La fonte rapide des glaciers d’Amérique du Nord // The rapid melting of North American glaciers

Selon une nouvelle étude publiée dans les Geophysical Research Letters, les glaciers de l’ouest de l’Amérique du Nord fondent quatre fois plus vite que pendant la décennie écoulée. Les modifications intervenues dans le comportement du jet-stream ont accentué les effets à long terme du changement climatique. Les auteurs de l’étude ont travaillé à partir de données fournies par les images satellites des glaciers entre 2000 et 2009 et entre 2009 et 2018.
Le recul glaciaire n’est pas partout le même aux États-Unis et au Canada. En particulier, les glaciers de la Chaîne des Cascades dans le nord-ouest des Etats-Unis (sur le Mt Baker, le Mt Rainier, le Mt Shasta) ont été en grande partie épargnés par la tendance au recul. Les pertes de masse glaciaire ont été moindres car, du fait de leur situation géographiques et leur exposition aux masses d’air humide du Pacifique, ils ont reçu d’abondantes chutes de neige.

Le jetstream – courant d’air rapide qui circule dans l’atmosphère et qui influe sur les conditions météorologiques – s’est déplacé, provoquant davantage de chutes de neige dans le nord-ouest des États-Unis et moins dans le sud-ouest du Canada. Les variations du jetstream dans l’hémisphère nord sont de plus en plus étroitement liées au réchauffement de la planète. Ce réchauffement dû à la combustion anthropique d’énergies fossiles devrait continuer à faire fondre les glaciers, même si on devait assister à une réduction des émissions de gaz à effet de serre.
La situation des glaciers de l’Alaska est beaucoup plus préoccupante en Amérique du Nord, car cet Etat se réchauffe plus rapidement que le reste des États-Unis. Par exemple, la neige du Mont Hunter, dans le Parc National du Denali, fond 60 fois plus vite qu’il y a 150 ans.
Les glaciers nord-américains présentés dans la nouvelle étude sont beaucoup plus petits que ceux d’Alaska ou d’Asie et leur fonte ne contribue guère à l’élévation du niveau de la mer. Les chercheurs expliquent qu’ils offrent des indications précieuses en matière de gestion de l’eau, au niveau de la pêche et de la prévention des inondations. Avec la diminution des glaciers, moins d’eau sera disponible pour les réseaux hydrographiques qu’ils alimentent lorsque les précipitations seront faibles. Ainsi, dans certaines régions du monde, en particulier en Amérique du Sud, des millions de personnes pourraient perdre leurs principales sources d’approvisionnement en eau. Dans le nord-ouest des États-Unis, si les glaciers fondaient complètement, le débit de certains bassins versants pourrait être réduit d’environ 15% pendant les mois secs d’août et de septembre. De plus, la hausse de température de l’eau pourrait poser des problèmes aux poissons. Les sédiments qui accompagnent la fonte des glaciers pourraient s’accumuler au fond des lits des rivières, favorisant leur débordement lors des fortes pluies.
Source: The Guardian.

—————————————————-

According to a new study released in Geophysical Research Letters, glaciers in western North America are melting four times faster than in the previous decade, with changes in the jet stream exacerbating the longer-term effects of climate change. The authors got their data by comparing satellite images of glaciers from 2000 to 2009 and from 2009 to 2018.

The retreat has not been equal in the US and Canada. The glaciers in the Cascade Range (Mt Baker, Mt Rainier, Mt Shasta) in the north-west US have largely been spared from the trend. Because of their geographical situation and their exposure to the humid air masses from the Pacific Ocean, the losses there were reduced because the mountains got a lot of additional snow.

The jet stream – the current of fast-flowing air in the atmosphere that affects weather – has shifted, causing more snow in the north-western US and less in south-western Canada. Changes in the northern hemisphere jet stream are increasingly firmly linked to global warming. That warming from humans burning fossil fuels is also expected to continue to melt alpine glaciers, even under scenarios for more moderate greenhouse gas levels.

Alaskan glaciers get much of the attention in North America because Alaska is warming faster than the rest of the US. For instance, Mount Hunter in Denali National Park, is seeing 60 times more snow melt than it did 150 years ago.

The North American glaciers analyzed in the new study are far smaller than those in Alaska, Asia and elsewhere, so they won’t contribute much to sea-level rise as they melt. The authors say they offer critical lessons for water management, fisheries and flood prevention. With shrinking glaciers, less water will be available for nearby river systems when rainfall is low. In some parts of the world, millions of people could lose their primary water supplies. In the Pacific north-west US, if glaciers melted entirely, that could reduce the flow of certain watersheds by up to about 15% in dry months of August and September.

Moreover, changes in water temperature could pose problems for fish. And the sediment that comes with melting glaciers could fall to the bottoms of riverbeds, making them overflow during heavy rains.

Source : The Guardian.

°°°°°°°°°°

Les glaciers du Mt Baker et du Mt Shasta fondent moins vite. S’agissant de ceux du Mont Rainier, j’ai remarqué qu’ils avaient reculé de manière significative au cours des dernières années.

Mt Baker

 

Mt Shasta

Mt Rainier

Dans les Rocheuses canadiennes, la fonte glaciaire est spectaculaire, en particulier dans le Columbia Icefield où des repères permettent de se rendre compte du recul du glacier Athabasca.

 Angel Glacier

Athabasca Glacier

En Alaska, la fonte des glaciers est incroyable. On s’en rend compte en visitant à quelques années d’intervalle le Columbia dans le Prince William Sound, près de Valdez ou le Sawyer dans le Tracy Fjord, près de Juneau.

Columbia Glacier

Sawyer Glacier

(Photos: C. Grandpey)

Les glaciers à Libourne (Gironde) le 8 mars!

Je présenterai le vendredi 8 mars 2019 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du changement climatique » dans le cadre de l’UTL de Libourne (Gironde). Elle aura lieu à 15h30 à la Salle du Verdet, 12 rue de Toussaint. (Entrée: 4 € pour les non-adhérents).

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont souvent la conséquence du changement climatique.
Lors de ses voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer mon dernier ouvrage « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », avec un CD de 160 photos. Prix de vente : 10 euros.

Glacier Sawyer en Alaska (Photo: C. Grandpey)

Plus de surveillance terrestre du Mt Dutton (Alaska) // No more land monitoring of Mt Dutton (Alaska)

Dans un bulletin spécial, l’Alaska Volcano Observatory (AVO) vient d’indiquer qu’il n’est plus en mesure de surveiller sismiquement le Mont Dutton en raison de l’absence de réseau sismique en état de fonctionnement. En conséquence, l’Observatoire ne peut plus (1) observer si le Dutton est sur le point d’entrer en éruption, (2) ni confirmer ou infirmer les informations concernant l’activité de ce volcan.
Etant donné que le Mt Dutton n’est plus surveillé sismiquement, son niveau d’alerte volcanique – actuellement Normal – et sa couleur d’alerte aérienne – actuellement Verte – ne  seront plus répertoriés. Comme c’est le cas pour d’autres volcans dépourvus de réseau sismique en temps réel, l’AVO continuera à utiliser les données satellitaires et infrasoniques, les éclairs, les rapports de pilotes et d’observateurs au sol pour détecter les signes d’activité éruptive.
Le Mont Dutton se trouve dans la chaîne des Aléoutiennes, près de l’extrémité de la péninsule d’Alaska. C’est un stratovolcan recouvert de neige et de glace qui culmine à 1450 mètres d’altitude. Bien qu’il n’ait aucune activité éruptive historique, des essaims sismiques significatifs ont été enregistrés sur le volcan en 1984 et 1988.
La plupart des volcans de la péninsule d’Alaska sont situés loin des zones habitées. Le problème est qu’ils se trouvent sur les couloirs aériens des avions entre l’Amérique et l’Asie. Les nuages ​​de cendre qu’ils émettent pendant les éruptions peuvent devenir un danger pour les moteurs d’avion. Plusieurs catastrophes ont été évitées de justesse dans le passé à cause de ces nuages ​​de cendre.
Source: AVO.

———————————————-

In a special bulletin, the Alaska Volcano Observatory (AVO) has just indicated it can no longer seismically monitor Mount Dutton volcano due to the lack of a functioning seismic network there. As a result, the Observatory is unable to (1) assess whether Dutton may be building towards an eruption and (2) quickly confirm or dismiss reports of activity at the volcano.
As a consequence, because Dutton is no longer seismically monitored, it will move from volcano alert level Normal and aviation colour code Green to « unassigned. » As at other volcanoes without real-time seismic networks, AVO will continue to use satellite data, regional infrasound, lightning, and reports from pilots and ground observers to detect signs of eruptive activity.
Mount Dutton is located near the tip of the Alaska Peninsula. It is a snow- and ice-covered stratovlocano which rises to an elevation of 1450 metres. Although it has no historic eruptive activity, intense earthquake swarms occurred at the volcano in 1984 and 1988.

Most volcanoes on the Alaska Peninsula are located far from inhabited areas. The problem is that they are on the route of planes between America and Asia. The ash clouds they emit during eruptions may become a danger to plane engines. Several accidents have been barely avoided in the past because of these ash clouds.

Source: AVO.

Vue du Mt Dutton (Crédit photo: USGS)

Chaud-froid sur la planète // Cold-heat on the planet

Des conditions météorologiques extrêmes ont affecté l’ensemble de la planète au mois de janvier: au moment où le vortex polaire faisait frissonner le Midwest des Etats Unis, des conditions météorologiques extrêmes étaient également signalées dans d’autres régions du monde.
En Australie, une chaleur accablante a assommé le pays, avec des incendies de forêt catastrophiques et des records de température. L’ensemble de l’Australie a connu l’un de ses étés les plus chauds jamais enregistrés. Des dizaines de feux de forêt ont sévi en Tasmanie et il faisait si chaud que les serpents cherchaient refuge dans les toilettes publiques.
En revanche, en Alaska, il fait trop chaud pour que des courses de chiens de traîneau puissent avoir lieu. La pluie et les mauvaises conditions de piste ont conduit à l’annulation de la Willow 300 de cette année. Les températures positives ont fait fondre la neige si bien que l’eau a envahi certaines parties du parcours.
AZu cours de la semaine écoulée, les températures ont été nettement plus chaudes dans certaines parties de l’Alaska que dans les Etats-Unis contigus. À McGrath, dans le centre de l’Alaska, on a enregistré une température record de +5,5 ° C, soit une trentaine de degrés plus chaude que dans le Minnesota.
Il faut s’attendre à de tels extrêmes de plus en plus fréquents pour les années à venir. Selon les scientifiques, un monde plus chaud sera probablement un monde plus extrême. La NOAA explique que, bien que le réchauffement climatique causé par l’homme ne soit pas la cause unique des événements extrêmes, leur changement d’intensité ou de fréquence peut être influencé par le changement climatique. En juin dernier, un rapport de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) avait averti que les inondations, les vagues de chaleur et d’autres conditions météorologiques extrêmes dans de nombreuses régions du monde « continueraient probablement à la suite de l’accélération du changement climatique ».
D’autres études ont établi un lien entre les conditions météorologiques extrêmes et le réchauffement de la planète. Ainsi, une étude réalisée en 2014 et parue dans la revue Nature indiquait que les épisodes de conditions météorologiques extrêmes étaient liés à de grandes fluctuations des régimes de vents au-dessus de la surface de la Terre, phénomène qui pourrait avoir pour cause le changement climatique. »
Source: Presse nord-américaine.

————————————————–

Extreme weather has been affecting the whole planet this month: As the upper Midwest shivered with record-breaking cold temperatures because of the polar vortex, wild extremes in weather were reported in other parts of the world.

In Australia, blistering heat this month has scorched the country, causing disastrous wildfires and setting temperature records. All of Australia is in the midst of one of its hottest summers on record. Dozens of wildfires raged on Tasmania and it is so hot there that snakes are seeking refuge in people’s toilets.

Meantime in Alaska, it is too warm for sled dog races to take place. Rain and poor trail conditions have led to the cancellation of this year’s Willow 300. A stretch of above-freezing temperatures has led to open water on sections of the trail.

In fact, temperatures this week were significantly warmer in parts of Alaska than in the north-central part of the continental U.S. In McGrath, central Alaska, a record-breaking temperature of 5.5°C was reported this week, which was about 30 degrees Celsius warmer than portions of Minnesota.

Weird extremes like this may become more commonplace in the future. According to scientists, a warming world will likely be a more extreme world. NOAA explains that although human-caused global warming is not the sole cause of any single extreme event, changes in the intensity or frequency of extremes may be influenced by climate change. Last June, a report from the World Meteorological Organization (WMO) warned that the floods, heatwaves and other extreme weather conditions gripping many parts of the world « are likely to continue as a consequence of accelerating climate change. »

Other research has backed up a connection between extreme weather and global warming: A 2014 study in Nature found that bouts of extreme weather are linked to large fluctuations of wind patterns high above the Earth’s surface, which could be related to climate change. »

Source : U.S. news media .

Les caprices du vortex polaire (Source: NOAA / AFP)