La fonte des glaciers en Alaska // Glacier melting in Alaska

 A l’attention de ceux qui auraient encore des doutes sur les effets dévastateurs du changement climatique d’origine anthropique, voici une vidéo qui montre en accéléré le recul des glaciers de l’Alaska. Le montage a été réalisé par un glaciologue de l’Université de Fairbanks à l’aide d’images envoyées par le programme satellitaire NASA-USGS Landsat au cours des 48 dernières années. La vidéo a été mise en ligne le 9 décembre 2019.

 https://youtu.be/E4Zc_KuXMkA

Comme je l’ai indiqué dans plusieurs notes, j’ai eu l’occasion d’observer les glaciers d’Alaska depuis les airs et de les approcher en bateau. L’un des reculs les plus spectaculaires est celui du glacier Columbia que l’on atteint depuis le petit port de Valdez, là où aboutit l’oléoduc trans-alaskien. Il avait belle allure jusqu’en 1972. C’est l’époque où les gaz à effet de serre ont commencé à modifier la donne et où la catastrophe a commencé, comme pour beaucoup d’autres glaciers de la planète, dans nos Alpes en particulier.

Dès les années 1980, on voit le Columbia reculer toujours plus rapidement. En 2019, au moment où la vidéo a été diffusée, il a reculé de plus de 20 kilomètres par rapport à 1972. Entre mes deux visites de 2009 et 2013, la morphologie de sa partie frontale avait totalement changé

En 2015, j’exposais des photos des glaciers d’Alaska au festival Nature de Montier-en-Der. James Balog*, photographe naturaliste américain, exposait lui aussi des images du Columbia dans un autre site du festival. La très intéressante conversation que nous avons eue a abouti aux mêmes conclusions pessimistes sur l’avenir des glaciers et des banquises dans le monde.

Dans le sud de l’Alaska, j’ai eu l’occasion de faire d’autres approches par la mer. Comme le Columbia, le glacier Sawyer fond de manière spectaculaire. Ainsi, il avait reculé de quelque 600 mètres entre juin et septembre 2016 quand je l’ai observé !

J’adore assister au vêlage d’un glacier. J’éprouve autant d’émotion que devant un volcan en éruption. De tels phénomènes permettent de relativiser et confirment que l’Homme n’est pas grand-chose par rapport aux forces de la Nature…

*James Balog et son équipe ont filmé au Groenland le plus important vêlage glaciaire jamais observé par l’Homme.

https://youtu.be/oXe7T4SQNts

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For those who still have doubts about the devastating effects of anthropogenic climate change, here is a video showing the accelerating retreat of the glaciers of Alaska. The editing was carried out by a glaciologist at the University of Fairbanks using images sent by the NASA-USGS Landsat satellite program over the past 48 years. The video was uploaded on December 9th, 2019.
https://youtu.be/E4Zc_KuXMkA

As I explained in several posts, I have had the opportunity to observe Alaskan glaciers from the air and approach them by boat. One of the most spectacular retreats is that of the Columbia Glacier. You can reach the glacier from the small port of Valdez which is also the end of the Trans-Alaskan oil pipeline. The glacier looked fine until 1972. It was the time when greenhouse gases began to change the game and when the disaster began, as for many other glaciers on the planet, in our Alps in particular.
As early as the 1980s, the Columbia retreated ever faster. In 2019, when the video was released, it fell more than 20 kilometers from 1972. Between my two visits in 2009 and 2013, the morphology of its front part had totally changed
In 2015, I was exhibiting photos of Alaskan glaciers at the Montier-en-Der Nature festival. James Balog *, an American naturalist photographer, also exhibited photos of the Columbia glacier at another site of the festival. The very interesting talk we had led to the same pessimistic conclusions about the future of glaciers and sea ice around the world.
In southern Alaska, I have had the opportunity to take other approaches by sea. Like the Columbia, the Sawyer Glacier is melting dramatically. Thus, it had shrunk by some 600 metres between June and September 2016 when I observed it!
I love watching the calving of a glacier. I feel as much emotion as in front of an erupting volcano. Such phenomena put into perspective and confirm that Man is not much compared to the forces of Nature …

* James Balog and his team filmed the biggest ice calving ever seen by humans in Greenland.
https://youtu.be/oXe7T4SQNts

Le glacier Columbia en 2009

Le glacier Columbia en 2019

Le Glacier Sawyer en 2016

Beaucoup de glaciers de montagne sont en phase d’effondrement en Alaska

(Photos: C. Grandpey)

Plan d’adaptation au changement climatique en Alsaka // Climate Change Adaptation Plan in Alaska

Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, le changement climatique affecte profondément l’Alaska. Les conclusions du Climate Change Adaptation Plan, plan d’adaptation au changement climatique, publié en mai 2019, sont à la fois intéressantes et alarmantes. Le plan fournit des données rassemblées au cours des deux dernières années à propos du changement climatique, la hausse du niveau de la mer, les ratios de carbone et les niveaux de toxines chez les mollusques et les crustacés.
Le rapport montre ce qui se passe dans le sud-est de l’Alaska et comment les tribus de la région essayent de gérer la nouvelle situation. Il a été financé par une subvention du Bureau of Indian Affairs. Une grande partie des données a été obtenue par des scientifiques qui ont effectué des prélèvements réguliers sur l’eau, les mollusques et crustacés autour de Juneau. Ils ont ensuite envoyé les échantillons obtenus à un laboratoire situé à Sitka et spécialisé dans la détection des toxines, en particulier le Paralytic Shellfish Poisoning (PSP), autrement dit celles causant l’intoxication paralysante par les coquillages (PSP). Cette toxine apparaît lorsque les mollusques et les crustacés accumulent des neurotoxines provenant de l’alimentation par filtration d’algues dans l’océan.
Pour effectuer leur travail, les scientifiques descendent régulièrement sur le rivage pendant les marées basses et recueillent des échantillons d’eau, de mollusques et de crustacés qu’ils envoient au laboratoire sz Sitka, le SEATOR (South African Alaska Tribal Ocean Research) qui effectue des tests pour toutes les tribus de la région. Les résultats de ces tests sont publiés en ligne afin que les gens puissent se rendre compte si les mollusques et crustacés peuvent être consommés sans danger.
Les mollusques et crustacés ne sont pas uniquement menacés par l’accumulation de toxines. Comme je l’ai fait remarquer à propos de l’Islande, la fonte des glaciers entraîne la disparition d’une masse de millions de tonnes de glace à la surface de la Terre, ce qui provoque un soulèvement de la croûte continentale, phénomène baptisé « rebond isostatique. » Il a pour effet d’élever les fonds marins de la région. Cela a pour conséquence de perturber la capacité des organismes à vivre et à se développer, avec d’autres effets difficiles à prévoir.

Les données recueillies sur les isotopes de carbone sont tout aussi importantes. Des isotopes spécifiques du carbone, l’élément que l’on trouve dans presque toutes les formes de vie sur Terre, peuvent nous renseigner sur ce qu’il y a dans l’atmosphère, ou d’où provient le carbone utilisé, qu’il s’agisse de l’activité volcanique ou de la combustion de combustibles fossiles.
Les milliers d’années de données dont disposent les chercheurs ont révélé que le ratio de carbone12C et13C, deux types de carbone distincts, était resté relativement stable jusqu’à la révolution industrielle, époque où le taux de 12C a explosé. Comme les plantes préfèrent se développer en utilisant le 12C, il est présent beaucoup plus souvent que le 13C dans les combustibles fossiles. Cela signifie que l’Homme est responsable des gaz à effet de serre et réfute l’affirmation de certains selon laquelle le réchauffement de la planète est dû à un cycle naturel.
Le Climate Change Adaptation Plan n’est pas seulement une mise en garde concernant les changements à venir dans le climat de l’Alaska. C’est aussi une feuille de route pour s’y adapter. Une partie du Plan comprend une matrice des animaux et des plantes les plus et les moins vulnérables à la rapidité du changement climatique, avec le saumon en tête de liste des animaux les plus vulnérables et un certain nombre de mammifères parmi les moins vulnérables en fin de liste. Le Plan fait également des propositions sur la manière de réduire ces vulnérabilités.
Source: Juneau Empire

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As I put it several times before, climate change is affecting Alaska significantly. The conclusions of the Climate Change Adaptation Plan, published in May 2019, are both interesting and alarming. The Plan gives data on climate change, sea level shift, carbon ratios and shellfish toxin levels put together over the last two years.

The report is a document showing what’s happening to Southeast Alaska and how the tribes in the region can handle it. The study was funded by a land conservation grant from the Bureau of Indian Affairs. Much of the data comes from a team of scientists doing regular tests on the water and shellfish around Juneau, which they send to a lab in Sitka specializing in testing shellfish and water for toxins, particularly those which cause Paralytic Shellfish Poisoning (PSP), which occurs when shellfish accumulate neurotoxins from filter feeding on algae in the ocean.

To perform their work, the scientists go down to the shore during low tides, and collect shellfish and water samples to send off to test. The Sitka lab, called SEATOR, short for Southeast Alaska Tribal Ocean Research, conducts these tests for tribes all over the region. The results of these tests are published onlinen so folk can see if the shellfish in an area are generally safe to eat.

Shellfish are not just threatened by toxin accumulation. As the glaciers melt, the enormous weight of millions of tons of ice sloughs off, relieving pressure on the continental crust and allowing it to rise. This has had the effect of artificially raising the seabed in the region. This is causing disruption in the ability for these organisms to live and grow, as well as other effects that are difficult to predict.

Equally important to the plan is data gathered on carbon isotopes. Specific isotopes of carbon, the element found in almost every form of life on earth, can tell us what’s in the atmosphere or where the specific carbon something is using comes from, be it volcanic activity or burning fossil fuels.

For most of the thousands of years of data available to researchers, the ratio of 12C and 13C, two different kinds of carbon, has held roughly stable. Since the Industrial Revolution, the rate of 12C has skyrocketed. As plants prefer to build using 12C, it is present much more often than 13C in fossil fuels. This indicates that people are responsible for greenhouse gasses and refutes the claim made by some that the planet is heating up is a natural cycle.

The Climate Change Adaptation Plan is not just a warning about coming changes in the climate of Alaska. It is also a road map for adapting to it. Part of the plan is a matrix of the most and least vulnerable animals and plants to rapid climate shift, with salmon at the top of the most vulnerable and a number of mammals at the other end of less vulnerable. It also offers suggestions on how to mitigate those vulnerabilities.

Source : Juneau Empire

Schéma illustrant le rebond isostatique

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Une diminution significative de l’activité sismique est observée dans la Péninsule de Reykjanes (Islande), et aucune inflation n’est détectée dans les données GPS et InSAR. La couleur de l’alerte aérienne a été abaissée au Vert.
Source: OMI.

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Le volume du dôme de lave au sommet du Merapi (Indonésie) a diminué à la suite d’un épisode explosif survenu le 13 février 2020 et qui a produit un panache de cendre de 2 km de hauteur. Des matériaux ont été éjectés à moins de 1 km, avec des retombées de cendre dans un rayon de 10 km. Le volume du dôme la veille de l’événement était estimé à 407 000 mètres cubes, puis (le 19 février) à 291 000 mètres cubes.
Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est conseillé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source: VSI.

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Des observateurs locaux du San Miguel (El Salvador) ont signalé des grondements en provenance du volcan les 20 et 21 février 2020. On a observé une augmentation de l’amplitude des micro-séismes et de petites émissions de gaz dans le cratère principal. Les émissions de SO2 avaient également augmenté. Dans la matinée du 22 février, une émission de gaz et de cendre d’une dizaine de minutes a provoqué un petit panache qui s’est élevé à 400 m au-dessus du cratère.
Source: SNET.

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Pas d’inquiétude pour ceux qui voyagent actuellement en Nouvelle-Zélande! GeoNert indique qu’un essaim sismique mineur avec des événements d’une magnitude maximale de M 1,5 a été enregistré sous le Mont Ruapehu les 22 et 23 février 2020. Il n’y a pas de changement significatif dans la température du lac de cratère qui est restée stable à 24 – 25 ° C au cours de des derniers mois Le niveau d’alerte volcanique reste à 1 et la couleur de l’alerte aérienne est Verte.
La dernière éruption du Ruapahu s’est produite en 2007, avec un VEI 1.
Source: GeoNet.

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Ce n’est pas de la volcanologie, mais la presse internationale a indiqué qu’une très violente tempête de sable – baptisée «calima» localement – en provenance du Sahara a affecté les Iles Canaries les 22 et 23 février 2020, avec d’innombrables annulations de vols et des milliers de touristes bloqués sur les îles, en particulier à Tenerife. Les vents très violents, atteignant parfois 140 km/h ont également ravivé les incendies de végétation déjà présents sur cette île. Les écoles étaient toujours fermées lundi et il était conseillé à la population de rester à l’intérieur des maisons. La circulation routière a été également fortement perturbée. Pour couronner le tout, des dizaines de touristes sont confinés dans leur hôtel suite à la détection d’un cas de coronavirus!

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Le Popocatepetl (Mexique) est bien actif ces jours-ci et plusieurs fortes explosions ont été enregistrées récemment. La dernière a été observée dans la matinée du 25 février 2020, avec un panache de cendre qui s’est élevé jusqu’à 8 kilomètres au dessus du niveau de la mer. De nouvelles émissions ont ensuite été observées ; les nauges de cendre s’étiraient jusqu’à 185 km du sommet.
https://youtu.be/r1B5PFee_w8

En 24 heures jusqu’au 24 février au soir, les réseaux de surveillance du CENAPRED ont enregistré 148 émissions de gaz avec un peu de cendre, une explosion modérée et 10 explosions mineures sur le Popocatepetl.
Un survol du cratère a été effectué le 18 février  2020. Le cratère interne présente toujours un diamètre de 350 m et une profondeur de 100 à 150 m. Il est essentiellement recouvert de téphra. Aucun changement significatif n’a été observé depuis le survol précédent. .
Source: CENAPRED.

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Au cours du mois écoulé, on a observé une hausse de l’activité sismique sur le Great Sitkin (Aléoutiennes / Alaska) qui est actuellement supérieure à la normale. En conséquence, l’AVO a élevé la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et a fait passer le niveau d’alerte volcanique à Advisory (surveillance conseillée).

Dans le même temps, les données satellitaires ne montrent pas d’activité éruptive récente ni de dépôts de cendre sur le Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska). Bien que l’activité sismique reste supérieure à la normale, l’AVO a abaissé la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et a fait passeré le niveau d’alerte volcanique à Advisory (surveillance conseillée).

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A l’attention des volcanophiles qui se rendront prochainement sur l’île de la Réunion, voici l’essentiel du dernier bulletin émis par la Préfecture le 21 février 2020 :

Suite aux constatations de l’OVPF et aux différentes reconnaissances terrain, le préfet de La Réunion a décidé de revenir en phase de VIGILANCE pour le Piton de la Fournaise à compter du vendredi 21 février 2020 à 7h.

L’interdiction d’accès du public à la partie haute de l’Enclos est levée à compter de cette date. Cet accès reste strictement limité aux trois sentiers balisés suivants :
• le sentier Pas de Bellecombe – Formica Léo – sentier Rivais- Cratère Caubet ;
• le sentier Pas de Bellecombe – Formica Léo – sentier d’accès au site d’observation du cratère Dolomieu (accès par le nord du cratère) ;
• le sentier Kapor jusqu’à Piton Kapor.

Le public devra se conformer strictement aux prescriptions et consignes figurant sur les panneaux d’information et d’avertissement affichés sur le site.

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Here is some news about volcanic activity around the world:

A significant decrease in seismic activity is observed at the Reykjanes Peninsula (Iceland), and inflation is no longer detected in GPS and InSAR data. The aviation colour code has been lowered to Green.

Source: IMO.

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The volume of Merapi’s summit lava dome (Indonesia) has decreased following an explosive episode that occurred on February 13th, 2020 and that produced a 2-km-tall ash plume, ejected material within 1 km, and caused ashfall within a 10-km radius. The dome volume the day before the event was estimated at 407,000 cubic metres, and afterwards (on February 19th) was reduced to 291,000 cubic metres.

The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are advised to stay outside the 3-km exclusion zone.

Source: VSI.

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Local observers of San Miguel (El Salvador) reported a series of rumbling noises on February 20th and 21st, 2020. The report noted an increase in amplitude of microearthquakes and minor gas emissions from the main crater. SO2 emissions had also increased. In the morning of February 22nd, an ash emission that lasted 10 minutes long resulted in a small gas-and-ash plume that rose 400 m above the crater.

Source: SNET.

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No worry for those currently travelling in New Zealand! GeoNert indicates that a minor seismic swarm with the larger events measuring M 1.5 was recorded beneath Mt Ruapehu on February 22nd and 23rd, 2020. There has been no significant change in the Crater Lake temperature which has been around 24 – 25 °C during the last few months The volcanic alert level remains at 1 and the aviation colour code at Green.

Mt Ruapahu’s last known eruption occurred in 2007, with a VEI 1.

Source: GeoNet.

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This is not volcanology, but the international press has indicated that a very violent sandstorm – locally called « calima » – coming from the Sahara affected the Canary Islands on February 22nd and 23rd, 2020, with countless flight cancellations and thousands of tourists stranded on the islands, particularly in Tenerife. The very strong winds, sometimes reaching 140 km / h also revived the wildfires on this island. Schools were still closed on Monday and people were advised to stay inside the houses. Road traffic was also severely disrupted.

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Popocatepetl (Mexico) is quite active these days and several large explosions have been recorded recently. The last one was observed in the morning of February 25th, 2020, with an ash plume rising up to 8 kilometres above sea level. New emissions were later observed, drifting as far as 185 km from the summit.

https://youtu.be/r1B5PFee_w8

In 24 hours until February 24th in the evening, CENAPRED’s monitoring systems had identified 148 exhalations, one moderate explosion, and 10 minor explosions on Popocatepetl.

An overflight of the crater was performed on February 18th. The internal crater maintains a diameter of 350 m with a depth of 100 -150 m, mostly covered by tephra. No significant changes have been observed since the previous overflight. .

Source : CENAPRED.

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Over the past month, seismic activity has increased at Great Sitkin (Aleutians / Alaska) and is now above background levels. Thus, AVO has increased the aviation colour code to Yellow and the volcanic alert level to Advisory.

At the same time, satellite data shows no signs of eruptive activity or recent ash deposits at Semisopochnoi Aleutians / Alaska). Although seismic activity remains above background, it does not appear to be increasing towards an eruption in the short-term. Thus, AVO has reduced the aviation colour code to Yellow and the volcanic alert level to Advisory.

 Le sable saharien se dirige vers Tenerife (Source: NASA)

Le Ruapehu et son lac de cratère (Photo: C. Grandpey)

Fonte catastrophique du permafrost en Alaska // Disastrous permafrost melting in Alaska

En Alaska, le permafrost subit de plein fouet les assauts du réchauffement climatique et le phénomène se produit beaucoup plus rapidement que prévu. Un article du journal local Anchorage Daily News donne des exemples de ce qui se passe dans le 49ème État de l’Union.

L’auteur de l’article explique que les pentes des montagnes se liquéfient et déclenchent des glissements de terrain qui donnent naissance à des deltas boueux au milieu de cours d’eau riches en saumons.

Alors que le nord de la mer de Béring se réchauffe, avec l’ouverture de nouvelles voies de navigation, la mortalité des oiseaux et des mammifères marins est en hausse avec le recul de la glace hivernale. On assiste à des plus en plus de tempêtes qui viennent frapper les côtes autrefois protégées par la glace. .

La fonte accélérée du permafrost ne se limite pas à l’Alaska, c’est en train de devenir un problème à l’échelle de la planète. Le sol gelé qui recouvre principalement les régions septentrionales du globe représente un vaste puits de carbone, avec des plantes et des animaux congelés qui libèrent des gaz à effet de serre en se réchauffant et se décomposant.
L’utilisation des combustibles fossiles reste la principale source d’émissions de gaz à effet de serre à l’origine du changement climatique, mais le permafrost dans son ensemble libère désormais 1,2 à 2,2 millions de tonnes de gaz à effet de serre chaque année. C’est pratiquement l’équivalent de ces mêmes émissions au Japon, selon un rapport de la NOAA publié en décembre 2019. Plus tard au cours du 21ème siècle, ces émissions devraient dépasser celles des États-Unis.

Les scientifiques qui étudient le permafrost remarquent des changements frappants dans le paysage de l’Alaska. Ainsi, des étendues encore gelées à l’intérieur de l’Etat et couvertes il y a dix ans par une forêt d’épinettes sont maintenant occupées par des lacs.

Le permafrost en Alaska va continuer à se réduire fortement au cours des prochaines décennies. Selon une étude de l’Université de l’Alaska, d’ici la fin du siècle, dans la partie septentrionale de l’Alaska, le sol devrait dégeler jusqu’à 20 mètres de profondeur. Cela confirme les craintes des scientifiques qui parlent d’un changement critique dans les régions arctiques de la planète. Dans le passé, les zones occupées par le permafrost absorbaient le dioxyde de carbone grâce à la croissance des plantes en été. Mais le rapport de la NOAA note que les régions du Nord contribuent désormais aux émissions de gaz à effet de serre au fur et à mesure que s’accélère le dégel du sol.

En Alaska, la fonte du permafrost va entraîner une remise à plat complète des zones construites et des infrastructures qui reposent sur le sol gelé. Les oléoducs, les plates-formes de forage et d’autres structures devront être étayés à mesure que fondra le permafrost et que s’affaissera le sol. Dans des villes comme Nome, la fonte du permafrost est déjà un casse-tête pour les propriétaires qui doivent renforcer les fondations des maisons qui s’inclinent. Il est évident que l’entretien des routes, des ponts et des aéroports coûtera beaucoup d’argent. Certains bâtiments et certaines structures construits sur du permafrost composé principalement de glace pourraient subir des dégâts catastrophiques.
Un bon exemple de la fonte du permafrost est la piste de l’aéroport de Nome, un élément clé pour relier la ville au monde extérieur. Au cours de l’été 2019, le ministère des Transports a dépensé 4,5 millions de dollars pour réparer la piste qui a été construite en urgence pendant la Seconde Guerre mondiale sur un terrain majoritairement composé de permafrost et qui connaît aujourd’hui de gros problèmes à cause de l’infiltration des eaux souterraines d’une rivière voisine. Les travaux devraient durer de trois à cinq ans alors que le terrain continue de s’affaisser. Pendant le mois de juillet 2019, le plus chaud jamais enregistré en Alaska, un gouffre de 4 mètres de profondeur s’est ouvert le long d’un des principaux axes routiers de la ville.

Les villages côtiers sont confrontés à une triple menace: l’élévation du niveau de la mer, la disparition de la glace côtière qui les protégeait autrefois des tempêtes, et la fonte du permafrost. Teller, une localité sur la côte ouest de l’Alaska, est l’un des 31 villages répertoriés par les autorités comme « menacés par les inondations et l’érosion ». Certains villages sont dans une situation encore plus désastreuse. Il y a une vive concurrence pour l’attribution de l’argent fédéral, et l’Alaska connaît de plus en plus  de difficultés financières. Les revenus de l’État reposent essentiellement sur les taxes et redevances liées à la production de pétrole qui est en déclin constant. La production en 2018 était en baisse de 75% par rapport à 1988, son année de gloire.
Source: Anchorage Daily News.

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Alaska’s permafrost is under assault from a warming climate, and it’s happening a lot faster than anticipated. An article in the Anchorage Daily News gives examples of what is happening in the 49th State of the Union.

The author of the article explains that hillside slopes have liquefied, unleashing slides that end up as muddy deltas in salmon streams

As the northern Bering Sea warms, opening new shipping lanes, bird and marine mammal die-offs are on the rise and winter ice is on the decline, enabling storms to gain strength over open water and slam into coastal communities.

The accelerating melt is a global concern. Permafrost, which mostly lies in the northern areas of the planet, is a vast carbon storehouse of frozen plants and animals that release greenhouse gases as they warm and decompose.

Fossil-fuel combustion still is the main source of greenhouse-gas emissions driving climate change. But the world’s permafrost now releases 1.2 to 2.2 million metric tons each year, nearly equal to Japan’s greenhouse-gas emissions, according to an NOAA report released in December 2019. Later this century, these emissions are expected to exceed those of the United States.

Scientists who study permafrost already are noticing striking changes in Alaska’s landscape. Stretches of Interior Alaska permafrost that a decade ago were covered by spruce forest are now covered with lakes.

Permafrost in Alaska is forecast to shrink substantially in the decades ahead. According to a University of Alaska research, by the century’s end, even on Alaska’s North Slope, the ground is expected to thaw 20 metres deep. This reflects what scientists say is a critical shift in the planet’s Arctic regions. In the past, permafrost regions, on balance, absorbed carbon dioxide through summer plant growth. But the NOAA report notes that northern regions are now a net contributor to greenhouse-gas emissions as the permafrost thaw quickens.

In Alaska, permafrost melting will lead to a fundamental rethinking of the fate of things built on top of it. Oil pipelines, drilling pads and other structures will need to be shored up as ice-rich permafrost melts and the ground sags. In towns such as Nome, the changes in permafrost already pose a headache for homeowners, who must level house foundations that tilt as the climate warms. Inevitably, it will cost a lot of money to maintain Alaska’s roads, bridges and airports. Some, if built on permafrost that is mostly ice, could suffer catastrophic failures.

A good example of permafrost melting is the runway of Nome airport, a key to linking the community to the outside world. Over the summer, the Alaska Department of Transportation spent 4.5 million dollars repairing the runway, which was built during World War II on permafrost terrain that is now settling in a process aggravated by groundwater seeping from a nearby river. The fix is expected to last three to five years as the ground continues to settle. And during the hottest July on record, a sinkhole 4 metres deep opened along a main road in the city.

Coastal villages face a triple threat: rising sea levels, a loss of winter ice that once helped protect them from storms, and thawing permafrost. Teller, on Alaska’s west coast,is one of 31 villages listed by authorities as « imminently threatened by flooding and erosion. » Some villages are in even more dire straits. There is keen competition for federal funds, and Alaska is having new money troubles. State government is largely funded by taxes and royalties on oil production, which has been in long-term decline. Oil production in 2018 was down 75% from a 1988 peak.

Source : Anchorage Daily News.

Effets de la fonte du permafrost sur la route à proximité de Nome