Le Mont Agung et les combats de coqs // Mt Agung and cockfighting

Dans une note précédente, j’ai expliqué que l’un des fermiers qui était retourné vivre dans la zone dangereuse autour du Mont Agung élevait des coqs malgré les avertissements des autorités selon lesquelles le volcan pouvait entrer en éruption à tout moment.
Les combats de coqs sont très populaires en Indonésie mais les paris sont illégaux. Les propriétaires des volatiles encourent jusqu’à dix ans de prison s’ils se font prendre. Dans la province très conservatrice d’Aceh, les joueurs peuvent recevoir une flagellation en public en vertu de la loi islamique. Les combats de coqs sont souvent la seule source de revenus de certains Balinais et ils vont de pair avec les traditions séculaires de l’hindouisme dans l’archipel indonésien qui est majoritairement musulman. Les combats de coqs sont aussi étroitement liés à un rituel connu sous le nom de tabuh rah pratiqué dans les temples. Il est nécessaire que le sang se répande sur la terre pour expulser les démons – le buta – parce qu’il est censé les apaiser. Ainsi, les démons ne dérangent pas les gens et la cérémonie peut être tenue dans de bonnes conditions et en toute sécurité.
Les combats de coqs sont à la fois violents et sanglants. Une lame d’environ 10 centimètres de long est attachée à l’ergot gauche de chaque coq. Une odeur capiteuse d’encens flotte sur l’arène tandis que la foule rugit de plaisir et d’excitation. Les paris varient généralement entre 20 000 roupies (1,50 $ US) et 100 000 roupies. Il y a habituellement 15 combats de coqs lors de ces événements. Les lames attachées aux ergots des coqs entraînent en général la mort d’un des combattants en quelques minutes, avec des traînées de sang qui s’infiltrent dans la terre. Le propriétaire du gagnant peut être fier ; il reçoit une partie du produit des paris – habituellement 10% des mises qui peuvent atteindre l’équivalent de 2 000 dollars et il peut également emporter la carcasse du coq de son adversaire.
Source: South China Morning Post.

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Aux premières heures du 22 décembre (heure locale), on a enregistré un épisode d’activité sismique correspondant à une libération des gaz dans le cratère. Cet événement s’est accompagné d’un panache de vapeur et de cendre visible sur la webcam.

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Pendant ce temps, le tourisme à Bali souffre énormément de l’éruption du Mont Agung. Environ 25% des chambres d’hôtels à Bali sont actuellement occupées, contre 80% en décembre de l’année dernière. L’industrie touristique de l’île perd environ 18 millions de dollars par jour en raison des annulations de chambres et d’autres activités.
Le transporteur indonésien Garuda Indonesia a perdu environ un million de dollars par jour lorsque les aéroports ont été fermés. Lion Mentari Airlines, la plus grande compagnie aérienne d’Indonésie, a perdu environ 500 000 dollars par jour.
Près d’un million de personnes devaient se rendre à Bali en décembre et janvier. Maintenant, on en attend seulement la moitié.
L’aéroport international Ngurah Rai de Denpasar à Bali, a reçu des demandes pour 477 vols domestiques supplémentaires en prévision des fêtes de Noël et du Nouvel An. Toutefois, le nombre de demandes concernant les vols intérieurs supplémentaires a chuté d’environ 22% par rapport à l’an dernier où il atteignait 613. Cette diminution est probablement due à l’incertitude entourant l’activité du Mont Agung.
Les vols internationaux sont également affectés. Il n’y a pas encore eu de demandes de vols supplémentaires de compagnies aériennes étrangères.

Source: Office du tourisme de Bali.

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In a previous note, I explained that one of the farmers who had returned to live in Mt Agung’s danger zone was breeding cocks despite the authorities’ warnings that the volcano could erupt at any moment.

Cockfighting is very popular in Indonesia but gambling is illegal. The cockfights could land their owners in jail for as long as a decade. In the conservative Aceh province, gamblers can face a public whipping under Islamic law. Cockfighting is the sole source of income for some Balinese men and it dovetails with centuries-old traditions of Balinese Hinduism in the mostly Muslim archipelago. It is closely related to a ritual known as tabuh rah held at temples. The spilling of blood to the earth is needed to expel buta, or demons, because the blood is believed to appease demons, so they don’t disturb people and the ceremony can be held successfully and safely.

Cockfights are both violent and bloody. A small dagger about 10 centimetres long is tied to each rooster’s left ankle. The heady smell of incense wafts over the ring as a roar erupts from the crowd. Bets are placed, usually between 20,000 (US$1.50) and 100,000 rupiah each. There are usually 15 cockfights at these events. The ankle blades usually make it a fight to the death in a matter of minutes, punctuated by trails of blood seeping into the dirt. The winner’s owner not only gets bragging rights and some of the betting proceeds – usually 10 per cent of the purse which can reach the equivalent of US$2,000, but they also get the carcass of their opponent’s rooster, for eating.

Source: South China Morning Post.

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In the early hours of December 22nd, an episode of seismic activity was registered by the instruments. It corresponded with a release of the gases in the crater. The event was accompanied by the emission of a plume of steam and ash that could be seen on the webcam.

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Meantime, tourism in Bali is suffering a lot from the eruption of Mt Agung. About 25 percent of hotel rooms in Bali are currently occupied, compared with as much as 80 percent in December last year. The island’s tourism industry loses about 18 million dollars a day as a result of hotel room and other cancellations.

Indonesian flag carrier Garuda Indonesia lost about one million dollars a day when the airports were shut. Lion Mentari Airlines, Indonesia’s biggest airline, lost about 500,000 dollars a day.

Almost a million people had been expected to visit Bali in December and January combined. Now, expectations are for no less than half the earlier projection.

The Ngurah Rai International airport in Denpasar, Bali has received requests for 477 additional flights from domestic airlines to accommodate the high demand for domestic routes in the lead-up to the Christmas and New Year holiday season. However, the number of additional domestic flights requested has fallen by about 22 percent from last year’s 613. The decrease was likely due to the uncertainty around Mount Agung’s volcanic activity.

International routes have also been affected. There have yet to be any requests for additional international flights from foreign airlines.

Source: Bali’s Tourist Board.

Tracé sismique et capture d’image de webcam montrant l’activité de l’Agung le 22 décembre 2017 en tout début de journée.

Episode éruptif majeur sur le Bezymianny (Kamchatka / Russie) // Major eruptive episode on Bezymianny Volcano

Un épisode éruptif majeur s’est produit le 20 décembre 2017 sur le Bezymianny. Il a commencé à 03h41 (TU) avec un panache de cendre qui a atteint 15,2 km d’altitude et s’est étiré jusqu’à 85 km au NE du cratère, selon le VAAC de Tokyo. C’est la plus forte éruption observée sur Terre cette année.
L’activité sur le Bezymianny a commencé à augmenter progressivement le lundi 18 décembre. Des coulées pyroclastiques ont été observés sur le flanc SE du dôme de lave pendant plusieurs heures, probablement à la suite de l’éruption extrusive.
Cette activité, accompagnée de fortes émissions de gaz et de vapeur, s’est poursuivie jusqu’au début de la journée du 20 décembre, avec de fortes explosions accompagnées de panaches de cendre qui sont montés jusqu’à environ 8 km d’altitude et plus tard jusqu’à 15 km. Les autorités ont alors fait passer d’Orange à Rouge la couleur de l’alerte aérienne.
La dernière éruption majeure du Bezymianny a eu lieu le 16 juin 2017 avec un panache de cendre qui a atteint une altitude de 12,2 km et une distance de 40 km.
Sources: KVERT & The Watchers.

Si vous visitez le site The Watchers, vous trouverez deux vidéos de l’événement:

https://youtu.be/Pop8J5OZ_EE

https://youtu.be/K4Jg4kmlfLM

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A major eruptive episode occurred on December 20th 2017 at Bezymianni Volcano. It started at 03:41 (UTC) with an ash plume that reached 15.2 km above sea level and extended as far as 85 km NE of the crater, according to the Tokyo VAAC. It was the strongest eruption anywhere on the planet this year.

Activity at the volcano started gradually increasing on Monday, December 18th. Pyroclastic flows were observed on the SE flank of the lava dome for several hours, probably as a result of the extrusive eruption.

This activity, accompanied by strong gas-steam emissions, continued through early December 20th with strong explosions accompanied by ash plumes up to about 8 km and later up to 15 km a.s.l. Authorities then raised the Aviation Colour Code from Orange to Red.

The last major eruption at Bezymianny occurred on June 16th, 2017 with an ash plume that reached an altitude of 12.2 km above sea level and a distance of 40 km.

Sources : KVERT & The Watchers.

If you visit the website The Watchers, you will find two videos of the event :

https://youtu.be/Pop8J5OZ_EE

https://youtu.be/K4Jg4kmlfLM

Vue du panache émis par le Bezymianny le 20 décembre 2017 (Crédit photo: Y. Demyanchuk / KVERT)

Sabancaya (Pérou / Peru)

L’INGEMMET indique que depuis quelque temps l’activité du Sabancaya connaît un certain déclin, avec une cinquantaine d’explosions par jour. Elles émettent des panaches de cendre qui montent à environ 2500 mètres au-dessus du cratère. Le 15 décembre, les émissions de SO2 atteignaient une moyenne de 2200 tonnes par jour.

Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Orange.

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INGEMMET indicates that for some time the activity of Sabancaya Volcano has been declining, with about 50 explosions per day. They emit ash plumes that rise about 2500 meters above the crater. On December 15th, SO2 emissions averaged 2,200 tonnes per day.
The alert level is kept at Orange.

Source: Webcam IGP

Détournement des coulées de lave // Diversion of lava flows

Au cours de l’histoire, les hommes on tenté à plusieurs reprises de détourner des coulées de lave qui devenaient une menace pour les zones habitées. La première tentative de ce genre a eu lieu en 1669, lorsqu’un flot de lave en provenance de l’Etna menaça la ville de Catane. Cette tentative fut largement infructueuse, en partie à cause de l’opposition des citoyens de Paterno. Des tentatives pour détourner la lave du Mauna Loa sur l’île d’Hawaii ont été réalisées en 1935 et 1942. Des digues de terre ont été construites à la hâte pour détourner des coulées du Kilauea en 1955 et 1960, sans grand succès.
Le premier détournement de lave positif a eu lieu en 1973 sur l’île d’Heimaey en Islande quand une coulée de lave a’a a pu être stoppée et un port sauvé en envoyant d’importantes quantités d’eau de mer sur la coulée de lave pour entraver sa progression.
Lors de l’éruption de l’Etna en 1983, des scientifiques ont réussi, pour la première fois, à utiliser des explosifs pour détourner une importante coulée de lave. Ces efforts ont été couronnés de succès mais ont posé un problème juridique. Comme me l’a expliqué H. Tazieff un jour, «sommes-nous autorisés à envoyer la lave sur une terre qui serait autrement épargnée?
Au cours de l’éruption de l’Etna de 1991 à 1993 qui menaçait la ville de Zafferana Etnea, des explosifs ont été installés dans des tunnels de lave dans la haute Valle del Bove. Il semble que l’opération ait été un succès, même si au moment où elle a eu lieu, l’éruption avait bien baissé d’intensité. Le succès de l’opération n’a jamais vraiment été prouvé.
Comme je l’ai écrit ci-dessus, une coulée de lave a été bombardée pendant l’éruption du Mauna Loa en 1935 à Hawaii car elle aurait pu menacer la ville de Hilo. Il se dit souvent que Thomas Jaggar, fondateur de l’Observatoire des Volcans d’Hawaï, a été capable d’arrêter la coulée de lave, mais tout le monde n’en est pas aussi sûr!

L’éruption a commencé le 21 novembre 1935. Six jours plus tard, l’ouverture d’une bouche à une altitude de 2 550 mètres sur le flanc nord du Mauna Loa a envoyé une coulée de lave a’a vers le nord. Dans le même temps, de la lave pahoehoe s’accumulait pendant deux semaines à la base du Mauna Kea, puis commençait à avancer vers Hilo à une vitesse d’environ 1,6 km par jour.
Le 23 décembre, craignant que la coulée atteigne le cours supérieur de la rivière Wailuku qui alimentait en eau la ville de Hilo, Jaggar appela les responsables de la base de l’armée de l’air américaine à Oahu et leur demanda de bombarder la source de la coulée de lave. Il espérait que les tunnels ou les chenaux de lave seraient détruits, empêchant ainsi la coulée de progresser, tout en alimentant une autre coulée qui recouvrirait la même zone. Le bombardement a eu lieu le 27 décembre et la lave a cessé de couler pendant la nuit du 1er au 2 janvier 1936.
Jaggar a publiquement félicité l’armée pour sa réactivité et sa précision technique pour le largage des bombes sur les cibles sélectionnées. À son tour, Jaggar a été félicité pour la réussite de sa tentative pour sauver Hilo.
Ce que l’on sait moins, c’est qu’un géologue de l’USGS, Harold Stearns, était à bord du dernier avion qui a largué les bombes sur les zones choisies par Jaggar. A 12h40 le 27 décembre, son avion a largué deux bombes de 270 kilogrammes (chacune avec 135 kilogrammes de TNT), mais elles ont raté leur cible d’une centaine de mètres.
Dans une lettre adressée à Jaggar en janvier 1936, Stearns s’est interrogé sur l’efficacité de la tentative de bombardement. Jaggar a répondu que l’examen de la source de la coulée montrait que « ce chenal a été brisé par les bombardements et de nouvelles coulées se sont déversés sur les flancs de l’amoncellement de matériaux …. Je n’ai aucun doute que cette perforation du  tunnel source [par les bombes] a ralenti la progression du front … »
Stearns ne fut pas convaincu par la réponse de Jaggar. Dans son autobiographie parue en 1983, il a écrit au sujet du bombardement de la coulée du Mauna Loa: « Je suis sûr que c’était une coïncidence …. »
Aujourd’hui, la plupart des scientifiques sont d’accord avec les conclusions de Stearns. Le bombardement a-t-il, oui ou non, arrêté la coulée de lave du Mauna Loa en 1935 ? C’est toujours un sujet très controversé !
Source: USGS / HVO.

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Throughout history, men have tried several times to divert lava flows that were becoming a threat to populated areas. The first attempt was this kind occurred in 1669, when a flow from Mount Etna volcano threatened the city of Catania. This attempt was largely unsuccessful, in part due to opposition by citizens of another town, Paterno. Attempts to divert lava flows from Mauna Loa Volcano on the island of Hawaii by aerial bombing were made in 1935 and 1942. Earthen barriers were hurriedly constructed in attempts to divert flows from Kilauea Volcano, Hawaii in 1955 and 1960, with little success.

The first successful lava diversion took place in 1973 on the island of Heimaey (Iceland), when a thick lava flow was impeded and a harbour saved by pumping massive quantities of seawater over advancing aa lava.

During the 1983 eruption of Etna, Italian scientists managed, for the first time, to use explosives to divert a major lava flow. These efforts were fairly successful, although they posed a legal problem. As H. Tazieff told me one day, “are we allowed to send lava on a land that would otherwise pe spared?”

During the 1991-93 eruption of Mt Etna that was becoming a threat to the city of Zafferana Etnea, explosives were lowered in tunnels in the upper Valle del Bove. It seems the operation was a success, but by the time it occurred, the eruption was far less intense and the success of the operation has never really been proved.

As I put it above, bombings of a lava flow were performed during the 1935 eruption of Mauna Loa in Hawaii in an attempt to stop a lava flow that might have threatened the city of Hilo. A widely-held belief is that Thomas Jaggar, founder of the Hawaiian Volcano Observatory, was able to stop the lava flow. But everybody is not so sure !

The eruption began on November 21st, 1935. Six days later, an unusual breakout at an elevation of 2,550 metres on the north flank of Mauna Loa sent a’a lava to the north. Pahoehoe lava ponded at the base of Mauna Kea for two weeks before advancing toward Hilo at a rate of about 1.6 km per day.

On December 23rd, fearing that the flow would reach the headwaters of the Wailuku River, which supplied water for the town of Hilo, Jaggar called on the United States Army Air Corps, based on Oahu, to bomb the lava flow source. His hope was that the lava tubes or channels could be destroyed, thereby robbing the advancing flow while feeding another flow that would re-cover the same area. The flow was bombed on December 27th, and lava stopped flowing during the night or early morning of January 2nd, 1936.

Jaggar publicly praised the Army for its responsiveness and technical accuracy in delivering the bombs to his selected targets. In turn, Jaggar was praised for his successful experiment and saving Hilo.

What is not widely known is that a USGS geologist, Harold Stearns, was on board the last plane to deliver bombs to Jaggar’s targeted areas. At 12:40 p.m. on December 27th, his plane dropped two 270-kilogram bombs (each with 135 kilograms of TNT), but they hit a hundred metres from their target.

In a letter to Jaggar in January 1936, Stearns questioned the effectiveness of the bombing. Jaggar wrote back that later examination of the flow’s source showed that “This channel was broken up by the bombing and fresh streams poured over the side of the heap…. I have no question that this robbing of the source tunnel slowed down the movement of the front….”

Stearns remained unconvinced. In his 1983 autobiography, he wrote about bombing the Mauna Loa flow: “I am sure it was a coincidence….”

Modern thinking mostly supports Stearns’ conclusion. Whether or not the bombing stopped the 1935 Mauna Loa lava flow remains a controversial topic today.

Source : USGS / HVO.

Préparation de l’opération « Thrombose » sur l’Etna en 1993.

(Photos: C. Grandpey)