’UWI sur la Soufrière de Saint-Vincent, il ne faut pas se laisser berner par la pause actuelle de l’activité éruptive. À son avis, l’éruption ne fait que commencer. Le volcan est en éruption depuis une semaine; dire que le calme va revenir dans deux semaines serait une erreur. La quantité d’énergie libérée jusqu’à présent montre que le volcan en a encore beaucoup dans le ventre. De même, la quantité de matériaux émis jusqu’à présent est en réalité très faible. Les éruptions du passé comme celle de 1979 ont rejeté environ 60 millions de mètres cubes de matériaux. Ces éruptions ont commencé moins vigoureusement que l’éruption de 2021 mais elles ont émis plus de matériaux. Le géologue pense que si les scénarios du passé se répètent, La Soufrière détruira des biens et des terres. Même avec des explosions qui affectent juste le nord, l’éruption fera beaucoup de dégâts à travers toute l’île. Il pense qu’à la fin de l’éruption la quantité de matériaux expulsés par le volcan sera plus importante qu’en 1979. L’éruption actuelle ressemble davantage à celle de 1902. L’éruption de 1902 a détruit environ un tiers de l’île, de Georgetown à Chateaubelair. Les zones au nord de cette zone ont été les plus durement touchées; on aurait dit que la zone avait été bombardée. Pour le moment, l’éruption a épargné ces zones; les villages de l’Est sont encore en grande partie intacts, ce ne sera pas nécessairement le cas une fois l’éruption terminée.

Le géologue demande à la population de rester vigilante et de ne pas penser que l’éruption est terminée car elle n’en est encore qu’à ses débuts. Il reconnaît que lui et son équipe ont commis une erreur en affirmant  la veille que l’éruption touchait à sa fin. Il dit: «Même avec un intervalle entre les explosions, les gens ne doivent pas penser qu’ils peuvent se rendre dans le nord de l’île parce que l’intervalle peut changer comme il l’a déjà fait.».

Source: médias d’information locaux.

En cliquant sur ce lien, vous aurez accès à une vidéo montrant l’éruption vue depuis l’espace, avec les panaches de cendre et de SO2, ainsi que les ondes de gravité que j’avais mentionnées précédemment :

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According to the geologist leading the UWI team on St Vincent’s La Soufriere, one should not be lured by the current pause in eruptive activity. In his opinion, the eruption is just starting. The volcano has just erupted for one week; saying it will end in two weeks would be a mistake. The amount of energy it has released until now suggests there is a lot more to come out. The quantity of emitted material is actually very small. Past eruptions like that of 1979 released about 60 million cubic metres of materials, so past eruptions which started less vigorously put out more materials.

The geologist says that if the scenarios of the past repeat themselves, La Soufriere will destroy property and land. Even with just explosions that affect the north, the eruption is going to do a lot of damage to the whole island. He thinks that at the end of the eruption the amount of materials expelled by the volcano will be greater than in 1979. It looks closer in magnitude to the 1902 eruption. The 1902 eruption destroyed about one-third of the island, from Georgetown over to Chateaubelair. Areas north of that area were the most badly affected; the place looked as if it had been bombed. For the moment, the eruption has spared these regions ; the Eastern villages are still largely intact, but he thinks it might not necessarily be the case when the eruption was over.

The geologist warns that people should not pause and think the eruption is over because it is still in its early days yet. He admits he and his team were wrong when they thought the day before that the eruption was coming to an end. He says: “Even with an interval between explosions, people must not think they can go into the areas in the north because the interval may change as it did”.

Source : Local news media.

Source : UWI

La peur de la COVID-19 à St Vincent // Fear of COVID-19 at St Vincent

Les autorités de Saint-Vincent craignent le déclenchement d’une épidémie de COVID-19. De nouveaux cas positifs sont signalés alors que des milliers de personnes évacuées s’entassent dans les hébergements temporaires ou  chez des amis dans des maisons particulières. Une douzaine de cas ont été signalés ces derniers jours, dont au moins cinq parmi des personnes vivant chez des amis dans deux maisons individuelles. Une personne a été testée positive dans un hébergement temporaire, avec un risque de contamination pour au moins 20 personnes de son entourage.

Les autorités voudraient faire des tests à grande échelle, mais une telle tâche est compliquée étant donné qu’entre 16000 et 20000 personnes ont été évacuées avant le début de l’éruption de La Soufrière le 9 avril 2021. Bien que les personnes évacuées aient été invités à continuer à porter des masques et à coopérer, certains des arrivants dans les abris ont refusé d’être testés, les tests n’étant pas obligatoires.

Le manque d’eau dans certaines localités en raison des importantes retombées de cendres est venu s’ajouter à l’épidémie de Covid-19. On a vu les gens se bousculer pour atteindre les points d’eau avec des seaux et des cruches à la main. De longues files se sont formées, avec des risques évidents de contamination. Les familles doivent parfois se contenter d’une cruche d’eau pour se doucher, se brosser les dents et évacuer les excréments.

Certains hébergements gouvernementaux sont mal équipés. Les gens dorment souvent à même le sol, sans matelas pour pouvoir s’allonger. Plus de 4 000 personnes sont hébergées dans 89 abris gouvernementaux. Les autorités enregistrent en ce moment plus de 6000 personnes logées chez des amis ou parents dans des maisons particulières, un nombre qui ne cesse de croître.

Les autorités craignent une augmentation des cas de COVID-19 dans certaines zones en raison de la diminution des approvisionnements en eau ou du manque complet d’eau. La situation sera très difficile à gérer s’il faut affronter en même temps une épidémie de Covid-19 et tous les problèmes causés par l’éruption. Comme l’a déclaré un responsable: «Se laver les mains lorsque vous n’avez pas beaucoup d’eau est problématique»

Les équipes municipales nettoient les prises d’eau et les égouts sur l’île, mais la quantité de cendre dans les conduits est telle qu’il y a des retards. Les îles voisines ont expédié de l’eau à Saint-Vincent où les autorités ont distribué des bouteilles et expédié des camions-citernes. De longues files d’attente se sont formées devant ces camions et dans des sociétés de transfert d’argent. Il faut parfois attendre des heures pour récupérer de l’argent envoyé par des proches. Il est évident que tous ces rassemblements sont des sources potentielles de propagation de la maladie.

Source : The Independent.

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Officials in St. Vincent are extremely worried about a COVID-19 outbreak. Positive cases being reported as thousands of evacuees crowd into shelters and private homes. About a dozen cases have been reported in recent days, with at least five evacuees staying in two homes and one shelter testing positive, exposing at least 20 people to the virus..

Officials are preparing to do massive testing, a complicated task given that between 16,000 to 20,000 people were evacuated before La Soufriere’s started erupting on April 9th, 2021. Although evacuees were asked to keep wearing masks and to cooperate, but some who arrived at shelters did not want to be tested, which was voluntary.

Complicating efforts to fight COVID-19 is the lack of water in some communities because of the heavy ashfall, with people walking or driving to spigots with buckets and jugs in hand as long lines formed. Families sometimes have to use one jug of water to shower, brush their teeth and flush the toilet.

Supplies were non-existent or running low at some government shelters where people often sleep on the floor, with no mattresses to lie on. More than 4,000 people are staying in 89 government shelters. Meanwhile, the government so far has registered more than 6,000 evacuees in private homes, a number that keeps growing. Authorities worry about an increase in COVID-19 cases in certain areas given dwindling water supplies or complete lack of water.

The situation will be very hard to manage if there is a mixture of Covid-19 and all the problems caused by the eruption. As one official said:  “Washing your hands when you don’t have a lot of water is problematic”

Crews are cleaning intakes of the island’s water and sewer system but the amount of ash in the conduits causes delays. Neighbouring islands and organizations also have shipped water to St. Vincent, where officials have distributed water bottles and dispatched water trucks.

Long lines formed at those trucks and at money transfer companies, with some standing for hours to retrieve cash from loved ones. All those gatherings are obvious sources of spreading the disease.

Source: The Independent.

La cendre a envahi l’île de St Vincent (Source : UWI)