Volcans du monde // Volcanoes of the world

Le Popocatepetl (Mexique) est probablement le volcan le plus actif en ce moment.
Une puissante éruption a secoué le volcan à 10h40 (heure locale) le 14 juin 2019. Selon le VAAC de Washington, le panache de cendre est monté jusqu’à une dizaine de kilomètres d’altitude. En l’espace de 24 heures le 14 juin, on a enregistré 115 épisodes d’émissions de vapeur d’eau, de gaz et aussi d’un peu de cendre. Le CENAPRED a aussi enregistré trois explosions, une le 13 juin et deux autres le 14 juin. Un séisme volcano-tectonique de M 1,9 et 27 minutes de tremor a été enregistré dans la soirée du 13 juin. Un fort dégazage avait été observé au cours d’un survol du volcan le 11 juin, mais les scientifiques ont remarqué l’absence d’un nouveau dôme à l’intérieur du cratère qui présente toujours 350 mètres de diamètre.
D’autres éruptions relativement puissantes ont été observées sur le volcan le 17 juin 2019, avec des panaches de cendre qui sont monté jusqu’à environ 13 km d’altitude.
Le CENAPRED avait fait passer le niveau d’alerte à la couleur Jaune Phase 3 le 28 mars dernier, avant de le ramener à la Phase 2 le 7 mai. C’est ce dernier niveau d’alerte qui est actuellement en place sur le Popocatepetl.

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Tout est redevenu calme sur le Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) depuis la courte éruption du 11 au 13 juin 2019. Il n’y a actuellement aucun signe qu’une nouvelle éruption va commencer à court terme, bien qu’une inflation de l’édifice volcanique soit à nouveau enregistrée. Malgré la situation calme, l’Enclos Fouqué reste fermé au public.
Source: OVPF.

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Une éruption du Mont Agung (Indonésie) a été enregistrée par le réseau sismique à 13 h 38 le 13 juin 2019. Des matériaux incandescents ont été éjectés sur les flancs du volcan. Le VAAC de Darwin a indiqué que les panaches de cendres avaient atteint des altitudes de 5,5 et 9,1 km. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1-4) avec la zone d’exclusion d’un rayon de 4 km.
Source: CVGHM

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Une phase d’inflation du cratère de Minamidake sur le Sakurajima (Japon) a commencé à 11h00 le 11 juin 2019. À 14h31, une explosion a projeté des matériaux à 1,2 km du cratère et a généré un panache de cendres qui s’est élevé à 2,2 km au-dessus de la lèvre du cratère. Une explosion à 13h21 le 13 juin a été suivie d’une déflation de l’édifice. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5).
Source: JMA.

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Une moyenne de 10 à 20 explosions par heure a été enregistrée sur le Fuego (Guatemala) du 15 au 18 juin 2019, avec des panaches de cendres atteignant 1,1 km au-dessus du cratère. Les explosions ont parfois généré des ondes de choc qui ont secoué les maisons des localités proches du volcan. Des matériaux incandescents ont été éjectés à une hauteur de 200 à 400 mètres et ont provoqué des avalanches dans plusieurs ravines. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs zones sous le vent.
Source: INSIVUMEH.

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Des explosions stromboliennes sont observées au niveau du cratère Mackenney du Pacaya (Guatemala). Elles éjectent des matériaux jusqu’à 30 mètres au-dessus du bord du cratère. Une coulée de lave divisée en deux branches parcourt environ 300 mètres le long des flancs nord-ouest et ouest.
Source: INSIVUMEH.

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La couleur de l’alerte aérienne reste Orange sur les volcans du Kamchatka: Sheveluch, Karymsky; Ebeko, Klyuchevskoy.

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Le 12 juin 2019, de petites éruptions phréatiques dans le cratère du Poás (Costa Rica) ont projeté des matériaux jusqu’à une hauteur de moins de 50 mètres à raison d’un événement par heure. Le 18 juin, une éruption d’environ six minutes a généré un panache d’une hauteur qui n’a pas pu être estimée en raison des conditions météorologiques. Les habitants auraient entendu plusieurs « bruits forts » tôt le matin et auraient vu un panache éruptif s’élever au-dessus du cratère. Des reteombées de cendre ont été observées dans plusieurs localités.
Source: OVSICORI.

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Popocatepetl (Mexico) is probably the most active volcano these days.
A strong eruption occurred at 10:40 (local time) on June 14th, 2019. According to the Washington VAAC, the ash cloud rose to an estimated height of about 10 kilometres above sea level. In 24 hours on June 14th, monitoring systems registered 115 exhalations, accompanied by water vapour, gas and light amounts of ash. There were also three explosions, one on June 13th, the other two on June 14th. Additionally, a volcano-tectonic earthquake with a magnitude of M 1.9 and 27 minutes of tremor was recorded in the evening of June 13th. Intense degassing had been observed during an overflight on June 11th. However, the flight confirmed that a dome has not been formed inside the internal crater, which maintains its dimension of 350 metres.
Several other significant eruptions took place at the volcano on June 17th, 2019. The volcanic ash cloud rose up to about 13 kilometres above sea level.
CENAPRED had raised the Alert Level to Yellow, Phase Three on March 28th and lowered it back to Yellow, Phase Two on May 7th where it remains to date..
Source: CENAPRED, The Watchers.

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Everything has been quiet again at Piton de la Fournaise (Reunion Island) since the short eruption of June 11th-13th. There are currently no signs that a new eruption will start in the short term, although an inflation of the volcanic edifice s again recorded. Dspite the quiet situation, the Enclos Fouqué is still closed to the publc.
Source: OVPF.

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An eruption at Mt Agung (Indonesia) was recorded by the seismic network at 1:38 on 13 June 2019. It ejected incandescent material onto the flanks of the volcano. The Darwin VAAC stated that ash plumes rose to altitudes of 5.5 and 9.1 km. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) with the exclusion zone set at a 4 km radius.
Source: CVGHM.

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Inflation at Minamidake crater on Sakurajima (Japan) began at 5:00 on 11 June 2019. At 14:31 an explosion ejected material 1.2 km from the crater and generated an ash plume that rose 2.2 km above the crater rim. An explosion at 9:21 on 13 June was followed by some deflation. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale).
Source: Japan Meteorological Agency (JMA).

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An average of 10-20 explosions per hour was recorded at Fuego (Guatemala) during 15-18 June 2019, generating ash plumes that rose as high as 1.1 km above the crater rim. Explosions sometimes produced shock waves that rattled houses in nearby communities. Incandescent material was ejected 200-400 m high and caused avalanches of material in several drainages. Ashfall was reported in several downwind areas.
Source: INSIVUMEH.

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Strombolian explosions are observed at Pacaya’s Mackenney Crater (Guatemala). They eject material as high as 30 metres above the crater rim. A lava flow dividing into two branches travels about 300 metres down the NW and W flanks.
Source: INSIVUMEH.

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The aviation colour code remains at Orange on Kamchatka volcanoes: Sheveluch, Karymsky; Ebeko, Klyuchevskoy.

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On 12 June 2019, small phreatic eruptions at Poás (Costa Rica) ejected material less than 50 metres high at a rate of about once per hour. On 18 June, an eruption that lasted about six minutes produced a plume of unknown height due to weather conditions. Residents reportedly heard several loud noises in the early morning and observed an eruption plume rising from the crater. Ash fell in several municipalities.
Source: OVSICORI.

Vue du parcours encore fumant emprunté par la lave du 11 au 13 juin sur le flanc E du Piton de la Fournaise (Photo: C. Grandpey)

Nouvelles recherches sur l’histoire éruptive de Yellowstone // More research about Yellowstone eruptive history

La surveillance des volcans aux États-Unis est une priorité pour l’USGS qui est en train de mettre en place un système d’alerte volcanique à l’échelle du pays. Le système permettra aux scientifiques de mieux contrôler les volcans dangereux aux États-Unis en modernisant et en étendant les réseaux de surveillance existants, notamment à l’aide de sismomètres large bande, de récepteurs GPS effectuant des mesures en continu et en temps réel, et de capteurs de gaz volcaniques. De nouveaux réseaux sont également en train d’être installés sur des volcans mal surveillés jusqu’à présent, comme le Mont Baker dans l’Etat de Washington. Yellowstone fait partie de ces efforts pour améliorer la surveillance des volcans américains.
La plupart des articles de presse sur Yellowstone affirment que le volcan est en retard dans son processus éruptif et qu’une éruption majeure pourrait survenir à court terme. Le super volcan de Yellowstone a provoqué une éruption cataclysmale il y a environ 613 000 ans. Il a alors a rejeté environ 1 000 kilomètres cubes de matériaux, ce qui représente plus du double du volume du Lac Érié et 2 500 fois le volume de matériaux émis pendant l’éruption du Mont St. Helens en 1980.
Depuis la dernière super éruption, le volcan de Yellowstone a connu de nombreuses éruptions de moindre importance avec émissions de coulées de rhyolite. Les scientifiques de l’USGS essayent maintenant de mieux appréhender ces événements de moindre envergure afin de comprendre les dangers liés au système magmatique du volcan de Yellowstone.
Selon le California Volcano Observatory, le super volcan a connu au moins 28 éruptions de rhyolite au cours des 610 000 dernières années. Ce ne sont pas des éruptions mineures car elles ont donné naissance à des coulées de lave avec des volumes allant de 0,42 à 71 km3. En comparaison, le Mont St. Helens a vomi 0,25 kilomètre cube de matériaux en 1980.
Les scientifiques espèrent savoir si ces coulées de lave ont été produites lentement au fil du temps, ou si elles proviennent de courtes éruptions réparties sur un bref laps de temps. Si les éruptions sont regroupées dans le temps, la survenue d’une première éruption peut indiquer que d’autres peuvent se produire à brève échéance.
Les chercheurs ont utilisé une technique de datation basée sur la désintégration du potassium 40 radioactif en argon 40 radioactif ; elle permet de savoir à quel moment la roche s’est cristallisée et donc de calculer l’époque à laquelle elle est apparue.
En analysant les roches volcaniques de Yellowstone, les chercheurs ont découvert que les coulées de rhyolite étaient «fortement concentrées dans le temps», avec des éruptions qui se sont produites par épisodes. Au cours de l’une des phases d’activité, il y a eu sept éruptions sur une période d’environ 1 000 ans. L’équipe scientifique espère maintenant affiner ces recherches et les intégrer dans l’évaluation des risques volcaniques à Yellowstone.
Source: USGS, Newsweek.

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Monitoring volcanoes across the U.S. is a priority for the USGS, and the agency is currently in the process of establishing a National Volcano Early Warning System. The system will help scientists better monitor all dangerous volcanoes in the U.S. by modernizing and expanding its networks using broadband seismometers, real-time continuous GPS receivers and volcanic gas sensors, among other technologies. New networks are also being introduced to poorly monitored volcanoes like Mount Baker in Washington. Yellowstone is part of these efforts to better monitor U.S. volcanoes.

Most press articles about Yellowstone affirm that the volcano is overdue in its eruptive history and that a major eruption might occur in the short term. The Yellowstone supervolcano produced a huge eruption around 613,000 years ago, when it ejected about 1,000 cubic kilometres of material. This is more than double the volume of Lake Erie, and 2,500 times bigger than the 1980 eruption of Mount St. Helens.

Since that time, the Yellowstone volcano has produced many more smaller eruptions of rhyolite lava flows. USGS scientists are now working to better understand these smaller events in order to understand the hazards posed by the magmatic system at Yellowstone.

According to the California Volcano Observatory, the super volcano has produced at least 28 rhyolite eruptions over the last 610,000 years. These were not small eruptions as they produced lava flows ranging from 0.42 to 71 cubic kilometres. In comparison, Mount St. Helens produced 0.25 cubic kilometres of material.

What scientists are hoping to work out is whether these lava flows were produced slowly over time, or whether it came from short, clustered eruptions. If eruptions are clustered in time then the occurrence of one eruption may indicate that the next eruption may follow closely.

Researchers used a dating technique based on the decay of the radioactive potassium-40 to radioactive argon-40, which can tell them when the rock crystalized, allowing them to work out time of origin.

By analyzing the volcanic rocks at Yellowstone, researchers discovered that rhyolite lava flows were “highly clustered in time,” with eruptions taking place in episodes. In one phase of activity there were seven eruptions over a period of around 1,000 years. The scientific team now hopes to further refine these episodes and build this into volcanic hazard assessments for Yellowstone.

Monitoring volcanoes across the U.S. is a priority for the USGS, and the agency is currently in the process of establishing a National Volcano Early Warning System. The system will help scientists better monitor all dangerous volcanoes in the U.S. by modernizing and expanding its networks using broadband seismometers, real-time continuous GPS receivers and volcanic gas sensors, among other technologies. New networks are also being introduced to “under-monitored” volcanoes like Mount Baker in Washington.

“Improvements to volcano monitoring networks allow the USGS to detect volcanic unrest at the earliest possible stage,” Tom Murray, the USGS Volcano Science Center director, said in a statement. “This provides more time to issue forecasts and warnings of hazardous volcanic activity and gives at-risk communities more time to prepare.”

Source : USGS, Newsweek.

Coulées de lave et dépôts de rhyolite à Yellowstone (Photos: C. Grandpey)

Fonte des glaciers dans le monde : Ceux des Alpes sont en voie de disparition // Melting glaciers in the world: Those of the Alps are about to disappear

N’en déplaise aux climato-sceptiques, les coups de butoir du réchauffement climatique font fondre la banquise et les glaciers, et le phénomène s’est accéléré au cours des dernières décennies. Une nouvelle étude effectuée par une équipe internationale menée par l’Université de Zurich (Suisse) donne une estimation inquiétante de la fonte de la glace pendant les 60 dernières années. Les glaciologues estiment que les glaciers alpins auront sans doute complètement disparu à la fin de ce siècle.

Les auteurs de l’étude ont combiné des observations glaciologiques de terrain avec un grand nombre de données récoltées par des satellites de différentes missions. Ils ont ainsi pu calculer avec précision la quantité de glace perdue ou gagnée individuellement par 19 régions glaciaires de notre planète. Il faut noter que les mesures faites sur le terrain indiquent les fluctuations annuelles, tandis que les données satellitaires permettent de déterminer la quantité de glace perdue sur plusieurs années ou plusieurs dizaines d’années.

Les conclusions ne laissent pas le moindre doute. La perte d’épaisseur subie par 19 000 glaciers dans le monde correspond à une perte de 9 625 milliards de tonnes (gigatonnes) de glace entre 1961 et 2016, ce qui a contribué une hausse du niveau des océans de 2,7 cm à l’échelle planétaire.

Sans grande surprise, les pertes régionales les plus conséquentes concernent l’Alaska (je l’ai démontré à plusieurs reprises), les glaciers situés autour de la calotte glaciaire du Groenland, et les glaciers des Andes méridionales. Les glaciers de l’Arctique canadien et russe et du Svalbard ont également perdu des quantités significatives de glace.

Les glaciers situés dans des régions tempérées, comme les Alpes européennes et la chaîne montagneuse du Caucase ont également perdu de la glace, mais ces glaciers sont trop petits pour contribuer de manière significative au niveau des mers.

La seule zone qui où le volume glaciaire a augmenté pendant cette période de 55 années est l’Asie du Sud-Ouest (ASW sur la carte). Les glaciers de cette zone ont accumulé 119 gigatonnes de glace, mais les glaciers voisins d’Asie du Sud-Est (ASE) ont perdu 112 gigatonnes, donc à peu près la même quantité.

Les auteurs de l’étude font remarquer que le taux de perte a augmenté de manière significative ces trente dernières années. Les glaciers perdent en ce moment 335 milliards de tonnes de glace par an, ce qui correspond à une montée du niveau des mers de 1 mm par an.

Alors que les Alpes ont déjà perdu 38 gigatonnes de glaces depuis 1961, de nouveaux travaux publiés dans la revue The Cryosphere et présentés lors de l’Assemblée Générale 2019 de l’European Geosciences Union (EGU) à Vienne (Autriche) dressent le devenir des glaciers des Alpes d’ici à la fin du siècle. Même en cas d’une limitation du réchauffement climatique – ce qui semble tout à fait improbable – les deux tiers du volume des glaciers des Alpes auront fondu. Dans le cas du scénario le plus probable, ils auront tout simplement disparu en 2100.

Cette étude a été menée par une équipe de chercheurs suisses sur les quelque 4 000 glaciers encore présents dans les Alpes dont le volume est estimé à environ 100 km3.

Les glaciologues suisses ajoutent que la fonte sera progressive : d’ici 2050, la moitié du volume des glaciers aura disparu, même si nous faisons des efforts pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Comme je l’ai expliqué précédemment, il existe une énergie climatique qui empêchera la situation de se rétablir rapidement. Après 2050, l’évolution des glaciers dépendra de l’évolution du climat. Si le réchauffement est limité, une partie beaucoup plus importante des glaciers pourra être sauvée.

Le recul généralisé des glaciers des Alpes ne contribuera pas seulement à la hausse du niveau des océans mais modifiera significativement le paysage, l’écosystème et l’économie du massif alpin. En effet, les Alpes sont des lieux de tourisme, de loisir mais aussi de véritables réservoirs d’eau exploités notamment pour produire de l’électricité via les barrages et pour irriguer les cultures. Toute la faune et la flore seront également affectées par la raréfaction de cette ressource en eau. Ces remarques sont valables pour toutes les régions de montagne dans le monde qui hébergent des glaciers.
Comme on l’a constaté à propos du glacier de Tête Rousse au-dessus de St Gervais (Haute-Savoie), la fonte des glaciers augmente également le risque de catastrophes naturelles, comme la vidange brutale d’un lac glaciaire et les coulées de débris associées.

Les conclusions de l’étude conduite par l’Université de Zurich sont particulièrement importantes. Il est essentiel de connaître le rythme auquel les glaciers perdent de leur masse sur le long terme afin de pouvoir prendre des décisions adéquates. Ces informations concernet plus particulièrement les organismes internationaux qui, comme le GIEC, évaluent le changement climatique.

Source : notre-planète.info.

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Even though climate-skeptics do not agree, global warming is melting the  ice sheet and the glaciers, and the phenomenon has accelerated in recent decades. A new study by an international team led by the University of Zurich (Switzerland) gives a worrying estimate of the melting of ice during the last 60 years. Glaciologists believe that alpine glaciers will very probably have completely disappeared by the end of this century.
The authors of the study combined glaciological field observations with a large amount of data collected by satellites from different missions. They were able to accurately calculate the amount of ice lost or gained individually by 19 glacial regions of our planet. It should be noted that measurements made on the field indicate annual fluctuations, while satellite data can determine the amount of ice lost over several years or decades.
The conclusions leave no doubt. The thickness loss undergone by 19,000 glaciers around the world corresponds to a loss of 9,625 billion tonnes (gigatonnes) of ice between 1961 and 2016, which has contributed to a rise of 2.7 cm in ocean levels on the planet.
Unsurprisingly, the largest regional losses are in Alaska (I have demonstrated this several times), the glaciers around Greenland’s ice cap, and the glaciers of the southern Andes. Glaciers in the Canadian and Russian Arctic and Svalbard have also lost significant amounts of ice.
Glaciers in temperate regions such as the European Alps and the Caucasus mountain range have also lost ice, but these glaciers are too small to contribute significantly to the sea level rise.
The only area where the glacial volume has increased during this 55-year period is Southwest Asia (ASW on the map). Glaciers in this area have accumulated 119 gigatonnes of ice, but nearby Southeast Asian (SEA) glaciers have lost 112 gigatonnes, so roughly the same amount.
The authors of the study point out that the rate of loss has increased significantly over the last thirty years. Glaciers are losing 335 billion tons of ice a year, which corresponds to a rise in sea level of 1 mm per year.
While the Alps have already lost 38 gigatonnes of ice since 1961, a new study published in the journal The Cryosphere and presented at the 2019 General Assembly of the European Geosciences Union (EGU) in Vienna (Austria) shows the future of glaciers of the Alps by the end of the century. Even if global warming is limited – which seems highly unlikely – two-thirds of the Alpine glacier volume will have melted. In the case of the most likely scenario, they will have simply disappeared by 2100.
This study was conducted by a team of Swiss researchers on some 4,000 glaciers still present in the Alps whose volume is estimated at about 100 km3.
Swiss glaciologists add that the melting will be gradual: by 2050, half of the volume of glaciers will disappear, even if we make efforts to reduce our greenhouse gas emissions. As I explained earlier, there is a climate latency that will prevent the situation from recovering quickly. After 2050, the evolution of glaciers will depend on the evolution of the climate. If the warming is limited, a much larger part of the glaciers can be saved.
The widespread retreat of the glaciers in the Alps will not only contribute to rising sea levels; it will significantly alter the landscape, ecosystem and economy of the Alps. Indeed, the Alps are places of tourism, of leisure but also harbour real reservoirs of water exploited in particular to produce electricity via the dams and to irrigate the cultures. All fauna and flora will also be affected by the scarcity of this water resource. These remarks are valid for all mountain regions in the world that host glaciers.
As has been observed in the case of the Tête Rousse glacier above St Gervais (Haute-Savoie), the melting of glaciers also increases the risk of natural disasters, such as the sudden discharge of a glacial lake and the associated flows of debris.

The conclusions of the study conducted by the University of Zurich are particularly important. It is essential to know the rate at which glaciers lose their mass over the long term in order to make adequate decisions. This information is particularly relevant to international bodies that, like the IPCC, are assessing climate change.
Source: our-planet.info.

Perte de masse des glaciers au niveau mondial entre 1961 et 2016 (Source : ESA). La carte et l’article sont accessibles en cliquant sur ce lien :

https://www.notre-planete.info/actualites/2637-fonte-glaciers-monde

Tous les glaciers alpins sont menacés de disparition, aussi bien l’Argentière que la Mer de Glace, l’Aletsch ou le glacier du Rhône (Photos : C. Grandpey)

Le Groenland inquiète à nouveau! // Greenland worries again!

Alors que le mois de mai 2019 a été le troisième mois le plus chaud après mai 2016 et mai 2017 (archives de la NASA), un événement climatique inquiétant et inhabituel, mais pas inédit, vient d’être observé au Groenland. L’île nordique a perdu plus de deux milliards de tonnes – soit 2 kilomètres cubes – de glace le jeudi 13 juin 2019. Cela signifie que plus de 40% du territoire groenlandais a perdu de la glace. Cette fonte extrêmement rapide et spectaculaire est très rare dans le courant du mois de juin. En général, la fonte s’étale du mois de juin au mois d’août, et a surtout lieu dans le courant du mois de juillet. Pour autant, une telle perte de glace n’est pas inédite. Elle est comparable à des pics de fonte observés en juin 2012. Le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), centre américain de données sur la neige et la glace basé dans le Colorado rappelle qu’en 2012 quasiment l’intégralité de la calotte glaciaire du Groenland avait fondu dans le courant de l’été.
Selon des glaciologues américains, cette fonte du 13 juin en 24 heures seulement est le signe que 2019 pourrait bien être une nouvelle année record en matière de fonte des glaces au Groenland. Une perte de glace aussi précoce présage d’une fonte supplémentaire, plus tard cet été. L’événement qui s’est produit le 13 juin modifie l’albedo, le pouvoir réfléchissant de la surface de la calotte glaciaire qui absorbe ainsi davantage de chaleur issue des rayons du soleil. Avec moins de neige et de glace sur cette surface, davantage de glace devrait fondre. Tous les signes indiquent que l’été 2019 sera une saison d’importante fonte.
Source: CNN, NSIDC.

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While May 2019 was the third warmest month after May 2016 and May 2017 (NASA archives), a disturbing and unusual climatic event, but not new, has just been observed in Greenland. The Nordic island lost more than two billion tonnes – or 2 cubic kilometres – of ice on Thursday, June 13th, 2019. This means that over 40% of the Greenland territory has lost ice. This extremely fast and spectacular melting is very rare during the month of June. In general, it occurs from June to August, and mostly takes place during the month of July. However, such a loss of ice is not new. It is comparable to melt peaks observed in June 2012. The Colorado-based National Snow and Ice Data Center (NSIDC) recalls that in 2012, almost the entire icecap of Greenland had melted in the course of the summer.
According to American glaciologists, this melting of June 13th in just 24 hours is a sign that 2019 could be a new record year for melting ice in Greenland. Such early ice loss is a sign of further melting later this summer. The event that occurred June 13th changes the albedo, the reflective power of the ice surface that absorbs more heat from the sun’s rays. With less snow and ice on this surface, more ice should melt. All signs indicate that the summer of 2019 will be a season of significant melting.
Source: CNN, NSIDC.


Etendue de la fonte de la glace à la surface du Groenland (Source: NSIDC)

Photo: C. Grandpey