Nouvelles de Fernandina (Iles Galapagos) // News of Fernandina Island (Galapagos)

D’après les derniers rapports émis par l’Institut de géophysique équatorien, l’activité a débuté sur l’île Fernandina le 4 septembre avec l’apparition se séismes hybrides qui ont évolué vers des événements longue période, eux-mêmes suivis de l’apparition du tremor éruptif qui annonçait la sortie de la lave. Cette dernière a été émise par une fracture en circonférence près de la lèvre SSO de la caldeira. Les coulées se sont dirigées vers le sud et le sud-ouest, sans toutefois atteindre l’océan. Un panache faiblement chargé en cendre montait jusqu’à 4 km au-dessus du cratère. Les coulées de lave ont continué à être actives le 5 septembre, avec une baisse d’activité en soirée. L’activité éruptive a chuté de manière significative le 6 septembre.

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According to Ecuador’s Instituto Geofisico (IG) latest reports, activity at Fernandina began on September 4th with the detection of hybrid earthquakes followed by long-period events, and finally the onset of tremor which heralded the beginning of the eruption. Lava emerged from a circumferential fissure near the SSW rim of the caldera and flowed down the S and SW flanks, with no evidence of the flows reaching the sea. A gas plume with low ash content rose 4 km above the crater rim. Lava flows continued to be active on September 5th but their intensity declined in the evening. Activity had decreased significantly by September 6th.

Visitez White Island (Nouvelle Zélande) avec Google Street View // Visit White Island (New Zealand) with Google Street View

Il est maintenant possible d’explorer l’île volcanique de White Island en ligne en utilisant Google Street View.
https://www.whakatane.com/google-streetview

Whakaari (le nom maori de White Island) est l’un des volcans actifs les plus accessibles au monde. Le projet, mis sur pied par le Whakatane District Council et Google, a été réalisé avec le Google Street View Trekker, un système photographique de 18 kg porté comme un sac à dos et qui prend des photos de haute qualité sur 360 ​​degrés toutes les 2,5 secondes.

Une équipe de randonneurs locaux a également sillonné la région pendant l’été et a pris des clichés le long de 35 km de sentiers, ainsi que dans les sites touristiques les plus emblématiques du district de Whakatane.

Il y a eu des discussions pour savoir si le projet ne ferait pas de tort aux entreprises locales de bateaux et d’hélicoptères car les gens pourraient être moins tentés de se rendre sur l’île. Toutefois, Google Street View ne peut pas reproduire les sensations éprouvées sur le terrain comme les odeurs, le bruit et l’ambiance réelle du site.

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People can now explore the landscape of White Island online using Google Street View.

https://www.whakatane.com/google-streetview

Whakaari (The maori name of White island) is one of the world’s most accessible active volcanoes. A project between the Whakatane District Council and Google aims to take that accessibility to a whole new level, by bringing the island online.

The project was achieved with the Google Street View Trekker, an 18-kg camera backpack that takes high-quality 360 degree photos every 2.5 seconds. A team of local trekkers also set out over summer and captured 35 km of the Whakatane District’s most iconic walks and landmarks.

There was some discussion around whether putting footage online would mean people would choose not to do the real thing, which might mean a loss of money for local boat and helicopter companies.. However, Google Street View can’t fully replicate the real life experiences: the smells, noise and scale of it is truly something best experienced in person.

Photo: C. Grandpey

Drame à la Solfatara (Italie) // Drama at the Solfatara (Italy)

Un jeune garçon et ses parents sont morts après avoir chuté dans bouche volcanique active à la Solfatara, près de Naples. Le drame s’est déroulé alors que la famille italienne effectuait un voyage à la fin des vacances scolaires. Le garçon de 11 ans a franchi une barrière délimitant une zone interdite. Quand ses parents ont essayé de le sortir de la bouche, une partie du cratère s’est effondrée et ils sont tombés dans le trou de trois mètres de profondeur. On pense que tous trois ont été asphyxiés par les gaz toxiques et qu’ils ont perdu conscience. Leur fils de sept ans n’est pas entré dans la zone interdite et a survécu. Il a été conduit dans un bar près de l’entrée de la Solfatara où les gens ont essayé de le calmer, car il était évidemment très choqué. Il a demandé à plusieurs reprises où se trouvait le reste de sa famille. Il a ensuite été pris en charge par des travailleurs sociaux et un psychologue. Il devait par la suite retrouver ses grands-parents.
La Solfatara de Pozzuoli est l’un des nombreux sites volcaniques à l’ouest de Naples et il est très fréquenté par les touristes. Il s’agit d’un volcan en sommeil qui est entré en éruption en 1198. Son cratère peu profond est connu pour ses gaz sulfurés et ses émissions de vapeur.
Les pompiers ont réussi à récupérer les trois corps et le maire de Pozzuoli a déclaré qu’il n’avait jamais vu une telle tragédie sur le site depuis 40 ans.
Source: La Repubblica.

Mon expérience des volcans me conduit à dire que ce type d’accident n’est pas vraiment une surprise. Que ce soit en Islande dans la région de Namaskard, ou près des sources chaudes en Nouvelle-Zélande, j’ai personnellement vu des gens entrer dans les zones interdites. Les traces de pas confirment que ce comportement n’est pas exceptionnel. Je connais les gens (je tairai leurs noms) qui ont fini à l’hôpital après que leurs pieds aient été sévèrement brûlés sur des sites similaires quand la croûte au-dessus des mares de boue – aussi appelées marmites du diable – s’est rompue sous leur poids! Je n’arrive pas à comprendre pourquoi les gens se sentent obligés d’entrer dans ces zones au péril de leur vie !

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A boy and his parents have died after falling into a volcanic crater at Solfatara near Naples. The drama unfolded during a family trip at the end of the Italian school holidays, when the 11-year-old walked past a barrier into a prohibited area. When his parents tried to pull him to safety, part of the crater collapsed and they fell 3 metres down into a hole. It is thought all three were overcome by toxic fumes. All three are thought to have become trapped and lost consciousness. Their seven-year-old son did not enter the crater and survived. He was taken to a bar close to the entrance, where people tried to calm him down, as he was obviously very shocked. He was repeatedly asking for the rest of his family. He was later looked after by social workers and a psychologist. He was due to be reunited with his grandparents.

Solfatara of Pozzuoli is one of a number of volcanoes to the west of Naples and is popular with tourists. A dormant volcano that last erupted in 1198, it has a shallow crater and is known for its sulphurous fumes and emissions of steam.

Firefighters managed to recover the three bodies and Pozzuoli mayor said he had never come across such a tragedy at the site in 40 years.

Source: La Repubblica.

My experience of volcanoes leads me to say that this kind of accident does not come as a surprise. Whether in Iceland in the Namaskard area, or close to hot springs in New Zealand, I have personally seen people walking into the prohibited areas. The traces of footsteps confirm that this behaviour is no exception. I know people (I won’t give their names) who ended up in hospital after their feet got severely burnt when the earth’s crust broke under their weight on similar sites! Knowing the danger, I fail to understand why people feel obliged to get into these zones at the risk of their lives.

Sites de Namaskard et Leirhnjukur (Islande) où il est préférables de respecter les zones interdites. (Photos: C. Grandpey)

 

L’esprit d’innovation en volcanologie // Volcanology requires an innovative spirit

Tous les volcanologues savent qu’il faut être inventif lorsque l’on travaille sur le terrain. Je me souviens de l’ »autocuiseur » mis au point par le regretté François Le Guern pour prélever et analyser des gaz sur l’Etna. Personnellement, j’ai conçu une gaine de cuivre spéciale pour protéger la sonde de mon thermomètre lors des mesures de températures au milieu de gaz agressifs sur l’île de Vulcano en Sicile.
Un article écrit par des scientifiques de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) explique qu’ils continuent une longue tradition d’innovation – débutée avec la naissance du HVO en 1912 – en ce qui concerne les outils utilisés pour surveiller l’activité des volcans de l’archipel. Les géologues créent continuellement des équipements et des méthodes afin de s’adapter aux conditions changeantes et profiter des nouvelles technologies.
Par exemple, une innovation récente a été motivée par un tiltmètre défectueux logé à l’intérieur d’un trou de forage sur le flanc ouest du Mauna Loa. Le tiltmètre, qui a été installé il y a 17 ans, fonctionnait parfaitement jusqu’au jour où il a rendu l’âme. Il fait partie d’un réseau d’instruments logés en profondeur sur le Mauna Loa, avec des sismomètres, des tiltmètres et des jauges de contraintes. Ces instruments extrêmement sensibles sont logés dans des trous de forage de plus de 15 mètres de profondeur pour les protéger des effets de la température, des précipitations et des fluctuations de la pression atmosphérique susceptibles de causer des signaux parasites.
Le tiltmètre proprement dit est un tube en métal d’un mètre de long et 5 centimètres de diamètre qui contient des capteurs électrolytiques de précision capables de détecter les moindres variations d’inclinaison dans deux directions perpendiculaires. Il peut mesurer des inclinaisons inférieures à un microradian, ce qui est à peu près  la pente créée en mettant une pièce d’un centime d’euro sous l’extrémité d’une tige d’un kilomètre de long!
La difficulté consiste à faire descendre ce tube à une quinzaine de mètres dans un trou de 10 centimètres de diamètre avec un tas de câbles qui serpentent déjà à l’intérieur. Il faut positionner le tiltmètre de telle manière qu’il reste debout sans reposer sur aucun de ces câbles, ni sur les côtés du trou pendant que l’on verse du sable pour le maintenir en place. Qui plus est, il faut orienter le tiltmètre pour que ses capteurs soient alignés dans le sens nord-sud et est-ouest. Tout cela demande une bonne dose de technique !

Le HVO a trouvé une solution pour faciliter ce travail complexe. Il s’agit d’un logiciel de conception assistée par ordinateur (CAO) qui a permis de concevoir une gaine qui entoure le tiltmètre tout en mettant à l’écart tous les câbles pendant que l’instrument est descendu dans le trou de forage. Cette gaine a été fabriquée à l’aide d’une imprimante 3-D qui a déposé, l’une après l’autre, plusieurs couches de thermoplastique pour réaliser un objet solide adapté à la tâche à effectuer.

Un autre appareil spécialement conçu, équipé d’une lumière et d’une caméra vidéo, maintient le tiltmètre et donne une vue en temps réel de la descente du tiltmètre à l’intérieur du trou de forage jusqu’à son positionnement final. L’installation a été couronnée de succès et le nouveau tiltmètre enregistre fidèlement les mouvements du sol sur le flanc ouest du Mauna Loa. Ces données sont envoyées au HVO via des liens radio afin que l’observatoire les reçoive en moins d’une minute. La finalité est que ce multimètre puisse alerter le plus tôt possible l’observatoire en cas d’ascension rapide du magma vers la surface, ce qui annoncerait une éruption imminente du Mauna Loa.
Source: USGS / HVO.

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All volcanologists know they have to be inventive when they are working on the field. I can remember the late François Le Guern “pressure cooker” to collect gases on Mt Etna. Personally, I devised a special copper sheath to protect the probe of my thermometer to measure temperatures on the island of Vulcano, amidst aggressive gases.

A weekly article written by scientists at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) explains that they have a long tradition of innovation when it comes to the tools that they use to monitor the status and activity of volcanoes. The tradition that started with HVO’s birth in 1912 continues to this day, with geologists continually adapting and creating equipment and methods in response to changing conditions and to take advantage of new technologies.

For example, a recent innovation was caused by a malfunctioning tiltmeter in a deep borehole on the west flank of Mauna Loa Volcano. The tiltmeter, which was originally installed 17 years ago, was fully operational before giving up. This instrument is part of a network of several deep sites on Mauna Loa that include seismometers, tiltmeters and strainmeters. These extremely sensitive instruments are housed in boreholes more than 15 metres deep to help isolate them from the effects of temperature, rainfall, and atmospheric pressure fluctuations, all of which can cause spurious signals.

The tiltmeter itself is a metal tube, one metre long and 5 centimetres in diameter, which contains precision electrolytic sensors that detect tiny tilt variations in two perpendicular directions. It can measure tilts smaller than one microradian, which is about the same as the slope created by putting a one-cent coin under one end of a board that is one kilometre long!

The difficulty lies with lowering that tube about 15 metres into a 10-centimetre diameter hole that also has a bunch of cables snaking up through it. You also have to position the tiltmeter so that it stays upright and does not rest on any of those cables or the sides of the hole while you pour sand to keep it in place. At that, you must orient the tiltmeter so that its sensors are aligned to north-south and east-west directions. This demands good engineering.

The solution HVO’s technical crew adopted was to use computer assisted drawing (CAD) software to design a specialized jig that sits around the tiltmeter and gently channels all the cables out of the way while the instrument is lowered into the borehole. The jig was manufactured using a 3-D printer, which put down layer after layer of thermoplastic to build a solid object with customized specifications.

Another specially built apparatus holds the jig, the tiltmeter, a light, and a video camera that provides a real-time view of the tiltmeter’s descent as it is lowered into the borehole and positioned at the bottom. The installation was successful, and the new tiltmeter is now faithfully recording ground tilt on the west flank of Mauna Loa. These data are sent back to HVO via radio links so that the observatory receives them in less than a minute. The finality is that this tiltmeter helps provide the earliest possible warning of rapid magma movement toward the surface, which would signal an impending Mauna Loa eruption.

Source: USGS / HVO.

Caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)