La population de Shishmaref (Alaska) vote pour la relocalisation du village // The population of Shishmaref (Alaska) votes for the relocation of the village

drapeau-francaisShishmaref est un village de la circonscription de Nome, dans la nord de l’Alaska. Il est situé sur l’Ile Sarichef dans la Mer de Tchouktches, juste au nord du Détroit de Béring. L’Ile Sarichef fait partie d’un ruban insulaire de 100 km de long dont l’histoire humaine et environnementale s’étend sur quelque 2000 ans. La population de Shishmaref s’élevait à 563 personnes au dernier recensement de 2010.

Shishmaref est l’exemple même des effets du réchauffement climatique sur les zones côtières. La hausse des températures a entraîné la fonte de la glace de mer qui, autrefois, protégeait le village des assauts de l’océan pendant les tempêtes. De plus, le permafrost sur lequel le village est bâti fond lui aussi, rendant le rivage beaucoup plus vulnérable à l’érosion. Ces dernières années, le rivage a reculé en moyenne de 3 mètres par an, malgré les remparts de roches mis en place par la population locale. Par le passé, certaines maisons ont chuté dans l’eau et d’autres ont dû être déplacées.

Il faudrait déplacer Shishmaref plus au sud, mais Tin Creek, le site initialement prévu ne convient plus, à cause de la fonte du permafrost. On estime à 180 millions de dollars le coût du déplacement du village et l’Administration Obama a déclaré qu’elle n’était pas en mesure de fournir cet argent.

Le 16 août 2016, Shishmaref a demandé par un vote l’avis de ses 169 électeurs sur le déplacement du village. 89 participants ont dit oui (94, selon la radio locale) et 78 ont dit non. Le vote a été serré car cette décision est un crève-cœur pour ce village de pêcheurs et de chasseurs. En fait, le vote est surtout symbolique, car aucun déplacement n’est prévu dans l’immédiat. Les villageois ont simplement décidé qu’ils devraient partir en cas de danger imminent.

Les habitants de Shishmaref ne sont pas les seuls à être confrontés à ce problème. Au total, 31 communes d’Alaska sont menacées par le réchauffement climatique. Alors qu’une douzaine d’entre elles étudient la possibilité d’un déménagement, la plupart ne pourront pas prétendre, à l’image de Shishmaref, à un financement fédéral.

Source : Presse internationale.

—————————————

drapeau-anglaisShishmaref is a village of the Nome census area, in northern Alaska. It is located on Sarichef Island in the Chukchi Sea, just north of the Bering Strait. Sarichef Island is part of an island strip 100 km long where the human and environmental history spans 2,000 years. The population of Shishmaref was 563 in the last 2010 census.
Shishmaref is a perfect example of the effects of global warming on coastal areas. Rising temperatures caused the melting of sea ice that once protected the village from the assaults of the ocean during storms. In addition, the permafrost on which the village is built is melting too, making it much more vulnerable to shoreline erosion. In recent years, the shoreline has receded by an average of 3 metres per year, despite the rock walls set up by the local population. In the past, some homes fell in the water and others were displaced.
Shishmaref should be moved further south to safer land. However, Tin Creek, the initially planned site is no longer appropriate because of melting permafrost. The cost of moving the village has been estimated at $180 million and the Obama administration said it was not able to provide this money.
On 16 August 2016, Shishmaref asked by a vote the opinion of its 169 voters about displacing the village. 89 participants said yes (94, according to a local radio) and 78 said no. The vote was close as this decision is heart-breaking for this village of fishermen and hunters. In fact, the vote is largely symbolic, since no displacement is expected in the immediate future. Villagers have simply decided that they should go in case of imminent danger.
The people of Shishmaref are not the only ones facing this problem. A total of 31 towns in Alaska are threatened by global warming. While a dozen of them are studying the possibility of a move, most will not be eligible, just like Shishmaref, for federal funding.
Source: International news media.

Shishmaref

Shishmaref, village menacé par le réchauffement climatique (Photo: Wikimedia)

 

Histoire d’ours et de matériel scientifique // A story of bears and scientific equipment

drapeau francaisComme les séismes sont fréquents en Alaska, les scientifiques ont installé des sismographes dans différentes parties de l’Etat. Ils se trouvent souvent dans des endroits reculés, loin de tout, où presque personne ne va. Ainsi, le risque de vandalisme est très faible. Cependant, les sismologues de l’Université de Fairbanks ont remarqué que leur équipement avait été visité. Par exemple, des boîtes en plastique et un conduit de ligne en aluminium alimentant une antenne montée sur un arbre ont été déterrés. Ailleurs, un coffre avec 100 kilos de batteries a été déplacé. Afin de déceler la cause du problème, les scientifiques ont installé des caméras à proximité de leur équipement. Une vidéo récente postée par un sismologue montre que les environs de la Tanana River, dans le centre de l’Alaska, ressemblent au parc du Serengeti en Afrique. Une caméra avec déclenchement par détection des mouvements et installée au-dessus des instruments montre les visites de plusieurs animaux au cours de l’hiver dernier.
https://youtu.be/6-6tBKLCCk4

Une fois la caméra installée, les animaux sont venus sur le site du matériel pendant l’hiver. Des lièvres, un lynx et des coyotes sont passés devant la caméra, mais ne semblaient pas être très intéressés par le matériel. Quand le printemps est arrivé, les ours ont montré un comportement très différent. La caméra a surpris un trio d’ours noirs en train de s’en prendre à l’équipement enterré et recouvert d’une bâche de protection. Deux jeunes ours se sont amusés à tirer la bâche par une chaude journée de mai. Une telle situation n’est pas rare. Les ours ont déjà endommagé plusieurs stations scientifiques dans des endroits reculés. Ils se sont attaqués à 6 des 10 stations d’un réseau sismique, inaccessible depuis la route, dans le centre de l’Alaska.
Les scientifiques ont essayé de comprendre le comportement des ours et leur intérêt pour l’équipement scientifique. Il semble que les animaux soient très attirés par les objets fabriqués avec du pétrole, comme des jerricanes de carburant en plastique et les gaines des fils électriques. Il se peut qu’ils soient attirés par l’odeur. On sait que les ours ont un odorat très développé. Les plantigrades sont omnivores et sont attirés par tout ce qui peut représenter une source de nourriture. Une autre raison pourrait être le bruit produit par l’équipement scientifique. Bien que les stations sismiques soient silencieuses, les instruments qui émettent le moindre son sont susceptibles de devenir des cibles potentielles pour les ours dont l’ouïe est très fine. On a vu des grizzlys et des ours polaires déambuler dans des villages et s’attaquer à des lampadaires qui émettent un léger ronflement.
Source: Alaska Dispatch News.

—————————————–

drapeau anglaisAs Alaska is prone to earthquakes, scientists have set up seismographs in different parts of the State. These regions are often remote places where hardly any human goes. Thus the risk of vandalism is very low. However, seismologists at the University of Alaska Fairbanks noticed that their equipment had been tampered with. For instance, buried plastic boxes and an aluminium conduit line running to an antenna mounted on a spruce tree had been dug up. On one occasion, a box with 100 kilos of batteries was yanked to a different spot.

In order to find the cause of the problem, the scientists installed cameras close to the equipment. A recent video posted by a seismologist makes the Tanana River flats look like the Serengeti. A motion-triggered game camera installed above buried instruments shows visits from several animals during the past winter.

https://youtu.be/6-6tBKLCCk4

After the game camera was in place, the animals came along during the winter. Hares, lynx and coyotes passed in front of the camera but did not seem to be much interested in the equipment. When spring arrived, bears showed a very different behaviour. The camera caught a trio of black bears pawing at the tarp-covered buried equipment. Two small bears played tug of war with the tarp on a warm day in May. This situation is not new. Bears have already damaged many scientific stations in the wilderness. On a similar project involving seismometers installed in Southcentral Alaska, bears messed with six out of 10 stations not reachable by road.

Scientists tried to understand the bears’ behaviour and their interest in the equipment. It seems the animals are extremely attracted to things made out of petroleum, like plastic fuel jugs and sheathing on wires. This might be because of the smell. Bears are omnivore and like to investigate every possible curiosity that could be or contain a food source. Another reason might be the noise produced by the equipment. Though the seismic stations are silent, the instruments that make noise also become bear targets. Grizzly and polar bears have been known to walk down runways in villages and knock down all the runway lights, which make a slight humming sound.

Source: Alaska Dispatch News.

Cam

Capture d’écran de la caméra montrant 3 ours autour du matériel scientifique.

Pavlof (Iles Aléoutiennes / Alaska)

drapeau-francaisSelon un message que m’a adressé hier soir l’AVO, on observait le 28 juillet un fort dégazage du Pavlof sur les images des webcams installées à Cold Bay et Black Hills. Les images satellites et les pilotes d’aéronefs font état d’un panache de vapeur avec un peu de cendre qui monte jusqu’à 4,5 km d’altitude. La sismicité est relativement élevée, avec des épisodes de tremor.

En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange, tandis que l’alerte volcanique a été élevée à Vigilance.

———————————–

drapeau-anglaisAccording to a message I received last night from AVO, vigorous steam degassing was observed at Pavlof volcano in web camera images from Cold Bay and Black Hills on July 28th. Satellite observations and pilot reports indicate minor amounts of ash associated with the steam cloud at an altitude of less than 4.5 km. Seismicity remains elevated, with periods of volcanic tremor.

The Aviation Colour Code and the Volcano Alert Level have been raised to Orange and Watch, respectively.

Pavlof_modifié-1

Vue du Pavlof le 28 juillet 2016 (Source: AVO/Webcam Cold Bay)

 

Fonte de la glace et arrivée du tourisme arctique // Ice melting and arrival of Arctic tourism

drapeau-francaisAvec la fonte de la banquise arctique, le trafic maritime sur les mers dépourvues de glace va augmenter et dès cet été, Crystal Serenity, un navire capable de transporter jusqu’à 1 070 passagers et 655 membres d’équipage, avec un casino, une bibliothèque, des boutiques et d’innombrables autres équipements, va naviguer dans l’Océan Arctique en empruntant le Passage du Nord-Ouest.

Un tel voyage suppose des mesures spécifiques en cas de problème. L’Alaska doit donc se préparer à affronter les pires scénarios et certaines localités ont commencé à s’y préparer.
Même si le navire ne fera pas étape à Nome, la ville se prépare depuis des mois, avec la Garde Côtière, à accueillir les flots de touristes qui ne manqueraient pas de débarquer dans cette petite localité d’environ 3200 âmes en cas de situation d’urgence. Le navire ne fera pas escale à Nome ou à Barrow, mais ces villes seraient fortement affectées si les passagers devaient débarquer à l’improviste et être acheminés vers la localité la plus proche.
La Garde Côtière a réalisé au cours des dernières années des exercices de sauvetage, des ateliers d’évacuation ou mis au point des plans d’urgence pour des villes comme Kotzebue, Nome, Barrow afin de faire face à des catastrophes d’origine humaine ou naturelle. Cette préparation fait partie de l’opération Arctic Shield.
La logistique et la communication sont les principaux obstacles dans le cadre de la navigation sur des itinéraires comme celui emprunté par le Crystal Serenity. Les passagers à bord du navire doivent être préparés, eux aussi. Il leur est demandé de souscrire à une assurance d’évacuation d’urgence de 50 000 dollars avant de participer à une croisière dans le Passage du Nord-Ouest. Le paquebot naviguera avec son propre navire d’escorte qui peut jouer le rôle de brise-glace. Ce navire aura à son bord des hélicoptères à des fins de sécurité et il rejoindra le Crystal Serenity  à Uluhaktok au Canada.
En ce qui concerne l’environnement d’un voyage à travers une telle zone sensible, le porte-parole de la compagnie a déclaré que le navire de croisière et le brise-glace utiliseront des carburants à faible teneur en soufre. Il a également déclaré que la société évacuera les eaux usées des douches, machines à laver et toilettes au moins à 20 km de la côte.
Source: Alaska Dispatch News.

NDLR : Avec la fonte de la banquise arctique, l’exemple de ce bateau de croisière marque le début d’une nouvelle ère. D’autres navires suivront. Une société allemande a déjà prévu des voyages similaires. Dans les prochaines années, l’Arctique ne sera plus le même. La question est de savoir combien de temps il arrivera à survivre.

 ————————————–

drapeau-anglaisAs the ice is melting in the Arctic, traffic on the open seas is increasing and this summer, Crystal Serenity, a cruise ship able to carry up to 1,070 passengers and 655 crew members, with a casino, a library, shops and countless other countless amenities will set out to travel through the waters of the Northwest Passage through the Arctic Ocean.

Such a voyage comes with specific challenges should something go wrong. Alaska is bracing for how it might handle the worst-case scenarios and some communities have been getting ready.

Although the ship won’t be stopping in Nome, the town has been planning for months to prepare itself for the largest infusion of tourists it has ever seen at once from a cruise. It is working closely with the Coast Guard to prepare for what to do in the case of an emergency. An emergency response to accommodate 1,700 people would create a chaos in the town of about 3,200. The ship won’t be stopping in Nome or in Barrow, but those areas would be affected if passengers had to unexpectedly disembark and head to the nearest community.

The Coast Guard, over the past few years, has carried out rescue operation exercises and workshops or developed emergency plans for cities like Kotzebue, Nome, Barrow and others, for what to do in the face of things like a man-made incident or natural disaster. This preparation is part of what’s called Operation Arctic Shield.

Logistics and communication are the biggest hurdles when it comes to being prepared for the worst on routes like the one Crystal Serenity will take. Passengers on board the ship need to be prepared, too. They are required to get $50,000 in emergency evacuation insurance to cruise through the Northwest Passage. The ship will also be travelling with its own escort vessel which has ice-breaking capabilities. That vessel will be complete with helicopters on board for safety purposes, and will join the cruise ship at the Canadian community of Uluhaktok.

As far as environmental concerns for travelling through such a sensitive area, the company spokesman said that both the cruise ship and the icebreaker will travel using low-sulphur fuels. He also said the company will discharge grey and black water – wastewater from showers, washing machines and toilets – no less than 20 km from shore.

Source: Alaska Dispatch News.

With the melting of Arctic sea ice, the example of this cruise ship is just the beginning of a new era. More ships will follow. A German company has already planned similar trips in the Arctic. In the coming years, the Arctic won’t be the same. The question is to know how long it will survive.

Northwest_passage

Routes maritimes empruntant le Passage du Nord-Ouest  (Source: NASA)