Juillet 2019, le plus chaud, ou le deuxième plus chaud // July 2019, the hottest, or the second hottest

En attendant les données de la NASA et de la NOAA qui seront publiées vers le 15 août, le service NCEP-NCAR nous apprend qu’avec +0,524°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de juillet 2019 se classe au 2ème rang depuis 1948, date du début de l’archive de l’agence. L’année 2019 est également à la deuxième place derrière 2016.

Les analyses des services COPERNICUS, ERA5, d’ECMWF, montrent que le mois de juillet 2019 a été le plus chaud de tous les temps, devant 2016. C’était déjà le cas au mois de juin, quand NCEP avait placé 2019 à la 2ème place, et ERA5 à la première.

Au niveau régional de la planète, on notera qu’après un mois de juin record, l’Europe a connu une nouvelle vague de chaleur avec des anomalies plus marquées à l’ouest du continent, en France en particulier. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, l’Alaska a connu également des anomalies positives très importantes, à un niveau record.

Source : global-climat.

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While waiting for NASA and NOAA data to be published around August 15th, the NCEP-NCAR agency tells us that with + 0.524°C above the 1981-2010 average, July 2019 has ranked 2nd since 1948, year of the beginning of the agency’s archive. 2019 is also second behind 2016.
The analyses of ECMWF, ERA5 and COPERNICUS services show that July 2019 was the warmest month of all times, ahead of 2016. This was already the case in June, when NCEP placed 2019 in 2nd place, and ERA5 in the first place.
At the regional level of the planet, after a record June, Europe experienced a new heat wave with more pronounced anomalies in the west of the continent, particularly in France. As I have indicated on a number of occasions, Alaska has also experienced some very significant positive anomalies, at a record level.
Source: global-climat.

Les volcans sous-marins au large de la Sicile

Les fonds marins qui entourent la péninsule italienne recèlent encore de nombreuses surprises. On vient d’en avoir la preuve avec la découverte de six volcans sous-marins à quelques kilomètres de la côte sud-ouest de la Sicile, entre Mazara del Vallo et Sciacca. La découverte a été réalisée par l’Institut national d’océanographie et de géophysique expérimentale (Ogs), au cours de deux campagnes menées à bord du navire de recherche Ogs Explora. L’étude, publiée dans la revue Marine Geology, a confirmé les hypothèses précédentes sur la présence de trois volcans et en a identifié trois nouveaux, dont l’un à seulement sept kilomètres de la côte.
Grâce aux cartes haute résolution des fonds marins et aux levés sismiques et magnétiques, les chercheurs ont pu reconstituer en détail la morphologie des fonds marins en incluant les six volcans qui sont tous situés à moins de 22 kilomètres des côtes siciliennes; l’un d’eux, en particulier, n’est qu’à sept kilomètres de Capo Granitola. Il s’agit du volcan Actea qui présente une morphologie complexe et montre une grande coulée de lave qui s’étire sur plus de 4 kilomètres.
Ces volcans sont situés à environ 14 kilomètres au nord de ceux déjà connus de Banco Graham. Il y a, entre autres, la célèbre île Ferdinandea, apparue en 1831 lors d’une éruption sous-marine et qui, après s’être élevée jusqu’à 65 mètres au-dessus de la surface de l’eau, s’est enfoncée dans la mer.

Source : La Sicilia.

Personnellement, j’aime beaucoup l’histoire de Ferdinandea. En Sicile, en mai 1831, la terre commença à trembler dans la région de Sciacca, déclenchant un vent de panique parmi la population et de légers dégâts. L’activité sismique alla en augmentant pendant les jours suivants. Le 28 juin 1831, le capitaine de deux vaisseaux, le Rapid et le Britannia, entendit des grondements en provenance des fonds marins, au large de Sciacca. Le phénomène s’amplifia à partir du 2 juillet et des pêcheurs affirmèrent avoir observé un brassage des eaux de mer dans cette zone. Le 4 juillet 1831, on découvrit de nombreux poissons morts et une odeur de soufre envahit une surface d’environ 400 mètres de diamètre où l’eau de mer avait perdu sa pureté. Le 8 juillet, le capitaine du brigantin Gustavo fut le premier à noter la présence d’une colonne d’eau d’une hauteur de 25 mètres, et d’un vigoureux panache de fumée qui sortaient de l’eau. Le capitaine comprit qu’il s’agissait de la naissance d’un nouveau volcan et il alerta les autorités de Palerme. Les jours suivants, on continua à observer une intense activité phréato-magmatique et l’éruption passa de sous-marine à subaérienne

La naissance de la nouvelle île provoqua un grand intérêt politique et scientifique. Ainsi, le 13 juillet 1831 la corvette Etna appareilla de Palerme. Ne pouvant s’approcher de l’île à cause de l’eau bouillonnante, le capitaine voulut à tout prix marquer son passage et s’emparer physiquement de ce lopin de terre au nom de Ferdinand II. Pour cela, il envoya une chaloupe avec un marin qui, au plus près de la berge, y lança une rame. Le roi Ferdinand signa un acte en bonne et due forme, annexant l’île le 17 août 1831. D’où son nom, « Ferdinandea ».

De leur côté, les Anglais, qui contrôlaient la Méditerranée avec une puissante flotte et s’étaient établis à Malte, envoyèrent deux navires, le Hind et le Philomel. Ils affirmèrent avoir planté l’Union Jack sur ce bout de rocher, et tiré, depuis le Hind les vingt et un coups de canon marquant officiellement, par tradition, la prise de possession d’une nouvelle parcelle de l’Empire britannique. Ils lui donnèrent le nom de « Graham Bank », en l’honneur de Sir James Robert Graham, premier Lord de l’amirauté.

Une expédition scientifique française, commandée par le géologue Constant Prévost accompagné du peintre Joinville, débarqua le 28 septembre 1831 et planta le drapeau tricolore au sommet du petit mont qu’avaient formé les couches de lave. Les deux hommes ne restèrent que deux heures sur l’île mais ramenèrent des échantillons de roche, conservés aujourd’hui par les muséums d’histoire naturelle de Paris et de Strasbourg. Constant Prévost  donna à l’île le nom de «Julia», sous prétexte qu’elle avait émergé au mois de juillet.

Fredrich Hoffman, enseignant en géologie à l’Université de Berlin, qui se trouvait par hasard en Sicile, fut le premier à rédiger un rapport scientifique sur l’activité volcanique au large de Sciacca.

A la fin du mois de juillet, une nouvelle petite île s’était donc formée grâce à l’accumulation des matériaux projetés par le volcan. Peu élevée, ce moignon de terre aux nombreux noms, rapidement revendiqué et disputé par différents pays, mit finalement tout le monde d’accord le 17 décembre 1831 en disparaissant de la surface de la mer.

Aujourd’hui, l’île Graham ou Ferdinandea ou Julia apparaît sur les cartes car elle représente un danger potentiel pour la navigation. En effet, son sommet se trouve seulement à sept mètres sous la surface.

Pour couronner le tout, un chasseur américain la bombarda en 1987, la prenant pour un sous-marin libyen… !

Gravure montrant la naissance de Ferdinandea en 1831 (Source: Wikipedia)

La fonte du Groenland (suite) // The melting of Greenland (continued)

Comme je j’ai écrit précédemment, la vague de chaleur qui a battu tous les records dans cinq pays européens à la fin du mois de juillet a maintenant atteint le Groenland. Comme prévu, elle accélère la fonte de la calotte glaciaire sur l’île et entraîne une importante perte de glace dans l’Arctique.
82% de la surface du Groenland est recouverte de glace. La partie de la calotte glaciaire qui montre des signes de fonte augmente chaque jour et a atteint un record de 56,5% le 31 juillet 2019. La situation devait s’amplifier et atteindre son maximum le 1er août avant que des températures moins élevées ralentissent la fonte de la glace.
Pendant la seule journée du 31 juillet, plus de 10 milliards de tonnes de glace se sont transformés en eau qui s’est déversée dans l’océan. Globalement, cela correspond à une perte de masse d’environ 197 milliards de tonnes au Groenland pour l’ensemble du mois de juillet.
Depuis le 1er juin 2019 – ce qui correspond au début de la saison de fonte – la calotte glaciaire du Groenland a perdu 240 gigatonnes (240 milliards de tonnes) cette année. Il est intéressant de comparer ce chiffre aux 290 gigatonnes perdues lors de la période de fonte en 2012, en sachant que la période de fonte dure généralement jusqu’à la fin du mois d’août.
Selon une étude réalisée en juin 2019 par des scientifiques américains et danois, la fonte de la glace au Groenland ajoutera entre 5 et 33 centimètres à l’élévation du niveau de la mer d’ici 2100. Si toutes les glaces du Groenland fondaient, les océans du monde s’élèveraient de 7,20 mètres.
Au Groenland, la surface affectée par la fonte de la glace cette année est la deuxième en termes de superficie, derrière plus de 90% en 2012 ; on notera que les archives remontent à 1981. Une grande partie de l’eau de fonte peut ensuite se recongeler sur la couche de glace, mais, selon les scientifiques, la quantité de glace perdue définitivement cette année pourrait être identique à celle de 2012 ou même être supérieure.
Les vagues de chaleur ont toujours eu lieu, mais elles se produisent maintenant au moins 10 fois plus fréquemment qu’il y a un siècle. Ce sont des phénomènes météorologiques qui peuvent se produire naturellement, mais les études montrent que la fréquence et l’intensité de ces vagues de chaleur ont augmenté avec le réchauffement de la planète.
Comme je le souligne souvent dans ma conférence « Glaciers en péril », lorsqu’on dit que la température moyenne de la planète augmente d’un peu plus de 1 degré Celsius, cela n’a guère d’importance si l’on se trouve à Paris ou à Londres, mais la température moyenne revêt une autre importance dans les régions polaires où la calotte glaciaire sait faire la différence entre 15 et 16 degrés Celsius.
Source: Associated Press.

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As I put it before, the heat wave that smashed high temperature records in five European countries in late July is now over Greenland, accelerating the melting of the island’s ice sheet and causing massive ice loss in the Arctic.

Greenland has 82% of its surface covered in ice. The area of the ice sheet that is showing indications of melt has been growing daily, and hit a record 56.5% for this year on July 31st, 2019. The situation was expected to expand and peak on August 1st before cooler temperatures slow the pace of the melt.

More than 10 billion tons of ice was lost to the oceans by surface melt on July 31st alone, creating a net mass ice loss of some 197 billion tons from Greenland for the month of July.

Since June 1st, 2019 – roughly the start of the ice-loss season – the Greenland ice sheet has lost 240 gigatons (240 billion metric tons) this year. That compares with 290 gigatons lost overall in the 2012 melt season, which usually goes through the end of August.

A June 2019 study by scientists in the U.S. and Denmark said melting ice in Greenland alone will add between 5 and 33 centimetres to rising global sea levels by the year 2100. If all the ice in Greenland melted the world’s oceans would rise by 7.2 metres.

In Greenland, the melt area this year is the second-biggest in terms of ice area affected, behind more than 90% in 2012. Records go back to 1981.A lot of what melts can later refreeze onto the ice sheet, but because of the conditions ahead of this summer’s heat wave, the amount of ice lost for good this year might be the same as in 2012 or more, according to scientists.

Heat waves have always occurred, but they are now occurring at least 10 times more frequently than a century ago. They are weather events and can occur naturally but studies have shown that both the frequency and intensity of these heat waves have increased due to global warming..

As I often point out in my conference about glaciers at risk, when people talk about the average global temperature increasing by a little more than 1 degree Celsius, this is not a huge amount to notice if you are sitting in Paris or London, but this is a global average and it is much greater in the polar regionswhere the ice sheet makes the difference between 15 and 16 degrees Celsius.

Source: Associated Press.

Photo: C. Grandpey

 

Puissante éruption de l’Ulawun (Papouasie-Nouvelle-Guinée) // Powerful eruption of Ulawun (Papua-New-Guinea)

Selon le VAAC de Darwin, les images satellitaires montrent qu’une puissante éruption a débuté à 3h50 (GMT) le 3 août 2019 sur l’Ulawun, avec un premier panache de cendre qui est monté jusqu’à 15 km au-dessus du niveau de la mer. Qquelques heures plus tard, les images satellitaires ont révélé qu’une nouvelle séquence éruptive avait propulsé la cendre à travers la tropopause, jusque dans la stratosphère avec un panache d’une hauteur de 19,2 km au dessus du niveau de la mer.
L’événement d’aujourd’hui fait suite à une autre éruption stratosphérique qui s’est produite le 26 juin 2019. Comme je l’ai écrit à l’époque, au moins 15 000 personnes ont dû être évacuées.
La couleur de l’alerte aérienne a été portée au Rouge.
Sources: RVO, Darwin VAAC, The Watchers.

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According to the Darwin VAAC, satellite imagery shows that a powerful eruption started at 01:50 (UTC) on August 3rd, 2019 at Ulawun volcano (Papua New Guinea) with a first ash plume rising up to 15 km above sea level a few hours after the beginning of the event. The follwing imagery indicated that another eruption had sent ash through the tropopause and had become stratospheric with a height of19.2 km above sea level.

Today’s event follows another stratospheric eruption that occurred on June 26th, 2019. As I put it by that time, at least 15 000 people were forced to evacuate.

The aviation colour code was raised to Red.

Sources: RVO, Darwin VAAC, The Watchers.

Crédit photo: Wikipedia