Le stockage du gaz carbonique : une solution au réchauffement climatique ? // CO2 storage : a solution to global warming?

Je ne cesse de le répéter : les concentrations de gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère sont en hausse constante. Elles ont atteint des niveaux encore jamais observés depuis que les mesures sont effectuées. Le CO2 est l’un des principaux gaz à effet de serre qui provoquent le réchauffement du climat sur notre planète. Plusieurs projets ont vu le jour pour essayer de réduire les émissions de CO2 et, par voie de conséquence, leurs concentrations.

L’Islande est bien connue pour ses efforts de capture du dioxyde de carbone. Dans plusieurs notes sur ce blog (17 juin 2016 ; 26 avril, 22 mai 2021, 5 octobre 2021, par exemple), j’ai décrit le projet CarbFix dont l’objectif est d’injecter du CO2 sous terre et de le stocker dans le basalte. Le 9 septembre 2021, la société suisse Climeworks a mis en service 96 turbines à la centrale Orca.
Depuis 2022 en Islande, la nouvelle centrale géothermique de Hellisheiði capte 36 000 tonnes de dioxyde de carbone directement dans l’atmosphère. Cela s’ajoute aux 4 000 tonnes déjà capturées par l’usine Orca, qui a commencé a être opérationnelle en septembre 2021.
Une fois capturé, le dioxyde de carbone est dissous dans l’eau, injecté dans le sol et transformé en pierre, ce qui l’élimine définitivement de l’atmosphère.

Le 8 mars 2023, le Danemark a inauguré en mer du Nord un premier site de stockage de dioxyde de carbone importé de l’étranger. Le projet « Greensand » est situé à Esbjerg, dans le sud-ouest du pays. Le CO2 sera stocké sous la mer du Nord dans un ancien gisement de pétrole. Selon l’Agence de la transition écologique (ADEME), le but du projet est de l’enfouir « dans une formation géologique pour éviter qu’il soit présent dans l’atmosphère ». Le processus est réalisé en trois étapes : le captage, le transport de CO2 puis son stockage géologique.

Pour capturer le dioxyde de carbone, la technique mise en œuvre à l’échelle industrielle consiste à utiliser des solvants pour extraire le gaz à effet de serre des fumées après une combustion. Le transport de ce CO2 vers son site de stockage peut ensuite être réalisé en train, en bateau ou par canalisation.

Plusieurs sites sont possibles pour le stockage géologique du CO2, comme d’anciens réservoirs d’hydrocarbure (comme pour le projet « Greensand »), des veines de charbon, ou encore des aquifères salins constitués de roches poreuses ou fissurées et qui contiennent de l’eau salée.

Dans le cadre du projet « Greensand », le CO2 est liquéfié et acheminé par mer vers la plate-forme Nini West, située en mer du Nord. Il est ensuite introduit sous terre via une plate-forme offshore existante et un puits dédié à cet effet. Le dioxyde de carbone est alors stocké de manière permanente à 1 800 mètres de profondeur sous la mer du Nord, dans un réservoir de grès.

Selon les acteurs du projet, « Greensand » devrait permettre, à l’horizon 2025 et 2026, de stocker 1,5 million de tonnes de CO2 par an. L’objectif est d’atteindre un stockage de 8 millions de tonnes de CO2 par an en 2030, soit environ 13% des émissions de CO2 annuelles du Danemark.

Ce dernier chiffre est très révélateur et montre les limites du projet « Greensand ». En effet, la technologie ne résoudra pas le réchauffement climatique car elle ne peut pas être déployée une échelle suffisante, que ce soit dans le temps ou géographiquement. Il a été démontré que si nous voulions reprendre dans l’air la totalité de nos émissions de CO2, il faudrait y consacrer toute la production d’électricité mondiale et que celle-ci soit décarbonée.

Le GIEC a fait remarquer que ces différents projets de stockage du gaz carbonique sont louables, mais la vraie solution réside dans la réduction drastique de nos émissions de gaz à effet de serre.

De son côté, l’ADEME évoque le « potentiel limité » de ces techniques de stockage du gaz pour « réduire les émissions industrielles » en France. « 

Source : France Info, ADEME, presse islandaise.

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I keep saying it: carbon dioxide (CO2) concentrations in the atmosphere are steadily rising. They have reached levels never seen since the measurements were made. CO2 is one of the main greenhouse gases that cause global warming on our planet. Several projects have emerged to try to reduce CO2 emissions and, consequently, their concentrations.
Iceland is well known for its carbon dioxide capture efforts. In several posts on this blog (June 17, 2016; April 26, May 22, 2021, October 5, 2021, for example), I described the CarbFix project, the goal of which is to inject CO2 underground and store it in the basalt. On September 9, 2021, the Swiss company Climeworks commissioned 96 turbines at the Orca power plant.
Since 2022 in Iceland, the new Hellisheiði geothermal power plant has captured 36,000 tonnes of carbon dioxide directly from the atmosphere. This is in addition to the 4,000 tonnes already captured by the Orca plant, which started operating in September 2021.
Once captured, the carbon dioxide is dissolved in water, injected into the ground, and turned into stone, removing it from the atmosphere permanently.

On March 8, 2023, Denmark inaugurated in the North Sea a first storage site for carbon dioxide imported from abroad. The « Greensand » project is located in Esbjerg, in the southwest of the country. The CO2 will be stored under the North Sea in a former oil field. According to the Ecological Transition Agency (ADEME), the goal of the project is to bury the gas « in a geological formation to prevent it from being present in the atmosphere ». The process is carried out in three stages: capture, transport of CO2 and then its geological storage.
To capture carbon dioxide, the technique implemented on an industrial scale consists in using solvents to extract the greenhouse gas from the fumes after combustion. The transport of this CO2 to its storage site can then be performed by train, boat or pipeline.
Several sites are possible for the geological storage of CO2, such as former hydrocarbon reservoirs (as for the « Greensand » project), coal seams, or even saline aquifers made up of porous or fissured rocks and which contain ‘salt water.
As far as the « Greensand » project ix concerned, the CO2 is liquefied and transported by sea to the Nini West platform, located in the North Sea. It is then introduced underground via an existing offshore platform and a well dedicated to this purpose. The carbon dioxide is then permanently stored 1,800 meters deep under the North Sea, in a sandstone reservoir.
According to those involved in the project, « Greensand » is expected, by 2025 and 2026, to store 1.5 million tonnes of CO2 per year. The goal is to achieve a storage of 8 million tonnes of CO2 per year in 2030, or around 13% of Denmark’s annual CO2 emissions.
This last figure is very revealing and shows the limits of the « Greensand » project. Indeed, the technology will not solve global warming because it cannot be deployed on a sufficient scale, either in time or geographically. It has been shown that if we wanted to capture all of our CO2 emissions from the air, we would have to devote all of the world’s electricity production to it, provided it is decarbonized.
The IPCC has pointed out that these various carbon dioxide storage projects are laudable, but the real solution lies in drastically reducing our greenhouse gas emissions.
For its part, ADEME evokes the « limited potential » of these gas storage techniques to « reduce industrial emissions » in France.  »
Source: France Info, ADEME, Icelandic press.

Usine de stockage du CO2 en Islande (Crédit photo: Climeworks)

Nature impitoyable…

J’ai toujours été fasciné par le pygargue à tête blanche, le « bald eagle », symbole des Etats Unis. J’ai eu l’occasion d’observer ce superbe oiseau, également symbole de noblesse, de puissance et de force, à plusieurs reprises en Alaska.

 

Je regarde régulièrement la webcam braquée vers un nid construit quelque part dans la San Bernardino National Forest en Californie.

https://youtu.be/B4-L2nfGcuE

C’est dans ce nid que Jackie et Shadow se relayaient ces derniers temps pour couver les œufs déposés par Jackie le 11 et le 14 janvier 2023.

 

Il était émouvant de voir la femelle immobiles dans le nid. Seule la tête dépassait de l’épaisse couche de neige au moment du blizzard qui a frappé cette partie de la Californie.

L’incubation dure 35 jours. Après avoir été maintenus à la bonne température, les œufs éclosent à deux ou trois jours d’intervalle. Sauf que les œufs de Jackie et Shadow n’ont jamais donné naissance à des aiglons. On ne sait pas vraiment pourquoi. Toujours est-il que plusieurs jours après la date d’éclosion prévue, les aigles ont abandonné le nid. Ils ont compris qu’il ne se passerait rien. Un tel échec avait déjà été observé en 2020 et 2021.

Les oeufs n’ont pas été perdus pour tout le monde. Des corbeaux étaient à l’affût et sont venus les manger dès que le nid a été vide.

 

L’image de la webcam ci-dessus se passe en Californie, mais il faut savoir que, plus au nord, le grand corbeau est l’emblème aviaire du Yukon. Il est omniprésent sur le territoire et constitue un symbole largement évoqué et vénéré dans de nombreuses légendes autochtones.

La partie n’est peut-être pas perdue pour Jackie et Shadow. On a vu les aigles s’accoupler de nouveau ces derniers temps et on a déjà assisté à une deuxième ponte quand l’éclosion de la première avait échoué. Le couple a recommencé à couver au mois de mars 2022 et le dernier aiglon, Spirit, est né 35 jours plus tard…

Affaire à suivre…

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

L’Alaska Volcano Observatory a enregistré une hausse de l’activité sismique sous le Tanaga (îles Andreanof / Alaska) le 7 mars 2023 au matin. Dans la soirée, la sismicité s’est intensifié avec des secousses à raison de 2 ou 3 par minute, à faible profondeur sous le sommet du volcan. Les événements les plus significatifs avaient des magnitudes comprises entre M 2,0 et M 3,0.

L’AVO a fait passer la couleur de l’alerte aérienne au JAUNE et le niveau d’alerte volcanique à ADVISORY (surveillance conseillée).

L’île de Tanaga se trouve dans les îles Andreanof à environ 100 km à l’ouest de la localité d’Adak et à 2025 km au sud-ouest d’Anchorage. La moitié nord de l’île héberge le complexe volcanique de Tanaga, composé de trois principaux édifices. La dernière éruption du Tanaga s’est produite en 1914 et des éruptions antérieures ont été signalées en 1763-1770, 1791 et 1829.

Dernière minute : L’AVO vient de m’envoyer un message disant qu’au cours des dernières 48 heures, l’activité sismique sur le Tanaga reste élevée. Cette activité soutenue indique un risque d’éruption de ce volcan. C’est pourquoi l’AVO a fait passer la couleur de l’alerte aérienne à ORANGE et le niveau d’alerte volcanique à WATCH (Vigilance).

L’activité sismique est également élevée sur le Takawangha, qui se trouve à environ 8 km à l’est du Tanaga sur l’île de Tanaga (Aléoutiennes). Si une éruption devait se produire, on ne sait pas si elle aurait lieu sur le Tanaga ou le Takawangha.

Source: AVO

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Un essaim sismique est toujours en cours sur l’Aniakchak (Péninsule de l’Alaska). Les événements ont des magnitudes comprises entre M 2,0 et M3,1, à de faibles profondeurs (moins de 5 km) et en dessous de la partie Sud de la caldeira et à l’Est du volcan. La couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune et le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Advisory (surveillance conseillée).
Source : AVO.

Source: AVO

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L’éruption du cratère principal du Karangetang (Iles Sangihe / Indonésie) se poursuit. Les images nocturnes de la webcam montrent des matériaux incandescents qui dévalent les flancs du volcan. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4)
Source : PVMBG.

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Le nombre d’explosions au niveau du cratère Ontake du Suwanosejima (îles Ryukyu (Japon) a commencé à augmenter le 2 février et s’est intensifié le 2 mars. L’activité s’est encore intensifiée entre le 1er et le 5 mars 2023 et 25 explosions ont été enregistrées. Les panaches de cendres montent jusqu’à 1,4 km au-dessus du cratère et de gros blocs sont éjectés jusqu’à 500 m de la bouche éruptive. Des retombées de cendres et des grondements sont signalés dans le village de Toshima, à 3,5 km au SSO du volcan. .
Le niveau d’alerte a été élevé à 3 le 5 mars et le public est prié de rester à au moins 2 km du cratère.
Source : JMA.

Source: Smithsonian Institution

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L’éruption du Cotopaxi (Équateur) se poursuit avec des panaches de cendres, de gaz et de vapeur qui s’élèvent jusqu’à 1,5 km au-dessus du sommet. De petites retombées de cendres sont signalées dans les villages sous le vent. Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune.
Source : Instituto Geofisico.

Crédit photo: Wikipedia

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L’éruption du Semeru (Indonésie) se poursuit. Les panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 200 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 4 niveaux). Il et demandé au public de rester à au moins 5 km ou 13 km du sommet selon les endroits et d’éviter les ravines provenant de Semeru, en raison du risque de lahar, d’avalanche de blocs et de coulée pyroclastique.
Source : PVMBG.

Photo: C. Grandpey

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange pour l’Ebeko et le Sheveluch, au Jaune pour le Bezymianny.

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Comme je l’ai indiqué précédemment, l’éruption du Kilauea (Hawaii) s’est arrêtée.

Source : HVO.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

Earthquake activity beneath Tanaga Volcano (Andreanof Islands / Alaska) began to increase slowly on March 7th, 2023 in the morning. In the evening, it escalated with earthquakes occurring as often as 2 or 3 each minute at shallow depths beneath the summit of the volcano. The most significant events had magnitudes between M 2.0 and M 3.0.

AVO has raised the Aviation Color Code to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY.

Tanaga Island lies in the Andreanof Islands approximately 100 km west of the community of Adak and 2025 km SW of Anchorage. The northern half of the island is home to the Tanaga volcanic complex, comprising three main volcanic edifices. The last eruption of Tanaga occurred in 1914 and earlier eruptions were reported in 1763-1770, 1791, and 1829.

Last minute : AVO has just sent me a message saying that over the past 48 hours, seismic activity near Tanaga Volcano has been elevated and continues. This sustained activity indicates an increased potential for eruption at the volcano. Therefore AVO has raised the Aviation Color Code to ORANGE and the Volcano Alert Level to WATCH.

Seismic activity is also elevated at Takawangha volcano, which is about 8 km east of Tanaga on Tanaga Island (Aleutians). If an eruption were to occur, it is uncertain at this stage if it would come from Tanaga or Takawangha.

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The seismic swarm at Aniakchak (Alaska Peninsula) continues. The events have magnitudes ranging between M 2.0 and M3.1, at shallow depths (less than 5 km) and below the S part of the caldera and to the E of the volcano. The Aviation Color Code remains at Yellow and the Volcano Alert Levelis kept at Advisory.

Source : AVO.

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The eruption at Karangetang’s Main Crater (Sangihe Islands / Indonesia) continues. Nighttime webcam image show incandescent material descending the flanks of the volcano. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4)

Source : PVMBG.

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The number of explosions at Suwanosejima‘s Ontake Crater (Ryukyu Islands (Japan) began to increase on February 2nd, and further increased on March 2nd. Activity intensified and a total of 25 explosions were recorded between March 1st and 5th, 2023. Ash plumes rise as high as 1.4 km above the crater and large blocks are ejected as far as 500 m from the eryptive vent. Occasional ashfall and rumbling noises are reported in Toshima village (3.5 km SSW).

The Alert Level was raised to 3 on March 5th and the public is asked to stay 2 km away from the crater.

Source : JMA.

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The eruption at Cotopaxi (Ecuador) continues with ash, gas, and steam plumes that rise as high as 1.5 km above the summit. Minor ashfall is reported in downwind villages. The Alert Level is kept at Yellow.

Source : Instituto Geofisico.

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The eruption of Semeru (Indonesia) continues. Ash plumes rise as high as 200 m above the summit. The Alert Level remains at 3 (on a scale 4 levels). The public is asked to stay at least 5 or 13 km away from the summit and to avoid river drainages originating on Semeru, due to lahar, avalanche, and pyroclastic flow hazards.

Source : PVMBG.

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In Kamchatka, the aviation colour code is kept at Orange for Ebeko and Sheveluch, Yellow for Bezymianny.

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As I put it before, the eruption of Kilauea (Hawaii) has stopped.

Source : HVO.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Le réchauffement climatique menace la centrale hydroélectrique de la Mer de Glace

A Chamonix (Haute-Savoie), la Mer de Glace est le plus grand et le plus populaire glacier français. C’est aussi un symbole du réchauffement climatique. Les dates qui jalonnent l’escalier conduisant à la grotte creusée dans le glacier montrent avec quelle rapidité celui-ci a reculé et s’est aminci. Le spectacle depuis le belvédère du Montenvers est désolant.

Lorsqu’ils stationnent sur ce belvédère, très peu de gens savent qu’une centrale hydroélectrique se cache sous les tonnes de glace. Avec le réchauffement climatique et la fonte de la Mer de Glace, cette installation unique est aujourd’hui menacée.

Le téléphérique des Bois permet d’accéder à des kilomètres de galeries creusées dans la roche. Depuis 1973, EDF récupère l’eau de fonte de la Mer de Glace pour générer de l’énergie. La centrale fonctionne d’avril à décembre et produit l’équivalent de la consommation d’électricité annuelle de 50 000 personnes.

L’eau est captée sous une dizaine de mètres de glace à 1 560 mètres d’altitude, puis filtrée avant de rejoindre la centrale hydroélectrique. Cette dernière tourne à plein régime l’été, au moment de la fonte de la glace, mais aujourd’hui, son fonctionnement est menacé par le recul inexorable du glacier. Depuis 1995, il a reculé de 800 mètres sur la zone de la centrale. En 2022, en à peine six mois, la Mer de Glace a fondu de 16 mètres. Le glaciologue Luc Moreau – que je salue ici – explique que la fonte s’accélère avec des étés de plus en plus chauds et des hivers très secs.

De ce fait, EDF est engagée dans une course contre la montre afin de récupérer l’eau plus bas pour continuer d’utiliser la centrale. D’ici trois à quatre ans, le point de captage se retrouvera à l’air libre si rien n’est fait, avec le risque de chutes de rochers susceptibles de boucher l’ouverture.

La difficulté est de connaître la manière dont vont se comporter les parois rocheuses actuellement tenues par le glacier au niveau du captage. Les techniciens d’EDF expliquent que l’on s’oriente vers un fonctionnement avec l’actuel captage principal, à 1 560 mètres d’altitude, qui sera renforcé, et un deuxième captage de secours qui sera réhabilité, à 1520 mètres d’altitude. A terme, il est possible qu’il ne reste plus que le deuxième captage, sur lequel une grille sera installée pour le protéger contre les chutes de roches. Les travaux débutent cette année, pour une mise en service en 2024.

Source : France Info et presse régionale.

Photo: G. Grandpey

Image webcam

Photo: C. Grandpey