Piton de la Fournaise : Photos de l’éruption !

Voici quelques superbes photos de l’éruption en cours sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Elles ont été prises par mon ami Christian Holveck qui me confirme les mauvaises conditions météo et la difficulté d’accès au site éruptif.

Vous pourrez visiter le site de Christian Holveck, avec des images également très belles, à cette adresse :

http://www.christianholveck.com/

Photos: Christian Holveck

Il serait temps… !

Emmanuel Macron se rendra le 12 février 2020 à Chamonix, non pas pour se rendre compte de l’impact du Coronavirus, mais pour jeter un coup d’œil à la Mer de Glace. Ces derniers jours, plusieurs journaux ont attiré l’attention sur l’état catastrophique de ce glacier qui fond à une vitesse incroyable sous les coups de boutoirs du réchauffement climatique. Le chef de l’Etat commencera sa visite par un dîner avec des scientifiques experts du climat et de la biodiversité au refuge du Montenvers qui offre une superbe vue sur la Mer de Glace.

Emmanuel Macron se rendra le 13 février au chevet de la Mer de Glace pour constater l’impact du dérèglement climatique et annoncer des mesures de protection du Mont-Blanc. Je dois dire que j’attends avec grande impatience la liste de ces mesures qui viendra d’un chef d’Etat qui n’a pas daigné aller cautionner la dernière COP 25 de Madrid. Cela fait tout de même un peu désordre !

Le Président de la République se rendra ensuite à Chamonix, puis à Saint-Gervais-les-Bains, où il rencontrera des élus et des acteurs de l’accès au Mont-Blanc qui, selon les élus locaux, souffre de surfréquentation et de « l’incivilité » de certains touristes. En septembre, le maire de Saint-Gervais, avait envoyé une « lettre ouverte d’un gilet blanc » à Emmanuel Macron pour lui demander de prendre sans attendre des mesures pour protéger le plus haut sommet d’Europe.

A Chamonix, Emmanuel Macron prononcera également un discours pour lancer l’Office français de la biodiversité (OFB), né le 1er janvier de la fusion de l’Agence française de la biodiversité et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage.

On ne peut s’empêcher de remarquer que cette visite  sur le massif du Mont Blanc intervient à l’approche des élections municipales de mars, qui pourraient voir une progression du vote écologique. Personnellement, cette visite de dernière minute avant des élections me fait sourire. Je ne suis pas certain que le chef de l’Etat soit un écologiste convaincu, ni qu’il ait vu la Mer de Glace fondre et s’enfoncer dans sa vallée comme je l’ai constaté depuis 1955. C’est à pleurer, et il ne faut pas me dire que cette catastrophe ambulante est le seul résultat d’un cycle climatique. Toutes les mesures atmosphériques confirment que les émissions anthropiques de gaz à effet de serre contribuent largement à la fonte de la glace.

La Mer de Glace en 1956 (Photo: G. Grandpey)

La Mer de Glace en 2018 (Photo: C. Grandpey)

Icebergs de l’Antarctique // Antarctica’s icebergs

Souvenez-vous : en 2016, les télévisions du monde entier ont montré une image spectaculaire diffusée par la NASA. Il s’agissait d’une énorme fracture qui d’était ouverte dans la plate-forme glaciaire Larsen C en Antarctique occidental.

En juillet 2017, la plate-forme a fini de se fracturer et a libéré l’un des plus grands icebergs de l’histoire. Dénommé A68, on avait à l’époque, comparé sa taille à celle du département de la Lozère.

Les scientifiques du monde entier scrutent aujourd’hui ce colosse de glace qui dérive vers l’Océan Atlantique. Toutefois, les glaciologues se veulent rassurants. En effet, après avoir quitté la froideur de l’Antarctique, l’iceberg géant va se trouver confronté aux eaux océaniques plus chaudes qui devraient le faire fondre rapidement.

De plus, ce bloc de glace ne devrait pas faire monter le niveau des océans étant donné qu’il faisait partie d’une plate-forme glaciaire qui, elle-même, baigne dans l’eau de mer. On se trouve dans la configuration du glaçon qui fond lentement dans un verre.

Selon les spécialistes, A68 devrait subir le destin de l’iceberg B15, formé en 2000 dans la barrière de Ross – elle aussi en Antarctique – et qui détient le record du plus grand iceberg jamais mesuré, avec 11 000 km2. Aujourd’hui, le B15 n’a pas totalement disparu, mais il ne mesure plus que 200 km2. Il flotte près des îles Sandwich, dans l’Océan Atlantique.

En soi, l’A68 ne présente donc pas vraiment de danger. Ce que craignent les scientifiques, c’est qu’en se détachant, il ait encore davantage fragilisé la plate-forme glaciaire Larsen C qui retient actuellement les glaciers continentaux de tout l’Ouest Antarctique. Cette barrière de glace du nord-ouest de la mer de Weddell, s’étend le long de la côte orientale de la péninsule Antarctique. Elle présente une superficie de près de 50 000 km2 pour une épaisseur de glace d’environ 350 mètres. Cette protection littorale se fissure lentement depuis plusieurs années et le processus s’est brutalement accéléré depuis 2018. La fracture s’étend désormais sur 80 km et il ne reste plus que 20 km pour retenir l’étendue de glace qui se détache. En conséquence, Larsen C risque fort de perdre à très court terme une surface de plus 5 000 km²

Si un tel événement se produit – ce qui est fort probable – cela va changer fondamentalement l’aspect de la péninsule antarctique et risque de provoquer d’autres fracturations. Les scientifiques craignent que le recul de la banquise dû au réchauffement climatique ne provoque une accélération du glissement des glaciers vers la mer. Une telle situation se traduirait inévitablement par une élévation du niveau de l’eau à l’échelle mondiale.

Source : Presse scientifique internationale.

Vous pourrez lire plusieurs articles relatifs au détachement de l’iceberg A68 sur mon blog entre janvier 2017 et octobre 2018. Il vous suffit pour cela de taper A68 dans le petit moteur de recherche de la colonne de droite.

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Remember: in 2016, televisions around the world showed a spectacular NASA image with a huge fissure that had opened in the Larsen C ice shelf in Western Antarctica.
In July 2017, the ice shelf released one of the largest icebergs in history. Called A68, its size was compared at the time to that of the French department of Lozère.
Scientists around the world are now scrutinizing this huge block of ice that is drifting towards the Atlantic Ocean. However, glaciologists are reassuring. Indeed, after leaving the cold Antarctica, the giant iceberg will be confronted with warmer ocean waters which should make it melt quickly.
In addition, this block of ice should not raise the level of the oceans since it was part of an ice shelf which, itself, lies on sea water. It is like an icicle slowly melting in a glass of water.
Experts say A68’s fate will be similar to what happened to the B15 iceberg, formed in 2000 in the Ross Barrier – also in Antarctica – and which was the largest iceberg ever measured, with 11,000 square kilometres. Today, B15 has not completely disappeared, but it only measures 200 km2. It is floating near the Sandwich Islands in the Atlantic Ocean.
A68 is therefore not really dangerous. What scientists fear is that by detaching itself, it has further weakened the Larsen C ice shelf which currently holds continental glaciers all over West Antarctica. This northwestern barrier of the Weddell Sea extends along the eastern coast of the Antarctic Peninsula. It covers an area of ​​almost 50,000 km2 with an ice thickness of about 350 metres. This coastal protection has been slowly cracking for several years and the process has accelerated suddenly since 2018. The fissure now extends over 80 km and there is only a 20-km length left to retain the extent of ice that is coming off. As a result, Larsen C is likely to lose an area of ​​more than 5,000 km² in the very short term.
If such an event occurs – which is very likely – it will fundamentally change the morphology of the Antarctic Peninsula and may cause further fracturing. Scientists fear that the retreat of the ice shelf due to global warming will accelerate the slide of glaciers towards the sea. Such a situation would inevitably result in a rise in water levels worldwide.
Source: International scientific press.

You can read several articles related to the detachment of the A68 iceberg on my blog between January 2017 and October 2018. All you have to do is type A68 in the small search engine in the right-hand column.

Vue de la Péninsule antarctique et de la Barrière de Larsen (Source : Wikipedia)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Première éruption de 2020 ! // First eruption in 2020 !

11h45 (heure métropole): On l’attendait depuis des semaines; elle est enfin arrivée! Dans son bulletin du lundi 10 février à 10h40 (heure locale), l’OVPF indiquait que depuis 10h27 une crise sismique était enregistrée sur les instruments. Cette crise sismique s’accompagnait de déformation rapide, ce qui indiquait que le magma était en train de quitter le réservoir magmatique et se propageait vers la surface. Selon l’Observatoire, une éruption était probable à brève échéance dans les prochaines minutes ou heures.

En fait, c’est l’excellent Journal de l’Ile qui nous apprenait que la première éruption de l’année 2020 avait débuté en fin de matinée (heure locale). A 12h45, le front le plus actif des coulées se trouvait sur le flanc Est du volcan à 1600 mètres d’altitude, un peu en dessous du cratère Jean que l’une des coulées était en train de longer.

Il reste encore plusieurs centaines de mètres à parcourir pour que la lave atteigne les Grandes pentes qui basculent vers le Grand-Brûlé. L’histoire montre qu’au cours. des premières heures d’une éruption comme celle-ci, située en contrebas du cratère Dolomieu, les coulées progressent rapidement en raison de la forte pente du cône sommital. Ensuite, à la base du cône, vers 1900 mètres d’altitude, elles rencontrent un long replat de près de deux kilomètres où elles perdent de leur vitesse et s’étalent. La lave atteindra-t-elle la RN 2 ? Il est encore trop tôt pour le dire.

L’accès à l’Enclos est bien sûr interdit.

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13 heures (heure métropole) : Dans un nouveau bulletin diffusé à 11h15 (heure locale), l’OVPF indique que suite à la crise sismique mentionnée précédemment, le tremor volcanique synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface est enregistré depuis 10h50 environ. D’après les enregistrements de l’Observatoire, la source de ce tremor est localisée sur le flanc Est du volcan. Aucune confirmation visuelle d’un début d’éruption n’a pu être faite pour l’instant sur les webcams du fait de la couverture nuageuse. Néanmoins des fumerolles ont été aperçues depuis le littoral confirmant le début d’éruption à l’intérieur de l’Enclos.

Suite à un survol effectué vers 13h30, l’OVPF précise que plusieurs fissures se sont ouvertes sur le flanc est du volcan, entre la zone sommitale et 2000 m d’altitude. Les fontaines de lave ne dépassent pas 10 mètres de hauteur.  De toute évidence, je pense que l’on ne devrait pas avoir affaire à un événement majeur. L’éruption a mis beaucoup de temps à se déclarer, avec une inflation et une sismicité hésitantes sur une longue période.

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17 heures (heure métropole) : L’éruption qui a débuté ce matin se poursuit à l’heure actuelle. Comme lors des événements précédents, l’intensité du tremor diminue progressivement depuis l’ouverture des fissures éruptives.

A noter que la crise sismique qui a accompagné l’ascension du magma vers la surface a inclus 210 secousses sous la zone sommitale du volcan.

Au cours d’une reconnaissance aérienne en début d’après midi, plusieurs fissures ont pu être localisées sur le flanc Est du cône terminal entre la partie haute du cône terminal et 2000 m d’altitude. L’ensemble de ces fissures s’étend sur une distance d’environ 1 km. Du fait de la localisation des fissures éruptives et des fortes pentes dans le secteur, la lave avait atteint la cote 1700 m à 13h15 (heure locale) et le front de coulée se situait à moins de 150 m de la rupture de terrain qui débouche sur les Grandes Pentes. Très logiquement, le front de coulée était fortement ralenti par la zone de replat qui se trouve à cet endroit.

Source : OVPF.

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11:45 (Paris time): We had been waiting for it for weeks; it is happening right now! In its bulletin of Monday February 10th, 2020 at 10:40 am (local time), OVPF indicated that since 10:27 am a seismic crisis had been recorded on the instruments. This seismic crisis was accompanied by rapid deformation, which indicated that magma was leaving the magmatic reservoir and was ascending to the surface. According to the Observatory, an eruption was likely in the next few minutes or hours.
In fact, the Journal de l’Ile told us that the first eruption in 2020 started late in the morning (local time). At 12:45 p.m., the most active front of the lava flows was on the eastern flank of the volcano at 1600 metres above sea level, a little below Jean Crater that one of the flows was skirting.
There are still several hundred metres for lava to reach the Grandes Pentes (Great Slopes) which switch to the Grand-Brûlé. History shows that in the course. from the first hours of an eruption like today’s, located below Dolomieu Crater, the lava flows progress rapidly because of the steep slope of the summit cone. Then, at the base of the cone, around 1900 metres above sea level, they reach a long flat area of ​​almost two kilometres where they lose speed and spread out. Will lava reach RN 2? It is still too early to tell.

Access to the Enclos is forbidden.

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1:00 p.m. (Paris time): In a new bulletin released at 11:15 a.m. (local time), OVPF indicates that following the seismic crisis mentioned previously, the volcanic tremor synonymous with the arrival of magma near the surface has been recorded since 10:50 a.m. or so. According to Observatory records, the source of this tremor is located on the eastern flank of the volcano. No visual confirmation of an eruption could be made for the moment on the webcams because of the cloud cover. However, fumaroles were seen from the shore, confirming the start of the eruption inside the Enclos.

Following an overflight carried out around 1:30 p.m., OVPF specifies that several fissures opened on the eastern flank of the volcano, between the summit area and 2000 m a.s.l. The lava fountains do not exceed 10 metres in height. Obviously, I think we shouldn’t be dealing with a major event. The eruption took a long time to start, with hesitant inflation and seismicity over a long period.

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5:00 p.m. (Paris time): The eruption that started this morning continues right now. As in previous eruptions, the intensity of the tremor has gradually decreased since the opening of the eruptive fissures.
It should be noted that the seismic crisis which accompanied the magma ascent towards the surface included 210 tremors under the summit area of ​​the volcano.
During an overflight in the early afternoon, several fissures could be located on the eastern flank of the summit cone between the upper part of the cone and 2000 m above sea level. All of these fissures extend over a distance of about 1 km. Due to the location of the eruptive fissures and the steep slopes in the area, the lava reached 1,700 m a.s.l. at 1:15 p.m. (local time) and the lava front was less than 150 m from the slope break which leads to the Great Slopes. Very logically, the flow front was greatly slowed down by this flat area.
Source: OVPF. .

Photos: C. Grandpey

Première image de l’éruption mise en ligne par l’OVPF

Sismicité du début d’éruption (Source: OVPF)