Courses de chiens de traîneaux et réchauffement climatique // Sled dog racing and global warming

Les défenseurs de la cause animal diront que c’est une bonne nouvelle : le réchauffement climatique complique l’organisation des emblématiques courses de chiens de traîneaux sur le continent nord-américain car la hausse des températures rend le manteau neigeux moins fiable. Certains des États les plus septentrionaux des États-Unis, comme l’Alaska, l’Idaho et le Minnesota, ont dû faire face à des difficultés pour organiser des courses ces dernières années, car les hivers plus chauds ont rendu le terrain impraticable pour tirer des traîneaux sur de longues distances.
L’Iditarod Trail Sled Dog Race, la compétition de 1 600 km à travers la nature sauvage de l’Alaska connue sous le nom de « Dernière grande course sur Terre », a commencé sa 53ème édition le 1er mars 2025, mais le départ a été déplacé d’Anchorage à Fairbanks, à environ 575 kilomètres au nord, en raison du manque de neige. Le sol était gelé, l’herbe sèche de la toundra recouvrait le sol et il n’y avait pas de neige.

Photo: C. Grandpey

En 2024, le marathon de chiens de traîneaux John Beargrease au Minnesota a été reporté et finalement annulé en raison du faible enneigement. Cette année, la course a été retardée de plus d’un mois en raison des températures chaudes et d’une piste jugée trop dangereuse. L’Idaho Sled Dog Challenge a également connu des difficultés en 2024 en raison de l’absence de météo hivernale, mais a finalement eu lieu fin janvier.
La déception se fait aussi sentir parmi les chiens lorsque les courses sont annulées. Contrairement à ce que disent certains, les chiens adorent participer aux courses et sont vraiment enthousiastes à l’idée de l’aventure qui les attend. Je peux personnellement le confirmer car j’ai pu voir des courses en Alaska.

Photo: C. Grandpey

 Les climatologues indiquent que les températures hivernales dans des endroits comme le Minnesota et l’Alaska sont variables d’une année à l’autre mais montrent une tendance à la hausse. On a constaté une forte augmentation des températures dans le Minnesota entre 1895 et 2024, en particulier dans la partie nord de l’État. Les températures moyennes dans le Minnesota ont augmenté d’environ 2,2 °C, mais ce sont les basses températures hivernales qui ont augmenté le plus, d’environ 4,4 °C, et la tendance devrait se poursuivre à l’avenir.
En Alaska, la température moyenne annuelle a augmenté de 1,8 °C au cours des 50 dernières années. Les conditions de course de l’Iditarod peuvent être aussi variables que les saisons hivernales. En 2019, il y avait un manque de glace de mer sur une partie du parcours, mais les conditions ont été acceptables pendant plusieurs années qui ont suivi. Cependant, 2025 s’avère différente, avec un manque criant de neige sur plusieurs parties du parcours.
Les organisateurs de l’Iditarod doivent s’adapter pour maintenir les traditions. Depuis sa création en 1973, la course a acquis la réputation d’une bataille acharnée entre des équipages de mushers et de chiens composées de concurrents féroces. Selon l’esprit de la course, les équipages doivent aller d’Anchorage à Nome pour commémorer le trajet parcouru par 20 équipes en 1925 pour livrer des médicaments en pleine épidémie de diphtérie. Il faut environ 10 jours aux premiers mushers pour terminer le parcours. Pendant les 30 premières années de l’Iditarod, la course n’a jamais eu besoin d’être déplacée. Toutefois, la course a dû s’adapter quatre fois au cours des 23 dernières années à l’évolution de l’environnement.

 Pour faire face à la hausse des températures et au manque de neige, il va probablement falloir utiliser de plus en plus souvent de la neige artificielle qui devra ensuite être stockée pour pouvoir la transporter par camion afin de garantir une quantité suffisante sur le parcours de la course.

Le réchauffement climatique peut poser des défis aux organisateurs de courses de chiens de traîneaux, mais en Alaska, les mushers pensent que les courses longue distance continueront, à condition d’apporter des adaptations appropriées aux parcours. Les organisateurs et les participants devront continuer à faire preuve de flexibilité s’ils veulent préserver l’avenir de ces courses. C’est ainsi qu’au Canada, la Yukon Quest a dû être raccourcie en 2024, comme je l’ai expliqué dans ma note du 8 février de cette année-là :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/02/08/yukon-quest-canada-le-rechauffement-climatique-a-raccourci-la-course-yukon-quest-canada-global-warming-shortened-the-race/

Source : Yahoo Actualités.

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Animal rights activists will say this is good news. : global warming is complicating iconic dogsledding races around the North American continent as rising global temperatures make snowpack in traditionally cold climates less reliable. Some of the northernmost U.S. states like Alaska, Idaho and Minnesota have faced challenges in hosting dogsled races in recent years as warmer winters made the terrain unsustainable to pull sleds for long distances.

The Iditarod Trail Sled Dog Race, the 1,600 km trek across the Alaskan wilderness known as the « Last Great Race on Earth, » started its 53rd annual competition on March 1st, 2025, but the start of the race was moved from Anchorage to Fairbanks, about 575 kilometers to the north, due to a lack of snow. The ground was frozen with bare, dry tundra grass and no snow.

In 2024, the John Beargrease sled dog marathon in Minnesota was postponed and ultimately canceled due to low levels of snow. This year, the race was delayed by more than a month due to warm temperatures and a dangerous trail. The Idaho Sled Dog Challenge faced difficulties in 2024 as well due to the absence of winter weather, but ultimately took place in late January 2024.

The disappointment extends to the dogs when races are canceled. Contrary to what some people say, the dogs love going to the race and get really keen on the adventure ahead. I can personally conirm this as I could see dogsledding races in Alaska.

Climate scientists indicate that winter temperatures in places like Minnesota and Alaska are variable year over year but showing an upward trend. There has been a strong increase in temperatures in Minnesota between 1895 and 2024, especially in the northern region of the state. Average temperatures in Minnesota have increased by about 4 degrees Fahrenheit (2.2°C), but low temperatures in the winter have increased the most,by about 8 degrees Fahrenheit (4.4°C) and the trend is likely to continue in the future.

In Alaska, annual average temperature has increased by 3.4 degrees Fahrenheit (1.8°C) over the past 50 years. Annual race conditions for Iditarod can be as variable as the winter seasons. In 2019, there was a lack of sea ice on one portion of the Iditarod trail, but route conditions were decent in several of the years that followed. However, 2025 is proving to be different,with a notable lack of snow in several portions of the Iditarod route.

Race organizers must adjust to keep traditions alive. Since its inception in 1973, Iditarod has earned the reputation of a grueling battle among teams consisting of fierce competitors. Historically, the teams of dogs and mushers run from Anchorage to Nome to commemorate the route traveled by 20 dogsled teams in 1925 to deliver medicine amid a diphtheria epidemic. It takes about 10 days for the first mushers to complete the route. For the first 30 years of the Iditarod’s history, the race never had to be moved. Now the race had to adapt four times in the last 23 years to the changing environment.

In order to face the rising temperatures and the lack of snow, snowmaking equipment may be increasingly utilized in the future, as will stockpiling snow to truck out to the path to ensure enough to pad the routes of the race. A warming climate may pose challenges for race organizers, but in Alaska, the mushers think it is possible for long-distance races to continue with proper adaptations to the course. Dogsled organizers and participants will need to continue to be flexible if they want to keep a future for racing. For instance, the Yukon Quest had to be shortened in Canada in 2024 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/02/08/yukon-quest-canada-le-rechauffement-climatique-a-raccourci-la-course-yukon-quest-canada-global-warming-shortened-the-race/

Source : Yahoo News.

L’iceberg A23a n’entrera pas en collision avec la Géorgie du Sud // Iceberg A23a will not collide with South Georgia

Cela aurait pu être une catastrophe pour la biodiversité en Antarctique, mais ce n’en sera pas une. L’A23a, le plus gros iceberg au monde avec ses mille milliards de tonnes de glace menaçait de s’immobiliser contre la Géorgie du Sud, une île britannique située entre l’Antarctique et l’Amérique du Sud, avec un risque certain pour la faune locale. Il s’est finalement échoué, à près de 70 kilomètres des côtes. après avoir dérivé pendant cinq ans, et il finira par se briser en plusieurs morceaux qui continueront de dériver librement dans l’océan Austral.

J’avais attiré l’attention sur la menace que représentait l’A23a dans plusieurs notes sur ce blog le 17 août et le 15 décembre 2024, ainsi que le 25 janvier 2025. Il n’entrera donc pas en collision avec la Géorgie du Sud pour le bonheur des manchots et des otaries. Si la masse de glace était venue s’amarrer contre l’île, cela aurait compliqué considérablement la vie des oiseaux qui auraient vu s’allonger considérablement la distance entre la zone de nidification et la zone d’alimentation. Des milliers de poussins auraient forcément péri.

Les scientifiques, qui s’inquiétaient pour la faune et la flore de cette île isolée, sont donc soulagés. Plutôt hostile aux humains, la Géorgie du Sud est une réserve de biodiversité inestimable.

Source : British Antarctic Survey.

Image satellite de l’A23a en 2024 (Source : NASA / Modis

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It could have been a disaster for biodiversity in Antarctica, but it will not be. A23a, the largest iceberg in the world with its trillion tons of ice, threatened to come to rest against South Georgia, a British island located between Antarctica and South America, with a certain risk for the local fauna. It finally ran aground, nearly 70 kilometers from the coast. after drifting for five years, and it will eventually break into several pieces that will continue to drift freely in the Southern Ocean.
I had drawn attention to the threat posed by A23a in several posts on this blog on August 17 and December 15, 2024, as well as on January 25, 2025. It will therefore not collide with South Georgia, to the delight of the penguins and sea lions. If the ice mass had come to moor against the island, it would have considerably complicated the life of the birds that would have seen the distance between the nesting area and the feeding area considerably lengthened. Thousands of chicks would have inevitably perished.
The scientists, who were worried about the fauna and flora of this isolated island, are therefore relieved. Rather hostile to humans, South Georgia is a reserve of invaluable biodiversity.
Source: British Antarctic Survey.

Le risque sismique dans la région de Los Angeles // The seismic risk in the Los Angeles area

Un séisme de magnitude M3,9 a frappé la San Fernando Valley vers 22 h 15 (heure locale) le 2 mars 2024. L’USGS indique qu’il a été ressenti à Los Angeles et dans ses environs. L’épicentre a été localisé à 2,5 km à l’est-sud-est de North Hollywood et s’est produit quelques heures seulement après le début de la cérémonie des Oscars. Aucun dégât ni blessure n’a été signalé suite à cet événement dont l’hypocentre se trouvait à environ 15 km de profondeur. Plus de 8 000 personnes dans la région de Los Angeles ont déclaré avoir ressenti des secousses.
La région de Los Angeles est sujette aux tséismes et de nombreuses personnes se sont demandé si c’était une bonne idée d’organiser les Jeux Olympiques d’été de 2028 dans la ville. Selon le California Geological Survey, il existe 15 000 failles connues en Californie et plus de 500 d’entre elles sont considérées comme actives. À une échelle plus globale, la plupart des Californiens vivent à moins de 50 km d’une faille active. Les scientifiques s’accordent à dire qu’il y a plus de 99 % de chance qu’un ou plusieurs séismes majeurs secouent la Californie dans les 30 prochaines années. Cependant, la probabilité d’être confronté à un séisme majeur en Californie varie d’une région à l’autre.

Source : USGS

Par exemple, le California Residential Mitigation Program explique la probabilité sismique dans le la Californie du Sud et plus particulièrement dans la région du Grand Los Angeles qui englobe les comtés de Los Angeles, d’Orange, de Riverside, de San Bernardino et de Ventura. Les habitanrs de cette région attribuent généralement le risque sismique à la proximité de la faille de San Andreas qui est la plus longue faille de Californie et celle qui attire le plus d’attention. Elle traverse le comté de Los Angeles le long du côté nord des San Gabriel Mountains. Elle peut provoquer de puissants séismes de magnitude M8,0.
Selon l’USGS, il existe en Californie du Sud une probabilité de 93 % qu’un séisme de grande magnitude, M 6,7 ou plus, frappe cette région. Bien que la faille de San Andreas soit la plus connue en Californie du Sud, des séismes dans la région se produisent également sur d’autres failles plus petites.

Tectonique et Sismicité en Californie (Source : USGS)

En 1994, un événement de magnitude M6,7 s’est produit près de Northridge, tuant 58 personnes, en blessant plus de 9 000 et causant plus de 49 milliards de dollars de pertes économiques. Ce séisme a été causé principalement par la faille de chevauchement ‘aveugle’ de Northridge, qui a déclenché une activité dans plusieurs autres failles.
Plus récemment, les séismes de Ridgecrest en 2019 ont été les plus importants qu’ait connus la Californie depuis plus de 20 ans, et un rapport de l’USGS explique qu’ils ont mis en jeu jusqu’à cinq zones de faille, dont celle d’Owens Valley, ainsi que les zones de faille de Panamint Valley, de Garlock, de Blackwater et de San Andreas. Le matin du 4 juillet 2019, un séisme de magnitude M6,4 a frappé le désert de Mojave près de Searles Valley. De multiples répliques ont suivi, et le soir du 5 juillet, une nouvelle secousse a secoué la même zone avec une magnitude de M7,1.

Les répliques des séismes de Ridgecrest révèlent deux zones de faille. L’événement de magnitude M6,4 du 4 juillet (point orange) s’est produit sur la faille SO-NE , là où elle coupe la faille NO-SE. Le point rouge marque l’événement de magnitude M7,1 (Source : USGS)

De nombreux habitants de la Californie du Sud ressentent des secousses sismiques en moyenne deux fois par an; la plupart sont légères ou modérées, avec peu de dégâts et aucune victime. Mais on sait qu’un séisme d’une magnitude de M6,0 ou plus est susceptible de se produire quelque part dans la région tous les deux ou trois ans.
Source : California Residential Mitigation Program.

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An M3.9 earthquake struck the San Fernando Valley at roughly 10:15 p.m. (local time) on March 2nd, 2024. The USGS indicates that it was felt in and around Los Angeles. The epicenter was recorded 2.5 km east-southeast of North Hollywood, and came just hours after the beginning of the Oscars ceremony. There were no immediate reports of damage or injuries from the quake, which struck at a depth of about 15 km. More than 8,000 people throughout the greater Los Angeles area reported feeling shaking.

The Los Angeles area is prone to earthquakes and many people wondred whether it was a good idea to organise the 2028 Summer Olypic Games in the town. According to the California Geological Survey, there are 15,000 known faults in California and more than 500 of those faults are categorized as active. Globally, most Californians live within 50 km from an active fault. Scientists agree that there is more than a 99 percent chance of one or more major earthquakes striking California in the next 30 years. However, the probability to be confronted with a significant earthquake in California varies from region to region.

For instance, the California Residential Mitigation Program explains the earthquake probability in Southern California and more particularly the Greater Los Angeles Area (Los Angeles County, Orange County, Riverside County, San Bernardino County, and Ventura County). Residents in this area think about earthquake risk and earthquake probabilities related to the proximity to the Southern San Andreas fault. The San Andreas fault is California’s longest fault and the one that gets the most attention. It slices through Los Angeles County along the north side of the San Gabriel Mountains. It can cause powerful M8.0 earthquakes

The USGS’s earthquake forecast predicts a 93% chance of a large earthquake, with an M6.7 or greater magnitude, striking Southern California. While the San Andreas is Southern California’s most well-known fault, earthquakes in the region also happen on other, smaller faults. In 1994, en M6.7 earthquake struck near Northridge, killing 58 people, injuring more than 9,000 and causing more than 49 billion dollars in economic loss. This was caused primarily by the Northridge Blind Thrust fault, which triggered activity in several other faults.

More recently, the 2019 Ridgecrest earthquakes were California’s biggest in more than 20 years, and a USGS report suggests they involved as many as five fault zones, including the Owens Valley fault zone, Panamint Valley fault zone, Garlock fault zone, Blackwater fault zone, and San Andreas fault zone. On the morning of July 4th, 2019, an M6.4 earthquake struck in the Mojave Desert near Searles Valley. Multiple aftershocks followed, and on the evening of July 5th, another earthquake struck in the same area with a magnitude M7.1.

Many residents in Southern California feel shaking from earthquakes a couple of times a year, most mild or moderate with little damage and no injuries. But, on average, a quake with a magnitude M6.0 or more is likely to hit somewhere in the region every few years.

Source : California Residential Mitigation Program.

Les glaciers à Royan le 4 mars 2025 !

Je présenterai le mardi 4 mars 2025 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du réchauffement climatique » dans le cadre de l’Université Inter-Âges de ROYAN ( Charente-Maritime). Elle aura lieu à 14h30 à la Salle Jean Gabin 112 rue Gambetta. La conférence est ouverte aux non-adhérents de l’association, au tarif de 7 euros.

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont souvent la conséquence du réchauffement climatique.
Lors de ses voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer un CD de 160 photos de glaciers à travers le monde, ainsi que l’ouvrage « Dans les Pas de l’Ours » écrit conjointement avec Jacques Drouin.

Photo: C. Grandpey