Obama construit, Trump détruit // Constructive Obama, destructive Trump

drapeau-francaisQuelques semaines avant la fin de sa présidence, Barack Obama redouble d’efforts pour mettre en œuvre sa politique environnementale dont le but est de lutter contre le changement climatique. Dans le même temps, Donald Trump, le président élu, confirme qu’il réduira à néant les efforts de l’administration précédente dans ce domaine.

La Maison Blanche vient d’annoncer des mesures de protection pour les terres et les eaux du nord de l’Alaska, ce qui met à l’abri des exploitations pétrolières plus de 105 000 kilomètres carrés du Détroit de Béring et oblige le gouvernement fédéral à mettre en place un système prenant en compte les intérêts des populations autochtones.
Une telle mesure était prévue, mais redoutée, par les représentants alaskiens du Parti Républicain au Congrès, qui ont mis en garde le Président  contre la fermeture de ces eaux aux forages gaziers et pétroliers.
Obama a fait la sourde oreille à ces protestations et clairement indiqué qu’il préférait écouter les groupes autochtones de l’Alaska plutôt que les élus de  cet État. En 2015, il est devenu le premier président en exercice à visiter l’Alaska, et il a longuement parlé de la protection de la région contre les effets du changement climatique.

Priorité est donnée à une plus grande expression des tribus autochtones de l’Alaska qui veulent protéger les eaux arctiques qui sont au cœur de leur mode de subsistance. Les exigences énoncent clairement la position de la Maison Blanche en ce qui concerne les Amérindiens ; elles s’opposent aux développements pétroliers et gaziers, comme dans le cas controversé du  Dakota Access Pipeline (DAPL).
Nul doute que l’administration Trump essaiera de s’attaquer à ces nouvelles mesures prises par l’administration Obama, mais leur annulation ne se fera pas sans mal et nécessitera de gros efforts.

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A l’inverse de l’administration Obama, l’équipe de transition de Donald Trump a confirmé sa position contre les mesures visant à freiner le changement climatique. Elle a publié une liste de 74 questions à l’attention du Ministère de l’Énergie et demandé les noms des employés et des sous-traitants ayant participé à l’élaboration d’un pacte climatique international ainsi qu’aux efforts pour réduire la production de carbone aux Etats Unis.
Le questionnaire demande une liste des individus qui ont pris part aux négociations internationales sur le climat au cours des cinq dernières années et «quels programmes sont essentiels pour atteindre les objectifs du plan d’action climatique (Climate Action Plan) du président Obama».
Trump et son équipe ont promis de démanteler certains aspects de la politique climatique de Barack Obama. Le questionnaire, que l’un des fonctionnaires du Mnistère de l’Énergie a qualifié d’«intrusif», soulève des inquiétudes quant au fait que l’équipe de transition Trump essaie de cibler – de toute évidence pour les éliminer – les personnes, y compris les fonctionnaires, qui ont contribué à mettre en place des politiques environnementales sous la présidence Obama.
Des milliers de scientifiques ont signé des pétitions demandant au président élu et à son équipe de respecter l’intégrité scientifique et de s’abstenir de cibler des chercheurs dont le travail pourrait entrer en conflit avec les objectifs de la nouvelle administration.

Source: Médias américains.

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drapeau-anglaisA few weeks before the end of his presidency, Barack Obama is making efforts to implement his environmental policy whose aim is to fight against climate change. Meantime, Donald Trump, the president-elect is confirming that he will demolish what the previous administration’s efforts in this domain.

The White House has just announced parting protections for the northern reaches of Alaska’s lands and waters, closing off more than 105 000 square kilometres of Bering Strait-area waters to future oil leases and requiring the federal government to set up a system for increasing the input of Native people.

The move was anticipated but not appreciated by Alaska’s all-Republican congressional delegation, who warned President Barack Obama against closing off more waters to drilling.

But Obama has made it clear that he would rather listen to Alaska Native groups than to the state’s elected officials. In 2015, he became the first sitting president to visit Alaska’s Arctic, and he has spoken extensively about protecting the region from the results of encroaching climate change.

Central to the executive order issued by the White House are orders to require a greater voice for Alaska Native tribes who want to protect the water that is central to their subsistence lifestyle. The requirements make a clear statement of where the White House stands when it comes to Native Americans opposing oil and gas developments, such as in the controversial case of the Dakota Access pipeline.

The new changes will likely require some effort for the incoming administration to undo.

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Confirming its position against measures to curb climate change, the Trump transition team has issued a list of 74 questions for the Energy Department, asking agency officials to identify which department employees and contractors have worked on forging an international climate pact as well as domestic efforts to cut the nation’s carbon output.

The questionnaire requests a list of those individuals who have taken part in international climate talks over the past five years and « which programs are essential to meeting the goals of President Obama’s Climate Action Plan. »

Trump and his team have vowed to dismantle specific aspects of Barack Obama’s climate policies. The questionnaire, which one Energy Department official described as unusually « intrusive », has raised concern that the Trump transition team was trying to figure out how to target the people, including civil servants, who have helped implement policies under Obama.

Thousands of scientists have signed petitions calling on the president-elect and his team to respect scientific integrity and refrain from singling out individual researchers whose work might conflict with the new administration’s policy goals.

Source : American news media.

Villages côtiers de l’Arctique et réchauffement climatique // Arctic coastal villages and global warming

drapeau-francaisProche de l’Arctique, l’Alaska se réchauffe environ deux fois plus vite que le reste des États-Unis, et 2016 devrait être la plus chaude année jamais enregistrée. Le gouvernement a identifié en Alaska au moins 31 localités en danger imminent de destruction. Selon les climatologues qui étudient le changement climatique, certains villages n’existeront plus d’ici 2050. Leur population rejoindra le flux de réfugiés climatiques dans le monde, que ce soit en Bolivie, en Chine, au Niger ou dans d’autres pays.
Les communautés menacées d’Alaska ont deux solutions. Elles pourraient se déplacer vers des zones plus élevées, une perspective qui, pour un petit village, coûterait jusqu’à 200 millions de dollars. Ou bien les habitants pourraient ne pas bouger et espérer trouver de l’argent pour renforcer leurs maisons et autres bâtiments et consolider leur littoral.
Le village de Shaktoolik et ses quelque 250 habitants a été construit sur une étroite bande de terre entre la rivière Tagoomenik et la Mer de Béring. Il est confronté à une menace imminente d’inondations et d’érosion provoquées par le changement climatique. Après des années de réunions qui n’ont mené à rien et des demandes de financement gouvernemental qui ne sont toujours pas satisfaites, Shaktoolik a décidé de «rester et de se défendre», du moins pour le moment.
À Shaktoolik, comme dans d’autres villages de l’Alaska, les habitants disent que l’hiver arrive plus tard qu’auparavant et se retire prématurément au printemps, un changement que les scientifiques associent au réchauffement climatique. Avec la hausse des températures de l’océan, l’amoncellement de neige et de glace qui était censé protéger le village des puissantes vagues au moment des tempêtes diminue chaque année. L’hiver dernier, pour la première fois de l’histoire du village, la mer n’a pas gelé.
Les coups de boutoir des tempêtes ont fait disparaître la terre autour du village. La bande de terre sur laquelle Shaktoolik est construit perd en moyenne 4 000 mètres carrés par an. Les inondations provoquées par l’océan et la rivière ont pris une telle ampleur que la dernière grande tempête a bien failli transformer Shaktoolik en île.
Comme l’ont découvert les habitants de Shaktoolik et d’autres villages menacés, rester et partir présentent des dangers. Le processus de délocalisation peut prendre des années, voire des décennies. En attendant de partir, les habitants doivent continuer à envoyer leurs enfants à l’école, aller chez le médecin quand ils sont malades, avoir des conduites d’eau qui fonctionnent, des réservoirs de carburant en bon état et un endroit sûr où aller se réfugier en cas de forte tempête.
Le problème, c’est que peu d’agences gouvernementales sont disposées à investir dans le maintien de villages menacés par l’érosion et les inondations, surtout lorsque ces communautés envisagent d’aller vivre ailleurs.

Les autorités de Shaktoolik ont repéré un site possible de relocalisation à 17 km au sud-est, mais certains habitants craignent que leur culture, qui dépend de la pêche et de la chasse, souffre de ce déplacement. En outre, le gouvernement a refusé de financer la construction d’une route qui servirait à la fois au transport des matériaux de construction et comme voie d’évacuation. Les habitants n’ont actuellement aucun moyen fiable pour fuir rapidement en cas d’urgence.
Les grandes tempêtes sur la côte ouest de l’Alaska sont différentes de celles qui menacent Miami ou la Nouvelle-Orléans. Elles peuvent atteindre la force d’un ouragan de catégorie 1, mais leur envergure est cinq à dix fois plus importante, ce qui signifie qu’elles affectent une zone plus grande et durent plus longtemps. Certains habitants ajoutent que les tempêtes en Alaska deviennent plus fréquentes et plus intenses. Il ne fait aucun doute que la hausse de la température de l’Océan Arctique a entraîné une diminution de la glace en mer, ce qui a permis aux tempêtes et aux vagues de frapper les rivages avec plus de force et de provoquer davantage d’inondations et d’érosion. Un climatologue de l’Université de Victoria (Colombie Britannique) confirme que le déclin de la glace de mer est «indéniablement lié» au réchauffement climatique, de même que la hausse du niveau de la mer est lié à la fonte des glaciers.
Shaktoolik doit faire face à d’autres problèmes qui seront difficiles ou impossibles à résoudre sans aide extérieure. Par exemple, l’érosion menace le réservoir de carburant du village, son aéroport et son approvisionnement en eau potable. Le défi le plus urgent est la mise en sécurité des villageois en cas de catastrophe. Le plan d’urgence de Shaktoolik prévoit que les gens se rassemblent à l’intérieur de l’école, mais le bâtiment, qui se trouve le long de la route face à l’océan, est lui-même susceptible d’être inondé et n’est, de toute façon, pas assez grand pour accueillir confortablement toute la population. Certaines familles ont dit que si une violente tempête se produisait, elles fuiraient par la rivière Shaktoolik. Les bateaux attendent, avec l’approvisionnement nécessaire, mais la rivière serait presque certainement encombrée par la glace et une tentative de fuite de cette manière se terminerait probablement par une opération de sauvetage.
Pourtant, pour rester en place, le village doit trouver un moyen de prévenir la perte de vies, voire la perte de biens. Il faudrait une route d’évacuation, améliorer le réseau de distribution d’eau potable et une meilleure protection du réservoir de carburant. Il faudrait  aussi renforcer la digue et équiper la rivière de projecteurs et bouées lumineuses. Il faudrait construire un nouveau dispensaire et un abri solide pour les habitants en cas de tempête. Le prix de ces réalisations est estimé à plus de 100 millions de dollars. Même si les agences fédérales et étatiques financent le travail de première nécessité, on sera loin de la somme nécessaire. Personne ne sait d’où proviendra l’argent supplémentaire. Malgré des années de rapports gouvernementaux appelant à l’action, des épisodes sporadiques de financement et une visite dans la région du président Obama l’année dernière, les centaines de millions de dollars nécessaires pour que les villages menacés restent où ils sont ne sont jamais arrivées à destination.
L’Etat d’Alaska qui, dans le passé, a déjà fourni des fonds à un village pour qu’il puisse commencer sa relocalisation, connaît une crise financière car sa santé économique est liée aux revenus du pétrole qui connaissent une chute spectaculaire.
Il est prévu que Shaktoolik reçoive 1 million de dollars d’un organisme fédéral indépendant, mais cet argent servira en priorité à payer le renforcement de la digue et à protéger le réservoir de carburant du village. La contribution la plus importante pourrait être le montant de 400 millions de dollars prévu en 2017 dans le budget Obama pour la relocalisation des villages menacés, mais avec une nouvelle administration, le sort de cette somme d’argent est incertain.
Comme l’a déclaré un membre du conseil de village de Shaktoolik: « Le gouvernement fédéral dépense des milliards de dollars pour des guerres dans les pays étrangers, mais il nous traite toujours comme si nous étions un pays du tiers monde. »

Source : Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWith its proximity to the Arctic, Alaska is warming about twice as fast as the rest of the United States, and the state is heading for the warmest year on record. The government has identified at least 31 Alaska towns and cities at imminent risk of destruction. Some villages, climate change experts predict, will be uninhabitable by 2050, their residents joining a flow of climate refugees around the globe, in Bolivia, China, Niger and other countries.

These endangered Alaska communities face a choice. They could move to higher ground, a prospect that, for a small village, could cost as much as $200 million. Or they could stand their ground and hope to find money to fortify their buildings and shore up their coastline.

Laid out on a narrow spit of sand between the Tagoomenik River and the Bering Sea, the village of Shaktoolik and its 250 or so residents is facing an imminent threat from increased flooding and erosion, signs of a changing climate. After years of meetings that led nowhere and pleas for government financing that remained unmet, Shaktoolik has decided it will « stay and defend, » at least for the time being.

In Shaktoolik, as in other villages around Alaska, residents say winter is arriving later than before and rushing prematurely into spring, a shift scientists tie to climate change. With rising ocean temperatures, the offshore ice and slush that normally buffer the village from storm surges and powerful ocean waves are decreasing. Last winter, for the first time elders here can remember, there was no offshore ice at all.

The battering delivered by the storms has eaten away at the land around the village. According to one estimate, the strip of land on which Shaktoolik is built is losing an average of 4,000 square metres a year. Flooding from the ocean and the swollen river waters has become so severe that the last big storm came close to turning Shaktoolik into an island.

As Shaktoolik and other threatened villages have discovered, both staying and moving have their perils. The process of relocation can take years or even decades. In the meantime, residents still need to send their children to school, go to the doctor when they are sick, have functioning water lines and fuel tanks and a safe place to go when a severe storm comes.

But few government agencies are willing to invest in maintaining villages that are menaced by erosion and flooding, especially when the communities are planning to go elsewhere.

Shaktoolik’s leaders have identified a potential relocation site 17 km away to the southeast. But some residents say they fear that their culture, dependent on fishing and hunting, will suffer if they move. Besides, the government turned down applications for money to build a road that would serve both as a way to get building materials to their new home and as an evacuation route. Residents currently have no reliable way to escape quickly in an emergency.

Big storms on Alaska’s west coast are different from those that threaten Miami or New Orleans. They can carry the force of a Category 1 hurricane, but their diameter is five to 10 times greater, meaning that they affect a larger area and last longer. Some residents here say that the storms are becoming more frequent and more intense. There is no question that higher ocean temperatures have resulted in less offshore ice, allowing storm surges and waves to hit with greater force and bringing more flooding and erosion. A climate scientist at the University of Victoria (BC) confirms that the loss of sea ice « undeniably linked » to a warming climate, as is the rising level of the sea as a result of melting glaciers.

Shaktoolik faces other threats that will be difficult or impossible to ward off without assistance. For instance, erosion is threatening the village’s fuel tanks, its airport and its drinking water supply. But the most urgent challenge is keeping village residents safe in the event of a disaster. Shaktoolik’s current emergency plan calls for people to gather inside the school. But the school building, which sits on the ocean side of the road, is itself likely to be flooded and is not large enough to comfortably accommodate everyone. Some families have said that in a severe storm they would flee up the Shaktoolik River. They keep their boats stocked with supplies. But the river would almost certainly be ice-filled and treacherous, and any attempt to escape would likely end in a search and rescue operation.

Yet if it is to stay put, the village must find a way to prevent loss of life, if not the loss of property. It would need an evacuation road; improvements to the water system and the fuel tank farm; increased fortification of the berm; floodlights and lighted buoys for the river; a new health clinic; a fortified shelter for residents in a storm. The estimated price tag for these improvements is well over $100 million. And while state and federal agencies will finance some routine work, it will not even be close to what is needed. No one knows where the additional money will come from. Despite years of government reports calling for action, sporadic bursts of financing and a visit to the region by President Barack Obama last year, the hundreds of millions of dollars it would take for Alaska’s threatened villages to stay where they are – or to move elsewhere – have not materialized.

 The state of Alaska – which in the past provided some funds to a community to begin its relocation – is in a fiscal crisis, its economic health tied to oil revenues.

Shaktoolik is scheduled to receive $1 million from an independent federal agency. But the money will not go far: some will help pay for a new design to fortify the berm while the rest is intended to help protect the village’s fuel tank storage. Perhaps the largest potential contribution is the $400 million allocated for relocating threatened villages in the Obama administration’s proposed 2017 budget. But with a new administration, the fate of that allocation is at best uncertain.

A member of the Shaktoolik village council, said: “The federal government spends billions on wars in foreign countries, but they still treat us like we’re a Third World country. »

Source: Alaska Dispatch News.

La flèche rouge indique Shaktoolik, petit port soumis aux fureurs de la Mer de Béring:

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Source: Google Maps

La glace de mer a de plus en plus de mal à former une masse compacte jusqu’à la côte:

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(Photo: C. Grandpey)

Réchauffement climatique : Quelques chiffres intéressants // Climate change : A few interesting figures

drapeau-francaisAlors que la température globale de la planète continue d’augmenter et de battre des records, la glace de mer dans l’Arctique et l’Antarctique a atteint des niveaux record pour cette période de l’année. Comme je l’ai indiqué précédemment, certains jours de novembre, la température de l’Arctique se situait à 20 degrés Celsius au-dessus de la moyenne pour cette période de l’année.
A côté de cela, les mesures fournies par le satellite du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) montrent que le 4 décembre, la surface couverte par la glace de mer aux pôles était de 3 834 millions de kilomètres carrés inférieure à la moyenne de 1981-2010. Cela représente environ la taille de l’Inde, ou bien deux fois la superficie de l’Alaska.
Les dernières mesures vont donc à l’encontre de l’opinion exprimée par certains climato-sceptiques qui affirmaient que l’expansion de la glace de mer antarctique contredisait les preuves du changement climatique.
Au cours de la COP 21 de Paris en 2015, près de 200 gouvernements ont décidé de réduire leurs émissions de carbone afin de maintenir l’augmentation de la température mondiale au maximum à 2 degrés Celsius au-dessus de la température moyenne avant la révolution industrielle. Il n’est pas certain que les États-Unis se conforment à cet accord car le président Donald Trump a déclaré qu’il ne le respecterait pas. M. Trump a toutefois fait quelque peu machine arrière en novembre lorsqu’il a indiqué au New York Times qu’il ferait preuve «d’ouverture d’esprit» en matière de changement climatique.
M. Trump et Ivanka Trump se sont réunis avec Al Gore le 5 décembre à la Trump Tower pour aborder la question du changement climatique. Gore a qualifié son entretien de «très productif» et de «recherche sincère de terrains d’entente». [NDLR : On appréciera le langage diplomatique qui, une fois traduit, signifie que les discussions n’ont abouti à aucun accord]
Ces réunions se sont déroulées alors que la glace de mer en Antarctique couvre 11,2 millions de kilomètres carrés, sa plus faible surface pour un début décembre, et qui bat le record de 1982. De même, la glace de mer dans l’Arctique, bien qu’en expansion pour l’hiver, a atteint 10,25 millions de kilomètres carrés cette saison, battant ainsi le record de 2006.
Les scientifiques craignent que ces développements aient un effet domino. Avec la fonte de la glace de mer, les glaciers risquent d’accélérer leur vêlage dans les eaux environnantes, ce qui ne manquera pas d’avoir un effet sur l’élévation du niveau de la mer.
Source: CBS News.

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drapeau-anglaisAs global temperatures continue to rise and break records, sea ice in the Arctic and Antarctica are being measured at record lows for this time of year. As I put it before, temperatures in the Arctic, for instance, were 20 degrees Celsius above average on some days of November.

Beyond that, the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) satellite measurements show that on December 4th, the extent of polar sea ice was 3 834 million square kilometres below the 1981-2010 average. That amounts to about the size of India, or for another point of reference, two Alaskas.

The latest measurements appear to reverse a trend of expanding Antarctic sea ice, which some skeptics cited to contradict evidence of climate change.

With last year’s Paris climate agreement, nearly 200 governments agreed to curb carbon emissions with the goal of keeping the world’s temperature increase to no more than 2 degrees Celsius above the global average temperature before the Industrial Revolution. It remains unclear whether the U.S. commitment to that deal will be honored by President-elect Donald Trump, who has previously stated he might want to pull out of the Paris agreement. Mr. Trump backtracked somewhat in November, telling the New York Times that he has an “open mind” when it comes to climate change.

Mr. Trump and Ivanka Trump held meetings with Al Gore Monday at Trump Tower to discuss the issue of climate change. Gore characterized his talk with the president-elect as “very productive” and “a sincere search for areas of common ground.”

Those meetings came as Antarctica’s sea ice measured 11.2 million square kilometres — its smallest for early December, effectively beating 1982’s record. Similarly, sea ice in the Arctic, though expanding for the winter, hit a record low of 10.25 million square kilometres this season, below 2006’s record.

Scientists worry that these developments could have a domino effect. As sea ice melts, glaciers could collapse more quickly into their surrounding waters, potentially increasing the rate of sea level rise rapidly.

Source: CBS News.

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Photo: C. Grandpey

HMS Erebus, HMS Terror et le changement climatique // HMS Terror, HMS Erebus and climate change

drapeau-francaisPour les volcanophiles, les noms Terror et Erebus sont étroitement liés à l’Antarctique. En effet, au 19ème siècle, une expédition à bord du HMS Terror et du HMS Erebus a donné leurs noms à deux volcans de ce continent*.
L’expédition suivante a conduit les équipages dans l’Arctique. Il y a près de deux siècles, 134 hommes se trouvaient à bord de ces deux navires britanniques avec l’espoir de découvrir le fabuleux Passage du Nord-Ouest, une route commerciale censée traverser l’Arctique et relier l’Europe aux richesses de l’Est. Ils ne sont jamais revenus. Les Inuits racontent des histoires de bateaux à trois mâts pris dans la glace et d’hommes affamés, victimes du scorbut, obligés de se livrer au cannibalisme.
Malgré toutes les recherches, aucun navire n’avait été trouvé jusqu’à ces dernières années. Ce n’est qu’en 2014 que sont apparues les premières traces de l’expédition, lorsque des plongeurs ont découvert une épave qu’ils ont identifiée comme étant celle du HMS Erebus, nom latin d’Erèbe, la divinité grecque des Ténèbres. Le mois dernier, le deuxième élément du mystère a été mis à jour lorsqu’un ranger inuit et une équipe d’explorateurs ont annoncé qu’ils avaient localisé le HMS Terror dans un état de parfaite conservation, non loin de l’Erebus, à l’entrée du passage du Nord-Ouest.

L’histoire de la disparition de ces navires et de la découverte de leurs épaves révèle à quel point l’Arctique a changé en quelques décennies. La glace n’est plus ce qu’elle était autrefois; Les scientifiques pensent que l’Arctique sera dépourvu de glace et navigable en été vers le milieu du siècle, voire plus tôt. Comme je l’ai déjà écrit, un navire de croisière transportant plus de 1 000 touristes a traversé l’Océan Arctique pour la première fois cette année.
Les conditions dans l’Arctique d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles que les expéditeurs ont dû affronter au milieu du 19ème siècle, à l’apogée de l’Empire britannique. L’Amirauté avait demandé à John Franklin, un explorateur polaire de 59 ans, de trouver dans les mers nordiques un chenal qui relierait les océans Atlantique et Pacifique. Personne ne savait avec certitude si un tel passage existait, mais sa découverte serait un autre joyau à apposer à la couronne britannique. Les Européens pensaient que le monde était parfaitement symétrique. Comme les explorateurs avaient découvert un passage au sud de l’Amérique du Sud entre l’Atlantique et le Pacifique, ils étaient persuadés qu’une route identique existait au nord.
Grâce à l’Antarctique, Franklin avait l’expérience de la navigation à travers la glace. Il a choisi deux vaisseaux militaires – l’Erebus et le Terror – pour ce voyage et a renforcé leurs coques avec du fer pour qu’elles résistent à la force écrasante de la glace. L’Erebus et le Terror étaient équipés de moteurs de locomotives à vapeur. Celui d’Erebus avait une puissance de 25 chevaux (19 kW) et pouvait propulser le navire à 4 noeuds (7.4 km / h). Franklin a rempli la cale de l’équivalent de trois ans de nourriture en boîte au cas où le voyage durerait plus longtemps que les deux années prévues.

Le 19 mai 1845, l’Erebus et le Terror descendaient la Tamise et entraient dans l’Océan Atlantique. Les Londoniens s’étaient massés sur les berges du fleuve et applaudissaient la puissance de leur Empire. Le succès semblait assuré, mais Franklin se dirigeait vers une frontière que la science n’avait pas encore maîtrisée. Les boussoles ne fonctionnaient pas correctement car leur lecture était perturbée par le magnétisme du pôle Nord. Il n’y avait pas, non plus, de bulletin météorologique. Il faisait beaucoup plus froid qu’aujourd’hui et il y avait des années où la glace ne fondait jamais pendant l’été. Les navires pouvaient rapidement se faire piéger dans une glace dure comme du ciment.
L’expédition britannique a pénétré dans l’Océan Arctique avant la fin du mois de mai et a progressé à travers le labyrinthe de l’archipel arctique canadien. Franklin et ses hommes atteignirent le nord jusqu’à 77 degrés de latitude, à environ 1360 kilomètres du pôle Nord, avant d’hiverner sur une minuscule île inhabitée.
La seule façon de survivre dans cet environnement où les tempêtes peuvent s’accompagner de puissants vents glacés en provenance du pôle Nord, c’est d’écouter les Inuits ; pourtant, la tradition orale laisse supposer que Franklin et ses hommes ne les ont pas consultés. En septembre 1846, les Britanniques ont pris la très mauvaise décision d’emprunter un chenal dangereux, le détroit de Victoria. Le détroit se trouve à seulement 320 km du continent canadien ; il connaît malgré tout régulièrement un englacement pire que les régions situées plus au nord.

Une tempête a probablement surpris l’expédition et recouvert de glace le détroit de Victoria en quelques heures, piégeant ainsi les navires. Les hommes sont restés blottis à bord pendant près de deux ans, en attendant que la glace se dégage. Mais même en été, la situation ne s’améliorait pas. Une vingtaine d’hommes, dont Franklin, ont péri suite à des maladies.
Ceux qui restaient ont abandonné les navires le 22 avril 1848 et ont marché désespérément vers le sud, en espérant pouvoir traverser l’île du Roi-Guillaume et atteindre le continent canadien. Luttant contre des vents mordants, il leur a fallu trois jours pour parcourir les 24 km jusqu’à l’île. Nous savons cela parce que cinq ans plus tard, une note écrite par le commandant de l’Erebus a été trouvée sous un repère de pierre sur l’île du Roi-Guillaume.
Les expéditions de recherche en provenance de Grande-Bretagne n’ont pas trouvé de navires ou de survivants, mais les Inuits ont dit avoir vu des hommes mourir de faim, le visage noirci par le scorbut. Selon eux, les survivants ont mangé leurs camarades après avoir fait bouillir des parties de leurs corps dans leurs bottes. Ces récits ont été confirmés en 2014 quand les scientifiques ont examiné des restes humains sur l’île du Roi-Guillaume et ont trouvé des entailles probablement laissées sur les restes de squelettes lors de la découpe des cadavres à la hache.
Les navires de Franklin ont été considérés comme perdus à jamais. Toutefois, dans les années 2000, avec la fonte de la glace de mer pendant l’été à cause du réchauffement climatique, de nombreux pays ont commencé à s’intéresser aux richesses de l’Arctique et en 2008, le Canada est parti à la recherche de l’Erebus et du Terror. Plusieurs organismes gouvernementaux canadiens ainsi que l’Arctic Research Foundation ont commencé à passer au peigne fin à l’aide d’un sonar les passages du Nord-Ouest pour essayer de retrouver  les navires de Franklin. En 2014, l’Erebus est apparu sur le sonar. Quand les plongeurs l’ont examiné, ils ont trouvé un navire presque intact. Sur un flanc, il y avait une grosse cloche, fondue en 1845 pour honorer l’expédition. Sur le pont inférieur se trouvaient des coffres intacts où les hommes avaient entreposé leurs effets personnels.
Une nouvelle avancée des recherches a eu lieu en septembre 2014, lorsqu’un ranger inuit, qui vit dans la seule partie habitée de l’île du Roi-Guillaume, est monté à bord d’un navire de l’Arctic Research Foundation. Il a indiqué que sept hivers auparavant, lui et un ami s’étaient rendus en motoneige au large de l’île du Roi-Guillaume, sur la Terror Bay qui était prise par les glaces, et ils avaient vu un poteau qui émergeait de la glace. Ils s’étaient approchés et avaient vu que c’était un mât en bois de six pieds de haut. Ils ont pris une photo mais ils ont ensuite perdu l’appareil photo pendant le voyage et n’ont jamais révélé leur découverte à qui que ce soit, même s’ils étaient certains que c’était une preuve de  la triste expédition de Franklin.
L’expédition de recherche a immédiatement mis le cap sur Terror Bay, qui était dépourvue de glace l’été dernier. On a utilisé un sonar pour scruter le plancher océanique. Au moment où les recherches allaient être abandonnées, le navire de recherche passa au-dessus d’un trois-mâts qui gisait au fond de l’océan, à 130 km au nord de l’Erebus. Les plongeurs ont examiné le navire une semaine plus tard et ont confirmé que c’était le Terror. Le navire est hermétiquement fermé et contient probablement des documents et autres artefacts en parfait état.
Les scientifiques pensent que l’Erebus et le Terror n’auraient pas pu être retrouvés s’ils étaient restés dissimulés sous une épaisse couche de glace, comme à l’époque de Franklin,ou même avec la glace encore présente dans les années 1970 et 1980. Jusqu’à récemment, le détroit de Victoria dégelait seulement une fois tous les 10 ans ; aujourd’hui, il est généralement libre de glace chaque été.
Au cours des prochaines années, les scientifiques canadiens étudieront les navires, les photographieront et examineront le site afin d’en apprendre le plus possible sur le sort de l’expédition. Ils vont rechercher des corps, et peut-être même le cercueil de Franklin. Ils récupéreront des artefacts, des documents, des cartes et d’autres documents pour répondre à différentes questions: Pourquoi le Terror est-il si loin au nord de l’Erebus? Pourquoi tant d’hommes sont-ils tombés malades? Pourquoi ont-ils décidé de se lancer dans une marche qui leur a coûté la vie?
Source: The Washington Post et Alaska Dispatch News.

* Je recommande la lecture de Erebus, volcan antarctique de Haroun Tazieff paru en 1994 aux Editions Actes Sud.

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drapeau-anglaisFor volcano lovers, the names Terror and Erebus are closely linked to the Antarctic. Indeed, in the 19th century, expeditions on board HMS Terror and  HMS Erebus gave these names to two volcanoes.

The next expedition was in the Arctic. Almost two centuries ago, 134 men set sail on the  two British ships to discover the fabled Northwest Passage, a trade route through the Arctic linking Europe to the riches of the East. They never returned. The Inuit tell tales of the three-masted ships caught in ice and of men afflicted by scurvy and going hungry, forced to resort to cannibalism.

Despite search efforts, neither ship was found. It was not until 2014 that the first traces of the expedition emerged, when divers located a shipwreck that they identified as HMS Erebus, named after the spiritual limbo between Earth and hell. Last month, the second big piece of the mystery fell into place when an Inuit ranger and a team of explorers announced that they had located HMS Terror – in near-pristine condition, not far from the Erebus – at the bottom of the Northwest Passage.

The story of the ships’ loss and eventual finding reveals how much the Arctic has changed in just a few decades. The ice is no longer what it once was; scientists think that the Arctic will be ice-free and navigable in the summer by the middle of the century, if not earlier. As I put it before, a cruise ship carrying more than 1,000 tourists traversed the northern ocean of North America for the first time this year.

The conditions in the Arctic today are balmy in comparison to what the expeditioners faced in the middle of the 19th century, at the height of the British Empire. The admiralty asked John Franklin, a 59-year-old polar explorer, to find a northern sea path linking the Atlantic and Pacific oceans. No one knew for certain that such a passage existed, but finding it would be yet another jewel in the British crown. Europeans thought of the world as perfect and symmetrical. Explorers had discovered a passage at the bottom of South America that linked the Atlantic and the Pacific. And so people reasoned that a similar one must exist in the north.

Franklin knew how to navigate through ice. He chose two military vessels – the Erebus and the Terror – for the journey and reinforced their hulls with iron to withstand the crushing force of ice. Both Erebus and Terror were outfitted with the steam engines of locomotives. That of Erebus was rated at 25 horsepower (19 kW) and could propel the ship at 4 knots (7.4 km/h). He filled his hold with three years’ worth of canned food in case the voyage took longer than the expected two years.

On May 19th 1845, Erebus and Terror set off down the River Thames and into the Atlantic Ocean. Londoners thronged the banks and cheered the might of their empire. Success seemed assured. But Franklin was heading into a frontier that science had not mastered. Compasses did not work properly because their magnetic readings were impaired by proximity to the North Pole. There were no weather reports. It was much colder than today and there were years with no summer ice melt at all. Ships could quickly get trapped in cement-like ice.

The expedition entered the Arctic Ocean before the end of May and moved forward through the labyrinth of the Canadian Arctic archipelago. Franklin and his men reached as far north as 77 degrees, about 1360 kilometres from the North Pole, before wintering on a tiny uninhabited island.

The only way to survive in this environment, where storms can bring powerful icy winds from the North Pole, is by listening to the Inuit. Inuit oral history suggests that Franklin and his men, however, did not consult with them. In September 1846, the British made a fateful decision to sail through a dangerous channel, the Victoria Strait. The strait is only 320 km from the Canadian mainland, and yet it routinely experiences heavier ice conditions than areas farther north.

A storm probably crept up on the expedition, icing Victoria Strait within hours and trapping the ships. The men huddled onboard for nearly two years, waiting for the ice to clear. But even in summer, it remained unyielding. Two dozen men, including Franklin, died of illness.

The remaining men abandoned the ships on April 22nd 1848, in a mad effort to walk south, across King William Island, to the Canadian mainland. It was a dangerous plan; in biting winds, it took them three days just to trek across the 24 km of ice to the island. We know this because five years later, a note written by Erebus’s commander was found under a stone landmark on King William Island.

Search parties dispatched from Britain did not find the ships or any survivors, but the Inuit told them of having seen men starving, their faces blackened possibly by scurvy. The survivors ate their comrades after boiling body parts in their boots, the Inuit said. The oral history seemed to be confirmed in 2014 when scientists examined human remains from King William Island and found hack marks apparently left on skeletal remains by desperate butchers.

Franklin’s ships had been considered lost to history. But in the 2000s, as the summer sea ice began to clear because of global warming, nations jostled to access the Arctic’s riches and in 2008, Canada began searching for the Erebus and the Terror. A coalition of Canadian government agencies and the Arctic Research Foundation began sweeping the Northwest Passages for Franklin’s ships using sonar. In 2014, the Erebus showed up on the sonar. When divers examined it, they found a nearly intact ship. Off to one side was a massive bell, cast in 1845 to honor the expedition. On the lower decks were intact chests where the men had stored their personal effects.

A second breakthrough came in September 2014, when an Inuit ranger who lives in the only settlement on King William Island, boarded an Arctic Research Foundation vessel. He said that seven winters ago, he and a friend had been snowmobiling off King William Island, on the frozen Terror Bay, when they saw a pole sticking out of the ice. They went closer and saw that it was a six-foot-tall wooden mast. They took a photo but later lost the camera during the trip and never told anyone about the incident, although they had thought it was a testimony of Franklin’s doomed expedition.

The expedition immediately set course for Terror Bay, which was ice-free this past summer. They used a sonar to image the ocean floor. Just as they were about to give up, they passed right over an ancient three-masted ship at the bottom of the ocean, 130 km north of the Erebus. Divers examined the ship a week later and confirmed that it was the Terror. The ship is tightly sealed and probably contains documents and other artifacts in pristine condition.

Scientists say it is doubtful that the Erebus and the Terror would have been found if they had been hidden under the ice common during Franklin’s time or even the ice found in the 1970s and 1980s. Until recently, Victoria Strait thawed only once every 10 years, but now it usually clears every summer.

Over the next few years, Canadian scientists will study the ships, photograph them and excavate the site to learn as much as they can about the expedition’s fate. They will look for bodies, and perhaps even the coffin of Franklin. They will recover artifacts, documents, charts and other materials to answer old questions and new ones: Why is the Terror so far north of the Erebus? And why did so many men fall ill so rapidly? Why did they decide on a treacherous trek that claimed their lives?

Source : The Washington Post and Alaska Dispatch News.

terror

Le Terror pris par les glaces (Esquisse de George Back, Toronto Public Library)