Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

L’Agence Régionale de Santé et la préfecture appellent à la prudence la population se rendant, ou résidant, à proximité du Piton de la Fournaise qui émet du dioxyde de soufre et des particules fines. En cas de concentration importante, le SO2 peut entraîner des difficultés respiratoires chez les personnes vulnérables.

L’éruption peut également produire des cheveux de Pelé qui peuvent présenter un danger. il est donc, entre autres, recommandé aux enfants d’éviter de fréquenter des espaces extérieurs où la présence de cheveux de Pélé est relevée, de laver soigneusement les légumes et les fruits, de contrôler les pâturages et éviter l’ingestion par les animaux. Les seuils d’alerte ne sont toutefois pas dépassés

Sur le terrain, l’éruption débutée le 22 décembre 2021 se poursuit. L’amplitude du tremor se situe à environ 20% de sa valeur initiale. La lave a commencé à s’écouler en tunnels au pied du cône sur une centaine de mètres avant de ressortir plus en aval. Le front de la coulée ne se déplace que
très lentement et se situait le 24 décembre à environ 7,6 km de la RN 2.

Source: OVPF, presse réunionnaise.

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The Regional Health Agency and the Prefecture are asking the population visiting or residing near the Piton de la Fournaise to be very cautious as the volcano emits sulfur dioxide and fine particles. In high concentrations, SO2 can cause breathing difficulties in vulnerable people.
The eruption can also produce Pele’s hair which can be dangerous. It is therefore, among other things, recommended that children avoid frequenting outdoor spaces where the presence of Pele’s hair is noted, wash vegetables and fruits thoroughly, control pastures and avoid ingestion by animals. However, the alert thresholds are not exceeded
In the field, the eruption that began on December 22nd, 2021 continues. The amplitude of the tremor is around 20% of its initial value. Lava has begun to flow in tunnels at the foot of the cone over a hundred meters before coming out further downslope. The flow front is moving
very slowly and was located on December 24th about 7.6 km from RN 2.

Source: OVPF, local news media.

La coulée de lave le 24 décembre 2021 (Source: OVPF)

Histoire d’un cantique de Noël

En ce jour de Noël, voici l’histoire du célèbre cantique « Minuit chrétien » qui a connu bien des péripéties avant d’atteindre sa forme actuelle. Etant moi-même athée, je peux en parler avec le recul suffisant. C’est son aspect historique qui a attiré mon attention.

Le cantique .présente des paroles écrites à l’origine par un marchand de vins français athée, avec une musique composée par un Français juif. Les paroles ont ensuite été traduites en anglais par un abolitionniste américain. Il a été interdit pendant une certaine période en France avant de devenir un hymne anti-esclavagiste aux États-Unis dans les années 1850.
L’histoire commence en 1843 – ou 1847 selon les sources – à Roquemaure, une petite ville de la vallée du Rhône. Placide Cappeau, qui avait suivi son père dans le commerce du vin, était également connu pour les poèmes qu’il composait. Bien que critique de l’église catholique, Cappeau a été invité par le prêtre local à écrire quelques strophes pour célébrer l’orgue récemment rénové de la cathédrale de la ville. On dit qu’il a écrit les paroles de la chanson alors qu’il se rendait à Paris pour affaires, et que c’est l’Évangile de Luc qui lui a servi d’ inspiration. Sur les conseils du même ecclésiastique qui lui avait commandé les strophes, Cappeau apporta son œuvre achevée – alors intitulée « Minuit, Chrétiens – à Adolphe Adams, un compositeur de renom. Adams, qui était d’origine juive française, a arrangé la musique, et l’oeuvre a été récemment baptisée « Cantique de Noël ».

Le cantique a fait ses débuts à l’échelle mondiale avec la cantatrice Emily Laurey lors de la messe de minuit de la veille de Noël à l’église de Roquemaure.
Bien que le « Cantique de Noël » soit devenu très populaire, il a ensuite été dénoncé par l’église catholique française. Cela est dû au fait que Cappeau était athée et socialiste, mais aussi à la découverte qu’Adams était juif,. Un évêque aurait rejeté le cantique à cause d’un « manque de goût musical et une absence totale d’esprit de la religion ». L’Eglise française n’appréciait pas non plus les paroles ouvertement anti-esclavagistes de Cappeau dans le troisième couplet. L’interdiction révèle la position de l’Église catholique française en matière d’abolition de l’esclavage.
Il convient de rappeler ici qu’à cette époque, la France prélevait encore des Noirs en Afrique dans le cadre de la traite transatlantique des esclaves, même si elle a aboli définitivement la pratique en 1848. Avant cette date, environ 1,4 million d’êtres humains ont été capturés et conduits dans des lieux colonisés par la France comme la Guadeloupe, la Martinique et surtout Saint-Domingue où ils ont été réduits en esclavage dans des conditions cruelles et souvent mortelles.
Le « Cantique de Noël » a ensuite traversé l’Atlantique jusqu’à John Sullivan Dwight, un abolitionniste américain blanc, ministre unitarien, musicien et amateur de musique classique.
En 1855, Dwight traduisit les paroles de Cappeau, accordant une attention particulière au troisième couplet.
Dwight a donné à son texte traduit le titre «O Holy Night» qu’il a publié dans son périodique musical en 1855. Le cantique est devenu un succès aux États-Unis, en particulier parmi les abolitionnistes pendant la Guerre de Sécession. Même s’il était interdit dans son pays d’origine, le cantique devint un incontournable chant de Noël et de protestation, à des milliers de kilomètres de là, aux États-Unis.

Les elfes d’Alfaborg

Noël, c’est l’époque des contes populaires que l’on se racontait autrefois au coin du feu. Cette époque est malheureusement révolue et les tablettes ont remplacé les livres de contes. Il est pourtant un pays où cette tradition populaire reste bien ancrée. En Islande, contes et légendes font partie de la culture nationale.

Les elfes sont particulièrement présents dans la vie de ce peuple nordique. Ils habitent souvent dans les rochers ou les cavernes. Ces petits êtres ne sont pas immortels, mais ils ont une espérance de vie beaucoup plus longue que la moyenne des êtres humains. Le petit peuple ou Huldufolk, est très respecté en Islande. Pour beaucoup de gens, les elfes sont bien réels. Même s’ils ne peuvent pas les voir, ils ressentent souvent leur présence.

Pas très loin de Reykjavik, le parc Hellisgerdi à Hafnafjödur est un lieu de résidence des elfes bien connu en Islande. A l’opposé, à l’est, se dresse un rocher, l’Álfaborg, la Cité des Elfes. D’allure majestueuse, il ressemble à une forteresse naturelle. Beaucoup pensent que le rocher est un manoir qui abrite les elfes de haut rang comme le roi et la reine des elfes de l’Est de l’Islande autour desquels virevolteraient une myriade de petits êtres.
Pas très loin de l’Alfaborg se trouve la ferme Jökulsá, du même côté de la rivière Fjarðará. Dans cette ferme vivait autrefois un fermier qui avait une employée nommée Guðrún. Un dimanche, pendant l’été, toute la maisonnée se rendit à l’église, mais Guðrún resta à la ferme. La maîtresse de maison lui avait demandé d’écrémer le lait et de baratter le beurre après avoir rassemblé les moutons et trait les brebis. La famille est allée à l’église et Guðrún a effectué les tâches qui lui étaient dévolues. Elle a ensuite commencé à préparer le dîner et, une fois ses tâches ménagères terminées, elle est sortie effectuer différentes besognes.
Tout à coup, elle vit un grand nombre de personnes passer à cheval le long du chemin juste en dessous de la ferme. Il y avait beaucoup d’hommes qui portaient des vêtements colorés sur de splendides chevaux fougueux. Guðrún fut très surprise car tout le monde devait être à l’église et elle se demanda pourquoi ces gens y partaient si tard.
Toutes ces personnes passèrent sans s’arrêter sauf une femme qui dirigea son cheval vers la ferme Jökulsá. Elle semblait de haut rang et avait belle allure, bien qu’elle fût âgée. Elle salua Guðrún et lui dit : « Donnez-moi du babeurre à boire, ma fille. ». La jeune femme se précipita à l’intérieur de la ferme, remplit de babeurre une cruche en bois qu’elle donna à la femme âgée.
Celle-ci prit la cruche et commença à boire le babeurre. Guðrún lui demanda: « Quel est votre nom ? ». La femme ne répondit pas et avala une autre grande gorgée de babeurre. Guðrún lui posa alors la même question. La femme ne répondit pas et continua à boire.
Lorsque la femme eut suffisamment bu, elle replaça le couvercle sur la cruche. Guðrún se rendit compte qu’elle avait glissé la main sur sa poitrine et avait fait apparaître une belle toile de lin qu’elle plaça sur le couvercle de la cruche avant de la tendre à Guðrún et de la remercier. Puis la jeune femme demanda une troisième fois : « Quel est votre nom ? » « Borghildur est mon nom, jeune fille bien curieuse », répondit la femme en donnant un coup de cravache à sa monture et en s’éloignant de la ferme pour rattraper le reste du groupe.
Guðrún les observa et elle les vit disparaître derrière un rocher gris le long du Kollutungur qui mène à la vallée de Kækjudalur. Quand les gens de la ferme revinrent de l’église le soir, la jeune femme leur raconta ce qui lui était arrivé pendant la journée et elle montra le tissu qui lui avait été donné. Personne n’avait jamais vu un tissu aussi beau et aussi fin.
L’histoire raconte que ce fin tissu s’est transmis entre les plus nobles dames d’Islande à travers les âges. Il se dit que les cavaliers vus par Guðrún étaient des elfes d’Álfaborg sur le chemin de l’église de Kækjudalur et que Borghildur était leur reine…

Légende racontée par Þjóðsögur Jóns Árnasonar dans « La Collection de Folklore de Jón Árnason ».

JOYEUX NOEL A TOUS !

Maisons d’elfes dans le parc Hellisgerdi (Photo: C. Grandpey)

Un joli cadeau de Noël !

Les glaciers sont des rivières de glace en mouvement. Il leur arrive de vomir à leur front des objets ou des personnes qu’ils ont cachés pendant des décennies ou même des siècles au fond de leurs crevasses.. A Chamonix, le glaciers des Bossons fait partie des généreux donateurs.

Dans des notes écrites le 15 septembre 2018 et le 14 novembre 2020, j’ai rappelé que des avions se sont écrasés sur le massif du Mont Blanc. Régulièrement, des fragments humains et autres débris sont retrouvés dans la zone de ces accidents.

Il y a quelques jours, un trésor de pierres précieuses découvert en 2013 sur le glacier des Bossons et provenant probablement du crash d’un avion indien, le « Kangchenjunga » en 1966, a été partagé 8 ans après avoir été retrouvé, entre son découvreur et la ville de Chamonix. Chaque lot est évalué à environ 150.000 euros. Pour mémoire, le Boeing 707 effectuait la liaison Bombay-New York. Il s’était écrasé sur le glacier avec 117 passagers à bord à environ 4.750 mètres d’altitude. Aucun passager n’avait survécu à l’accident. Quinze ans plus tôt, un autre avion d’Air India, le « Malabar Princess », s’était écrasé sur le même glacier le 3 novembre 1950 à 4.700 mètres d’altitude, faisant 48 morts. La rumeur avait alors couru qu’il contenait des lingots d’or, mais les recherches sont restées vaines

La loi prévoit que, aucun héritier n’ayant été retrouvé dans un délai de deux ans, le trésor revienne pour moitié à l’alpiniste qui en a fait la découverte, et pour moitié au propriétaire du glacier des Bossons où il a été trouvé, c’est-à-dire à la commune de Chamonix. Les huit années d’attente correspondent à l’enquête internationale qui a fait suite à la découverte. Il a fallu du temps pour expertiser le trésor et pour demander des explications au niveau des personnes qui étaient dans l’avion et de leurs héritiers.

Les pierres, enfermées dans une petite boîte métallique, avaient été retrouvées à l’été 2013 par un jeune alpiniste savoyard. Il avait apporté son trésor, composé en majorité d’émeraudes et de saphirs, à la gendarmerie afin qu’il soit remis à son propriétaire.

Le glacier des Bossons charrie régulièrement des débris des catastrophes aériennes survenues au Mont-Blanc. En 1975 déjà, un guide de haute montagne y avait découvert le train d’atterrissage du « Malabar Princess. » On peut le voir aujourd’hui au Chalet des Bossons, accompagné d’une petite exposition qui explique les circonstances des accidents.

Les pierres du lot dévolu à la ville de Chamonix figureront désormais dans la collection de son nouveau musée des cristaux dont l’inauguration a eu lieu le 18 décembre 2021.

Source: Yahoo News.

Photos: C. Grandpey