Mauna Loa (Hawaï) : observer le passé pour comprendre le futur // Observation of the past to understand the future

L’éruption du Mauna Loa en 2022 fut la première de ce volcan en 38 ans et la première depuis l’avènement des instruments de mesure modernes. Les scientifiques continuent d’étudier le Mauna Loa depuis cette éruption, notamment les changements subtils survenus récemment.
Sur le long terme, les premiers signes de l’éruption de 2022 sont apparus en 2014, avec une hausse de la sismicité et des déformations. Ces paramètres ont fluctué jusqu’en 2019, date à laquelle ils ont recommencé à montrer qu’une éruption était susceptible de se produire. .
En 2021, les scientifiques du HVO ont observé des changements sur un inclinomètre du Mauna Loa. C’était le premier enregistrement d’un signal volcanique par cet instrument. Il indiquait que le magma avait atteint une faible profondeur et constituait un indicateur important de la proximité d’une éruption.
L’éruption de 2022 a débuté le 27 novembre, précédée d’une crise sismique d’une heure et d’un gonflement rapide du sommet. L’éruption a débuté dans la région sommitale avant de se propager dans la zone de rift nord-est du Mauna Loa, où de multiples fissures ont généré des coulées de lave qui ont dévalé la pente en direction de la Saddle Road.
La sismicité s’est ensuite calmée et les déformations observées pendant l’éruption ont été suivies d’une déflation rapide de la chambre magmatique du Mauna Loa. L’éruption a cessé le 13 décembre 2022.
Les GPS ont rapidement commencé à enregistrer des mouvements d’inflation après la fin de l’éruption, probablement dus à la remontée de magma depuis les profondeurs vers la chambre magmatique qui s’était vidangée pendant l’éruption. Ce remplissage rapide s’est poursuivi pendant environ six mois.

Le schéma de déformation autour du sommet du Mauna Loa a changé en novembre 2025. Alors que les instruments indiquaient précédemment un regonflement de la chambre magmatique sous la caldeira sommitale du Mauna Loa, l’inflation s’est déplacée vers un secteur situé sous la partie sud-ouest de la zone sommitale. Ce n’était pas la première fois que ce schéma était observé. Les déformations observées en 2015 avaient évolué de manière similaire. À cette époque, le gonflement de la chambre magmatique sud-ouest s’était poursuivi jusqu’à fin 2016 avant de se déplacer vers la partie centrale située sous la caldeira sommitale. En 2025, la déformation a connu un retour à sa position initiale beaucoup plus rapide ; en effet, dès le 15 décembre, le centre de gonflement se trouvait de nouveau sous la caldeira sommitale.
Fait intéressant, les changements de déformation de 2025 se sont accompagnés de variations du tilt nettement visibles sur un inclinomètre au sommet. Ce n’était pas le cas en 2015, année où seule une déformation volcanique a été enregistrée.
Le fait que cette déformation de 2025 soit détectable par les inclinomètres indique que le magma est encore relativement peu profond à l’intérieur du volcan, probablement entre 2 et 2,8 kilomètres sous la surface. Cependant, la sismicité du Mauna Loa est plus faible que pendant les huit années qui ont précédé l’éruption de 2022. Cela signifie que la déformation observée correspond probablement à un simple remplissage passif de la chambre magmatique, sans aucun signe d’éruption imminente. Ce schéma a également été observé après les éruptions du Mauna Loa en 1975 et 1984. Une inflation rapide a été enregistrée sans forte sismicité. Ce n’est qu’avec la reprise des séismes que le volcan a clairement annoncé sa prochaine éruption.

La préparation de la prochaine éruption pourrait être différente de celle de 2022, notamment si le Mauna Loa reprend un rythme d’éruptions plus rapproché, comme ce fut le cas avant 1984. Le niveau d’alerte volcanique du Mauna Loa est actuellement Normal. Les scientifiques du HVO s’attendent à observer d’autres changements, tels qu’une hausse de la sismicité ou des émissions de gaz, avant toute nouvelle éruption.
Source : USGS / HVO.

 

Graphiques montrant la déformation du sol et les données sismiques au cours de trois éruptions du Mauna Loa : 2022, 1984 et 1975. Les barres vertes indiquent le nombre de séismes de magnitude supérieure à M2,0 pour chaque mois. Les points et lignes bleus correspondent aux variations de longueur de ligne mesurées par des télémètres en 1975 et 1984, et par GPS en 2022, entre deux stations situées de part et d’autre de la caldeira sommitale. Les points noirs du graphique de 2022 représentent les mesures d’inclinaison du sol effectuées par un inclinomètre installé au sommet du Mauna Loa en 1999. (Source : USGS / HVO).

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The 2022 Mauna Loa eruption was the first eruption of this volcano in 38 years and the first during the current era of modern instrumentation. Scientists continue to learn about Mauna Loa monitoring since the 2022 eruption, including subtle recent changes.

The long-term buildup to the 2022 eruption began in 2014, with an increase in seismicity and deformation as measured by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO). These parameters fluctuated until 2019, when they began to increase again.

HVO scientists observed changes in 2021 on a Mauna Loa tiltmeter, representing the first time a volcanic signal was recorded on that instrument. The signal was evidence that magma reached a shallow depth in 2021, and it was an important indicator that the buildup to eruption was evolving.

The 2022 eruption began on November 27, preceded by an hourlong earthquake swarm and rapid summit inflation. It started in the summit region before moving into Mauna Loa’s Northeast Rift Zone.where multiple fissures produced lava flows that travelled downslope toward the Saddle Road.

Seismicity quieted down and deformation during the eruption indicated rapid deflation of Mauna Loa’s magma chambers. The eruption stopped by December 13, 2022.

GPS instruments quickly began to show inflationary motion following the end of the eruption, presumably because magma rose from deeper in the volcano into the magma chambers depleted during the eruption. This rapid refilling continued for about 6 months.

The deformation pattern around Mauna Loa’s summit changed in November 2025. Where previous motions indicated reinflation of magma chamber underneath Mauna Loa’s summit caldera, inflation shifted to a body underneath the southwestern portion of the summit region. This was not the first time this pattern was observed. Deformation seen in 2015 with GPS shifted in a similar way. By that time, inflation of the southwestern magma chamber continued until late 2016 before switching back to the more central body under the summit caldera. In 2025, deformation switched back much faster ; indeed, by December 15, the inflation center was again under the summit caldera.

Interestingly, the 2025 deformation changes were also accompanied by clear changes in tilt at a summit tiltmeter. This was not the case in 2015, when only volcanic deformation was recorded.

The fact that this deformation is detectable on tiltmeters is an indication that magma is still fairly shallow in the volcano, possibly between 2 to 2.8 kilometers below the surface. However, there is less seismicity at Mauna Loa than at almost any time during the 8 years of unrest before the 2022 eruption. This means the deformation we are seeing is likely just passive refilling in the volcano, with no indication that it is moving toward eruption.

This pattern was observed following the 1975 and 1984 Mauna Loa eruptions as well. Rapid inflationary deformation was recorded without much seismicity. It wasn’t until earthquakes started again that the volcano clearly began moving toward its next eruption.

Buildup to the next eruption might not look the same as it did in 2022. Especially if Mauna Loa returns to producing eruptions more frequently than decades apart, as it did prior to 1984. The Volcano Alert Level for Mauna Loa is currently at Normal. HVO scientists expect to see additional changes such as increased seismicity or gas emissions before any future eruption.

Source : USGS / HVO.

2025 : L’OMM confirme les conclusions de Copernicus

Après le programme Copernicus de l’Union Européenne, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) confirme que la température moyenne à la surface du globe a dépassé de 1,44 °C (avec une marge d’incertitude de ± 0,13 °C) la moyenne de la période 1850-1900. La température moyenne réelle de la planète en 2025 a été estimée à 15,08 °C. Deux jeux de données de l’OMM ont classé 2025 au deuxième rang des années les plus chaudes jamais enregistrées en 176 ans. Six autres jeux de données ont classé 2025 au troisième rang. Les trois dernières années (2023 à 2025) ont été les trois années les plus chaudes jamais enregistrées. Encore plus inquiétant, les 11 dernières années (2015 à 2025) sont les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées.

Alors qu’elle a été marquée du début à la fin par un épisode La Niña, qui est censé induire un refroidissement, l’année 2025 a été l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle mondiale en raison de l’accumulation dans notre atmosphère de gaz à effet de serre (CO2 en particulier), dont la spécificité est de piéger la chaleur.

Les températures élevées des terres émergées et des océans ont contribué à alimenter des phénomènes météorologiques extrêmes :vagues de chaleur, fortes pluies et cyclones tropicaux intenses.

S’agissant des océans, l’OMM se réfère à une étude distincte publiée dans la revue Advances in Atmospheric Sciences. Ses auteur indiquent qu’en 2025, les températures océaniques ont été parmi les plus élevées jamais enregistrées.

Environ 90 % de l’excédent de chaleur dû au réchauffement climatique est stocké dans les océans, ce qui fait de la chaleur océanique un indicateur essentiel du changement climatique. Selon l’étude susmentionnée, le contenu thermique de l’océan dans les 2 000 premiers mètres a augmenté d’environ 23 ± 8 zettajoules entre 2024 et 2025. Cela représente environ 200 fois la production totale d’électricité mondiale en 2024.

D’après l’étude, en 2025, la température moyenne annuelle de la mer en surface à l’échelle du globe était supérieure de 0,49 °C à la valeur de la période de référence 1981-2010 et inférieure de 0,12 ± 0,03 °C à celle de 2024, ce qui correspond à l’apparition d’un épisode La Niña. Elle reste néanmoins la troisième année la plus chaude jamais enregistrée.

Source : OMM.

2025 : Les océans toujours trop chauds // 2025 : Oceans were still too hot

La température de surface de la mer (TSM) est restée élevée tout au long de l’année 2025 dans les océans autres qu’autour des pôles (60°S–60°N), malgré l’absence du phénomène de réchauffement El Niño. Cette situation contraste avec celles observées en 2023 et 2024, années durant lesquelles un puissant épisode El Niño avait influencé la température des océans pendant plusieurs mois au cours du second semestre 2023, avec un pic en décembre 2023. La TSM est restée élevée tout au long de l’année 2024 et la TSM moyenne a atteint des niveaux records. La température moyenne annuelle de la surface de la mer pour 2025 a été de 20,73 °C, soit 0,38 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020. Elle se classe au troisième rang des températures les plus élevées jamais enregistrées, à 0,13 °C en dessous du record établi en 2024 et à 0,07 °C en dessous de 2023, la deuxième année la plus chaude. 2025 est ainsi l’année La Niña la plus chaude jamais enregistrée, tant en termes de température de l’air que de température de l’océan.

À l’échelle mensuelle, la température moyenne de la surface de la mer a été la deuxième plus élevée jamais enregistrée pour la période de l’année entre janvier et mai (après 2024), la troisième de juin à octobre (après 2023 et 2024) et la quatrième en novembre et décembre (après 2023, 2024 et 2015, année également marquée par un fort épisode El Niño). Dans le Pacifique équatorial, les TSM ont été inférieures à la moyenne en début d’année, reflétant un épisode La Niña de faible intensité et de courte durée en décembre 2024 et janvier 2025. Des conditions ENSO* neutres ont prévalu de mars à juillet. Des TSM inférieures à la moyenne se sont à nouveau installées à partir d’août, entraînant un retour à des conditions La Niña de faible intensité en octobre, qui ont persisté jusqu’à la fin de l’année. (*ENSO : El Niño-Oscillation australe)
Les anomalies annuelles de température de surface de la mer pour 2025 présentent un profil compatible avec des conditions de type La Niña, avec des valeurs proches de la moyenne, voire inférieures à la moyenne, sur une grande partie du Pacifique tropical oriental et central. Hormis quelques zones limitées présentant des températures inférieures à la moyenne dans le nord-ouest et le sud de l’océan Indien, le nord-est de l’Atlantique Nord et le sud-est du Pacifique, les TSM étaient supérieures à la moyenne dans la plupart des océans du globe. En 2025, des températures record ont été principalement observées dans le Pacifique occidental et nord-ouest, le secteur de l’océan Indien austral, le nord-est de l’Atlantique Nord et les mers du Nord, de Norvège et de Barents adjacentes, ainsi que dans certaines parties de la Méditerranée occidentale.
Au-delà de ces valeurs record, les températures de la surface de la mer en 2025 ont été nettement supérieures à la moyenne sur 42 % des océans autres qu’autour des pôles, contre 59 % en 2024, soulignant la persistance d’un réchauffement généralisé de la surface des océans.
Source : Copernicus.

Anomalies et extrêmes de la température de surface de la mer en 2025

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Sea surface temperature (SST) remained high throughout 2025 over the extrapolar oceans (60°S–60°N), despite the absence of El Niño conditions. This contrasts with 2023 and 2024, when a strong El Niño event influenced SSTs for several months of the second half of 2023, peaking in December 2023, with SSTs remaining high throughout 2024 and the average SST reaching record highs. The annual average SST for 2025 was 20.73°C, 0.38°C above the 1991–2020 average. It ranked as the third-highest on record, 0.13°C below the record set in 2024 and 0.07°C below 2023, the second-highest year. This makes 2025 the warmest La Niña year on record both in terms of global air temperature and SST.

At the monthly scale, the average SST was the second warmest on record for the time of year from January to May (behind 2024), the third warmest from June to October (behind 2023 and 2024), and the fourth warmest in November and December (behind 2023, 2024, and 2015, which was also influenced by a strong El Niño event). In the equatorial Pacific, SSTs were cooler than average early in the year, reflecting a short lived, weak La Niña event in December 2024 and January 2025. Neutral ENSO* conditions prevailed from March to July. Cooler-than-average SSTs developed again from August, leading to a return to weak La Niña conditions in October that persisted until the end of the year. (*ENSO : El Niño Southern Oscillation)

The annual SST anomalies for 2025 show a pattern consistent with La Niña–like conditions, with

near-average to cooler-than-average SSTs across much of the eastern and central tropical Pacific. Apart from limited regions with cooler-than-average SSTs in the northwestern and southern Indian Ocean, the northeastern North Atlantic, and the southeastern Pacific, SSTs were above average across most of the world’s oceans. In 2025, record-high SSTs were mainly found in the western and northwestern Pacific, the Indian Ocean sector of the Southern Ocean, the northeastern North Atlantic and adjacent North Sea, Norwegian Sea and Barents Sea, as well as parts of the western Mediterranean Sea.

Beyond record values, SSTs were much warmer than average over 42% of the extrapolar oceans, compared to 59% in 2024, underscoring the continued widespread warmth of the surface oceans.

Source : Copernicus.

2025, nouvelle année catastrophique pour l’Arctique // 2025, another disastrous year for the Arctic

  Dans son rapport annuel sur l’Arctique, avec référence à des données remontant à 1900, la NOAA vient d’informer le public qu’en 2025 l’Arctique a connu son année la plus chaude jamais enregistrée, avec des conséquences en cascade : fonte des glaciers et de la banquise, verdissement des paysages et perturbations du climat mondial.
Entre octobre 2024 et septembre 2025, les températures ont dépassé de 1,60°C la moyenne de la période 1991-2020, un réchauffement « forcément alarmant » sur une période aussi courte.
L’année 2025 a connu dans l’Arctique l’automne le plus chaud, le deuxième hiver le plus chaud et le troisième été le plus chaud depuis 1900. Sous l’effet de la combustion des énergies fossiles par l’Homme, l’Arctique se réchauffe beaucoup plus vite que la moyenne mondiale, un phénomène connu sous le nom d’« amplification arctique ».

On a des conséquences en chaîne : la hausse des températures augmente la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère, qui elle-même se transforme en une couverture absorbant la chaleur et l’empêchant de s’échapper dans l’espace. Parallèlement, la disparition de la banquise réduit l’albédo ; elle expose des eaux océaniques plus sombres qui absorbent davantage la chaleur du Soleil.
Au printemps, période où la banquise arctique atteint son maximum annuel, on a observé en mars 2025 le plus faible pic jamais enregistré en 47 années de relevés satellitaires. Il s’agit d’un problème pour les ours polaires, les phoques et les morses, qui utilisent la glace comme plateforme pour se déplacer, chasser et mettre bas.
Les modélisations montrent que l’Arctique pourrait connaître son premier été pratiquement sans banquise d’ici 2040, voire plus tôt. La fonte de la banquise arctique perturbe la circulation océanique en injectant de l’eau douce dans l’Atlantique Nord par la fonte des glaces et l’augmentation des précipitations. Les eaux de surface deviennent ainsi moins denses et moins salées, ce qui entrave leur capacité à plonger et à alimenter la circulation méridienne de retournement atlantique (AMOC), notamment le Gulf Stream, qui contribue à la douceur des hivers en Europe. Voir également ma note du 2 novembre 2024 à ce sujet :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

La fonte continue de la calotte glaciaire du Groenland apporte également de l’eau douce à l’océan Atlantique Nord, stimulant la productivité du plancton mais créant aussi des décalages entre la disponibilité de nourriture et les périodes où les espèces qui en dépendent peuvent s’en nourrir.

La fonte des glaces terrestres du Groenland contribue de manière significative à l’élévation du niveau de la mer, exacerbant l’érosion côtière et les inondations provoquées par les tempêtes.
Par ailleurs, le réchauffement plus rapide de l’Arctique que du reste de la planète affaiblit le contraste de température qui contribue à maintenir l’air froid confiné près du pôle. Cette fragilisation du vortex polaire permet aux vagues de froid de se propager plus fréquemment vers les latitudes plus basses.
Le cycle hydrologique de l’Arctique s’intensifie lui aussi. La période d’octobre 2024 à septembre 2025, aussi connue sous le nom d’« année hydrologique » 2024/25, a enregistré des précipitations printanières record et figure parmi les cinq années les plus humides pour les autres saisons, selon les relevés remontant à 1950.
Des conditions plus chaudes et plus humides favorisent la « boréalisation », ou le verdissement, de vastes étendues de toundra arctique. En 2025, ce verdissement de la toundra circumpolaire était le troisième plus élevé des 26 années de relevés satellitaires. Les cinq valeurs les plus élevées ont toutes été observées au cours des six dernières années.
Parallèlement, le dégel du pergélisol provoque des changements biogéochimiques, tels que le phénomène des « rivières couleur de rouille », causé par le fer libéré par le dégel des sols. Les images satellitaires ont permis d’identifier plus de 200 cours d’eau de couleur orangée, ce qui dégrade la qualité de l’eau par une hausse de l’acidité et des concentrations de métaux, et contribue à la perte de biodiversité aquatique. J’ai consacré une note à ce phénomène le 27 juin 2024 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Source : NOAA.

Vue aérienne de la Kutuk, dans le nord de l’Alaska, où la belle couleur bleue de la rivière doit cohabiter avec l’eau orange due au dégel du pergélisol (Crédit photo : National Park Service)

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In its annual Arctic Report Card, which draws on data going back to 1900, the National Oceanic and Atmospheric Administration ‘NOAA) informs the public that in 2025 the Arctic experienced its hottest year since records began, with cascading impacts from melting glaciers and sea ice to greening landscapes and disruptions to global weather.

Between October 2024 and September 2025, temperatures were 1.60 degrees Celsius above the 1991–2020 mean, a « certainly alarming » warming over so short a timespan.

2025 included the Arctic’s warmest autumn, second-warmest winter, and third-warmest summer since 1900. Driven by human-caused burning of fossil fuels, the Arctic is warming significantly far faster than the global average, with a number of reinforcing feedback loops : a phenomenon known as « Arctic Amplification. »

For example, rising temperatures increase water vapor in the atmosphere, which acts like a blanket absorbing heat and preventing it from escaping into space. At the same time, the loss of bright, reflective sea ice exposes darker ocean waters that absorb more heat from the Sun.

Springtime – when Arctic sea ice reaches its annual maximum – saw the smallest peak in the 47-year satellite record in March 2025. This is an immediate issue for polar bears and for seals and for walrus, that they use the ice as a platform for transportation, for hunting, for birthing pups.

Modeling suggests the Arctic could see its first summer with virtually no sea ice by 2040 or even sooner. The loss of Arctic sea ice also disrupts ocean circulation by injecting freshwater into the North Atlantic through melting ice and increased rainfall. This makes surface waters less dense and salty, hindering their ability to sink and drive the Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC), including the Gulf Stream, which help keep Europe’s winters milder. See my post of 2 November 2024 on this topic :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Ongoing melt of the Greenland Ice Sheet also adds freshwater to the North Atlantic Ocean, boosting plankton productivity but also creating mismatches between when food is available and when the species that depend on it are able to feed.

Greenland’s land-based ice loss is also a major contributor to global sea-level rise, exacerbating coastal erosion and storm-driven flooding.

And as the Arctic warms faster than the rest of the planet, it weakens the temperature contrast that helps keep cold air bottled up near the pole, allowing outbreaks of frigid weather to spill more frequently into lower latitudes.

The Arctic’s hydrological cycle is also intensifying. The October 2024 – September 2025 period – also known as the 2024/25 « water year » – saw record-high spring precipitation and ranked among the five wettest years for other seasons in records going back to 1950.

Warmer, wetter conditions are driving the « borealization, » or greening, of large swaths of Arctic tundra. In 2025, circumpolar mean maximum tundra greenness was the third highest in the 26-year modern satellite record, with the five highest values all occurring in the past six years.

Permafrost thaw, meanwhile, is triggering biogeochemical changes, such as the « rusting rivers » phenomenon caused by iron released from thawing soils. Satellite images allowed to identify more than 200 discolored streams and rivers that appeared visibly orange, degrading water quality through increased acidity and metal concentrations and contributing to the loss of aquatic biodiversity. I dedicated a post to this phenomenon on June 27th, 2024 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Source : NOAA.