Puy de Pariou (Auvergne) : le volcan interdit !

Au coeur de la Chaîne des Puys, le Puy de Pariou est ll’un des sites les plus plus visités – et probablement le plus photographié – de cet alignement de cônes volcaniques. Aujourd’hui, il est victime de sa popularité et son cratère n’est plus accessible à cause de la pression touristique qui menace de le mettre à mal. Le chemin d’accès à la vaste cavité en forme de bol est en cours d’effacement et il est désormais interdit au public.

Cette mesure a été mise en place pour préserver le site qui est piétiné par quelque 130 000 visiteurs par an. Les spécialistes parlent même d’une érosion d’une dizaine de centimètres de perte de sol par an.

Le Puy de Pariou est souvent appelé le Vésuve auvergnat en raison de sa soi-disant ressemblance avec le volcan italien, une appellation qui me semble quelque peu abusive. Il appartient à des propriétaires privés mais est géré par un gestionnaire.

Si la descente dans le cratère est interdite, les responsables du tourisme en Auvergne se veulent rassurants et expliquent que l’on peut toujours monter, gratuitement et facilement, au sommet. Des chemins de randonnée ont été réhabilités. Il y a quelques années, un escalier d’environ 400 marches a été installé pour protéger les pentes du volcan contre l’érosion.

Si les autorités auvergnates vont au bout de leur raisonnement, elles devront également protéger les superbes pentes de scories des puys de la Vache et de Lassolas que certains touristes ont tendance à confondre avec celles de la dune du Pilat…

Source: presse régionale.

Puy de Pariou, le Vésuve auvergnat?

Le Vésuve….pas vraiment ressemblant !

Le Puy de Lassolas et ses superbes scories…

(Photos: C. Grandpey)

 

Accès à l’Etna (Sicile)

A l’approche de la saison estivale et suite à ma note du 29 avril 2022 concernant les Iles Eoliennes (Vulcano et Stromboli en particulier), plusieurs visiteurs de mon blog m’ont demandé quelles sont les conditions et restrictions d’accès au sommet de l’Etna.

Depuis le Refuge Sapienza, il y a deux solutions: 1) faire l’ascension à pied et compter 4 heures environ pour les 600 mètres de dénivelé; 2) monter en téléphérique en 15 minutes (30€ par personne)..

Une fois arrivé à la station supérieure du téléphérique (2500 mètres d’altitude) vous avez à nouveau 2 possibilités pour monter jusqu’à la Torre del Filosofo, à 2920 mètres d’altitude: 1) à pied (compter 2 heures de marche) ou 2) en bus tout terrain (27€ par personne).

Les cratères sommitaux sont toujours interdits. Concrètement, sur le versant ouest du mont Barbagallo-Tazieff (cône de 2002-2003) – territoire de la commune de Belpasso – les groupes accompagnés par les guides peuvent grimper jusqu’à environ 2920 m. Par contre, sur la commune de Nicolosi, une ordonnance interdit d’aller au-delà de 2750 m.

Sur le versant nord de l’Etna, la piste est ouverte jusqu’aux Pizzi Deneri (Observatoire). A l’heure actuelle, on ne sait pas si l’accès aux cratères sera ouvert pendant l’été sur ce versant du volcan, mais cela semble compliqué pour diverses raisons, notamment l’hostilité entre le personnel qui travaille sur le flanc sud et celui qui travaille sur le côté nord. Ouvrir le nord et pas le sud? Mamma mia!

Comme Vulcano et le Stromboli, l’Etna m’a offert tellement de merveilleux souvenirs dans les années 1990-2000 que je n’ai guère envie d’y retourner et de me retrouver confronté à des restrictions d’accès de tous les côtés.

Photo souvenir d’un temps où je confectionnais les cendriers de lave avec les guides… (Photo:Pietro La Rosa)

Escapade en Campanie (5ème partie) : le Vésuve

Quand on parle de Naples et de la Campanie, on pense inévitablement au Vésuve dont le double sommet domine la conurbation napolitaine. Chaque fois que je conduis sur l’autoroute qui traverse la ville, je me dis que le réveil du volcan ne sera pas une mince affaire ! Ce jour-là – et il arrivera inévitablement – je souhaite bien du courage aux responsables de la Protection Civile italienne. Dans les années 1990, Franco Barberi – qui était à cette époque en charge de la structure – m’avait fait part de sa grande inquiétude s’il fallait évacuer la population. La Campanie n’est pas le Japon et la notion de discipline fait largement défaut dans le Mezzogiorno italien!

Pour le moment le Vésuve est calme et la visite de son cratère ne présente pas le moindre risque. Le gouffre attire quotidiennement des foules de touristes. Il faut toutefois savoir que rien n’est plus comme avant sur le volcan napolitain. Suite à l’épidémie de Covid-19, l’accès au cratère du Vésuve est très réglementé et ce n’est plus le foutoir d’autrefois. Les Napolitains ont fait de gros progrès en matière d’organisation et il faut s’inscrire en ligne (« online », un mot très à la mode en Campanie!) pour visiter le cône sommital et son cratère. Si vous ne l’avez pas fait, vous serez systématiquement refoulé. Vous trouverez les démarches nécessaires à cette adresse :

https://www.vesuvionline.net/visita-il-cratere/orari-e-biglietti

La morphologie du cratère est toujours la même. Il ne se passe rien, mais rien ne dit que le réveil ne sera pas soudain et violent…. En attendant, on peut toujours admirer la superbe vue sur la baie de Naples, en croisant les doigts…

Photos : C. Grandpey

Restrictions d’accès à la Fossa di Vulcano (Iles Eoliennes) // Access restrictions to the Fossa di Vulcano (Aeolian Islands)

Suite au regain d’activité observé dans le cratère de la Fossa à Vulcano (Iles Eoliennes), avec notamment une modification des paramètres géochimiques et géothermiques des fumerolles, ainsi que des paramètres sismiques et de déformation, avec passage du volcan en alerte Jaune, le Maire de Lipari a publié une très longue ordonnance qui modifie considérablement les conditions d’accès au volcan.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le premier magistrat se couvre ! Voici un résumé de l’ordonnance :

Afin d’assurer la sécurité maximale des visiteurs de La Fossa di Vulcano, il est décidé que :

« L’accès au cratère n’est autorisé que si les visiteurs sont accompagnés de guides de montagne et / ou volcanologiques autorisés. A noter que le champ fumerollien au sommet du volcan et dans la dépression du cratère est  interdit d’accès sauf au personnel des Centri di Competenza pour le suivi des activités.

Les groupes de randonneurs, ne dépasseront pas 20 personnes. Le guide doit être identifiable par un badge spécial portant photo, qualification, cachet de l’année en cours et numéro d’inscription au registre régional des guides alpins et volcanologiques.

Les excursions sont autorisées de 07h00 à 19h00.

L’accès au volcan se fait par le sentier déjà balisé. Bien que cet accès ne soit pas très exigeant,  le guide devra vérifier la qualité de l’équipement du visiteur (chaussures de randonnée, vêtements adaptés, eau, nourriture, etc.).

Les guides devront scrupuleusement observer et faire observer les conditions d’accès au volcan ; ils devront également fournir aux randonneurs des informations détaillées sur les difficultés et les risques qu’ils peuvent rencontrer lors de leur visite. En particulier,

– Avant l’excursion, le guide sera tenu de fournir aux visiteurs une décharge (rédigée en quatre langues), concernant les risques et l’imprévisibilité de l’activité du volcan, afin de les informer des risques qu’ils encourent et dégager les guides eux-mêmes et les Autorités de toute responsabilité.

– Les guides devront organiser la rotation des groupes, régulariser et organiser le flux des randonneurs le long des sentiers.

– Lorsque des situations de plus grand danger se présentent, rencontrées directement par les guides ou communiquées, les guides peuvent suspendre les activités d’excursion en cours sur le volcan.  .

Les contrevenants à la présente ordonnance (individus et/ou groupes d’excursionnistes, ainsi que les guides autorisés), notamment en cas de dépassement du quota de visiteurs prévu, seront passibles d’une amende de 500 euros, applicable à chaque contrevenant;

Les guides qui enfreignent les prescriptions de la présente ordonnance seront signalés au Registre régional des guides alpins et volcanologiques pour leur comportement irresponsable.

A bon entendeur salut !

 

Photos : C. Grandpey