Quand la Terre tremble en Creuse…

Même si la Creuse n’est pas située en zone sismique, il arrive que la terre tremble dans le département où je suis né. Un document intitulé « Le risque sismique en Creuse «  diffusé par la Préfecture nous apprend que « historiquement, depuis le 18ème siècle, plus de 60 séismes ont été ressentis en Creuse (avec une intensité maximale de VII). L’événement le plus significatif (intensité VI-VII) semble avoir été enregistré à Chambon-sur-Voueize en 1796. Depuis 1962, ce sont plus de 150 séismes, de magnitude faible, qui ont été enregistrés. »

Les communes de Creuse sont classées en zone d’aléa sismique faible (zone 2) et onze appartiennent à la catégorie 1 (aléa sismique très faible). Il n’y a donc pas lieu de s’affoler.

Même si le risque sismique est faible, il arrive que la terre tremble dans le département. Ainsi, le lundi 17 décembre peu après 11 heures, un séisme de magnitude M 3,3 a été enregistré aux confins de la Creuse et de l’Indre. L’épicentre a été localisé à proximité d’Argenton-sur-Creuse. Ce séisme se trouve près de la faille de la Marche, dans une région orientée est-ouest, longue de plus de 100 km et large de 50 km au nord du Massif Central cristallin. Cette région a une activité sismique faible mais relativement fréquente. L’événement survient moins de deux mois après la secousse de même magnitude qui avait réveillé nombre de Creusois dans la région de la Souterraine et jusqu’à Guéret, le mardi 23 octobre 2018. Les témoignages font état d’un « grand boum » semblable à une explosion ou à un avion qui aurait passé le mur du son…

Ces deux événements, auxquels s’ajoute un troisième survenu en mars 2018, viennent conforter la thèse évoquée par certains scientifiques selon laquelle une « petite crise sismique » serait à l’oeuvre dans cette zone périphérique du Massif-Central.

Source : CEA, Préfecture de la Creuse, Le Populaire du Centre.

Sismicité et plaques tectoniques // Seismicity and tectonic plates

Voici une vidéo confirmant que notre planète est bien vivante. À l’aide de données fournies par l’USGS, le Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique a mis en ligne une animation montrant tous les séismes enregistrés du 1er janvier 1901 au 31 décembre 2000, dans l’ordre où ils se sont produits, à raison de un an par seconde. Les hypocentres apparaissent d’abord sous forme de flashs, puis sont maintenus sous forme de cercles de couleur, avant de rétrécir pour ne pas masquer les séismes ultérieurs.
La taille du cercle représente la magnitude du séisme tandis que la couleur représente la profondeur des événements. À la fin, l’animation affiche d’abord tous les séismes enregistrés pendant cette période de 100 ans. Ensuite, on ne distingue plus que les séismes supérieurs à M 6,5, la plus faible magnitude censée générer un tsunami. On voit ensuite les séismes d’une magnitude supérieure ou égale à M 8,0 qui représentent une réelle menace de tsunami quand ils se produisent dans l’océan ou à proximité d’un littoral à faible profondeur (moins de 100 km de profondeur).
L’animation se termine en montrant les failles en limite de plaques, responsables de la plupart des séismes.

https://youtu.be/jhmF-IwP6uM

Voici quelques événements remarquables du 20ème siècle, notamment ceux qui ont généré des tsunamis dévastateurs:
M8.8 – Équateur – 31 janvier 1906
M8.4 – Kamchatka, Russie – 3 février 1923
M8.4 – Sanriku, Japon – 2 mars 1933
M8.6 – Île Unimak, îles Aléoutiennes – 1er avril 1946
M9.0 – Kamchatka, Russie – 4 novembre 1952
M8.6 – Îles Andreanof, îles Aléoutiennes – 9 mars 1957
M9.5 – Valdivia, Chili – 22 mai 1960
M9.2 – Prince William Sound, Alaska – 28 mars 1964
M8.7 – Îles Rat, îles Aléoutiennes – 4 février 1965
Source: The Watchers.

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Here is a video confirming our planet is quite alive. Using USGS data, the Pacific Tsunami Warning Center has released an animation showing every recorded earthquake in sequence as they occurred from January 1st, 1901, through December 31st, 2000, at a rate of 1 year per second. The earthquake hypocenters first appear as flashes then remain as colored circles before shrinking with time so as not to obscure subsequent earthquakes.

The size of the circle represents the earthquake magnitude while the colour represents its depth within the earth. At the end, the animation will first show all quakes in this 100-year period. Next, it will show only those earthquakes greater than M 6.5, the smallest earthquake size known to make a tsunami. It will then show only those earthquakes with magnitudes of M 8.0 or larger which are most likely to pose a tsunami threat when they occur under the ocean or near a coastline and when they are shallow within the earth (less than 100 km deep).

The animation concludes by showing the plate boundary faults responsible for the majority of all of these earthquakes.

https://youtu.be/jhmF-IwP6uM

Here are some remarkable events of the 20th century, including those that generated devastating tsunamis:

M8.8 — Ecuador — January 31, 1906

M8.4 — Kamchatka, Russia — February 3, 1923

M8.4 — Sanriku, Japan — March 2, 1933

M8.6 — Unimak Island, Aleutian Islands — April 1, 1946

M9.0 — Kamchatka, Russia — November 4, 1952

M8.6 — Andreanof Islands, Aleutian Islands — March 9, 1957

M9.5 — Valdivia, Chile — May 22, 1960

M9.2 — Prince William Sound, Alaska — March 28, 1964

M8.7 — Rat Islands, Aleutian Islands — February 4, 1965

Source : The Watchers.

Capture d’écran de la vidéo montrant parfaitement l’activité sismique, en particulier le long de la Ceinture de Feu du Pacifique

 

La sismicité à Mayotte (Archipel des Comores) [suite] // Seismicity in Mayotte (Comoro Islands) [continued]

Dans une note publiée le 4 juillet 2018, j’indiquais que les habitants de Mayotte étaient très inquiets à cause d’une hausse de la sismicité sur leur île. Selon les scientifiques du BRGM qui avaient été envoyés sur place, les événements enregistrés dans l’essaim sismique étaient du même ordre de grandeur que ceux de 1981 et décembre 1985. Ils faisaient partie d’une sismicité connue et modérée dans le Canal du Mozambique. Selon ces mêmes scientifiques, en raison de la situation géographique des Comores, la sismicité à Mayotte pourrait avoir une double origine volcanique et tectonique qui traduirait d’une part la position géodynamique de l’archipel sur un point chaud actif et, d’autre part, sa position probable sur le front de la déformation du rift est-africain.

De nouvelles recherches ont été effectuées depuis juillet et différentes hypothèses quant à la cause de la sismicité ont été examinées. Outre les mesures sismiques utilisées pour suivre l’évolution de cet essaim, de nouvelles données ont été analysées en octobre et novembre 2018, notamment celles concernant la déformation de la surface de l’île. L’équipe du Laboratoire de géologie de l’Ecole Normale Supérieure de Paris a montré que la phase actuelle de l’essaim est représentée par une composante volcanique.
En parallèle, le 11 novembre 2018, un signal atypique à très basse fréquence a été détecté par les réseaux internationaux du monde entier. Le signal se répète sous forme d’onde toutes les 17 secondes environ et dure environ 20 minutes au total.
Ces observations confortent l’hypothèse d’une combinaison de composantes tectoniques et volcaniques. Cependant, cette hypothèse devra être confirmée par de nouvelles études scientifiques.
Depuis la mi-juillet, les stations GPS installées sur l’île de Mayotte ont enregistré son comportement et enregistré un glissement de plus de 61 mm à l’est et de 30 mm au sud. Ces mesures semblent montrer qu’une poche magmatique d’environ 1,4 km3 se fraye un chemin sous la surface près de Mayotte.
Au cours des derniers mois, des membres de la communauté scientifique se sont réunis pour comprendre le phénomène et apporter des réponses aux questions qu’il soulève. Il est envisagé de déployer de nouveaux instruments sur terre et en mer afin d’améliorer la détection et la localisation des séismes.

L’île de Mayotte se situe dans le Canal du Mozambique, entre la pointe nord de Madagascar et la côte orientale de l’Afrique. Elle se compose de deux volcans présentant des géochimies différentes et qui étaient actifs du pliocène à l’holocène.
Source: The Watchers.

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In a post released on July 4th, 2018, I indicated that the residents in Mayotte were getting very anxious because of increased seismicity on the island. According to BRGM experts who had been sent to Mayotte, the events in the seismic swarm were of the same order of magnitude as those of 1981 and December 1985. They were part of a known and moderate seismicity in the Mozambique Channel. These experts thought that, due to the geographic situation of the archipelago of Comoros, the seismicity in Mayotte might have a double volcanic and tectonic origin which translated both their geodynamic position on an active hot spot and their probable position at the front of the deformation of the East African rift.

More research has been done since July and different hypotheses as to the causes of the seismicity have been investigated. In addition to the seismic measurements used to track how this swarm is evolving, new data were analyzed in October and November 2018, especially those on deformation of the island’s surface. The team working at the Geology Laboratory of the Ecole Normale Supérieure in Paris has shown that the current phase in the swarm is accounted for by a volcanic component.

In parallel, on November 11th, 2018, an atypical very low frequency signal was detected by the international networks around the world. The signal repeated in a wave about every 17 seconds, lasting for about 20 minutes in total.

These observations back up the hypothesis of a combination of tectonic and volcanic effects. However, this hypothesis will need to be confirmed by future scientific studies.

Since mid-July, GPS stations on the island have tracked it sliding more than 61 mm to the east and 30 mm to the south. It seems these measurements show that a magma body that measures about 1.4 km3 is squishing its way through the subsurface near Mayotte.

In the last few months, the scientific community has joined forces to understand the phenomenon and provide answers to the questions it is raising. Possibilities are being investigated for the deployment of new instruments on land and at sea to improve earthquake detection and location.

Mayotte Island lies in the Mozambique Channel between the northern tip of Madagascar and the eastern coast of Africa. It consists of two volcanoes with diverse geochemistry that were active from the Pliocene to the Holocene.

Source : The Watchers.

Contexte tectonique de la région (Source: BRGM

Sismicité à Mayotte et dans toute la région (Source: BRGM)

Séisme d’Anchorage (Alaska): Encore de nombreuses répliques // Anchorage earthquake: Numerous aftershocks

Comme cela se produit souvent après des séismes majeurs, des dizaines de répliques ont été enregistrées après la secousse de M 6,7 qui a frappé l’Alaska le 1er décembre 2018. Aucun décès ni blessé grave n’a été signalé, mais la région d’Anchorage a été sérieusement ébranlée, avec des routes fracturées, des coupures de courant et bâtiments endommagés.
Les compagnies d’électricité d’Anchorage s’efforcent de rétablir l’alimentation d’environ 30000 clients. Des équipes supplémentaires sont arrivées sur place pour aider à la remise en état du réseau et inspecter 5 580 kilomètres de conduites pour détecter des fuites éventuelles.
Les autorités affirment qu’il faudra des semaines pour réparer les routes endommagées par le séisme. Le président Trump a publié une déclaration d’urgence pour l’Alaska ; elle va permettre aux agences fédérales d’envoyer les fonds nécessaires à la reconstruction dans la région. [NDLR : Etat fournisseur de pétrole par l’oléoduc trans-alaskien, à la majorité Républicaine, l’Alaska est toujours bien vu par le gouvernement fédéral].
En Alaska, on enregistre en moyenne un séisme toutes les 12 minutes, avec plus de séismes importants que les 49 autres États réunis. Comme je l’ai déjà dit, la ville d’Anchorage a été durement touchée. Le séisme du Vendredi Saint1964 avait une magnitude de M 9.2. C’estt le plus important enregistré aux États-Unis et le deuxième dans le monde. Il a provoqué d’importants dégâts dans la ville et fait 129 morts, y compris dans le port de Vladez plus au sud. Le séisme du 1er décembre 2018 a été le plus important à Anchorage depuis l’événement de 1964.
L’USGS a déclaré que les répliques allaient durer un certain temps, mais a ajouté qu’il existait une faible probabilité – environ 4% – d’un autre séisme égal ou supérieur à M 7,0. L’agence fédérale a également déclaré qu’il y avait une probabilité de 27% d’un séisme de M 6.0 ou plus.
Source: USA Today

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As often happens after major earthquakes, dozens of aftershocks have been registered after the M 6.7 quake that hit Alaska on December 1st, 2018.  No deaths or serious injuries were reported but the Anchorage area suffered serious damage with cracked roads, power outages and damaged buildings.

Anchorage utility companies are scrambling to restore power to about 30,000 customers. Additional workers have been dispatches to help with recovery and assist the companies as they go about surveying 5,580 kilometres of pipeline for leaks.

Authorities say it will take take weeks to repair roadways damaged by the earthquake. President Trump has issued an emergency declaration for Alaska, which paves the way for federal agencies to help with relief efforts in the area.

Alaska averages an earthquake about every 12 minutes, with more large quakes than the other 49 states combined. As I put it before, Anchorage has been hit hard before. The Good Friday Earthquake in 1964 registered M 9.2. It was the largest ever in the U.S. and the second-largest ever recorded. It caused extensive damage to the city and resulted in 129 deaths. The December 1st earthquake was the “most significant” to strike Anchorage since the 1964 event.

The U.S. Geological Survey (USGS) said that aftershocks are expected to continue for some time but added there was a low probability, about 4 percent, of another earthquake equal or greater than M 7.0. The federal agency also said there was a 27 percent chance of an M 6.0 or greater.

Source : USA Today

Le port de Valdez a totalement été détruit par le séisme de 1964. La ville a été reconstruite quelques kilomètres plus loin, sur un site théoriquement plus stable. On peut visiter aujourd’hui le site initial où figurent les noms des victimes du séisme et du tsunami de 1964. (Photos : C. Grandpey)