Groenland: Les secrets de la banquise // Greenland: The secrets of the ice

drapeau-francaisUne étude récente de l’Université York à Toronto (Canada), menée en collaboration avec l’Université de Zurich, explique qu’une base militaire américaine située sous la glace du Groenland a été abandonnée dans les années 1960. Le problème, c’est que le réchauffement climatique pourrait remobiliser des déchets dangereux qui étaient censés être enterrés à jamais sous la calotte glaciaire.
La base militaire ultra secrète de « Camp Century, » construite à l’intérieur de la calotte glaciaire du Groenland en 1959, a servi de site pour tester la faisabilité de bases de lancement de missiles nucléaires dans l’Arctique pendant la Guerre Froide. Quand la base a été désaffectée en 1967, son infrastructure et les déchets qui s’y trouvaient ont été abandonnés avec l’idée qu’ils seraient enfouis à jamais dans la neige et la glace de cette région du monde.
Malheureusement, le changement climatique a réchauffé l’Arctique plus que toute autre région de la planète. L’étude indique que la partie de la calotte glaciaire qui recouvre « Camp Century » pourrait commencer à fondre d’ici la fin du siècle. Si c’est le cas, l’infrastructure de la base, y compris les déchets biologiques, chimiques, et radioactifs, pourraient se répandre dans la nature et perturber les écosystèmes tout autour du site.
Dans leur étude, les chercheurs travaillé sur un inventaire des déchets abandonnés à « Camp Century » et les ont intégrés à des simulations de modèles climatiques pour déterminer s’ils resteraient intacts dans l’éventualité d’un réchauffement de l’Arctique. L’équipe scientifique a analysé les documents historiques de l’armée américaine pour déterminer où et à quelle profondeur les déchets avaient été enterrés et dans quelles proportions la calotte glaciaire a évolué depuis les années 1950.
Aujourd’hui, « Camp Century » se cache à une profondeur d’environ 35 mètres sous la glace et couvre une superficie de 55 hectares. Les chercheurs estiment que le site contient 200 000 litres de gas-oil. En se référant aux matériaux de construction utilisés dans l’Arctique à l’époque, les auteurs de l’étude pensent que le site contient des biphényles polychlorés (BPC) – interdits en France depuis 1987 car ce sont des polluants toxiques pour la santé humaine. Les chercheurs estiment également que le site dissimule 240 000 litres d’eaux usées, avec un volume inconnu de réfrigérant faiblement radioactif qui alimentait le générateur nucléaire utilisé pour produire de l’électricité.
En examinant les projections climatiques actuelles, les scientifiques ont conclu que les déchets ne resteraient pas enfouis éternellement dans la glace du Groenland; en effet, il semble probable que la glace du site aura disparu dès 2090. Une fois la fonte accomplie, ce sera juste une question de temps avant que les déchets fondent eux aussi et se répandent dans les écosystèmes marins.
Néanmoins, l’étude ne préconise pas une intervention immédiate pour dépolluer Camp Century. Les déchets sont enterrés sous des dizaines de mètres de glace et les opérations de nettoyage seraient coûteuses et techniquement difficiles. Les auteurs de l’étude conseillent d’attendre que la fonte de la couche de glace soit sur le point de mettre à jour les déchets avant de commencer la dépollution du site.
Source: Université de Zurich.

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drapeau-anglaisA new study at York University in Canada, conducted in collaboration with the University of Zurich, reveals that a military camp situated beneath the ice in Greenland was abandoned in the 1960s and that climate change could remobilize the abandoned hazardous waste believed to be buried forever beneath the Greenland Ice Sheet.

The U.S. military base “Camp Century,” built in the Greenland Ice Sheet in 1959, served as a top-secret site for testing the feasibility of nuclear missile launch sites in the Arctic during the Cold War. When the camp was decommissioned in 1967, its infrastructure and waste were abandoned under the assumption they would be entombed forever by perpetual snow and ice.

Unfortunately, climate change has warmed the Arctic more than any other region on Earth. The study indicates that the portion of the ice sheet covering “Camp Century” could start to melt by the end of the century. If it does, the camp’s infrastructure, including any remaining biological, chemical, and radioactive wastes, could re-enter the environment and potentially disrupt nearby ecosystems.

In the study, the researchers took an inventory of the wastes at “Camp Century” and ran climate model simulations to determine whether the waste would remain intact in a warming Arctic. The team analyzed historical U.S. army documents to determine where and how deep the material was buried and to what extent the ice cap has moved since the 1950s.

Today, “Camp Century” is hidden some 35 metres beneath the ice and covers 55 hectares. The researchers estimate the site contains 200,000 liters of diesel fuel. Based on building materials used in the Arctic at the time, the authors speculate the site contains polychlorinated biphenyls (PCBs), pollutants toxic to human health. They also estimate the site has 240,000 liters of waste water, including sewage, along with an unknown volume of low-level radioactive coolant from the nuclear generator used to produce power.

Looking at existing climate projections, the scientists determined the wastes would not remain encased in ice forever; indeed, it seems likely that the site could transition to net melt as early as 2090. Once the site transitions from net snowfall to net melt, it’s only a matter of time before the wastes melt out and are transported to the marine ecosystems.

Nevertheless, the study does not advocate immediate remediation activities at Camp Century. The waste is buried tens of metres below the ice and any cleanup activities would be costly and technically challenging. The authors say it is therefore advisable to wait until the ice sheet has melted down to almost expose the wastes before beginning site remediation.

Source : University of Zurich.

Camp-Century-Greenland-1959

Cette photo de l’armée américaine montre les tunnels de l’entrée NE de Camp Century au moment de sa construction en 1959.

 

Nouvelle galerie photo : Le Groenland vu du ciel // New photo gallery : Greenland seen from above

drapeau-francaisA l’heure où le Groenland connaît une fonte record de sa banquise, j’ai ajouté dans la colonne de droite de ce blog une galerie de photos prises depuis l’avion qui me conduisait vers l’Alaska ou la côte ouest des Etats-Unis. Quand la couverture nuageuse se déchire, on peut admirer des vues magnifiques de ce territoire.

Pour voir les images individuellement, il suffit d’interrompre le diaporama, faire un clic droit avec la souris et choisir « Afficher l’image ».

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drapeau-anglaisAt a time when Greenland is experiencing a record melting of its ice, I have just added in the right-hand column of this blog a gallery of photos taken from the plane that took me to Alaska or the western coast of the United United. When cloud cover breaks open, you can watch great views of this territory.
To view the images individually, simply pause the slide show, right click the mouse and select « View Image. »

Gr blog 07

Photo: C. Grandpey

Fonte de la glace et arrivée du tourisme arctique // Ice melting and arrival of Arctic tourism

drapeau-francaisAvec la fonte de la banquise arctique, le trafic maritime sur les mers dépourvues de glace va augmenter et dès cet été, Crystal Serenity, un navire capable de transporter jusqu’à 1 070 passagers et 655 membres d’équipage, avec un casino, une bibliothèque, des boutiques et d’innombrables autres équipements, va naviguer dans l’Océan Arctique en empruntant le Passage du Nord-Ouest.

Un tel voyage suppose des mesures spécifiques en cas de problème. L’Alaska doit donc se préparer à affronter les pires scénarios et certaines localités ont commencé à s’y préparer.
Même si le navire ne fera pas étape à Nome, la ville se prépare depuis des mois, avec la Garde Côtière, à accueillir les flots de touristes qui ne manqueraient pas de débarquer dans cette petite localité d’environ 3200 âmes en cas de situation d’urgence. Le navire ne fera pas escale à Nome ou à Barrow, mais ces villes seraient fortement affectées si les passagers devaient débarquer à l’improviste et être acheminés vers la localité la plus proche.
La Garde Côtière a réalisé au cours des dernières années des exercices de sauvetage, des ateliers d’évacuation ou mis au point des plans d’urgence pour des villes comme Kotzebue, Nome, Barrow afin de faire face à des catastrophes d’origine humaine ou naturelle. Cette préparation fait partie de l’opération Arctic Shield.
La logistique et la communication sont les principaux obstacles dans le cadre de la navigation sur des itinéraires comme celui emprunté par le Crystal Serenity. Les passagers à bord du navire doivent être préparés, eux aussi. Il leur est demandé de souscrire à une assurance d’évacuation d’urgence de 50 000 dollars avant de participer à une croisière dans le Passage du Nord-Ouest. Le paquebot naviguera avec son propre navire d’escorte qui peut jouer le rôle de brise-glace. Ce navire aura à son bord des hélicoptères à des fins de sécurité et il rejoindra le Crystal Serenity  à Uluhaktok au Canada.
En ce qui concerne l’environnement d’un voyage à travers une telle zone sensible, le porte-parole de la compagnie a déclaré que le navire de croisière et le brise-glace utiliseront des carburants à faible teneur en soufre. Il a également déclaré que la société évacuera les eaux usées des douches, machines à laver et toilettes au moins à 20 km de la côte.
Source: Alaska Dispatch News.

NDLR : Avec la fonte de la banquise arctique, l’exemple de ce bateau de croisière marque le début d’une nouvelle ère. D’autres navires suivront. Une société allemande a déjà prévu des voyages similaires. Dans les prochaines années, l’Arctique ne sera plus le même. La question est de savoir combien de temps il arrivera à survivre.

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drapeau-anglaisAs the ice is melting in the Arctic, traffic on the open seas is increasing and this summer, Crystal Serenity, a cruise ship able to carry up to 1,070 passengers and 655 crew members, with a casino, a library, shops and countless other countless amenities will set out to travel through the waters of the Northwest Passage through the Arctic Ocean.

Such a voyage comes with specific challenges should something go wrong. Alaska is bracing for how it might handle the worst-case scenarios and some communities have been getting ready.

Although the ship won’t be stopping in Nome, the town has been planning for months to prepare itself for the largest infusion of tourists it has ever seen at once from a cruise. It is working closely with the Coast Guard to prepare for what to do in the case of an emergency. An emergency response to accommodate 1,700 people would create a chaos in the town of about 3,200. The ship won’t be stopping in Nome or in Barrow, but those areas would be affected if passengers had to unexpectedly disembark and head to the nearest community.

The Coast Guard, over the past few years, has carried out rescue operation exercises and workshops or developed emergency plans for cities like Kotzebue, Nome, Barrow and others, for what to do in the face of things like a man-made incident or natural disaster. This preparation is part of what’s called Operation Arctic Shield.

Logistics and communication are the biggest hurdles when it comes to being prepared for the worst on routes like the one Crystal Serenity will take. Passengers on board the ship need to be prepared, too. They are required to get $50,000 in emergency evacuation insurance to cruise through the Northwest Passage. The ship will also be travelling with its own escort vessel which has ice-breaking capabilities. That vessel will be complete with helicopters on board for safety purposes, and will join the cruise ship at the Canadian community of Uluhaktok.

As far as environmental concerns for travelling through such a sensitive area, the company spokesman said that both the cruise ship and the icebreaker will travel using low-sulphur fuels. He also said the company will discharge grey and black water – wastewater from showers, washing machines and toilets – no less than 20 km from shore.

Source: Alaska Dispatch News.

With the melting of Arctic sea ice, the example of this cruise ship is just the beginning of a new era. More ships will follow. A German company has already planned similar trips in the Arctic. In the coming years, the Arctic won’t be the same. The question is to know how long it will survive.

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Routes maritimes empruntant le Passage du Nord-Ouest  (Source: NASA)

L’Arctique continue à se réchauffer // The Arctic keeps warming up

drapeau-francaisLes dernières données fournies par la NASA et la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) montrent que le mois de janvier 2016 a été extraordinaire d’un point de vue climatique pour l’ensemble de la planète. Venant après 2015 qui a été l’année la plus chaude de tous les temps, janvier 2016 a battu de nouveaux records
Cependant, le réchauffement n’a pas été uniformément réparti. Il a été particulièrement prononcé dans les régions arctiques, avec des anomalies de température supérieures de 4 degrés Celsius à la moyenne enregistrée entre 1951 et 1980 dans cette région.
On sait depuis pas mal de temps que le réchauffement climatique est particulièrement prononcé dans l’Arctique – phénomène connu sous l’appellation « amplification arctique »- mais même en tenant compte de ce paramètre, on peut affirmer que le réchauffement a été particulièrement marqué ces derniers temps.
Cette chaleur inhabituelle de l’Arctique s’est accompagnée d’une nouvelle réduction de la banquise, avec plus de 1 100 000 kilomètres carrés dessous de la moyenne pour le mois de janvier. La situation s’est poursuivie en février. L’étendue de la banquise est bien inférieure à ce qu’elle était en 2012 qui représente la plus faible étendue minimale de glace de mer.
En ce qui concerne les causes de ce phénomène, les scientifiques disent qu’elles sont complexes. Le phénomène El Niño, très puissant en 2015, porte probablement une large part de responsabilité. Ce n’est toutefois pas nécessairement le seul facteur, mais les scientifiques américains ne s’attardent pas sur ce point! Il leur faudrait aborder le problème de l’effet de serre causé par les activités humaines et industrielles, un thème qui n’est guère apprécié par certains hommes politiques américains qui votent les budgets scientifiques!
Les impacts du réchauffement de l’Arctique comprennent la fonte des grands glaciers de l’Arctique et du Groenland (dont la fonte intégrale aurait le potentiel de faire s’élever de 7 mètres le niveau de la mer), le dégel du pergélisol riche en carbone (qui pourrait s’ajouter aux émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère) et l’augmentation des incendies à travers les forêts boréales.
Sources: NASA et de la NOAA.

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drapeau anglaisNew data from NASA and the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) suggest that January 2016 was, for the globe, a truly extraordinary month. Coming after the hottest year (2015) ever observed, January broke new records
However, the heat wasn’t uniformly distributed. It was particularly pronounced in Arctic regions, with temperature anomalies above 4 degrees Celsius higher than the 1951 to 1980 average in this region.
Global warming has long been known to be particularly intense in the Arctic — a phenomenon known as « Arctic amplification », but even so, lately the phenomenon has been extremely pronounced.
This unusual Arctic heat has been accompanied by a new record low level for Arctic sea ice extent, more than 1,100,000 square kilometres below average for the month.
The low sea ice situation has now continued into February. Current ice extent is well below levels at the same point in 2012, which went on to set the current record for the lowest sea ice minimum extent.
As far as the causes of this phenomenon are concerned, scientists say it is a complicated picture. It has likely much to do with the very strong El Niño event that has carried over from 2015. This is not necessarily the only factor, but U.S. scientists don’t linger on this point! They would have to deal with greenhouse gases produced by human and industrial activities, a theme which is not appreciated by some politicians who vote U.S. scientific budgets!
The impacts of Arctic warming include the melting of major Arctic glaciers and Greenland (containing the potential for up to 7 metres of sea level rise if it were to melt entirely), the thawing of carbon rich permafrost (which could add to atmospheric greenhouse gas emissions) and signs of worsening wildfires across the boreal forests.
Sources: NASA & NOAA.

Arctique

Source: NASA