Un avenir sombre pour les glaciers // A dark future for the glaciers

Une nouvelle étude conduite par des chercheurs de l’Université de Bristol (Royaume-Uni) et l’Université d’Innsbruck (Autriche), en collaboration avec des collègues de l’Institut international d’analyse des systèmes appliqués (IIASA), confirme ce que j’ai écrit précédemment sur ce blog : les glaciers ne se régénéreront pas avant des siècles, même si nous parvenons d’ici là à ramener la température de la planète à la limite de 1,5 °C stipulée par la COP 21 de Paris en 2015.

Glacier d’Aletsch (Suisse)

L’étude présente les premières simulations jamais effectuées sur l’évolution des glaciers jusqu’en 2500, en s’appuyant sur des scénarios pessimistes selon lesquels le réchauffement de la planète dépasserait temporairement la limite de 1,5 °C et atteindrait 3 °C avant de se refroidir à nouveau, sauf si les politiques climatiques adoptées par les gouvernements restent inchangées.
Les résultats de l’étude, publiés dans la revue Nature Climate Change, montrent qu’un tel scénario pourrait entraîner une perte de masse des glaciers allant jusqu’à 16 % de plus par rapport à un monde qui ne franchirait jamais le seuil de 1,5 °C.

Mer de Glace (France)

Dans cette étude, les chercheurs ont cherché à déterminer si les glaciers pourraient se rétablir si la planète se refroidissait à nouveau. Malheureusement, la réponse de l’étude est négative. En effet, la hausse globale des températures indique un risque important de dépassement des limites de l’Accord de Paris. Par exemple, 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre et la première à dépasser la barre des 1,5 °C.
Les scientifiques ont évalué l’évolution future des glaciers selon un scénario pessimiste dans lequel les températures continueraient d’augmenter jusqu’à 3 °C vers 2150, avant de retomber à 1,5 °C en 2300 et de se stabiliser. Ce scénario suppose un avenir avec zéro émissions de gaz à effet de serre, dans lequel les technologies comme le captage du carbone seraient mises en œuvre pour éviter le dépassement des seuils critiques de réchauffement.
Même dans un tel contexte, les résultats montrent que les glaciers subiraient une perte supplémentaire de 16 % de leur masse d’ici 2200, et de 11 % de plus d’ici 2500, en plus des 35 % déjà promis à la fonte à 1,5 °C. Cette eau de fonte supplémentaire finira par atteindre l’océan, contribuant à une élévation encore plus importante du niveau des océans.

Glacier Athabasca (Canada)

Les auteurs de l’étude ont utilisé un nouveau modèle développé par l’Université de Bristol et des institutions partenaires, qui simule l’évolution passée et future de tous les glaciers du monde, à l’exception des deux calottes polaires. Ce modèle a été combiné à de nouvelles projections climatiques proposées par l’Université de Berne (Suisse).
Le modèle montre qu’il faudrait plusieurs siècles, voire des millénaires, aux grands glaciers pour se rétablir suite à une hausse de température de 3 °C. Pour les glaciers plus petits, comme ceux des Alpes, la régénération ne se fera pas avant les prochaines générations, mais elle est possible d’ici 2500. L’eau de fonte des glaciers dans ces régions montagneuses est vitale pour les populations situées en aval, en particulier pendant les saisons sèches.
L’étude a été menée dans le cadre du projet PROVIDE, financé par l’Union Européenne, qui étudie les impacts des dépassements climatiques sur des secteurs clés à travers le monde. On peut y lire dans l’étude que « le comportement des glaciers du futur dépendra de nos actions ou inactions climatiques actuelles. L’heure n’est pas à la complaisance. Nous devons réduire drastiquement nos émissions [de gaz à effet de serre] dès maintenant et atteindre la neutralité carbone afin d’éviter les pires conséquences du réchauffement climatique.»
Source : Institut international d’analyse des systèmes appliqués (IIASA).

Référence :
Schuster, L., Maussion, F., Rounce, D.R., Ultee, L., Schmitt, P., Lacroix, F., Frölicher, T.L., & Schleussner, C-F (2025). Irreversible glacier change and trough water for centuries after overshooting 1.5 °C. Nature Climate Change DOI: 10.1038/s41558-025-02318-w

Glacier Fox (Nouvelle Zélande)

Photos: C. Grandpey

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New research by the University of Bristol in the UK and the University of Innsbruck in Austria in collaboration with colleagues from the I nternational Institute for Appliied Systems Analysis (IIASA) and Switzerland highlights that mountain glaciers across the globe will not recover for centuries, even if human intervention cools the planet back to the 1.5°C limit.

The research presents the first global simulations of glacier change up to 2500 under so-called pessimistic scenarios when the planet temporarily exceeds the 1.5°C limit up to 3°C before cooling back down, which may never happen if the current government climate policies remain unchanged.

The results, which have been published in Nature Climate Change, show that such a scenario could result in glaciers losing up to 16% more of their mass compared to a world that never crosses the 1.5°C threshold.

In the study, the researchers aimed to discover whether glaciers can recover if the planet cools again. Unfortunately, the study’s answer is negative. Indeed, rising global temperatures now indicate a significant chance of overshooting the Paris Agreement limits adopted in 2015. For example, 2024 was the hottest year ever recorded on Earth and the first calendar year to exceed the 1.5°C mark.

The scientists assessed future glacier evolution under a pessimistic scenario in which global temperatures continue rising to 3.0°C by around 2150, before falling back to 1.5°C by 2300 and stabilizing. This scenario reflects a delayed net-zero future, in which negative emission technologies like carbon capture are only deployed after critical warming thresholds have been exceeded.

The results show glaciers would undergo an additional 16% of glacier mass being lost by 2200, and 11% more by 2500, on top of the 35% already committed to melting even at 1.5°C. This extra meltwater eventually reaches the ocean, contributing to even greater sea-level rise.

The research used a new model developed at the University of Bristol and partner institutions, which simulates past and future changes in all of the world’s glaciers, excluding the two polar ice sheets. It was combined with novel global climate projections produced by the University of Bern (Switzerland).

The model shows it would take many centuries, if not millennia, for the large polar glaciers to recover from a 3°C remperature increase. For smaller glaciers such as those in the Alps, the recovery won’t be seen by the next generations but is possible by 2500. Glacier meltwater in these mountain regions is vital to downstream communities – especially during dry seasons.

This research was conducted as part of the EU-funded PROVIDE project, which investigates the impacts of climate overshoots on key sectors around the world. One can read that“the glaciers of the future will bear witness to the consequences of our climate actions or inactions today. This is not a time of complacency. We need to slash emissions now and decisively on the race to net zero to avoid the worst consequences of climate change. »

Source : International Institute for Appliied Systems Analysis (IIASA)

Reference :
Schuster, L., Maussion, F., Rounce, D.R., Ultee, L., Schmitt, P., Lacroix, F., Frölicher, T.L., & Schleussner, C-F (2025). Irreversible glacier change and trough water for centuries after overshooting 1.5 °C. Nature Climate Change DOI: 10.1038/s41558-025-02318-w

La mort annoncée des glaciers islandais // The predicted death of Iceland’s glaciers

La nouvelle n’est pas vraiment une surprise. Avec la hausse des températures dans l’Arctique, les glaciers islandais continuent de fondre et disparaître à un rythme effréné. 70 des 400 glaciers du pays ont disparu à jamais.
Le Met Office islandais explique qu’en seulement un quart de siècle, la couverture de glace a diminué d’environ 10 % et que l’épaisseur des glaciers diminue en moyenne d’un mètre par an. La perte de masse glaciaire en Islande est l’une des plus élevées au monde.
Pour sensibiliser le public à la gravité du problème, les Islandais ont inauguré le premier « cimetière de glaciers » au monde. Ce cimetière commémore les glaciers sur l’île et dans le monde qui ont disparu ou sont menacés par le réchauffement climatique. Le site comprend 15 pierres tombales, sculptées dans la glace par le sculpteur sur glace islandais Ottó Magnússon. Elles rendent hommage, entre autres, au Pizol, aujourd’hui disparu en Suisse, et à l’Okjökull, en Islande. Il faut rappeler qu’une plaque commémorative en lettres d’or écrites en islandais et en anglais a été inaugurée le 18 août 2019 sur le site  de l’Okjökull, dans l’ouest de l’île. Ce sont des chercheurs islandais et de l’Université Rice aux Etats-Unis qui sont à l’initiative du projet. On peut lire sur la plaque le texte suivant à l’adresse des générations futures : « « Une lettre pour l’avenir » – OK (l’Okjökull) est le premier glacier islandais à perdre son statut de glacier. Au cours des 200 prochaines années tous nos glaciers devraient connaître le même sort.  Ce monument atteste que nous savons ce qui se passe et ce qui doit être fait. Vous seuls savez si nous l’avons fait ».

La fonte rapide des glaciers met en péril non seulement les paysages naturels du pays, mais aussi son avenir économique. Si l’eau de fonte des glaciers bonifie actuellement la capacité hydroélectrique de l’Islande, fournissant environ 73 % de son électricité, les scientifiques prévoient un pic de fonte d’ici 40 à 50 ans. À ce moment-là, l’eau de fonte diminuera,et réduira inévitablement la production énergétique nationale.
Une autre conséquence de la fonte des glaciers est la transformation des paysages islandais. Par exemple, dans le sud de l’île, le niveau des terres entourant le Vatnajökull s’élève à raison d’un centimètre par an, phénomène connu sous le nom de rebond isostatique, qui affecte les ports et les infrastructures. Par conséquent, les risques de glissements de terrain, d’inondations et de nouveaux lacs glaciaires augmentent. Pour y faire face, le gouvernement islandais renforce la surveillance du climat, cartographie la topographie des glaciers et encourage le reboisement des zones autrefois couvertes de glace.

Les scientifiques ont effectué certaines projections qui montrent que l’Islande pourrait ne plus être recouverte de glace d’ici 200 ans. La transformation du pays, d’une terre de glaciers en une terre de forêts, est peut-être déjà en cours.
Source : Iceland Review.

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The piece of news does not come as a surprise. Together with rising temperatures in the Arctic, Iceland’s glaciers continue to vanish at a rapid pace, with 70 of the nation’s 400 glaciers lost.

The Icelandic Met Office explains that in just a quarter of a century, ice cover has shrunk by roughly 10%, and glacial thickness is declining by an average of one metre annually. The rate of glacial mass loss is among the highest in the world.

To raise awareness of the severity of the issue, some Icelanders have opened the world’s first “glacier graveyard”. The graveyard commemorates both local and global glaciers lost or endangered by global warming. The site includes 15 tombstones, carved from ice by Icelandic ice sculptor Ottó Magnússon, that pay tribute to Switzerland’s extinct Pizol and Iceland’s Okjökull, among others.

One should remember that a commemorative plaque in gold letters written in Icelandic and English was inaugurated on August 18th, 2019 on the Okjokull site, in the western part of the island. Icelandic researchers and Rice University in the United States are the initiators of the project. The following text can be read on the plaque for future generations: « A letter for the future » – OK (Okjökull) is the first Icelandic glacier to lose its glacier status. Over the next 200 years all our glaciers are expected to follow the same path. This monument is to acknowledge that we know what is happening and what needs to be done. Only you know if we did it. »

Glaciers melting at such a fast rate does not just jeopardise the country’s natural landscape, but also its economic future. While glacier runoff currently boosts Iceland’s hydroelectric capacity, providing around 73% of its electricity, scientists predict a peak in meltwater within 40–50 years. When that time comes, runoff will decline, reducing energy output nationwide.

Another consequences of glacier melting is that the Icelandic landscape is being reshaped. For instance, in South Iceland the land surrounding Vatnajökull is rising by one centimeter annually in a phenomenon called isostatic rebound, affecting harbours and infrastructure. In turn, risks of landslides, floods, and new glacial lakes are increasing. In response, the Icelandic government is expanding climate monitoring, mapping glacier topography, and promoting reforestation where ice once stood.

With some projections suggesting Iceland might become ice-free within 200 years, the country’s transformation from a land of glaciers to forests is perhaps already underway.

Source : Iceland Review.

2025, Année des Glaciers : ne pas l’oublier ! // 2025, Year of the Glaciers : Don’t forget it!

L’être humain souffre d’un très grave défaut : il oublie. Aujourd’hui, chaque fois que survient une catastrophe, c’est toujours la même rengaine : « Du jamais vu ! » Les gens oublient que c’est la Nature qui commande et qu’elle fait payer très cher les erreurs du passé.

Les gens se souviennent-ils aujourd’hui que le 21 mars 2025 a été déclaré Journée Mondiale des Glaciers, et que 2025 a été nommée l’Année des Glaciers afin de rappeler que leur présence est essentielle à l’équilibre de la vie sur notre planète ? Malheureusement, on a vraiment l’impression que la majorité de la population se désintéresse du sujet et s’attarde sur des choses beaucoup plus frivoles.

 

Glacier d’Aletsch (Photo: C. Grandpey)

Les scientifiques nous avertissent pourtant sans cesse que les glaciers, dans de nombreuses régions du monde, ne survivront pas au 21ème siècle s’ils continuent de fondre au rythme actuel. Si une telle catastrophe se produisait, elle mettrait en péril des centaines de millions de personnes qui dépendent de l’eau de ces glaciers.
Avec les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, les glaciers représentent environ 70 % des réserves d’eau douce sur la planète. Ils sont des indicateurs du réchauffement climatique. En effet, leur taille ne varie généralement pas dans un climat stable, mais ils fondent sous l’effet de la hausse des températures provoquée par le réchauffement climatique d’origine anthropique.

Source: OMM

En 2024, les glaciers de Scandinavie, de l’archipel norvégien du Svalbard et d’Asie du Nord ont connu la plus forte perte annuelle de masse jamais enregistrée. Le long de la chaîne de montagnes de l’Hindou Kouch, longue de 800 kilomètres dans l’ouest de l’Himalaya, les moyens de subsistance de plus de 120 millions d’agriculteurs sont menacés par la fonte des glaciers.

Source : International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD)

Bien que les réserves d’eau douce que représentent les glaciers semblent immenses, il est peut-être déjà trop tard pour les préserver pour les générations futures. D’importantes masses de glace pérenne disparaissent rapidement. Cinq des six dernières années ont connu le recul le plus rapide jamais enregistré. La période 2022-2024 a également connu la plus forte perte jamais observée sur trois ans. On estime que les glaciers, sans compter les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, ont perdu plus de 9 000 milliards de tonnes de masse depuis 1975. La planète a perdu 273 milliards de tonnes de glace en moyenne chaque année depuis 2000. À titre de comparaison, ces 273 milliards de tonnes de glace correspondent à peu près à la consommation d’eau de la population mondiale pendant 30 ans. Si la situation se poursuit au rythme actuel, les glaciers des Alpes ne survivront pas à ce siècle.

Glacier du Rhône (Photo: C. Grandpey)

Si les émissions de gaz à effet de serre ne ralentissent pas et que les températures augmentent au rythme actuel, d’ici fin 2100, nous perdrons 80 % des petits glaciers d’Europe, d’Afrique de l’Est, d’Indonésie et d’ailleurs.
La fonte des glaciers a des répercussions immédiates et à grande échelle sur l’économie, les écosystèmes et les zones habitées. Selon le Service mondial de surveillance des glaciers (WGMS), 25 à 30 % de l’élévation du niveau de la mer est due à la fonte des glaciers. La fonte des calottes de neige entraîne une élévation du niveau de la mer d’environ un millimètre par an, un chiffre qui peut paraître insignifiant, mais chaque millimètre inonde 200 000 à 300 000 personnes supplémentaires chaque année. Les inondations peuvent affecter les moyens de subsistance des populations et les contraindre à partir.

Photo: C. Grandpey

La Journée Mondiale des Glaciers, le 21 mars 2025, visait à sensibiliser le public au rôle crucial que jouent ces immenses fleuves de glace dans le système climatique. Le message a-t-il été reçu? Pas si sûr.
Source : Nations Unies.

NB: Certains visiteurs ont des difficultés à diffuser leurs commentaires sur ce blog. Voici ce que m’écrit en privé ce matin un Pyrénéen, fidèle lecteur de mes notes :

« Coïncidence, je copie actuellement mes souvenirs familiaux de VHS-C vers DVD puis encodage en fichier avi.
Il y a de cela 25 ans, films à l’appui (!) il était courant de trouver des névés résistants au dessus de 2000 mètres (brèche de Roland, massif du Néouvielle, et autres lieux).
Mes dernières balades depuis 2020 sont sans appel : la neige manque, les névés ont disparu, les glaciers ou ce qui en reste sont faméliques. Rappel : la cascade de Gavarnie à SEC il y a quelques mois…..
L’avenir s’annonce dur, le Ricard se boira sans eau. »

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Human beings suffer from a very serious flaw: they forget. Today, each time a disaster occurs, it’s always the same old refrain: « This has never been seen before! » People forget that Nature is leading the world and that it makes us pay dearly for the mistakes of the past.
Do people remember today that March 21, 2025, was declared World Glacier Day, and that 2025 was named the Year of the Glaciers to remind them that their presence is essential to the balance of life on our planet? Unfortunately, we really get the impression that the majority of the population is ot interested in the subject and focuses on much more frivolous matters.

Scientists repeatedly warn us that glaciers in many regions will not survive the 21st century if they keep melting at the current rate, potentially jeopardising hundreds of millions of people living downstream,

Together with ice sheets in Greenland and Antarctica, glaciers lock up about 70 per cent of the world’s freshwater reserves. They are striking indicators of global warming as they typically remain about the same size in a stable climate. But, with rising temperatures and global warming triggered by humanactivities, they are melting at unprecedented speed.

In 2024, glaciers in Scandinavia, the Norwegian archipelago of Svalbard and North Asia experienced the largest annual loss of overall mass on record. In the 800-kilometer Hindu Kush mountain range, located in the western Himalayas, the livelihoods of more than 120 million farmers are under threat from glacial loss.

Despite these vast freshwater reserves, it may already be too late to save them for future generations. Large masses of perennial ice are disappearing quickly, with five out of the past six years seeing the most rapid glacier retreat on record. The period from 2022 to 2024 also experienced the largest-ever three-year loss. It is estimated that glaciers, which do not include the Greenland and Antarctica ice sheets, have lost more than 9,000 billion tonnes of mass since 1975. The world has lost 273 billion tonnes of ice on average every year since 2000. To put that into context, 273 billion tonnes of ice lost every year corresponds about to the water intake of the entire world population for 30 years. In central Europe, almost 40 per cent of the remaining ice has melted. If this continues at the current rate, glaciers will not survive this century in the Alps.

If emissions of greenhouse gases are not slowed and the temperatures are rising at the rate they are at the moment, by the end of 2100, we are going to lose 80 per cent of the small glaciers across Europe, East Africa, Indonesia and elsewhere.

Glacial melt has immediate, large-scale repercussions for the economy, ecosystems and communities. 25 to 30 per cent of sea level rise comes from glacier melt, according to the World Glacier Monitoring Service. Melting snowcaps are causing sea levels to rise about one millimetre higher every year, a figure that might seem insignificant, yet every millimetre will flood another 200,000 to 300,000 persons every year. Floods can affect people’s livelihoods and compel them to emigrate from one place to another.

The World Day for Glaciers on 21 March 2025 aimed to raise awareness about the critical role that these massive frozen rivers of snow and ice play in the climate system. Has the message been received? Not so sure.

Source : United Nations.

Lahaina (Ile de Maui) : une ville au riche passé historique // Lahaina, a town with a rich historical past

Située sur la côte ouest de Maui, Lahaina était autrefois la capitale du royaume d’Hawaii. Sa destruction par les gigantesques incendies de ces dernières semaines est une perte terrible pour les Hawaïens de souche. Selon les chiffres officiels, « des centaines de familles ont été déplacées, des dizaines de commerces ont brûlé et de très nombreuses personnes sont mortes ». Selon les derniers bilans, plus de 110 personnes ont péri mais ce nombre est susceptible d’augmenter car un millier de personnes sont toujours portées disparues.
Les Hawaïens disent que la catastrophe de Lahaina a anéanti un lieu riche en histoire et culture hawaïennes. Ils pensent que la tragédie aura un impact à long terme sur leurs communautés.
Pour la plupart des touristes, Lahaina est une destination de vacances populaire, mais l’importance de la ville est bien antérieure à l’intérêt que lui portent les Occidentaux. Une promenade dans Lahaina avant la catastrophe donnait un aperçu du riche passé de l’île. Le trajet d’un bout à l’autre de Front Street était un voyage dans l’histoire du royaume hawaiien. On pouvait remonter dans le temps, jusqu’à 150 ans en arrière ou plus, en visitant les bâtiments.
Déjà avant la création du Royaume d’Hawaii en 1795, Lahaina était un lieu important où se réunissaient les chefs de différentes parties de Maui. En 1802, après que le roi Kamehameha eut conquis plusieurs îles de l’archipel, Lahaina devint la capitale officielle du royaume. En plus d’être le centre politique d’Hawaii, la ville est devenue un bastion de la chasse à la baleine et de la pêche tout au long des années 1800. Le boom économique a fait de Lahaina une plaque tournante du commerce entre Hawaii et le reste du monde.
Honolulu est devenue la capitale en 1845 et, dans les décennies qui ont suivi, les États-Unis ont commencé à vouloir s’approprier Hawaii. Les Américains ont usurpé le gouvernement du royaume et ont refusé le droit de vote aux Hawaiiens autochtones en 1887. Un coup d’État américain a renversé la reine en 1893 et les États-Unis ont annexé Hawaii en tant que territoire en 1898.
Un grand banian vieux de 150 ans dans la vieille ville de Lahaina marquait l’endroit où se trouvait le premier palais du roi Kamehameha. Une grande partie de cet arbre a été détruite par les incendies. D’autres trésors culturels ont été réduits en cendres, comme l’église où sont enterrés les souverains.

Alors que les habitants commencent à évaluer l’étendue des dégâts causés par les incendies, le gouverneur d’Hawaï a déclaré qu’il sera essentiel de prendre en compte les communautés autochtones lors de la reconstruction de Lahaina.
[NDLR : les Hawaïens autochtones qui ont tout perdu auront du mal à se reconstruire. À moins que le gouvernement prenne des mesures restrictives, ils devront faire face à des investisseurs et des agents immobiliers peu scrupuleux qui voudront acheter à bas prix l’endroit où ils vivaient afin de construire de nouvelles résidences de luxe.]

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Situated on the west coast of Maui, Lahaina was once the capital of the Kingdom of Hawaii. With nothing left after the huge wildfires that ravaged it, it is a terrible loss for native Hawaiians. According to official updates, “hundreds of families have been displaced, dozens of businesses have burned, and there’s a strong chance many people have died.” More than 110 people have died but this death toll is likely to largely increase as about 1,000 persons are still reported missing.

Hawaiians say the Lahaina’s disaster leaves them mourning the loss of a place dense with Native Hawaiian history and culture, and they’re bracing for what the tragedy will mean for their communities in the long term.

Many visitors know Lahaina as a popular vacation destination, but the town’s significance long predates Western interest. A stroll through Lahaina town before the disaster gave a glimpse into the rich past of the island. Walking from one end of Front Street to the other end was like a physical timeline of the history of the Hawaiian Kingdom. One could actually see the flow of time in the buildings stemming back 150 or more years.

Even before the formation of the Kingdom of Hawaii in 1795, Lahaina was an important place where chiefs from different parts of Maui would gather. But in 1802, after King Kamehameha had conquered several islands on the archipelago, Lahaina was made the Hawaiian Kingdom’s official capital.

In addition to being the political center of Hawaii, it became a whaling and fishing bastion throughout the 1800s. The economic boom made Lahaina a global trade hub that connected Hawaii to the rest of the world.

Honolulu became the capital in 1845 and, in the decades that followed, the United States began its effort to claim Hawaii. Americans usurped the kingdom’s government and denied suffrage to Native Hawaiians in 1887. An American coup overthrew the queen in 1893 and the U.S. annexed it as a territory in 1898.

A large 150-year-old banyan tree in Old Lahaina marked the place where King Kamehameha’s first palace stood. Much of that tree has now been burned in the fires. Otherc ultural treasures lwere destroyed by the fire, including a church where royals were buried As residents begin to process the damage and destruction caused by the fires, the Governor of Hawaii said it was critical to consider indigenous communities when making decisions about next steps for the community.

[Editor’s note : Native Hawaiians who have lost everything will find it difficult to rebuild. Unless the government takes restrictive measures, they will have to face unsrupulous investors and real estate agents who will want to buy at a low cost the place where they lived in order to buid new residences for rich people.]

Image satellite montrant les incendies à Lahaina