Volcans du monde // Volcanoes of the world

L’INGV indique qu’une éruption majeure a eu lieu sur le Stromboli à 10h17 (GMT) – 12h17 (heure locale) – le 28 août 2019. La source de l’explosion se situait dans la zone centre-sud de la terrasse cratèrique. Les matériaux projetés par l’explosion se sont répandus sur la terrasse et le long de la Sciara del Fuoco, jusqu’à la mer.
La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge.
Il est intéressant de lire le dernier rapport (27 août 2019) du Laboratorio Geofisica Sperimentale. Les auteurs expliquaient que l’activité volcanique était soutenue sur le Stromboli, avec des épisodes de spattering dans la partie nord-est de la région sommitale où les projections montaient à une hauteur de 150 mètres. On observait une activité explosive modérée dans la partie centrale / sud-ouest de la terrasse cratèrique, avec des explosions riches en cendres. Les coulées dans la partie sud-ouest de la Sciara del Fuoco étaient toujours actives avec un débit de lave stable. Le tremor volcanique montrait des valeurs élevées. Le nombre d’événements VLP était stable à des valeurs très élevées, tandis que leur amplitude montrait une tendance à la baisse. AUCUN ÉVÉNEMENT ERUPTIF MAJEUR N’ETAIT PRÉVU. Cela montre encore une fois que notre capacité à prévoir les éruptions, même sur des volcans bien équipés, est très faible. Boris Behncke (INGV Catane) a déclaré: « Pour le moment, il est hautement improbable que les excursions reprennent vers le sommet du Stromboli. La gestion du tourisme sur ce volcan fera certainement l’objet d’un examen approfondi. Avec des explosions comme celles du 3 juillet et d’aujourd’hui, il y aurait eu des morts au sommet. » Comme je l’ai déjà écrit, les excursions au Pizzo avec les guides ont été annulées après le dernier paroxysme du volcan le 3 juillet 2019.

Note personnelle : L’activité éruptive était particulièrement intense hier soir dans la partie NE de la zone sommitale dont la morphologie a été modifiée par l’événement du matin. Le Cratère NE est plus grand, ce qui laisse libre cours à l’activité strombolienne qui s’y déroule. On notera la présence d’une bouche éruptive en dessous de l’échancrure qui s’est ouverte dans la lèvre N du cratère. Certaine événements étaient particulièrement forts (voir capture d’écran ci-dessous). On aperçoit sur les images de la webcam Skyline la coulée de lave sur la Sciara del Fuoco. Il faudra être vigilant car il ne serait pas surprenant que tous les matériaux qui s’accumulent depuis pas mal de temps déstabilisent par gravité la base sous-marine de la Sciara, avec un effondrement susceptible de générer un tsunami, comme cela s’est produit dans le passé.

Voici une petite vidéo montrant l’éruption depuis la mer. Impressionnant!

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 La JMA indique qu’une nouvelle éruption mineure a eu lieu sur l’Asama (Japon) à 19h28 (heure locale) le 25 août 2019. L’événement a généré un nuage de cendre qui est monté à environ 600 mètres au-dessus du cratère.
La JMA a indiqué que de nouvelles explosions et des coulées pyroclastiques pouvaient encore se produire dans un rayon de 2 km du cratère.
L’éruption a été précédée d’un autre événement semblable le 7 août 2019. Le niveau d’alerte est alors passé de 1 à 3. Il a ensuite été abaissé à 2 (sur une échelle de 1 à 5) le 19 août 2019.

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L’Institut de Géophysique du Pérou (IGP) indique que l’activité éruptive de l’Ubinas se poursuit. On enregistre une activité sismique qui semble liée à la montée du magma. De la même façon, le cratère continue à émettre des gaz magmatiques et de la vapeur d’eau visibles sur les caméras de surveillance du volcan. Les images satellitaires révèlent des anomalies thermiques qui indiquent la proximité du magma de la surface. Au vu de ces paramètres, il faut s’attendre à l’apparition d’une nouvelle activité explosive à court terme.

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Dans les Iles Aléoutiennes (Alaska), le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune sur le Cleveland et à la couleur Orange sur le Shishaldin et le Semisopochnoi.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à la couleur Orange sur le Sheveluch, le Klyuchevskoy, le Karymsky et l’Ebeko car des explosions peuvent se produire à tout moment, avec des nuages de cendre susceptibles de perturber le trafic aérien. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune sur le Bezymianny.

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En cliquant sur l’onglet « Photo and video » du site web du HVO, on peut voir une série de clichés montrant la caldeira du Kilauea et le Pu’uO’o qui ont été profondément modifiés par l’éruption de 2018. La petite mare d’eau au fond de l’Halema’uma’u a tendance à s’agrandir, mais il faudra encore beaucoup de temps pour que l’on observe un lac d’acide comme celui du Kawah Ijen. Il est fort probable que le Kilauea sera de nouveau entré en éruption d’ici là !

https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/multimedia_chronology.html?newSearch=true&display=custom&volcano=1&resultsPerPage=20

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INGV indicates that a major eruption took place at Stromboli at 10:17 (UTC) on August 28th, 2019. The source of the explosion was located in the central-southern area of the crater terrace. The products generated by the explosion spread throughout the terrace and along the Sciara del Fuoco, rolling down to the coastline.

The Aviation Colour Code has been raised to Red.

It is interesting to read the latest report (August 27th, 2019) released by the Laboratorio Geofisica Sperimentale. The authors explained that volcanic activity was high at Stromboli, with spattering in the north-eastern part of the summit area where scoriae are ejected up to 150 metres high. One observed moderate explosive activity in the Central/SW part of the crater terrace, with ash-rich explosions. The lava flows in the SW part of the Sciara del Fuoco, were still active with a stable effusive rate. The volcanic tremor oscillated over high values. The number of VLP events was stable at very high values, while the VLP amplitude shows a decreasing trend. NO MAJOR ERUPTIVE EVENT WAS ANTICIPATED. This again shows that our ability to forecast eruptions, even on well-equipped volcanoes is very low. As Boris Behncke (INGV Catania) declared: « For the moment it is highly unlikely that there will be excursions onto the summit of Stromboli anytime soon. The whole handling of tourism on this volcano will certainly be thoroughly reviewed. With explosions like those of July 3rd and today, there would have been no chance of survival for anybody at the summit. »  As I put it before, excursions with guides to the Pizzo have been cancelled since the volcano’s last paroxysm on July 3rd.

Personal remark: Eruptive activity was particularly intense last night in the NE part of the summit area whose morphology was modified by the morning event. The NE Crater is larger, which gives free rein to the strombolian activity that takes place in it. One can observe an eruptive vent below the notch which has opened in the N rim of the crater. Some events were particularly strong (see screenshot below). The images of the Skyline webcam show the lava flow on the Sciara del Fuoco. One should be be vigilant because it would not come as a surprise if all the materials which have accumulated for a long time should destabilize by gravity the underwater base of the Sciara, with a collapse likely to generate a tsunami, as this happened in the past.

See above a short video showing the eruption from the sea. Very impressive!

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JMA indicates that another small scale eruption took place at Asama volcano (Japan) at 19:28 (local time) on August 25th, 2019. The eruption generated an ash plume that rose about 600 metres above the crater.

JMA warned of possible additional explosions and pyroclastic flows within about a 2 km radius of the crater.

The eruption followed another similar eruption on August 7th, 2019. The alert level was then raised from 1 to 3. It was later lowered to 2 (on a scale of 1-5) on August 19th, 2019.

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The Institute of Geophysics of Peru (IGP) indicates that the eruptive activity of Ubinas continues. The seismic activity which is being recorded seems to be related to magma ascent. In the same way, the crater continues to emit magmatic gases and water vapour visible on the volcano surveillance cameras. Satellite images reveal thermal anomalies that indicate that magma is close to the surface. Given these parameters, one can expect new explosive activity in the short term.

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In the Aleutians (Alaska), the alert level is kept at Yellow on Cleveland, and at Orange on Shishaldin and Semisopochnoi.

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In Kamchatka, the aviation colour code is kept at Orange on Sheveluch, Karymsky Klyuchevskoi and Ebeko because explosive activity may occur without warning, with ash plumes that may disturb air traffic in the region. The alert level is kept at Yellow for Bezymianny.

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By clicking on the « Photo and video » tab of the HVO website, one can see a series of images showing the Kilauea caldera and Pu’uO’o that have been profoundly modified by the 2018 eruption. The pool of water at the bottom of Halema’uma’u tends to grow, but it will take a long time for an acid lake like Kawah Ijen to be seen. It is likely that Kilauea will have  again erupted by then!
https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/multimedia_chronology.html?newSearch=true&display=custom&volcano=1&resultsPerPage=20

Sismogramme de l’éruption sur le Stromboli le 28 aoû 2019 (Source: INGV)

Evénement éruptif dans le Cratère NE du Stromboli dans la soirée du 28 août 2019 (Webcam Skyline)

Toujours plus haut ! Toujours plus fort ! Toujours plus stupide !

Vous en avez ras-le-bol des vacances classiques, du surf et du parapente ? Vous voulez mettre la barre plus haut ? Vous voulez vraiment connaître les vacances de l’extrême ? J’ai un truc pour vous : le saut à l’élastique au-dessus d’un volcan actif !

Rendez-vous pour cela sur le site https://bungee.com/index.html.

Une société américaine propose un saut à l’élastique à 2847 mètres d’altitude, depuis un hélicoptère, au-dessus du Villarrica, l’un des volcans les plus actifs du Chili, avec un chaudron de lave qui bouillonne au fond de son cratère ! La société Bungee propose déjà des sauts depuis les plus hautes tours et ponts des États-Unis et double les vedettes de cinéma pour les cascades d’altitude.

Si vous avez de l’argent plein les poches, n’hésitez pas. Pour 15 958 dollars (14 139 euros) et quelques cents par personne, la société vous a concocté un séjour de six jours au Chili comprenant du rafting, des activités dans des sources chaudes, un hébergement 5 étoiles tout compris et, cerise sur le gâteau, un petit voyage panoramique en hélicoptère avec le « saut le plus dangereux du monde. » L’hélico de Bungee vous amènera à 213 mètres au-dessus du cratère du Villarrica accompagné par votre pilote, un moniteur de saut et un vidéaste qui immortalisera votre exploit qui se fera avec un élastique d’une centaine de mètres. Donc aucun risque de se faire brûler les moustaches par la lave. En plus du film, vous repartirez avec l’odeur du volcan en éruption ; c’est autre chose que celle du barbecue, non ?

Le descriptif du voyage se termine par deux questions essentielles :

1) Puis-je amener mon conjoint ou une autre personne de mon entourage ? Oui. Si ce n’est que pour le trajet en hélico, ils peuvent s’inscrire moyennant un supplément. S’ils veulent sauter eux aussi, vous aurez une ristourne de 1000 dollars (886 euros) sur votre séjour.
2) Puis-je mourir? Oui, c’est possible. Vous allez signer une décharge dégageant toute responsabilité de la société Bungee.

La prochaine expédition est prévue en mars 2020. A vos portefeuilles!

Voici une vidéo (en anglais) dans laquelle des amoureux de l’extrême décrivent leur expérience chilienne :

https://youtu.be/4ZT9ld2o-7U

Vue du Villarrica (Crédit photo: Wikipedia)

Un banc de ponce bénéfique pour la Grande Barrière de Corail? // A pumice raft beneficial to the Great Barrier Reef?

Dans une note publiée le 20 août 2019, j’indiquais qu’une nouvelle éruption sous-marine avait eu lieu près de Fonualei Island dans l’archipel des Tonga le 7 août 2019, avec de grands nuages d’abord observés à l’horizon. Le 15 août, un catamaran qui faisait route vers les Fidji s’est trouvé nez à nez avec un banc de pierre ponce qui recouvrait complètement la surface de l’océan. Cette immense masse de ponce d’environ 150 kilomètres carrés, si grande qu’elle a été repérée par les satellites, se dirige maintenant vers l’Australie, avec à son bord toute une variété d’organismes marins, notamment des coraux, qui pourraient aider à restaurer la Grande Barrière de Corail.
Les bernacles, les coraux, les crabes et les escargots font partie des organismes qui se trouveront sur le banc de ponce lorsqu’il abordera le littoral australien dans moins d’un an. Il s’agit d’un mécanisme naturel permettant à des espèces de coloniser, de proliférer et de se développer dans un nouvel environnement.
Le plus grand récif corallien au monde, qui abrite une grande variété de vie marine, est menacé par le changement climatique depuis plusieurs années. La hausse des températures a créé un effet de blanchissement des coraux qui entraîne la perte de couleur des invertébrés marins et leur mort.
Selon une étude publiée en avril 2019, les jeunes coraux présents dans la Barrière longue de 2200 km ont diminué de 89% en raison du blanchissement à grande échelle en 2016 et 2017. Avec la probabilité d’un plus grand nombre d’événements de blanchissement provoqués par la hausse de la température de la mer, les scientifiques sont sceptiques quant à la réapparition des coraux. Les récifs coralliens jouent un rôle clé dans les écosystèmes marins en fournissant un habitat aux poissons et en assurant une protection contre les tempêtes et les phénomènes météorologiques extrêmes.
La présence d’un banc de ponce dans la région n’est pas une nouveauté. Comme je l’ai écrit précédemment, une étendue de ponce identique a été observée en 2006 quand une éruption sous-marine, également dans le secteur des Tonga, a permis à plus de 80 espèces de trouver refuge sur la pierre ponce à la dérive. Le phénomène s’est reproduit en 2012 quand un volcan jusqu’alors inactif dans le Pacifique est entré en éruption pendant deux jours.
Source: Time.

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In a post released on August 20th, 2019, I indicated that a new underwater eruption took place near Fonualei Island in the Tonga archipelago on August 7th, 2019, with large clouds first observed on the horizon. On August 15th, a catamaran en route to Fiji encountered a pumice raft completely covering the ocean surface. This giant mass of floating pumice, around 150 square kilometres, so large it’s being tracked via satellite, is making its way to Australia, and with it a range of marine organisms including corals that could help restore the threatened Great Barrier Reef.

Barnacles, corals, crabs and snails are among the organisms that will be carried on the pumice raft when it washes up along Australia’s coastline in less than a year. It is a natural mechanism for species to colonize, restock and grow in a new environment.

The world’s largest coral reef, home to a variety of marine life, has come under the threat as a result of climate change in recent years. Warming temperatures have created a coral bleaching effect that causes the marine invertebrates to lose their color and eventually die.

According to a study published in April, baby coral in the 2,200-kilometre-long reef have declined by 89% due to mass bleaching in 2016 and 2017. Given the likelihood of more bleaching events as sea temperatures continue to increase, scientists are skeptical of recovery. Coral reefs play a key role in marine ecosystems, providing a habitat for fish and serving as protection against storms and extreme weather events.

The “raft” phenomenon is not new. As I put it before, a giant floating island of pumice was similarly created in 2006 when an underwater eruption, also in Tonga, led to upwards of 80 different species of marine life finding a home on the drifting rock, and again in 2012 when a previously dormant volcano in the Pacific erupted over two days.

Source: Time.

Banc de ponce dans la région des Tonga en septembre 2001 (Source: NASA)

L’effondrement des Alpes // The collapse of the Alps

J’ai déjà rédigé plusieurs notes à propos des effondrements que l’on observe depuis plusieurs années dans les Alpes. A la différence de certains journalistes climato-sceptiques, je n’hésiterai pas une seconde à montrer du doigt le responsable de ces événements : le réchauffement climatique dont est victime notre planète. Les deux épisodes caniculaires qui se sont enchaînés depuis la fin du mois de juin ont eu un effet dévastateur.

J’ai expliqué pourquoi ces effondrements se produisent. Avec la hausse des températures, le permafrost de roche qui sert de ciment et assure la stabilité des parois est en train de fondre à une vitesse incroyable de sorte que des pans entiers de montagne s’effondrent dans les vallées avec parfois des conséquences dramatiques. Facteur aggravant, les fortes chaleurs sont arrivées très tôt en 2019. Fin juin, on a relevé une température de 6,9°C 50 mètres en dessous du sommet du mont Blanc. Du jamais vu. Un record absolu.
Dans le massif du Mont-Blanc, près de 70 éboulements ont été recensés jusqu’à présent sur l’année 2019. Ils font suite à ceux observée en 2018, comme l’effondrement d’une section de l’Arête des Cosmiques le 22 août 2018, pas très loin de l’Aiguille du Midi. Que ce soit au Mont Maudit, sous l’Aiguille des Deux Aigles, ou à la Tour Ronde, les éboulements s’enchaînent à un rythme effréné. Il est évident que les alpinistes doivent redoubler de prudence et être très vigilants pendant leurs courses
Il ne faudrait pas oublier, non plus, que ces matériaux qui s’accumulent au pied des parois sont particulièrement instables et risquent d’être emportés vers l’aval à l’occasion de très fortes intempéries. Le village de Chamoson dans le Valais suisse en sait quelque chose. En l’espace d’une année, une lave torrentielle a déferlé à deux reprises sur la commune. Le 7 août 2018, le torrent Saint-André a craché 20 000 mètres cubes de boue et causé près de 500 000 francs de dégâts. Les experts évoquaient alors une crue centennale. Le problème, c’est que le 11 août 2019 une lava torrentielle identique s’est engouffrée dans le lit de la Losentze. Elle a coûté la vie à un Genevois de 37 ans et une fillette de 6 ans.

Habituellement, le mois d’août est la période où les éboulements sont les plus fréquents au Mont-Blanc en raison de la chaleur qui s’installe, mais ce qui est prévu pour les années à venir aura une autre ampleur. On s’attend à des chutes de plusieurs centaines ou milliers de mètres cubes en automne et en hiver à cause des conditions climatiques actuelles.

Même si les éboulements sont moins violents habituellement au cœur de l’été, ils ont déjà causé la mort de deux alpinistes suisses le 22 juillet 2019.Un guide et son client ont été emportés par un éboulement à 4.300 mètres d’altitude sur le Cervin en Suisse.
D’autres témoignages d’alpinistes dans les Alpes font froid dans le dos. Il est fait état d’une chute de pierres subite depuis la célèbre arête de Kuffner, dans le secteur du Cirque Maudit. D’énormes éboulements se sont également produits sur la face Nord de la Tour Ronde et sur de nombreux couloirs du Mont-Blanc du Tacul, de jour comme de nuit. Des éboulements s’étaient déjà enchaînés lors de la canicule de 2003, mais rien de comparable à cette année.
La température des glaces augmente de 0,1°C par an dans le massif du Mont-Blanc, soit plus rapidement que la température de l’air. Les montagnes vont donc dégeler progressivement dans les Alpes. Les premiers concernés, les guides de haute montagne, voient déjà les changements qui s’opèrent d’année en année. Beaucoup pensent que la pratique du métier doit changer pour s’adapter aux mutations de la montagne. Comme je l’ai déjà indiqué,  parmi « Les Cent plus belles courses » recensées dans les années 1970 par Gaston Rebuffat dans le massif du Mont-Blanc, la plupart n’ont plus leur visage d’antan : 93 sont affectées par les effets du changement climatique, dont 26 très affectées, et trois d’entre elles n’existent plus.

Source : France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Le Nouvelliste.

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 I have already written several posts about the collapse that has been observed for several years in the Alps. Unlike some climate-skeptical journalists, I will not hesitate one second to point the finger at the culprit of these events: the global warming of our planet. The two heat waves that have been observed since the end of June have had a devastating effect.
I explained oreviously why these collapses occur. With rising temperatures, the rock permafrost that serves as a cement and ensures the stability of the walls is melting at an incredible speed so that whole sections of mountains collapse in the valleys with sometimes dramatic consequences. As an aggravating factor, the hot weather arrived very early in 2019. At the end of June, a temperature of 6.9°C was recorded 50 metres below the summit of Mont Blanc. Never seen before. An absolute record.
In the Mont-Blanc massif, nearly 70 landslides have been recorded so far in 2019. They follow those observed in 2018, as the collapse of a section of L’Arête des Cosmiques on 22 August 2018, not far from the Aiguille du Midi. Whether at Mont Maudit, under the Aiguille des Deux Aigles, or at the Tour Ronde, landslides are occurring at a frantic pace. Mountaineers must be extra careful during their races
It should not be forgotten, either, that these materials that accumulate at the foot of the walls are particularly unstable and may be carried downstream during very severe weather. The village of Chamoson in the Swiss Valais has been confronted with such events. In the space of a year, a torrential lava has swept twice on the municipality. On August 7th, 2018, the Saint-André stream poured 20,000 cubic metres of mud and caused nearly 500,000 francs in damages. The experts then evoked a centennial flood. The problem is that on August 11th, 2019 an identical torrential lava rushed into the bed of the Losentze River. It cost the life of a 37-year-old Genevois and a 6-year-old girl.
Usually, the month of August is the time when landslides are the most frequent in Mont Blanc due to the heat that settles, but what is planned for the coming years will have another magnitude. Collapses of several hundred or thousands of cubic metres are expected in autumn and winter due to current weather conditions.
Although the landslides are less violent usually in the heart of summer, they have already caused the death of two Swiss mountaineers on July 22nd, 2019. A guide and his client were swept away by a landslide at 4.300 metres above sea level on the Matterhorn in Switzerland.
Other alpinists’ testimonies in the Alps are cold in the back. There is a report of a sudden rock fall from the famous Kuffner Ridge in the Cirque Maudit area. Huge landslides also occurred on the north face of the Tour Ronde and on many corridors of the Mont-Blanc du Tacul, day and night. Rockfalls had already been observed during the heat wave of 2003, but nothing comparable to this year.
The temperature of the ice increases by 0.1°C per year in the Mont-Blanc massif, faster than the temperature of the air. The mountains will gradually thaw in the Alps. The first concerned, the high mountain guides, already see the changes that occur from year to year. Many believe that the practice of the profession must change to adapt to the changes in the mountain. As I have already mentioned, among « The hundred most beautiful races » recorded in the 1970s by Gaston Rebuffat in the Mont-Blanc massif, most are different from the old days: 93 are affected by the effects climate change, of which 26 are highly affected, and three of them no longer exist.
Source: France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Le Nouvelliste.

Alpes: Les glaciers fondent, les montagnes s’écroulent (Photo: C. Grandpey)