Essaim sismique dans les Champs Phlégréens (Italie) // Seismic swarm in the Phlegrean Fields (Italy)

Un essaim sismique a été enregistré dans la région des Champs Phlégréens entre l’après-midi et la soirée du 18 août 2023. L’événement a comporté quelque 115 secousses d’une magnitude maximale M 3,6 dont certaines ont été ressenties par la population. La zone des Champs Phlégréens étant connue pour sa dangerosité volcanique, beaucoup d’habitants se sont inquiétés, même si la sismicité n’a pas causé de dégâts. L’Osservatorio Vesuviano rappelle que le bradyséisme est bien connu dans la région et que ces mouvements du sol s’accompagnent souvent d’une intensification de l’activité sismique. Il n’y a donc pas lieu de paniquer.

Le problème avec les Champs Phlégréens, c’est que la zone est densément peuplée. On redoute un réveil du volcan, en particulier de la Solfatara qui est le secteur le plus actif. Il ne fait aucun doute que l’évacuation de la population – qui devra être rapide, comme pour une éruption du Vésuve voisin – se fera dans la douleur.

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A seismic swarm was recorded in the Phlegraean Fields between the afternoon and evening of August 18th, 2023. The event included some 115 tremors with a maximum magnitude of M 3.6, some of which were felt by the population. As the area of the Phlegraean Fields are known for the volcanic hazard, many inhabitants were worried, even though the seismicity did not cause any damage. The Osservatorio Vesuviano recalls that bradyseism is well known in the region and that these ground movements are often accompanied by an intensification of seismic activity. So there is no need to panic.
The problem with the Phlegraean Fields is that the area is densely populated. Everybody fears an awakening of the volcano, in particular of the Solfatara which is the most active sector. There is no doubt that the evacuation of the population – which will have to be rapid, as for an eruption of neighboring Vesuvius – will not be easy.

Les effets du bradyséisme sont parfaitement visibles sur les colonnes du temple dit de Serapis à Pouzzoles

La Solfatara est l’une des zones les plus actives des Champs Phlégréens.

(Photos: C. Grandpey)

Japon : forte sismicité dans un volcan éteint // Japan : significant seismicity through an extinct volcano

Un essaim sismique significatif est enregistré depuis trois ans sur la péninsule de Noto, au bord de la mer du Japon, dans le nord du pays. Selon une nouvelle étude réalisée par des scientifiques japonais, l’essaim semble être causé par le déplacement de fluides à travers un volcan éteint dont l’effondrement a formé une caldeira.
Il n’y a pas eu d’activité volcanique dans cette région depuis 15,6 millions d’années. Cependant, la nouvelle étude publiée en juin 2023 dans la revue JGR Solid Earth a révélé que la sismicité se produit selon un schéma qui laisse supposer que du magma liquide se déplace toujours sous la surface d’une ancienne caldeira effondrée. Les auteurs de l’étude pensent que « l’essaim sismique a été causé par l’ascension de fluides à travers un réseau complexe de failles ».
L’essaim a commencé en décembre 2020. Depuis lors, on a enregistré plus de 1 000 secousses de magnitude M 2,0 ou plus, dont un événement de M 5,4 en juin 2022 et un autre de M 6,5 en mai 2023 qui a tué une personne et en a blessé des dizaines d’autres.
Les auteurs de l’étude ont étudié les ondes sismiques émises par plus de 10 000 événements de magnitude M 1,0 ou plus qui se sont produits dans la région au cours des trois dernières années. Ils ont découvert que les séismes avaient leurs hypocentres à une vingtaine de kilomètres de profondeur dans la croûte, avant de migrer progressivement vers la surface. Selon les chercheurs, cela peut s’expliquer par l’ascension de fluides à travers un réseau de failles existant. Les épicentres sont disposés selon un schéma circulaire, correspondant à la structure en forme d’anneau de ce réseau de failles. Cela pourrait indiquer l’ancienne caldeira effondrée d’un volcan aujourd’hui éteint.
Il n’est pas rare que des volcans inactifs depuis longtemps contiennent encore des poches de magma. Lorsque ces fluides se déplacent, ils peuvent déformer la croûte et faire glisser les failles les unes contre les autres. Des essaims comme celui de la péninsule de Noto peuvent se produire à tout moment dans les zones de subduction, là où le frottement d’une plaque sur une autre déplace continuellement les fluides dans la croûte. Une autre hypothèse est que le puissant séisme de Tohomu (M 9.1) en 2011 a provoqué un mouvement fluides dont l’effet se fait encore sentir aujourd’hui ; on se souvient que ce séisme a été suivi de plusieurs petits essaims dans le nord-est du Japon.
La question est maintenant de comprendre comment l’essaim actuel a commencé avec de nombreux petits séismes avant d’être suivi d’un puissant événement qui a causé des dégâts en mai 2023. Les scientifiques essayent de savoir comment la croûte a pu se déplacer sans générer de sismicité avant ce puissant tremblement de terre.
Source : Live Science via Yahoo News.

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A significant swarm of earthquakes has been rocking the Noto Peninsula by the Sea of Japan, on the north coast of the countryover the past three years. According to a new study by Japanese scientists, the swarm appears to be the result of fluids moving through an extinct, collapsed volcano.

There has not been volcanic activity in this area for 15.6 million years. However, the new study published in June 2023 in the journal JGR Solid Earth found that the quakes are occurring in a pattern that suggests liquid magma is still moving around deep below the surface in an ancient, collapsed caldera. The authors of the study think « the earthquake swarm was caused by upward fluid movement through a complex network of faults. »

The swarm began in December 2020. Since then, there have been over 1,000 M 2.0 or larger earthquakes, including one M 5.4 quake in June 2022 and an M 6.5 event in May 2023 that killed one person and injured dozens more.

The authors of the study investigated the swarm by studying the seismic waves from more than 10,000 M 1.0 or larger quakes that occurred in the area in the past three years. They found that the quakes originated about 20 kilometers deep in the crust, before gradually migrating to shallower depths. According to the researchers, this is consistent with fluid ascending through an existing network of faults. The location of the quake epicenters occurred in a circular pattern, suggesting a ring-like structure to this fault network. This could indicate an ancient, collapsed caldera from a now-extinct volcano.

It’s not unusual for long-dead volcanos to still hold pockets of magma, and when these fluids move, they can deform the crust and cause faults to slip and slide against one another. Swarms like this can happen anytime in subduction zones, where the grinding of one plate under another continuously moves fluids around the crust. Another hypothesis is that the devastating M 9.1 Tohoku earthquake in 2011 set off fluid movement that is still echoing today; that quake was followed by several small swarms in northeastern Japan.

The question now is to understand how this current swarm transitioned from many small quakes to the large, damaging event that occurred in May 2023. The scientific team is working to understand how the crust might have been moving without shaking before that quake.

Source : Live Science through Yahoo News.

Localisation de la péninsule de Noto (Source : Wikipedia)

Péninsule de Reykjanes (Islande) : éruption à court terme // Reykjanes Peninsula (Iceland) : eruption in the short term

8 heures (heure française) : Bien que la sismicité soit actuellement moins intense sur la péninsule de Reykjanes, un fort séisme a été enregistré à 22h22 le 9 juillet 2023. Il a été ressenti dans toute l’Islande et a été l’événement le plus puissant de la série. .
Selon l’Icelandic Met Office, il avait une magnitude de M 5,2, avec un épicentre situé à 1,6 kilomètres à l’est de Keilir, à une profondeur de 5,3 km.
Tous les paramètres montrent que le magma se déplace à faible profondeur dans la péninsule, mais aucune éruption ne s’est produite jusqu’à présent.

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13 h 00 (heure française) : Les dernières modélisations de l’Icelandic Met Office montrent que le magma se rapproche de la surface ; il se trouve à seulement 500 mètres de profondeur. Le 8 juillet 2023, le dyke mesurait environ 3 km de long et se situait dans la zone entre Litli Hrútur et Litli Keilir.
Le Met Office répète que, d’après les dernières observations et les dernières mesures, le magma se rapprochera de la surface, entraînant une éruption volcanique qui commencera dans les prochaines heures ou les prochains jours.
Des séismes sont enregistrés depuis 6 jours sur la péninsule de Reykjanes. La dernière éruption dans la Meradalir s’est produite cinq jours seulement après une série de séismes.

On attend la suite…

Des webcams sont braquées vers le site potentiel de l’éruption…

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8:00 am (French time) : Although seismicity is currently less intense on the Reykjanes Peninsula, a sharp earthquake was recorded at 10:22 pm on July 9th, 2023. It was was felt across Iceland and was the most powerful event of the series. .

According to the Icelandic Met Office, it had a magnitude of M 5.2, with an epicenter located 1.6 kilometers east of Keilir, at a depth of 5.3 km.

All prameters show that magma is moving at shallow depths in the peninsula, but no eruption has occurred so far.

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1:00 pm (French time) : The latest Icelandic Met Office’s model calculations show that the magma lies shallower than before, 500 meters below the surface. On July 8th, 2023, the dyke was approximately 3 km long and lay in the area between Litli Hrútur and Litli Keilir.

The Met Office repeats that based on the latest observations and results, the magma will move closer to the surface, resulting in a volcanic eruption that will begin in the next few hours or days.

The quakes have struck the Reykjanes peninsula for six  days, and the last eruption in Meradalir occurred just five days after the series of quakes struck the region.

Let’s see what happens next.

Islande // Iceland : on attend toujours l’éruption // Still waiting for the eruption

Depuis le début de l’essaim sismique dans la péninsule de Reykjanes, le 4 juillet 2023, plus de 8 500 secousses ont été enregistrées dans la région entre Fagradalsfjall et Keilir. Trois événements majeurs ont été signalés après minuit le 9 juillet avec des magnitudes supérieures à M 4.0 et à des profondeurs de moins d’un kilomètre, ce qui montre que le magma tente de percer la surface. Bien qu’elle ait globalement diminué, cette activité sismique devrait se poursuivre dans la zone située entre Keilir et Fagradalsfjall.
Les données de déformation montrent que le magma remonte vers la surface. Les images des interférogrammes (InSAR) basées sur des données satellitaires entre le 28 juin et le 6 juillet (voir l’image ci-dessous) confirment les résultats des données GPS et sismiques de l’Icelandic Met Office (IMO) concernant l’intrusion magmatique. La modélisation révèle que le niveau supérieur du dyke atteignait une profondeur de 1 km le 6 juillet, en provoquant une fracture de 2,8 km de long entre Fagradalsfjall et Keilir, avec la partie centrale juste au nord de Litli-Hrútur.
Les calculs montrent également que la vitesse d’entrée du magma dans le dyke est presque deux fois plus grande que lors de l’éruption d’août 2022, mais le volume de magma qui a atteint la partie supérieure de la croûte est sensiblement le même qu’en 2022, avec environ 12 millions de mètres cubes. Les données GPS les plus récentes indiquent que le magma continue de se rapprocher de la surface.
Source : Icelandic Met Office.

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Since the onset of the seismic swarm in the Reykjanes Peninsula, on July 4th, 2023, more than 8 500 earthquakes have been recorded in the area between Fagradalsfjall and Keilir. Three major quakes have been reported since midnight on July 9th with magnitudes above M 4.0 at depths of less than one kilomer, which shows that magma is trying to pierce the surface. Although it has globally decreased, a continuation of this activity is expected in the area between Keilir and Fagradalsfjall.

Deformation data strongly suggests that magma is rising toward the surface. The deformation seen in GPS and InSAR records strongly suggests that magma is migrating toward the surface, Interferogram (InSAR) images based on satellite radar data between June 28th and July 6th (see image below) confirm the results from IMO’s GPS and seismic data regarding the magmatic intrusion. Model calculations suggest that the upper level of the dike reached a depth of 1 km on July 6th, causing a fracture 2.8 km long between Fagradalsfjall and Keilir, with a center just north of Litli-Hrútur.

The calculations also suggest that the magma inflow rate is almost twice as fast compared to the eruption in August 2022, but the total volume of magma which has reached the upper part of the crust is similar, around 12 million cubic meters. The most recent GPS data indicates that magma is still migrating closer to the surface.

Source : Icelandic Met Office.